La Franc-Maçonnerie vous a donné la Lumière Qu’en avez-vous fait ?

Auteur:

C∴ L∴

GLDF
Loge:
Spiritualité - Orient de GEX
A LA GLOIRE DU GRAND ARCHITECTE DE L’UNIVERS
DEUS MEUMQUE JUS
Rite Ecossais Ancien et Accepté
ORDO AB CHAO
Au nom et sous les auspices du
SUPREME CONSEIL DE France
Liberté Egalité Fraternité

« J’ai réalisé l’individuation », c’est en ces termes que parlais le père de Tintin, Hergé, au soir du 5 Janvier 1979 dans l’émission « Apostrophes » de Bernard PIVOT.

L’œuvre d’Hergé, universelle, archétypale pour chaque petit garçon européen ou presque depuis 1929 est d’ailleurs hautement symbolique même s’il semble que son auteur ne fut pas franc maçon. Cela signifie donc pour moi qu’il prétendait en être parvenu à concilier son Moi et son Soi, le frère doit parvenir à stopper sa dualité pour ne faire plus qu’un, syncrétiser le noir et le blanc, le bien et le mal, disparition du corps physique qui est une potentielle source de souffrance pour s’en libérer, c’est assez proche de la philosophie du Catharisme.

En effet Alan WATTS, philosophe anglais, a écrit : « le problème vient toujours du fait que l’acceptation de soi-même ne peut être qu’un acte délibéré ».

L’orgueil de l’individu se lézarde, qui qui croit dominer le monde, se fissure, devant les grondements et les appels de l’inconscient qui réclame son dû.

Carl Gustav JUNG a expliqué que ces interrogations, cette mutation de l’individu, normale, même très souvent très bien supportée, vécus, « digérée », investie, intériorisée, est due au fait que l’inconscient régulièrement au cours de notre vie fait des signes au MOI conscient qui a tendance à s’éloigner parfois des vérités intérieures et de la vie psychique profonde, à la totalité, le SOI. Ce phénomène peut engendrer des tensions ou au contraire des moments d’épanouissement, que Jung a appelé « individuation ».

Et JUNG toujours d’écrire « après avoir franchi le milieu de sa vie, l’âme subit une étonnante modification que l’on pourrait considérer comme un renversement d’orientation psychique. Quand il s’agit d’un esprit de valeur, la modification prend la forme d’une métamorphose de l’intellect en une sorte de spiritualité, spéculative ou intuitive ».

La Maîtrise maçonnique et au-delà l’initiation maçonnique depuis mon accessit au grade d’apprenti, il y aura bientôt dix ans en Décembre m’ont apporté la Lumière que j’avais « demandé à mon entrée dans le temple » tel que le stipule le rituel au grade d’Apprenti. Au grade de Compagnon j’ai vu l’Étoile Flamboyante, donc une lumière encore plus absolue, présageant, préfigurant d’un « autre chose à venir ».

Le jour de mon exaltation au grade de Maître je suis rentré dans le temple à reculons afin de laisser mon passé mon histoire, ma vie jusque-là derrière moi, afin de faire un bilan de ce que j’étais avant de me retourner vers ce que je devais devenir ensuite, ou en tout cas ce que le REAA me propose de devenir…confirmant ce que je supposais au grade de Compagnon…et ce que mon intuition m’avait suscité d’interrogation…

Je me voyais prendre la place du Maître HIRAM, même mourir à sa place symboliquement après avoir franchi son (mon ?) cercueil d’un pas circulaire faisant évoquer immédiatement le compas et son champ d’action juste après le pas du Compagnon où j’avais pratiqué l’Equerre.
Je passais donc de l’Equerre au Compas, de la matérialité à la spiritualité ou en tout état de cause à une part de spiritualité, une nouvelle étape.

Le temple alors était noir et j’allais mourir.

