La Lumière de PHAROS est-elle le symbole de la limite de nos connaissances

Auteur:

Non communiqué

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Pharos

Ordo Ab Chao – Deus Meumque Jus


Au nom et sous la Juridiction du Suprême Conseil pour la France


Des Souverains Grands Inspecteurs Généraux
du Trente troisième et dernier degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté


A la Gloire du G.A.D.L.U. !

Le phare d’Alexandrie, construit sur l’ile de Pharos était considéré dans l’Antiquité comme la septième des Sept Merveilles du Monde. Il a servi de guide aux marins pendant près de dix-sept siècles (du IIIe siècle av. J.-C. au XIVe siècle). Pourquoi parler de ce phare en introduction. Pour une raison simple qui est que le maitre secret est un de ces marins qui balloté sur les flots, recherche un point de repère auquel se raccrocher. En effet depuis son élévation au sublime grade de maitre, où il apprend la mort du Maitre Hiram Abif, où lui-même a du prouver son innocence dans ce meurtre, il se retrouve projeté dans la loge de maître secret, le regard voilé, et donc de nouveau plongé dans les ténèbres. Il est un peu à l’image de ces marins ballotés sur la mer au cours d’une tempête et qui enfin aperçoivent le phare de Pharos. Ils aperçoivent cette Lumière dont ils ont besoin pour se rassurer et surtout se situer. Le Maître secret perçoit qu’il a passé une étape. Ce qu’il voit est la Lumière, celle qui a été demandée lors de son initiation. Est ce la même, certainement, mais c’est la perception que le MS en a qui a changé. Le rituel le dit d’ailleurs : ce que vous avez appris à ce jour, n’est rien à coté ce qu’il vous reste à apprendre et nous ne vous considérons pas comme un ignorant complet, comme l’est un néophyte dans une Loge Symbolique. D’ailleurs est rajouté que la Lumière que nous percevons n’est pas complète non plus. Mais quelle est-elle réellement, cette Lumière ?



Cette lumière est celle que nous cherchons durant notre parcours maçonnique. Elle est une expression du Verbe, telle que le dit le prologue de Saint Jean : Ce qui fut en lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas saisie.



La lumière (Lux) à ne pas confondre avec Lumen (lumière réfléchie) est la Lumière principe qui ouvre la voie de la connaissance. Chez les Egyptiens elle est AKH, illustrée par le Mythe Osirien et le retour perpétuel du Dieu à la vie qui se traduit par l’émergence de la Lumière. AKH est au commencement de toute genèse, la Lumière sortie des ténèbres. Ceci suppose les ténèbres et la Lumière, incluse, dans les ténèbres ainsi que la Cause origine qui contenait les deux. Mais AKH est aussi la parution spirituelle de la Lumière, c’est l’esprit inné dans la Matière. AKH a donc un aspect métaphysique, Lumière qui triomphe des ténèbres, un aspect naturel, Lumière incorporée puis générée par les éléments, un aspect humain qui est la Lumière spirituelle triomphant des éléments humains permettant un retour vers l’Unité, vers le UN.



Dans la Bible, la Lumière amène à la connaissance. On y retrouve le Fiat Lux bien connu mais Ordo ab Chaos qui illustre notre atelier. La lumière ordonne ….


Celle-ci existe de toute éternité et est le tissu universel de la Vie. En fait, la création entière n’est faite que de Lumière. Mais celle-ci vibre de manière différente, se condense plus ou moins, formant ainsi toute matière et notamment la pierre.



Elle est cachée dans la Pierre dit un rituel. Il appartient aux hommes de la percevoir. La Lumière n’est pas partout car il y a les Ténèbres. Ce sont les deux pôles d’une même réalité, qui sont liés et non opposés. En effet toujours dans la bible, il est dit que Dieu appela la lumière jour et les ténèbres, nuit. Et il y eut un soir, puis un matin. L’ordre est important car cela souligne que les ténèbres ont précédé la Lumière. Souvenons nous de notre rituel du premier degré, j’étais dans les ténèbres et j’ai demandé la lumière. C’est parce qu’il perçoit la petite lumière qui est en lui, au travers des ténèbres que le candidat frappe à la porte du temple.



