Le Sacrifice
O∴ B∴
A
la Gloire du
Grand Architecte de l’Univers
ORDO AB CHAO – DEUS MEUMQUE JUS
ORDO AB CHAO – DEUS MEUMQUE JUS
Etymologiquement « c’est de rendre sacré » du latin sacrificium, de sacer-facêre, action de rendre quelque chose ou quelqu’un sacré c’est à dire séparé de celui qui l’offre, que ce soit un bien propre ou sa propre vie, séparé également de tout le reste du monde profane séparé de soi et donner à Dieu, en témoignage de dépendance, d’obéissance, de repentir ou d’amour.
Habituellement on utilise le terme sacrifice surtout pour les sacrifices sanglants, mais dans le cas d’offrandes de nourriture ou de liquide on parle de sacrifice non sanglant ou de libation et dans le sens d’une portion de sol d’inauguration – le terme sacrifice est également passé dans le langage courant pour désigner le fait de détruire ou laisser détruire stratégiquementune partie ou un ensemble en vue d’un objectif global jugé plus important = sacrifié un pion au jeu d’échecs, sacrifié une escouade afin de gagner une bataille ou une guerre, mais c’est avec le judaïsme et le christianisme que la morale du sacrifice a atteint son plus extrême raffinement on oppose alors toutes formes de sacrifices objectales à un sacrifice de soimême qui constituerait la conduite la plus noble.
Bien que les rites sacrificiels soient connus et pratiqués dans presque toutes les religions et civilisations du monde, depuis pratiquement l’origine de l’humanité, l’unité du sacrifice dans un point de départ est bien hypothétique et l’on ne connait rien de ses origines.
Depuis des siècles, les rites sacrificiels ont fait l’objet de très nombreuses études sans que les spécialistes soient parvenus à se mettre d’accord sur leur nature et leur fonction,pour la plupart des anthropologues et sociologues, cela serait du à la trop grande diversité des rites qui rendraient difficile la tentative à les ramener à un modèle unique, d’après René GIRARD, dans la réflexion sur le religieux primitif deux thèses sont en présences, rien auprès de ce qui nous reste à apprendre, et que donc l’instruction reçu jusqu’à ce jour n’est pas complète.
La première thèse ramène le rituel au mythe, elle cherche dans le mythe soit l’évènement réel, soit la croyance qui donne naissance aux pratiques rituelles.
La deuxième thèse ramène les mythes et les dieux aux rituels ce qui amène le sacrifice à l’origine de la divinité.
Pour Marcel MAUSS « c’est la répétition des ces cérémonies dans lesquelles par suite d’une habitude ou pour tout autre raison, une même vitrine réapparaissait à intervalle régulier, a créé une sorte de personnalité continue, le sacrifice conservant ces effets secondaires, là création de la divinité et donc l’oeuvre des sacrifices antérieurs ».
Mais depuis quelques années certains d’entre eux (Lucien SCUBLA) pensent en fait que l’on peut trouver des points communs dans toutes les sociétés sans exception, notamment ils pensent que les sacrificateurs sont soumis à deux interdits majeurs qui font apparaître des propriétés invariantes des rites sacrificiels et l’étude de ces interdits suivant le principede « non-cumul de l’identique » de Françoise HERITIER permettrait d’élaborer une théorie générale.
Le premier de ces interdits est d’associer le sang menstruel au sang sacrificiel d’où la conséquence qu’une femme ne serait être sacrificateur du moins tant qu’elle est en âge de procréer.
Le deuxième de ces interdits est celui d’associer le sang du meurtre au sang du sacrifice,il empêchait à un Cohen devenu homicide de rester sacrificateur et contraignait le citoyen grec qui avait versé le sang d’un autre membre de la cité à subir un rite de purification pour réintégrer les lieux du sacrifice.
Dans de nombreux rites, l’assistance entière est tenue à prendre part à l’immolation et lorsque l’acte lui même est réservé à un sacrificateur unique, c’est en règle général au nom detout les participants qu’il agit, c’est l’unité de la communauté qui s’affirme dans l’acte sacrificiel ce qui permet de resserrer les liens de cette communauté.
