Centre et Guimel ou la Notion de Centre au 4ème degré
R∴ D∴ L∴
Centre et Guimel ou la Notioa04h-8n de Centre au 4ème degré
T F P M et vous tous mes
frères Maîtres Secrets, le dictionnaire
définit le centre comme étant le milieu
d’un espace quelconque, le coeur, le noyau. Le centre
c’est aussi le point intérieur doué de
propriétés actives, dynamiques (centre de
gravité). Le centre est assimilé à la
chose
principale, fondamentale. C’est aussi le point où
des forces sont concentrées et d’où
elles rayonnent. C’est là que se concentre
l’Esprit humain, illuminant la Nature humaine en en
étant l’idée.
Au 4ème degré, la lettre Guimel est la représentation du centre. Elle se trouve au centre de l’étoile flamboyante. Représentation idéalisée du trois, avec ses trois triangles entremêlés, mais également notre propre représentation. Il s’agit de la troisième lettre de l’alphabet hébraïque et nous rappelle les trois mondes : matière, corps et esprit.
En revenant au centre, il peut s’agir comme le défini Plotin « de la chose UNE sans jamais l’appeler DIEU » il le nomme « le commencement, la racine, le Centre, la source ».
Mais d’où nous vient cette notion de centre qui est symbolisée par notre tableau de Loge de Perfection si ce n’est dans les degrés précédents.
Ainsi, dès le cabinet de réflexion, le candidat se retrouve symboliquement au centre de la terre, centre géométrique, qui évoque pour la première fois dans la vie de l’initié, le symbole du centre de soi-même, centre spirituel. Les trois voyages vont conduire l’initié inexorablement vers l’idée fondatrice que représente le centre. En effet, sa purification par le feu se fera au centre géométrique de la Loge, au point de convergence des trois axes de la Loge (dont il n’a pas encore connaissance). Dès le premier degré du Rite, le centre est présent. Il s’agit d’une démarche initiatique qui va se poursuivre au cours de la progression spirituelle de l’Initié.
Malgré son absence de vision cognitive, l’apprenti peut voir dés lors qu’il a reçu la Lumière, derrière le V M, le Delta au centre duquel se trouve l’oeil de la connaissance, véritable conscience, image de l’âme. Lorsqu’il est ceint de son tablier immaculé, l’apprenti se trouve au centre du cercle formé de cette protection symbolique et de sa ceinture. C’est le meilleur moyen de se concentrer sur lui-même à la recherche de sa perfection morale pour tendre vers la Connaissance. Tout lui indique alors que la recherche initiatique qui est à la base de sa démarche, doit être le centre de ses préoccupations.
Au cours de la cérémonie de passage au 2ème degré, les cinq voyages montrent une progression sensible des connaissances particulièrement dans les arts libéraux. Le futur compagnon découvre les cinq sens, les arts architecturaux qui sont la manifestation humaine de la beauté intérieure qu’il doit atteindre par le perfectionnement de lui-même et qu’il conviendra de mettre en oeuvre pour édifier le temple qui sera consacré à la gloire du Grand Architecte de l’Univers. Enfin, l’astronomie va permettre l’observation du ciel. La Terre est l’axe de la pensée qui rejoignant le Ciel passe par le V M. Or vu d’où nous sommes, la terre est le centre du ciel, bien que nous sachions que scientifiquement ce n’est pas la vérité, cependant c’est la vision que nous en avons.
La notion de centre serait elle donc dépendante de la situation dans laquelle nous nous trouvons ?
Lors de la cérémonie d’élévation au troisième degré, le compagnon va se retrouver symboliquement mort et par cette mort même identifié au Maître disparu ; inconsciemment il sera également au centre du cercle formé par les neuf Maîtres parcourant le monde en quête de la sépulture de notre Maître Hiram. A cet instant précis, pour lui, bien qu’il ait perdu l’usage de la vue, le Temple semble tourner autour de lui. L’impétrant se rapproche du centre, il s’incarne en étant le centre.
Il va changer d’axe et être verticalisé. Par cette « verticalisation » le maître retrouvé se situe à l’intersection des axes horizontaux et de l’axe vertical point central de l’Univers donc sur cet axe qui mène au divin. Simultanément à cette verticalisation, l’axe même du Temple se déplace pour devenir vertical, comme le voyage du maître se déplace de l’orient à l’occident, du midi au septentrion et du zénith au nadir. Le Maître retrouvé est le Centre.
Dans notre rituel la description du tableau de Loge évoque avec la lettre Guimel l’image du centre. Mais n’est-elle pas notre propre répresentation ? Le Trois représenté par cette lettre, introduit le concept qui nous est familier de corps, âme, esprit. La lettre Guimel serait donc un guide vers le monde de l’esprit alors même que, symboliquement, l’esprit est le centre de notre recherche de la parole perdue.
Cette lettre Guimel, nous ouvre plusieurs voies de recherche spirituelle.