L’Orient était voilé comme si la vraie Lumière qu’il y a au-delà était encore inaccessible à mon niveau, floue…ou alors comme si je ne méritais pas encore de la voir totalement parce qu’indigne de la recevoir, ce qui me rappelle la phrase que j’avais répétée des centaines de fois plus jeune alors que je pratiquais le rite chrétien catholique chaque samedi soir jusqu’à ma majorité sous l’impulsion obligatoire de mes parents « Je ne suis pas digne de te recevoir mais dis seulement une parole et je serais guéris »… En voilà tout un programme !

On me proposait, enfin, de passer d’une croyance, d’une religion révélée, quasi imposée, ne souffrant aucune contestation, à une religiosité, une spiritualité avec une seule Foi, celle de l’Homme, consentie, acquise par le travail individuel au travers de la démarche proposée par le REAA, avec tous les changements spirituels que cela engendre, mais assumée totalement. Dans la Loge de Saint Jean, les travaux ouverts à l’évangile de saint Jean, voilà que j’y lisais « Au début était le Verbe »…donc la fameuse parole qui devrait me guérir si je le méritais ? Et ce « Verbe » est successivement assimilé à Dieu, à la vie et à la Lumière. Et cette parole, qu’elle était-elle ?

La parole qui allait être perdue justement, et que je m’apprêtais à emporter dans ma tombe, tué par les trois mauvais compagnons ? Mais si je suis un si bon maître en devenir, prenant HIRAM pour exemple et le Roi SALOMON pour commanditaire des travaux du temple, avec un travail d’exemplarité, aspirant à la perfection, étant le tuteur potentiel de ces compagnons, leur guide, comment n’avais-je pas réussi à empêcher d’avoir des compagnons si mauvais, surtout trois d’un coup ?

Et y en avait-il d’autres de mauvais compagnons ? Est-ce au moins que moi-même j’étais un bon compagnon alors encore, aspirant à la Maîtrise non de mon propre chef mais parce que mes frères maîtres m’en avaient jugé capable, apte, digne ?

Je devais même revivre le martyre d’HIRAM pour comprendre, accéder à la Connaissance, à la Lumière… Est-ce que l’on me proposait alors un sacrifice humain, de ma personne de surcroît, pour me faire découvrir autre chose, une nouvelle initiation ?

La « Chair quitte les os » dit soudain le second surveillant, « Tout se désunit » surenchérit le premier Surveillant…me voilà donc là bien mal en point ! Et pourtant par les cinq points parfaits de la maîtrise, le Vénérable maître me releva, m’enracina à nouveau sur cette planète et voilà que je « réapparais plus radieux quejamais », le processus était enclenché, sans possibilité de retour, et c’est tant mieux.

J’étais donc devenu enfin lumineux ? Ou en tout cas plus qu’avant ?

L’alchimie fonctionnait donc, réduit en poussière, par l’Œuvre au Noir…je me voyais littéralement purifié, n’offrant plus d’obstacle à la Lumière, donc organisé sur un plan chimique et physique puisque je laissais passer les rayons de Lumière, transparent que j’étais devenu, donc un être de Lumière, lucide, lumineux, rayonnant…

N’est-ce pas à ce stade de mon cheminement personnel, de mon individuation, de mon initiation un peu prétentieux que de prétendre réapparaître plus radieux que jamais ou est-ce là et c’est comme cela que je le comprenais qu’une invitation à continuer à travailler, car rien ne s’acquiert sans travail, justifiant peut être d’aller instruire les compagnons de ces valeurs d’abnégation et de travail, de patience et de persévérance, pour ne pas qu’HIRAM une nouvelle fois ne soit assassiné.

De l’œuvre au noir, ma putréfaction nécessaire, mon retour à la terre, parce que le compagnon que j’étais était encore trop matériel, trop vaniteux, me voici sublimé par l’œuvre au blanc, illumination de l’esprit, purification alchimique orchestrée par Tubalcain, forgeron de l’Univers.