L’acte de sacrifice surtout le sacrifice sanglant n’est qu’une violence et il serait absurde de se dissimuler cette violence ou d’en faire un objet sans intérêt, la violence sacrificielle n’est pas gratuite, il ne suffit pas d’englober les rites et les mythes dans de beaux systèmes
qualifié de « symbolique » ou d’ « imaginaire » pour leur rendre justice. Car même si l’on donne à ces termes un sens plus subtil que leur signification ordinaire, il implique encore unevision trop intellectualiste des phénomènes religieux.
L’acte de sacrifice n’est donc qu’une violence de plus qui s’ajoute à d’autres violences, mais c’est la dernière violence, le dernier mot de la violence. René GIRARD, dans son livre sur le sacrifice, donne pour toute première origine à cette violence le rôle considérable des incitations mimétiques.
Il dit que l’homme est comme le singe un animal mimétique mais beaucoup plus que lui. Le mimétisme engendre immédiatement le conflit et notamment le mimétisme dans lasexualité qui comparée à celle de l’animal la rend plus conflictuelle et cette rivalité mimétique inexpiable signifie la disparition de tout enjeu objectales et le passage de mimésisd’appropriation qui dresse les membres de la communauté les uns contre les autres, mais aussi à la mimésis de l’antagoniste qui fini par rassembler et réconcilier le groupe contre une victimes émissaire, on voit donc que dans ce mécanisme fondateur, c’est contre la victime et autour d’elle que s’effectue l’union de la communauté.
Si la plupart des institutions dérives des pratiques religieuses et si le sacrifice ou le« meurtre rituel » est bien la matrice de toutes les religions (comme l’on soutenu aussi bien FREUD que HOCART) il faut donc voir là un acte civilisateur qui a permis l’auto-domestication de l’homme, un acte violent mais qui permet d’obtenir une moindre violence, le sacrifice a eu donc un rôle civilisateur important au point d’en devenir superflu.
Mais avant cela il aura fallu des expériences singulièrement bouleversantes pour amener les hommes à introduire dans leur vie des actes aussi cruels et qui se retrouvent dans les diverses cultures du monde avec une constante assez étonnante d’un lieu à un autre, d’un temps à un autre.
Dans la Grèce antique, Le sacrifice occupe une place particulièrement importante, car il répond à des attentes d’ordres métaphysiques. Religion et état sont intimement liés, chaque personne privée peut accomplir des prières, des offrandes et des sacrifices à condition de respecter le rituel.
Le rituel du sacrifice est réglé de manière très précise, il constitue une véritable mise enscène où chaque personne et chaque objet correspondent à un rôle particulier, les vivants, les choses et les végétaux montrent à cette occasion leur dévouement à l’égard des puissances supérieures qui leur permettent d’exister.
Pour les hommes le sacrifice est l’occasion de montrer leur piété et de communiquer avec les dieux en l’honneur desquels on l’exécute et avec qui on partage son produit par l’intermédiaire des libations et de la crémation des viscères et d’après j p VERMANT « Le sacrifice c’est le banquet final qui aurait exprimé la finitude humaine face à l’infinitude divine ».
On trouve aussi dans l’Iliade l’holocauste qui est la forme de sacrifice par le feu (brûlé en entier), Homère, nous conte l’épopée de la guerre de Troie : ou Achille après la mort de son ami Patrocle exige des funérailles non pas par la terre ou par l’eau mais par le feu, il organise un grand bûcher, place son ami au centre et dispose les offrandes tout au tour offrandes animales, végétales, mais aussi humaines puisque qu’il massacre avec le bronze douze nobles fils de troyens magnanimes que le feu dévore.
Nous retrouvons l’holocauste la ‘olah qui est chez les hébreux ancien, la forme la plus solennelle de l’adoration de l’éternel Jahvé. Le sacrifice humain était aussi pratiqué et d’une façon assez courante car on le retrouve tout au long de la bible notamment avec le sacrifice de la fille de Jephté par son père, ou le sacrifice des premiers-nés évoqué dans l’exode (tu me donneras le premier né des tes fils) mais c’est avec le sacrifice d’Isaac ou plus tôt le non sacrifice du fils par Abraham, père des trois grandes religions monothéiste, que les chosesvont changer.
