La Clé du Maître Secret

Auteur:

M∴ R∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

En loge bleue, nous avons étudié le symbolisme de la clef et nous avons retenu, en quelques mots, que la clef était le symbole du « connais-toi, toi-même ». Elle est également en relation avec le double rôle d’ouverture et de fermeture, telles les clefs de JANUS qui ouvrent les portes solsticiales, c’est-à-dire l’accès aux phases ascendantes et descendantes du cycle annuel, ou encore avec les dominations respectives du yin et du yang, qui trouvent leur équilibre aux équinoxes. On peut encore citer les clefs confiées symboliquement à St Pierre qui ouvrent les portes non moins symboliques du royaume des cieux ; ou encore celles de Janus, gardien des portes et guide des âmes qui ouvrent la voie initiatique.



Au plan ésotérique, posséder la clef signifie « avoir été initié ».



Anciennement on chauffait les clefs des portes des églises. Pour guerrier ou prémunir hommes et animaux de la rage, on appliquait ces clefs sur une partie de leurs corps. De même après qu’une vache ait subi une saillie en but de fécondation, on attachait autour de son corps deux ou trois clefs afin qu’elle ne soit plus courtisée ce jour-là.


Vous voyez que la clef était utilisée de diverses manières dans des buts relevant même de la superstition.


La clef était également symbole de puissance, de souveraineté, de plein pouvoir. Je veux parler des clefs apposées sur les blasons. Ces clefs avaient une consonance de confiance, fidélité éprouvée et témoignée.



La clef correspond à une fonction royale et à l’autorité spirituelle.



Ces quelques lignes ne sont qu’un bref rappel des connaissances acquises aux trois premiers degrés.



Le symbolisme de la clef du M SECR s’éloigne, sans les dénigrer, des concepts acquis dans les LL Bleues. L’objectif demeure le même, unique et immuable : la connaissance de l’homme et de la création dans laquelle il s’intègre par la vie, la pensée et l’action. La clef d’ivoire nous sollicite non plus à appréhender la connaissance de soi mais à sonder celle de l’univers et des dieux.



Si la clef de la loge bleue estde métal, travaillée par le forgeron aux moyens des quatre éléments fondamentaux : l’air, terre, feu et eau, la clef du Maître Secretest faite d’ivoire, matière organique, c’est une clef ésotérique.


Sur son panneton on y trouve la lettre Z qui signifie ZIZA ou ZIZON.



Il nous faudra par conséquent essayer de pénétrer les mystères de la clef en tant que telle, de l’ivoire, du Z et, un symbole pouvant en cacher un autre, du Z devenu N et N inversé quand on regarde la clef horizontalement.



Premièrement la clef


En résumé, la clef du M.S. est symbole de la connaissance suprême et absolue.



Il faut bien s’imprégner de la littérature biblique (ancien testament) pour comprendre le sens donné au symbolisme de cette clef.



Bijou du quatrième grade, la clef d’ivoire ouvre le chemin de cette longue et harmonieuse échelle, non pas de l’initiation, mais de la réalisation initiatique. C’est la clef du Saint des Saints dans lequel le rituel nous dit que nous venons d’entrer en même temps qu’il nous invite à la recherche de la vérité et de la parole perdue.



Il y a là une contradiction : comment parler de parole perdue après la mort d’Hiram, alors qu’Hiram est immortel parce qu’il est la connaissance, la vie et qu’il renaît toujours, omniprésent, dans la personne de chaque nouveau maître.


Ayons bien à l’esprit que le meurtre du Maître Hiram par les trois mauvais compagnons symbolise le drame de l’esprit et de l’intelligence créatrice aux prises avec l’ignorance, le fanatisme et l’ambition.



J’ai écrit ci-dessus que la clef du M.S. était celle qui ouvrait le Saint des Saints. Pourquoi la confie-t-on au M.S ? Arrivé à ce point de ma planche, je me suis posé deux questions ;


Premièrement que peut donc contenir ce Saint des Saints de si précieux ?


Deuxièmement quel rôle, quelle fonction est attribuée au Maître Secret en lui confiant cette clef ?



J’ai répondu ainsi à la première question :


La bible nous dit qu’après la délivrance du peuple juif du joug des égyptiens, MOÏSE conduisit le peuple dans le désert. Il le dirigea d’Ouest en Est vers la terre promise par yahvé. Souvenons-nous que Moïs avait reçu, sur la montagne, de l’Être Suprême lui-même, les lois qui devaient régir le peuple hébreux. Ces lois écrites par Moïse (D’autres disent du doigt divin) se prénommaient les tables de la loi sacrée.