C’est intéressant parce qu’une fois mes molécules organisées, l’ordre ainsi réalisé issu du chaos que j’étais juste avant…mon corps ne prenait plus d’importance, étant arrivé à l’équilibre énergétique, au centre du cercle sur le plan des quatre forces physiques de l’Univers (Gravitationnelle, Electro-magnétique, Forte et Faible) et au-delà…Ordo Ab Chao.

Donc dématérialisé, d’où l’accès à la spiritualité, débarrassé, libéré de mes oripeaux, de mes passions, de mes métaux…donc au centre du cercle puisqu’en foin capable d’objectivité et de discernement sur toutes les choses du Monde voir même de l’Univers, donc me voici équivalent du Grand Architecte de l’Univers, ma part de divinité se révélant, mon « coming out » spirituel.

La Mort est transcendée, je suis au-delà d’elle, au-dessus et elle ne fait pas peur, plus peur !

Les trois compagnons m’ont rendu service même si la Parole que je porte est perdue. Ignorance, Fanatisme et Ambition déréglée m’ont assassiné, normal, ils me retenaient dans ma vie d’avant, dans les Ténèbres.

J’avais au grade d’Apprenti et au grade de Compagnon été à l’Occident, invité à me diriger vers l’Orient puis au grade de Maître j’intégrais la chambre du Milieu, l’Axis Mundi, quitter la terre, la matérialité, pour le céleste, la spiritualité, et cet accessit ne pouvais se faire que par ma mort et ma renaissance, ma réactivation mais pas ma résurrection car sinon la Mort n’existerait pas ou en tout cas n’aurait aucun intérêt en tant que fin de la Vie donc partie intégrante de celle-ci.

C’est Maître ECKART qui a écrit : « Celui qui œuvre dans la Lumière, celui-là s’élève vers Dieu libre et dépouillé de tout intermédiaire ».

Le tapis de loge au grade de Maître d’ailleurs marque cette fin de cycle, cette mort puis cette renaissance en invitant le Maître à retourner vers l’Occident, afin d’éclairer les ténèbres ? En effet on se situe là dans une perspective solaire avec une journée pleine, une vie même résumée sur le tapis de loge du grade de Maître avec un crâne à l’Occident, siège de la spiritualité, surmontée du compas ouvert vers l’Orient, alors que l’Equerre est aux pieds du cadavre, ouvert vers l’Occident.

Donc Compas et Equerre sont alors ouverts à l’opposé de la disposition aux 1er et 2ème grade, invitant le Maître à renaître, à refaire le chemin vers la Lumière mais purifié et seulement purifié, par sa mort symbolique et son œuvre au noir, pas avant !

J’allais avoir enfin accès à la Connaissance, arrêter de me sentir coupable du péché originel tel que la société judéo-chrétienne dont je fais partie fait tout pour nous le rappeler quotidiennement…j’allais pouvoir peut être goûté au fruit défendu et peut être même monter à l’arbre de la connaissance, avec l’échelle de Jacob et ma connaissance du caducée puisque je suis médecin généraliste…qui avait-il en haut de l’arbre ?

Tient n’étais-je pas moi-même cet arbre, remis en terre sous la forme d’HIRAM qui par sa décomposition chimique enrichi la terre et se voit replanté tel l’acacia unique qui sera issu de la branche posée sur sa tombe toute fraîche, replanté par l’énergie des Cinq Points Parfaits de la Maîtrise ?

Branche posée par les Trois Mauvais compagnons pour marquer la tombe du maître afin de la retrouver plus facilement lorsqu’il s’agira de faire disparaître son corps pour de bon. Le « Livre des Morts » des Anciens Égyptiens a pour véritable titre, à l’époque de l’Égypte antique, « Livre pour sortir au jour ».

Le « Jour » en question est celui des vivants, mais aussi de tout principe lumineux s’opposant aux ténèbres, à l’oubli, à l’anéantissement et à la mort.