La demande de dieu à Abraham de sacrifier son fils est une demande d’acte de foi parfait, qui lui vaut dans la bible d’être le dépositaire de l’alliance entre l’homme et dieu,à cette époque les sacrifices humains étaient courant, ce qui explique qu’Abraham l’entende ainsi sans se pose de question. Il semblerait donc, selon la tradition la plus répandue et notamment dans le christianisme que le coût de théâtre divin substituant au dernier moment un bélier au fils d’Abraham démontre avec force le refus absolu par dieu de tout sacrifice humain, et selon OUAKNIN, la leçon de cette épisode est sans équivoque : c’est une mise en scène dramatique pour signifier aux hommes qu’on ne peut désormais plus jamais se croire autorisé à porter la main sur d’autre homme au nom de dieu. Pour lui, le fait que le sacrifice n’est pas lieu est tout à fait révolutionnaire : le message qui en résulte rejoint celui des dix commandements « ce dieu est un dieu d’amour et de justice qui refuse la violence et plus encore celle qui est faite en son nom ».
L’hindouiste l’une des plus vieilles religions du monde encore pratiquée, n’échappe pas à la règle du sacrifice sanglant et notamment à des sacrifices humains.
Les populations inférieures de l’inde archaïque furent en grand nombre cannibales. Le sacrifice par excellence fut pour la consommation de viande crue et de sang chaud appartenant à l’espèce humaine.
Ces cultures sanguinaires contrastent par ailleurs avec les sacrifices tant dravidiens que védiques. Pour les uns c’est de rendre hommage à une représentation figurée, l’arrosée ou la parfumée, fleurs, essences odorantes peuvent être considérées sans doute comme des oblations.
Pour les autres on croyait utile de prononcer l’éloge des Dieux et de faire des sacrifices pour obtenir, de leur faveur, la réalisation des desseins humains, au lieu de déclencher par eux- mêmes des phénomènes voulus, ils s’en remettent à une divinité souhaité, du soin de satisfaire à leurs désirs, l’exactitude rituelle opère sur les dieux, elle agit sur les choses par l’intermédiaire des dieux.
Les évangiles dans la religion catholique ne parlent jamais des sacrifices que pour les écarter et leur refuser toute validité : Jésus dit « allez donc apprendre le sens de cette parole :
c’est la miséricorde que je désir et non le sacrifice ».
Il n’y a rien non plus, dans les évangiles pour suggérer que la mort de Jésus est un sacrifice, quelque soit la définition que l’on donne à ce sacrifice, mais nous pouvons quant même justifier la conception sacrificielle de la passion en les interprétants en dehors du sacrifice. Jésus a donné son corps pour apporter le salut à l’humanité, ce sont nos souffrances qu’il a portées.
La cène qui est le dernier repas pris par jésus avec les douze apôtres le soir du jeudi saint avant la pâques juive représente l’eucharistie pour les chrétiens c’est la communions le sacrement par lequel ils s’unissent au Christ pour se rendre participant de son corps et de son sang pour former un seul corps. On l’appel aussi le saint sacrifice.
De nos jours le sacrifice humain n’existe plus ou pratiquement plus sauf cas sporadiques et isolés, et quand on parle de sacrifice on parle plutôt de sacrifice de soit qui peut se faire à différents niveaux.
On peut noter malgré tout que certains événements récents, malheureusement, peuvent prendre les apparences du sacrifice ou tout du moins de scène sacrificielle comme cette exécution de deux criminels organisée à Kaboul d’une façon presque rituélique, dans un grand stade sous les yeux de 35000 personnes ; les deux condamnes sont égorges et le sang répandu sur le sol. Ce sang n’est pas le tout du sacrifice mais il hante la scène, et aussi les gradins,donc les hommes, et si certains rituels(ou mis en scène celle la) peuvent faire mémoire même symboliquement de sacrifice humain alors les observer équivaudrait tout aussi symboliquement à assister à ces anciens rites ou étaient mis à mort les gens.
Du point de vue maçonnique on peut penser que le sacrifice se situe pour l’essentiel dans le travail et on voit qu’il commence en fait dès le départ à l’entrée de la franc-maçonnerie. L’initiation est un moment fort qui permet au néophyte de mesurer l’impact du sacrifice sur lui car on peut penser qu’il se trouve dans la position du « sacrifié » c’est à dire réellement dans la position de celui qui doit donner quelque chose. Cet impact se ressent tout de suitedans le cabinet de réflexion de par l’endroit, lieux clos déjà sacralisé, par tous les symboles que l’on voit autour de soi, ce qui nous amène à faire un effort pour aller rechercher une énergie au fond de soi, pour dominer son angoisse et comprendre la situation c’est déjà une façon involontaire et non consciente que l’on a de descendre en soi pour y rechercher la pierre cachée (VITRIOL).