La Lumière a un aspect tangible et, à côté de celui-ci, a une forme invisible qui correspond à la partie subtile de l’être, cette étincelle, comme dit plus haut, cachée en chacun et qui est l’Esprit.



Aller vers elle, est pour l’initié synonyme de combats, pour, sans cesse, tuer le « vieil homme » qui est en chacun de nous. Dans l’évangile de Thomas, Jésus dit : << si les gens vous disent d’ou êtes vous, répondez leur, nous sommes venus de la Lumière, là ou la Lumière nait d’elle-même.>>



Comprendre ce qu’est la Lumière oblige à parcourir les différentes étapes entre l’Initiation et l’Elévation au grade de Maître.



La première vision que est donnée à l’Initié est celle du Delta lumineux qui exprime la Lumière du Principe, elle même projetée vers l’étoile posée sur le plateau du Vénérable Maître. Passage du non manifesté au manifesté. Ce delta lumineux est retrouvé sur le cartouche du MS, et est certainement pour certains rassurant, au milieu de cette modification d’approche.



La lumière est l’énergie qui met en mouvement le Vaisseau sacré qu’est la Loge, qui  

permet se mettre en marche. La notion de Loge, de vaisseau implique une vision communautaire. L’initié sur le chemin avance avec la communauté. Et au sein de cette communauté, peut se réveiller la petite lumière intérieure, appelant à vivre en Esprit


Et cette prise de conscience de l’Esprit, permet de trouver petit à petit sa place au sein de la manifestation.



Pour Schwaller de Lubicz, c’est épanouir son « cœur-conscience » en favorisant l’émergence du sens de l’Amour. Or, Amour et Lumière sont implicites au Principe et génèrent l’énergie qui meut l’univers.



Cette référence symbolique, commune à de nombreuses traditions, est une véritable méthode initiatique qui lui confère une originalité particulière. Toutes les cosmogonies font en effet référence à la Lumière primordiale accompagnant les premières formes dynamiques.



Mais notre perception de la Lumière a changé.



La Lumière de Pharos est le symbole de la limite de nos connaissances.



Si la Lumière est présente au cour de notre démarche initiatique, elle est aussi un symbole. Il est question de symbole de la limite de nos connaissances



Revenons sur le mot symbole. Sa compréhension est importante. C’est l’outil, par excellence, de l’initiation. Les symboles constituent le langage initiatique, celui des frères en recherche de la Connaissance. L’Apprenti apprend à lire et à écrire avec les Symboles. Là réside le moyen de transmettre ce qui est intransmissible dans le langage profane. Toute formulation initiatique passe par le symbole.


Ils ne sont vraiment accessibles qu’à l’intelligence du cœur évoquée plus haut. Nous soignons leurs formes pour les rendre parlants, mais leur signification est au-delà de la forme. Ce ne sont pas des images et ils ne s’enferment pas dans une définition.



Nous devons sans cesse les approfondir et enrichir nos perceptions. On peut dire que le symbole est à la fois une vibration, en tant qu’expression du Verbe, un Nombre, car tout est régi par les Nombres, et une forme par laquelle on peut ouvrir une porte sur l’invisible et percevoir une partie de la réalité, du Mystère.



Rappelons nous que les symboles ne sont, ne seront jamais une réponse à une question. Ils n’expliquent pas, ils font ressentir, ils éveillent. Ce qui fait comprendre que l’on ait jamais fini de les interroger et que les réponses que nous apportons sont l’exacte image de notre état de conscience Cela explique qu’avec le temps, un même symbole puisse évoluer et évoquer un Mystère tendant vers l’infini. Un symbole présente toujours une partie indéchiffrable. Questionner un symbole c’est d’abord être questionné par lui. Et la phrase citée plus haut su la limite de nos connaissances en est une.