Dans cette perspective, le défunt égyptien cherche à voyager dans la barque du dieu Rê et à traverser le royaume d’OSIRIS, version nocturne du soleil diurne en cours de régénération. La voilà la Lumière, la mort tragique d’HIRAM est un mal pour un bien, un sacrifice nécessaire pour qu’il puisse se révéler vraiment tel qu’il est et non tel qu’on le voit, c’est-à-dire le Soi par-dessus le Moi, les deux confondus enfin !

Sa mise en terre, sa régénération par les Cinq Points Parfaits de la Maîtrise lui permettent de se révéler enfin. Le Livre des Mortes de l’Égypte pharaonique évoque un mythe tout à fait superposable au mythe d’Hiram. Il y est question de marche du défunt vers la nécropole, vers le monde de l’au-delà, souterrain, chtonien même.

Il veut se soustraire aux corvées de ce monde infernal et il veut échapper au terrible serpent APOPHIS, symbole du chaos primitif, qui me fait penser au Dragon (Symbole du mal, du Diable, des ténèbres..) que terrasse, transperce de sa lance Saint Michel, EL MICHA, « semblable à Dieu », dont l’épée indique l’Orient, tel la statue qui domine le mont du même nom en Normandie et celle qui domine le beffroi de la Grand-Place de Bruxelles, hautement alchimique et donc la visite en 2012 a déclenché en moi un nouvel élan de recherche. Le défunt parvient, par les louanges qu’il prodigue à Atoum – Rê, dieu créateur primordial, qui lui permet alors de sortir et d’entrer librement à l’Occident, la porte des Ténèbres. Il proclame ainsi sa renaissance en s’identifiant au dieu créateur Atoum lorsque ce dernier se hisse en dehors du chaos primordial.

Vient ensuite la transfiguration, la « Sortie au jour » devient une réalité. Il est à la fois RE et OSIRIS, c’est-à-dire qu’il conjugue le Moi, Rê, avec le Soi, Osiris, libéré des ténèbres. Son âme-bâ sort au jour mais ne veut pas être séparé de son ombre – Shout.

Il se déplace d’Est en Ouest tel le soleil Rê sous la protection du dieu Thot (Hermès Trismégiste pour nous, fondateur de l’alchimie) et se dirige ensuite vers le tribunal d’Osiris pour y être jugé exempt de pêchés, reconnu pur par ses juges et Michel joue ce rôle d’ailleurs de pesée des âmes à l’entrée du Paradis chrétien.

On retrouve dans le mythe d’OSIRIS et dans la crucifixion du CHRIST la même symbolique. Une deuxième initiation est nécessaire pour découvrir le Vrai, le Réel, la Vérité, la Lumière. Léonard de Vinci a écrit : « Regardes la Lumière, fermes l’œil et observe. Ce que tu as vu avant n’est plus, ce que tu verras ensuite n’est pas encore ».

La lumière est ainsi au sens figuré la clarification d’une notion, d’une chose, voire de la totalité, par opposition à l’obscurité qui est connue pour être l’état d’ignorance, ce qui est symbolisé par le bandeau que je portais jusqu’à mon initiation au premier grade et justement le REAA stipule, ou en tout cas pose la question à l’impétrant, « depuis quand êtes-vous franc maçon ? » et de répondre « depuis que j’ai reçu la Lumière ».

Le rituel un peu plus loin de stipuler que la Franc Maçonnerie indique la direction de la Lumière et qu’il appartient aux francs-maçons de s’engager dans la voie ainsi tracée afin de marcher par eux-mêmes à la recherche de la Vérité, donc la Connaissance, de la Lumière. J’ai bien compris qu’il ne suffit pas d’être mis en présence de la Vérité pour qu’elle nous soit intelligible.

La Lumière n’éclaire l’esprit humain que lorsque rien ne s’oppose à son rayonnement, car tant que les illusions et les préjugés nous aveuglent, l’obscurité règne en nous et nous rend insensibles à la splendeur du Vrai.