Au cour de la cérémonie d’initiation on se remet entièrement et d’une façon docile entre les mains du vénérable maître par l’intermédiaire de l’expert et l’on subit la cérémonie sans pouvoir trop réagir, « fer sur la poitrine toujours levé pour punir le parjure » qui symbolise le remord, qui déchirerait notre cœur si l’on devenait traître à la fraternité, l’homme juste est toujours courageux.
Tous ces moments d’émotions et de difficultés à assimiler lors de ces événements nous rendent plus humble et plus désireux de vouloir comprendre ces mystères et ces symboles qui nous entourent et nous laissent entrevoir le travail à fournir.
On voit donc que le travail est peut-être : Le sacrifice demandé. Travailler sur sa moralité, sur ses passions, son comportement avec les autres et son amour. Travailler aussi pour améliorer et accoutumer notre coeur et nos pensés à se livrer qu’à de grandes et belles affections et à ne concevoir que des idées solides construites sur les valeurs de la morale éternelle de l’amour de dieu et de son prochain.
Travailler pour régler nos inclinaisons et nos mœurs, doit être un travail de tous les jours afin d’acquérir la sagesse et qui demande beaucoup de sacrifice.
q Le serment sur la coupe des libations
qLes différentes purifications par la terre l air l eau et le feu
qLes épées vengeresses si parjure.
Tout ce rituel et toute cette gestuelle dans la cérémonie d’initiation, par certain coté, ressemble à un rituel sacrificiel ; tous ces moments forts et intenses doivent amener le néophyte à réfléchir à ce sacrifice et surtout à ce qu’il doit sacrifier en lui pour s’améliorer.
Des directives de travail lui sont données, à lui de les développer et d’en tirer la quintessence pour polir sa pierre brute, et s’il fait bien son travail il sera récompensé parce qu’il recevra la lumière, le travail de l’apprenti est essentiellement un travail sur soi , apprendre à maitriser ces travers son comportement , gérer son caractère et ses attitudes , développer son énergie intérieure et éliminer toutes les scories qui nuisent à son développement intellectuel etspirituel , tout en gardant sa confiance en DIEU ce qui lui permettra de travailler sa pierre brute et préparer les matériaux nécessaire à la construction de son temple intérieur.
Dans les autres grades le travail va être plus intellectuel et plus spirituel, l’initié doit travailler avec zèle et persévérance pour cultiver les sciences afin de faire bon usage des facultés qui nous ont été données, il devra être plus attentif à observer et à faire disparaître les imperfections de la nature humaine : il aura pour cela l’étoile flamboyante emblème du feu sacré, dont le G A nous a doté comme guide permanent de notre quête.
Plus le travail sera important, plus il va être sacralisé et l’effort récompensé puisque qu’il recevra la lumière et sera sur le chemin qui mène à Dieu.
Dans les grades supérieurs on s’aperçoit que le sacrifice par le travail doit continuer, car lors de notre réception au grade de maître secret il est dit que tout ce que l on a appris en maçonnerie jusqu’à ce jour, n’est comme l’est la lumière que l’on aperçoit à travers le bandeau qui la voile en arrivant à nos yeux.
Ceci nous laisse entendre que le chemin sur la voie de la connaissance sera long et que le sacrifice sera encore grand pour accomplir cette route, alors qu’on en voit pas la fin.
On apprend ensuite que la maçonnerie est un devoir alors : si le devoir est un sacrifice, il faut être prés à l’assumer avec toutes les conséquences possibles, car parfois le travail peut ne pas être récompensé : celui qui sème ne récolte pas toujours.
Pour conclure je veux dire que pour moi qui ne suis ni anthropologue ni sociologue ni philosophe et encore moins écrivain, que ce travail sur le sacrifice, long, parfois pénible, avec des périodes de découragement et de lassitude mais enrichissant au final a été dans le vrais sens moderne du terme un sacrifice.
J’ai dit