L’une d’entre elle consiste en la forme même de la lettre composée d’un vav, (trait vertical) avec un youd comme pied (trait en équerre). Par cette forme de représentation naïve, il est habituel de considérer qu’elle représente un homme en mouvement ; un homme en mouvement mais dans quel but ? Le symbolisme reconnu de cette représentation d’un homme en mouvement est qu’il poursuit une quête du bien en poursuivant son prochain afin qu’il se réalise. On voit ainsi que l’homme en mouvement est là pour faire le bien autour de lui ! Cela ressemble idéalement au Devoir de tout maçon.
Cette Troisième lettre de l’alphabet hébraïque au centre de l’étoile flamboyante est l’évocation de l’action de créer les conditions d’une recherche de l’Absolu. D’autant plus que les initiales des noms de Dieux formant un cercle, elles expriment les différentes grandeurs de la manifestation. « Le centre, c’est le chemin vers la lumière ». Nous nous trouvons alors dans une forme de réflexion de notre pensée qui oriente tout vers le centre, faire le bien est notre objectif central, le Devoir symbole du 4ème degré devient le centre de notre progression initiatique.
Une autre voie de recherche est dans l’interprétation du mot « guimel » qui vient du mot « guemoul » dont la signification en hébreu est double : donner une récompense ou donner une punition. Cette double signification encore que binaire, montre que l’homme est libre de son choix entre le bien et le mal. Mais le choix est en fait une opposition, si l’on ne fait pas le bien, c’est que l’on fait le mal et réciproquement. Ne faut-il pas interpréter cette opposition entre le bien et le mal comme l’objectif de la conscience de l’homme qui doit le guider en permanence vers la liberté de choix. Si l’on considère le pied de la lettre Guimel qui exprime la course de l’homme vertueux après son prochain pour lui procurer du bien, on retrouve le mot courir qui est l’expression même de la puissance de la volonté et du libre arbitre. Il est indéniable que la puissance de la volonté se manifeste quand on court, car à ce moment là le pied est fermement en contact avec la terre ce qui est la preuve d’un acte de volonté.
L’objectif de cette course exprimé dans la lettre Guimel est un accomplissement du devoir pour satisfaire l’âme dans le monde présent et dans le monde futur. Il est très probable que le mal comme la punition est un phénomène qui a une fin ; il s’agit de phénomènes finis. Mais on ne peut pas imaginer qu’il en soit de même du bien et de la récompense qui, par essence même, doivent être infinis.
Cette course du sachant vers l’ignorant fait également penser au transvasement du plein vers le vide ; une course vers le vide qui est inhérente à la nature physique. On peut donc interpréter cela comme la représentation du don de soi, ce don de soi devant conduire à la grâce divine. Le chameau que représente la lettre Guimel nous apprend à ne rien attendre pour soi, à ne rien retenir, à ne rien conserver. C’est dans cet état d’esprit que notre âme pourra s’ouvrir au divin.
La lettre Guimel est la représentation de l’équilibre entre deux forces opposées et les fusionne en une force stable. C’est le pont entre ces deux espaces opposés. C’est le chameau rapprochant les deux rives du désert. C’est la puissance bienveillante. Cette fusion ressemble au centre spirituel, point d’équilibre entre ces deux forces opposées. Notre démarche initiatique se situe dans la solitude de notre connaissance, désert initiatique.
Lors de l’initiation au 4ème degré, les voyages se font dans un parcours sinueux, évoquant une spirale. On devrait plutôt dire évoquant une hélice. Il s’agit effectivement d’un mouvement hélicoïdal qui permet de s’élever autour de l’axe vertical et qui nous rapproche sans doute du centre de l’Univers, par le chemin de la Connaissance. Cette marche qui nous élève nous fait franchir une nouvelle étape dans la progression de la Connaissance, dans la révélation de l’alchimie de la légende de notre Maître Hiram.
Cette marche sinueuse nous conduit également d’une rive à l’autre de la notion de bien et de mal en nous ramenant systématiquement au centre là où les deux forces sont à l’opposé mais égales en puissance donc se neutralisant. Nous revenons ainsi toujours au point d’équilibre vers lequel nous sommes conduits par notre subconscient pour faire la part des choses entre le bien et le mal ; le Centre.
Le Maître Secret va
découvrir la pleine lumière et poursuivre sa
propre recherche et sa propre construction qui pourra
l’amener à découvrir son Temple
intérieur dont la richesse ne se situe qu’en son
centre véritable point de convergence de toutes ses forces
et de toutes les forces de
son esprit, rayonnement de sa propre lumière individuelle.
En conclusion, le CENTRE n’est pas révélé au quatrième degré, mais que Centre nous-mêmes, nous, Maîtres Secrets, nous aspirons à le découvrir et à nous en approcher par notre propre recherche en nous attachant à nous rapprocher de la Jérusalem céleste.
J’ai dit T F P M