Les symboles sont à utiliser comme des outils pour façonner l’œuvre, et soi-même par la même occasion, mais en tant que sous-produit et non comme objectif. Ils sont la figuration manifestée d’une réalité conceptuelle. Autrement dit, ils sont la porte qui permet le passage du visible à l’invisible, du temporel à l’éternel, de la perception sensitive à la Connaissance. Pour ce faire, ils s’adressent à la conscience de l’être lorsque celui-ci fait appel à son intuition. Tout, en initiation, est présenté sous une forme symbolique pour permettre à la pensée humaine de passer progressivement d’une sensation relative à un entendement réel du spirituel.



L’initié doit apprendre rapidement à passer d’une pensée dualisante et rationnelle à un mode de pensée symbolique, synthétisante, intuitive et holistique (pensée ternaire). Pour aller plus loin dans notre démarche, souvenons nous que l’interprétation d’un symbole présente trois niveaux (Robert-Jacques Thibaud in symbole et cycles cosmiques).



Prenons un exemple simple, le moine évêque de Chartres situé dans le statuaire de la cathédrale. Il s’agit d’un moine tenant dans sa main droite, une crosse, tournée vers l’extérieur et ayant dans sa manche gauche un livre fermé.



Le premier niveau est une lecture simple, directe compréhensible par tous. C’est un ecclésiastique ce qui semble normal sur un mur de cathédrale.



Le second niveau est plus subtil et plus subjectif, indiquent une idée ou un processus introspectif. C’est un évêque mais avec une robe de moine, cela semble indiquer l’humilité, la crosse est tournée vers l’extérieur, indique un retournement, que nous ne sommes pas dans l’ordre établi, donc qu’il nous faut changer d’état. Ce qui amène au Livre caché dans la manche, qui est le symbole de la connaissance, mais fermé.



Le troisième niveau de compréhension ou de lecture est la lecture sacrée ou hiéroglyphique, réservée aux initiés et lisible uniquement après que les deux premiers niveaux aient été totalement intégrés, vécus et transcendés. C’est le Parlant, Signifiant, Cachant d’Héraclite. Le symbole n’est pas là pour nous expliquer des mystères que comprendraient seulement notre raison et notre conscience, il est là pour nous aider à élever notre niveau de conscience dans notre cheminement intérieur.



La Lumière de Pharos est donc un symbole qui nous amène à nous interroger, à nous plonger en nous. Nous aurions pu nous contenter des trois premiers grades, mais lors du troisième, et surtout de la cérémonie de ce grade, nous avons perçu que cela ne pouvait s’arrêter là, qu’il y avait nécessité de continuer sur le chemin initiatique.


Nous avons alors mesuré la limite de nos connaissances. Il nous faut donc reprendre notre bâton de pèlerin et continuer le chemin. Il est question de limite. Une limite ne veut pas dire barrière. Une limite indique que les processus qui ont été utilisés jusqu’à présent ont fait leur temps, et qu’il va falloir en appréhender d’autres. En clair et c’est ce qu’évoque Jean-Paul Naudin dans dialogue autour de la grande lumière. Il est dit qu’il va falloir entamer une nouvelle évolution et trouver en soi-même cette Lumière, je dirai l’amplifier, car nous avons trouvé l’étincelle qui est en nous. Cette Lumière nous allons devoir la faire vivre en nous, pour faire naître en nous notre part cosmique ou céleste. La sensation qui est la mienne, est néanmoins un changement de niveau et le symbole qui me vient à l’esprit, est la spirale, qui permet de passer sur un niveau de compréhension différent mais au niveau du même élément. Cela va permettre de faire grandir le Principe en soi et de l’amener à maturité. C’est notre lumière intérieure dans la conscience de celle du Principe.



Nos connaissances sont limitées, et nous retrouvons à ce niveau une dualité entre connaissances au pluriel et Connaissance.


Connaissances évoque pour moi savoirs, mais surtout à une connotation limitative.



En initiation, le but est d’atteindre la Connaissance.


Pour ce faire, on commence par désapprendre ce qu’on croit savoir, ce qu’on a accumulé. Le chemin est basé sur l’expérimentation. Il s’agit de mettre les frères en face d’épreuves, en face de portes. C’est la faim qu’il faut provoquer, et non la satiété, pour inciter à ouvrir l’inconnu. La Connaissance est une faculté innée, donnée en potentialité

seul et authentique liberté.