Pendant la traversée du désert, à chaque arrêt prolongé, après de longues heures de marche épuisante, on érigeait une tente au fond de laquelle, à l’endroit le plus reculé, nommé Saint des Saints, on déposait l’Arche d’Alliance ; Arche qui avait été construite, avant le départ d’Égypte, pour contenir et protéger les tables de la loi sacrée.



Lorsque le peuple Juif devint sédentaire, il construisit le Temple dans le but de protéger l’Arche d’Alliance. Le trésor caché dans l’Arche est le témoignage du message de l’éternel. Ce message est contenu dans l’homme, et je dirai même qu’il est l’homme et plus précisément celui qui est bâtisseur, créateur. Celui-là collabore avec la divinité afin de poursuivre la création, l’améliorer et l’achever, guidé par cette lumière intérieure qui est sa part divine.



A la deuxième question je réponds :


La légende du 4° grade nous dit que dans une partie du temple, on avait construit un local à part séparé de la grande salle d’une balustrade, ZIZON. C’est dans ce lieu que fut déposé provisoirement la dépouille du Maître HIRAM, ainsi que les lois secrètes révélées à Moïse sur le mont Horeb et le triangle d’or sur lequel était gravé la parole sacrée. Ce triangle, Hiram l’avait jeté dans un puits avant de mourir. Ce puits constitue le SANCTA SANCTORIUM. Salomon fit alors interdire ce lieu. Ordonna sa fermeture, confiant la clef au corps des lévites qui en eurent la garde.


On a associé la dépouille d’Hiram à l’arche d’Alliance.



Possédant la clef d’ivoire, le M.S. devient, et c’est là la réponse, le gardien du Saint des Saints et, de ce fait accède à la fonction sacerdotale. Il a reçu l’initiation artisanal aux trois premiers degrés en apprenant à se servir des outils : IL SAIT FAIRE. L’initiation sacerdotale le fait passer du FAIRE au DIRE, de la maîtrise de l’outil à celle du VERBE. Ce qui éclaire le sens du signe du silence, mais là n’est pas le but de mon propos.



La clef d’ivoire symbolise l’accomplissement inflexible du Devoir complet, c’est-à-dire, ainsi que le précise le rituel du cinquième degré, la réalisation du Principe élevé qui est en nous et non en dehors de nous



Ce Principe élevé se situe à l’opposé du meurtre du Maître Hiram ; Ce bijou du M.S. nous invite à remporter la victoire personnelle, intime, émotionnelle sur l’ignorance, le fanatisme et l’ambition


Paul Nodon écrit, je cite :


« … L’accent est mis sur cette évidence que la clef de la connaissance, vérité absolue, n’est pas dans la connaissance humaine et relative comme mode médiat d’appréhension de celle-ci, mais dans la participation directe et immédiate au Principe, lequel est immanent en l’initié… » Fin de citation.



Rappelons pour terminer quelques différences qui existent entre la clef de la loge bleue et celle de la loge de perfection :


La différence des matériaux avec lesquels elles sont réalisées, minéraux et végétaux pour la clef de la L bleue, matière organique pour la clef du Maître Secret.


La clef d’ivoire n’est pas un outil, elle est un signe.


Elle n’ouvre pas, elle est l’ouverture.


Elle traduit l’intention et le pouvoir de son porteur d’ouvrir le Saint des Saints lui-même, pour se découvrir et se créer.


Dans les profondeurs noires où pourrit le corps du maître, la palingénésie de l’initié est annoncée. La clef d’ivoire annonce l’événement.



Deuxièmement, l’ivoire



La clef du M.S. n’est pas de métal. Elle n’est pas l’œuvre du forgeron. Elle est le forgeron lui-même. D’une matière organique, l’ivoire, elle procède de la structure qui sous-entend l’homme.



Daniel Beresniak nous dit que la clef est faite de ce qui nous permet d’avoir une forme et de fonctionner. Elle rappelle notre ossature.



Certains veulent que la clef, de par la matière dont elle est faite, conforte l’analogie avec le dieu Ptah qui crée en ouvrant les vues de la différenciation.Je ne m’engagerai pas sur cette voie-là, manquant de documentations fiables.



D’autres affirment que le symbolisme de l’ivoire s’apparente à celui de la Lune, et que, tout comme cette dernière, reflète la lumière et les bienfaits du soleil.



Quant à moi je préfère, l’analogie ivoire/couleur blanche.


L’ivoire est de couleur blanche ( Cela n’est pas tout à fait vrai). Rappelons que le blanc n’est pas réellement une couleur. Le blanc est la synthèse de toutes les couleurs visibles par l’œil humain.


