#406012

Qu’il n’est lieu si obscur et si caché qui puisse mettre les pervers à l’abri du supplice ou des remords

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Non communiqué

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

Je ne vais pas vous faire le plan de mon travail mais plutôt vous inviter à naviguer lentement sur la vague de ma réflexion.

Tout d’abord voguons quelques lieues vers le côté profane. Pour trouver un lieu caché et obscur quoi de mieux qu’une caverne recluse dans un endroit éloigné et à l’abri de la lumière ? Un endroit peu connu où le pervers pourra se cacher, se mettre à l’abri des regards indiscrets. S’il désire se dissimuler c’est qu’il a fait certaines choses dont il n’est pas fier, certaines choses dont ces proches et le reste du monde ne doivent pas connaitre. Il doit se mettre à l’abri de la justice humaine et de sa conscience.

Quittons cet aspect profane pour mettre le cap vers le sacré. Tout d’abord la caverne, que devient-elle ? Le lieu le plus obscur et le plus caché de chaque être humain n’est pas très loin, il est simplement au plus profond de lui même, un endroit que l’on croit à l’abri de tout, même de notre conscience. Je veux parler de ce jardin secret, ce petit coin plein d’épines et de mauvaises herbes que l’on ne va jamais visiter, jamais nettoyer et qui, avec le temps, devient invisible à notre âme, enfin l’espère t’on…

Ce lieu, dans les ateliers de perfectionnement est ainsi figuré par la caverne sombre, obscure et difficile d’accès où Abibal chercha du repos. La caverne est le symbole de notre moi profond, de l’intimité de notre être le plus secret. Le côté obscur figure l’endroit que nous espérons à l’abri de notre conscience, à l’abri du GADLU. Les marches raides et difficiles symbolisent le chemin que nous devons parcourir pour nous améliorer. Elles sont fort roides pour nous signifier que cette démarche ne sera pas de tout repos.

Pour faire un parallèle avec les premiers grades de la Franc Maçonnerie, je me dois de vous parler de la chambre de réflexion où nous pénétrons à l’intérieur de nous même, au plus profond de notre âme avant de rentrer en Loge. Mais je vais vous dire deux mots sur la Pierre Brute, cette pierre à qui nous avons ôté les aspérités superflues afin de lui donner la forme parfaite que le GADLU lui a destinée. Elle est belle maintenant, enfin un peu plus belle qu’avant mais nous ne voyons que la belle pierre. Et les aspérités que nous lui avons enlevés, où sont elles ? Ont-elles été téléportées dans une autre dimension ? Ont-elles disparues d’un coup de baguette magique ? Je pense que certaines ont été nettoyées puis recyclées en de bonnes intentions mais d’autres ont atterri dans cet endroit noir et peu recommandable.

Deux seules entités peuvent avoir accès à cet endroit reclus, il s’agit de soi même bien sur et du GADLU.

Nous avons besoin d’une clef pour y entrer car cet endroit est bien gardé, c’est notre conscience, notre petite voix qui nous rappelle de temps à autre qu’il existe. Mais ce lieu nous effraye, nous remémore nos erreurs, nous renvoie dans un passé bien noir, sordide et malveillant.

Naviguons maintenant sur une mer calme vers un aspect qu’il m’a plu de traiter. Nous mettons nos secrets dans un endroit sombre, caché de la lumière. Dans le profane, il sera moins visible à l’œil car dans l’obscurité, privé de lumière il sera plus dur à trouver. Mais cette lumière, qu’est-elle ? Les principales lumières naturelles sont celle du soleil et de la flamme, toutes les autres sont artificielles. La lumière permet de mettre les choses au grand jour, de les rendre accessible au public.

Dans le sacré la Lumière véritable se transforme en tout autre chose, elle n’ébloui plus, elle n’est plus perceptible par l’œil humain, elle n’est plus visible avec le corps physique. Je pense que cette Lumière est faite de la connaissance Divine, du Un, du Tout, de la conscience universelle, de la conscience de chaque être, tous ces noms donnés à Dieu.