J’ai compris que j’ai des potentialités de réalisation spirituelle mais avec une carence terrible puisque le maître est mort et la Parole perdue !

Le leurre du mot substitué me replace sans cesse dans l’éternel retour et seule la mort et la réapparition inaugurent un nouvel espace, le Temps sacré, qui ne se comptabilise pas, comme celui de la Loge, de Midi à Minuit.

La durée de la vie physique, profane, terrestre est limitée, mais une fois mort symboliquement à ce monde, il reste tout le temps nécessaire pour œuvrer, travailler et avancer… Que mon sacrifice ne soit pas vain, qu’il serve d’exemple à l’humanité pour s’améliorer. Comme l’écrit Montaigne : « La mort n’est pas le but de la vie, elle n’en est que le bout ». Chacun de nous ignore les conditions et le moment du trépas, mais ma seule certitude en ce monde est que ma forme actuelle va mourir, dans un délai très cours par rapport à l’existence de l’Univers, mon Moi va disparaître, pour ne laisser que c’il y a au-dessous, caché depuis le départ, le début, la naissance, mon SOI, ma potentialité, supposée, destinée à se révéler par la pratique du REAA.

J’ai je pense intériorisés les outils, les symboles et toutes mes acquisitions antérieures, bilan fait lors de la marche à reculons lors de mon entrée dans le temple le jour de mon exaltation, seulement éclairé alors par l’Étoile Flamboyante.

Le REAA me propose une technique une démarche vers la prise de conscience de mon être profond, mon SOI alors que ce que je croyais être n’étais que mon apparence, mon MOI. Le but est d’avoir le déclic, le « EUREKA » d’Archimède.

Mon initiation maçonnique a été librement consentie, je n’ai rien eu à subir que je n’avais délibérément choisi et donc j’assume totalement la responsabilité de ses conséquences sur mon psychisme, mon devenir, mon œuvre dans le monde profane et dans ma quête maçonnique.

Le sentiment du sacré que le cérémonial maçonnique éveille en moi depuis le début réside d’une part dans les obligations nouvelles librement contractées à l’égard du monde et de ma propre personne.

La Tradition venue du fond des âges sur laquelle nous nous appuyons et que j’ai consenti à découvrir, à m’imprégner jusqu’au plus profond de mon Etre a produit par le biais des symboles, des mythes, des rites, des paroles entendues l’effet d’une complète et bouleversante nouveauté.

Quelque chose m’est confié, qui part de l’Origine.

J’ai le devoir de voir et cela me parle, à 2 moi qui depuis ma plus tendre enfance ai toujours eu peur du noir, du néant.

La Lumière de l’initiation m’a redressé, m’a fait renaître à une moralité et par conséquence à un « moral » que je ne pensais pas devoir récupérer de sitôt, du temps où je contemplais avec amertume le désordre du monde et de ma propre vie.

Nous affirmons notre pessimisme sur le monde alors que la Lumière me fait être optimiste en toute circonstance, puisque je suis devenu le centre du cercle, je suis objectif et j’ai le discernement, la distance nécessaire par l’utilisation du compas, la lucidité pour œuvrer dans la bonne direction en me révélant tel que je suis et pas tel que je croyais être.

L’essence même, le parfum de l’âme est là.

Mon optimisme cependant n’est pas naïf même si je garde comme vous tous mes frères un « trou noir » tout au fond de moi, centre d’incertitude et d’angoisse.

La Lumière initiatique m’a apporté aussi une adhésion par le cœur, car la rationalité exige des preuves pour asseoir ses convictions et l’initiation n’en apporte aucune !

Le Verbe initiatique est lumineux par lui-même, pas essence, hors de toute démonstration conceptuelle et je suis bien conscient que quittant le physique par l’alchimie de transfiguration de mon existence au travers du processus initiatique je vais de plus en plus m’avancer dans les voies de la métaphysiques, me dépasser, me surpasser ?