L

a Connaissance est déconditionnement et fait appel aux vraies valeurs que l’homme porte en lui à l’état brut, et qui sont trop souvent étouffées, sinon détruites. La perception de la réalité de la vie demande un apprentissage. Il faut passer du monde conventionnel, profane, exotérique, au monde secret, sacré, ésotérique, mais le seul réel, cependant.



L’Initiation permet de réaliser un tel parcours. Parmi les outils qu’elle propose, le savoir permet de faire échec à l’ignorance. Il est un des éléments qui permettent à la pensée symbolique de franchir les portes qui mènent à l’invisible, au sacré, à l’Unité causale retrouvée. Judicieusement apprécié, il aide les éléments de perception tels l’intuition, la sensibilité, la pensée symbolique, à nourrir le Cœur-conscience.



C’est en cela que le Maître dans le texte de Naudin précise au jeune MS qu’il faut tout recommencer, qu’il nous faut chercher l’idée sous le Symbole.



Mais comme avec la Spirale, cette action est dynamique. Or il nous faut ouvrir l’œil , œil visible sur la bavette de notre tablier. Mais mes Frères, souvenons-nous aussi de la mort d’Hiram, le coup mortel est au niveau du front, et ouvre ce que certains appellent le troisième œil. Le langage des Oiseaux nous dirait ouvrir l’œil au sens propre du terme pour accroitre nos perceptions.



N’oublions pas non plus que le MS passe de l’équerre au compas, signifiant que nous nous éloignons des repères de la matérialité pour passer dans la Sphère de l’Esprit. Nous avons été dérouté par l’absence des outils des trois premiers grades, par l’absence du tableau de loge au sol, remplacé par le cartouche au-dessus du trois fois trois Puissant, où nous avons retrouvé certains de nos symboles connus.



Nous sommes nés avec les trois grandes lumières, Sagesse, Force et Harmonie ou Beauté et nous devons avancer vers la grande Lumière. Néanmoins le Maître secret reçoit un outil pour ouvrir la porte suivante. La clé d’Ivoire qui rappelle à la fois l’équerre par l’angle formé entre son axe principal et le paneton mais qui décrit un cercle dans la serrure comme celui réalisé par le compas. Nous sommes à l’union de l’équerre et du compas ; même si nous sommes passés de l’un à l’autre. Cette clé est celle qui ouvre une serrure qui nous fait entrer en nous, nous fait percevoir notre nature réelle, permettant à la grande Lumière de commencer à paraître. Nous suivons l’Etoile, toujours présente mais découverte au grade de compagnon, nous montrant le chemin. Etoile qui réapparait au grade de MS après avoir été absente de la cérémonie précédente.



Une dernière épreuve est à réussir par le MS. Il s’agit de l’inversion des Lumières. Il ne s’agit pas d’un procédé quelconque à apprendre mais d’une vision intérieure à acquérir et à élargir. Regarder autrement pour s’éveiller. Cela consiste à percevoir l’amour créateur non plus dans sa polarisation humaine (l’humanisme, la famille, les amis, la fraternité des hommes), mais sous la polarisation d’un amour d’origine non humaine, divine ; cela mène à l’amour de l’Oeuvre et donc à l’amour universel. C’est cette perception que doit réussir le MS



Notre travail de MS nous amène à rechercher la Lumière Lux tout en se dissociant de l’aspect Lumen des astres qui nous entourent. A nous de dépasser la Lumière des astres pour trouver la Lumière principielle car tout ce qui est en haut est comme ce qui est en bas



Nous devons donc travailler dans cette pleine Lumière, expression du retour au Un. Nous devons devenir des témoins de la Lumière en laissant de coté les savoirs illusoires de l’ego.



Donc il est clair que la Lumière de Pharos est le symbole de la limite de nos connaissances. Mais elle nous fait comprendre que notre voie est loin d’être terminée.



Elle nous oblige à travailler sur nous-mêmes, à améliorer notre perception, en un mot à nous ouvrir à l’Amour du Principe en nous dirigeant vers une pensée anagogique et en recherchant l’idée sous le Symbole.

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