C’est à elle que nous devons rendre des comptes, c’est de cette Lumière que nous voulons cacher nos erreurs. Mais n’oublions pas mes Frères que nous recevons cette Lumière lors de notre réception, cette petite étincelle qui ne demande qu’a grandir, grandir, et s’épanouir à l’extérieur. Je peux très bien imaginer cette Lumière tout autrement. Il me plait à penser qu’elle puisse être un outil de déchiffrage, un outil qui nous permette de décoder les enseignements que le GADLU veut bien nous dispenser.

Puisque nous sommes dans le sillage de la controverse, lumière et ténèbres, faisons quelques comparaisons. Le côté obscur me renvoie les idées de tristesse, secret malsain, deuil, mort. Et à contrario la lumière fait penser à la renaissance, au bien être, à la chaleur, à l’enthousiasme. C’est l’opposition entre le bien et le mal. Je suis personnellement très sensible au printemps, cette période de l’année où les jours se rallonge considérablement, où nous sortons de l’obscurité de l’hiver pour se jeter corps et âme vers les biens faits de la lumière de l’été.

Mais cette lumière peut être aveuglante, voir dangereuse dans certain cas, la lumière du soleil pour l’œil humain, pour la peau si l’on en abuse, de même la lumière spirituelle peut être incompréhensible voir perturbante si elle est reçu avec trop d’intensité. Les trois fenêtres qui laissent filtrer le soleil dans la Loge sont bien nécessaires pour nous protéger. Ce qui me fait dire que l’obscurité ou les ténèbres à dose homéopathique peuvent être salutaire.

Pour le côté profane, nous mettons des lunettes de soleil ou nous nous mettons sous un parasol et pour le côté moral nous refusons de voir la vérité en face, nous nous cachons derrière un masque.

Lumière et ténèbres unies, entremêlées, entrelacées et indissociables. Sans lumière comment connaître les ténèbres et vice versa… L’un sans l’autre aucune vie n’est possible. Nombre de personne sont passées de l’un à l’autre.

Il est un mythe vers lequel je dois virer de bord afin d’en longer le rivage, je veux vous parler de Lucifer. Quel nom sordide… Souvent assimiler à Satan.

La définition de Lucifer est « porteur de lumière », du latin « lux lumière » et « ferre porter ». Nombres de civilisation ont utilisé ce nom, les Romains, les Grecs, pour désigner entre autre l’étoile du matin (autrement dit Vénus) ou encore un Dieu de lumière et de connaissance.

Toutefois mes recherches dans la Bible relatives au nom de Lucifer sont restées vaines autant dans l’ancien que dans le nouveau Testament.

Faisons une petite escale de quelques lignes vers un aspect de la caverne qui n’est pas dans ce Rituel. Endroits sombres certes car dépourvus de fenêtres mais c’est aussi un endroit accueillant et rassurant. Je peux très bien me sentir en sécurité dans cette caverne, à l’abri du monde et de ses turpitudes. Cela a été un lieu de vie pendant des millénaires. L’été il y fait frais et l’hiver sa douce chaleur me réconforte. Si mon humble demeure en était pourvue, j’y rangerai volontiers mes meilleures bouteilles de vins et y protégerai mes légumes du soleil. Pensons également à la comparaison entre le ventre procréateur et nourricier de la femme utilisé par nombres de nos penseurs.

Laissons derrière nous cette croisière pour mettre le cap toutes voiles dehors vers la conclusion.

Notre Rituel nous dit clairement de « bâtir des cachots pour les vices et d’élever des Temples à la vertu ». Encore une fois les cachots sont sordides et sombres alors que les Temples sont sereins et lumineux.

Puissions nous construire de tous petits cachots pour y ranger nos vices, et oui mes Frères, nous Maçons n’avons que peu de choses à cacher et de grand Temple pour y loger ce que nous avons de meilleur en nous.

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