Les physiciens nous ont appris que le mot couleur signifie lumière, c’est-à-dire une radiation d’une certaine longueur d’onde.


Dans l’ivoire de couleur blanche, on retrouve les arcanes de ZIZA. Ce n’est certainement pas un hasard…La clef est d’ivoire, l’ivoire est de couleur blanche, la couleur blanche est lumière tout comme ZIZA. Tout s’enchaîne admirablement bien.


Nos investigations peuvent aller encore plus en avant :  


Rappelons-nous que les anciens symbolisaient par le serpent et ses mouvements flexueux, sinueux, non seulement le caractère ondulatoire de la lumière, mais encore le mouvement en forme de « S » de la substance mère dont la lumière n’est qu’un des attributs.


Dans la mythologie, le symbolisme de la couleur blanche était lié au dieu PAN dont Virgile, dans les Géorgiques, nous donne une description globale en ces termes : «  PAN est blanc comme neige ». PAN, c’est le principe de la vie, le moteur de la nature, il est lumière, feu éternel.


Mes frères et mes sœurs maîtres secrets, les symboles du grade ne sont pas l’effet du hasard mais bien une certitude que les anciens possédaient une connaissance approfondie du symbolisme mais aussi un profond désir de cacher aux profanes l’exégèse du sacré.




Troisièmement, Le « Z »



La lettre « Z » du panneton de la clef d’ivoire signifie ZIZA dont la traduction est « éclat de lumière ou encore splendeur ». C’est le mot de passe du quatrième degré


Elle signifie également ZIZON qui traduit le mot balustrade.



Je vous ai parlé ci-dessus du rôle joué par la balustrade dans le temple de Salomon. Je vais maintenant vous parler de ZIZA.



On sait, nous dit Beresniak, que l’hébreu maçonnique est assez particulier et a été constitué par des personnes qui se référaient à cette langue pour approcher la parole perdue mais qui ne la connaissaient pas ou peu.



Voici ce que j’ai lu au sujet de ZIZA :



ZIZA, zaïn, yod, zaïn, Aleph ou encore zaïn, yod, zaïn, hé signifie éclat, lumière éclatante, rayonnante.



La signification de ce mot s’illumine par son étymologie : lorsqu’on le réduit à sa racine bilitère, le double zaïn, ce mot traduit l’idée de mouvement. Un dictionnaire français/hébreu, dont je ne citerai pas le nom de l’auteur, donne pour le mot ZIZA, d’origine chaldéenne, deux sens :


1)Éclat


2)Ce qui se meut.


Il faut donc, nous dit toujours Beresniak, associer ces deux idées. La lumière est mouvement. (Ondes, rayonnement). (C’est une loi de la physique que nous connaissons tous). Et Beresniak d’ajouter :


Je cite


« Le sens de la racine lui confère une valeur dynamique qui le rapproche de l’enseignement d’Hermès : Hermès est le dieu du mouvement. Il transmet, c’est le messager, il assure la circulation des choses (le vol du troupeau d’Apollon contraint hommes et dieux à négocier), il crée les bornes et aide à les franchir. Auteur des limites et transgresseur de ces limites, dieu fripon et rieur, Hermès conduit le voyageur à son terme ou bien l’égare… (Cela dépend du voyageur) » Fin de citation



J’ai trouvé également des parallèles entre ZIZA et les chiffres, ZIZA et les lettres/chiffres. Laissons cela aux spécialistes de l’ancien testament, c’est plus prudent.



Je vous ai dit que Ziza est le mot de passe du quatrième grade. Oui, mais qui est ZIZA ?


ZIZA est un nom propre qui désigne :


1)Un fils de SHIPEï


2)Un fils de Roboam, roi de Juda, fils de Salomon et de Maacah, fille d’Absalon, sa deuxième épouse.


3)Le second fils de SHIMEî, un lévite recensé par


David qui classa les lévites en quatre catégories ;


1)– Bâtisseurs


2)– Scribes et juges


3)– Portiers et gardes


4)– Bardes (ceux qui chantaient les louanges du Seigneur).




SYMBOLES CACHES dans la clef.


Lorsque l’on regarde la clef en la tenant horizontalement, si le paneton est dirigé vers le haut, on ne lit plus « Z » mais « N » et vers le bas on lira un « N » inversé.



Ces deux symboles, « N » et « N » inversé se traduisent en langue des oiseaux, (langage codé), par deux idées proches l’une de l’autre et pourtant antagonistes à savoir la haine et son inverse l’amour.



Ne nous trompons pas de chemin, le notre est celui de l’amour universel. La seule haine autorisée est celle des trois assassins de l’homme juste que sont l’ignorance, le fanatisme et l’ambition.



J’ai dit TFP.



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