Je n’ai pas d’autre choix qu’aller dans les voies de la métaphysique puisque ma purification alchimique corporelle m’empêche désormais de me cacher derrière mes certitudes, mon paraître, mon MOI !

Un poète italien contemporain, Piero BIGONGIARI, dans un recueil publié en 1986 (Col dito in terra) a écrit : « Voir clair signifie aussi que l’on accepte l’énigme de la clarté, quelquefois plus énigmatique encore que l’obscurité ».

Pour avancer dans la Lumière, je suis bien conscient comme Platon l’avait édicté de deux sommets : Toute connaissance vraie procède d’une conversion, du refus de toute complaisance envers soi-même comme envers les autres.

La connaissance vraie n’est envisageable que si des idées ou des archétypes chers à Carl Gustav JUNG garantissent la structure, l’architecture du monde et sa traduction en langage humain.

L’initiation conférée et la démarche proposée par le REAA convertissent notre entendement en nous faisant admirer et admettre des valeurs dont l’universalité ne me parait plus contestable et qui font partie des Constitutions d’Anderson, ce sont la perfectibilité humaine, l’entraide, l’amour de l’humanité, la fraternité, la liberté, la tolérance…et convertissent à l’idée du Grand Architecte de l’Univers, principe créateur du cosmos…ordre régissant le monde…

La Lumière me propose, m’apporte une sorte de nouvelle manière de voir les choses, une sorte de béatitude, une bienveillante lucidité sur le monde. Qui l’a profondément ressentie ne saurait l’oublier, un franc maçon peut être déçu par ses frères, s’éloigner de son atelier, mais il n’en reste pas moins l’initié, réel ou potentiel, qui a ouvert les yeux à la lumière de l’Esprit. La raison en réclame l’existence, l’initiation en a montré la réalité.

La Vérité est la Lumière placée à la portée de tout homme qui veut ouvrir les yeux et qui veut regarder (Cf. la citation de Léonard de Vinci plus haut).

Il y a une sorte de préparation tout au long du long chemin depuis l’initiation au garde d’Apprenti, à ce qu’on pourrait qualifier d’éveil pour la suite, pour savoir où l’on va. Dans les ateliers symboliques, et c’est là tout l’intérêt et le symbole de la marche à reculons du Compagnon qui pénètre en Chambre du Milieu en regardant son passé, j’ai essayé d’acquérir les fondamentaux nécessaires et les codes utiles à cette évolution.

Tant que l’illusion et les préjugés nous aveuglent, l’obscurité règne sur nous. Il faut acquérir un détachement. S’orienter vers une recherche de la Vérité, de la Connaissance ou de la Lumière, peu importe finalement le nom que nous lui portons, est un engagement très important, susceptible de bouleverser toute notre existence.

Cette démarche impose la conviction impérative que notre vie est incomplète et que celle à venir sera dénuée de sens et d’intérêt si elle ne parvenait pas à percer le mystère silencieux de l’Univers.

L’accroissent de mes succès personnels, familiaux ou sociaux serait une maigre récompense face à l’intuition qu’il existe une dimension cachée qui m’interpelle confusément, et je reconnais ma propre impuissance à combler mes peurs et mes désirs et cela est la condition ciné qua non de pouvoir ressentir cette ardente envie de se diriger vers l’inconnu.

La Lumière est un peu pour moi comme la capacité à témoigner après une NDE (Near Death Experience) où les malades revenus de ce coma particulier prétendent avoir été aspirés par le vide, en direction d’une lumière que nos yeux de chair n’ont jamais vue et qu’ils décrivent souvent comme un ressenti plus que comme un phénomène lumineux, fait d’Amour infini.
Cela me rappelle GOETHE et sa célèbre citation : « Meurs et deviens ».

V M et vous tous mes frères,

J’ai dit.

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