Le Secret
Non communiqué
Trois Fois Puissant
Maître et vous toutes mes Sœurs Maîtres
Secret

Il n’y a pas de secret sans mystère et sans silence ; le secret peut aussi être mensonge, tromperie, simulation, dissimulation, rétention d’information… Ses attributions ? Discrétion et silence.
Mystère… mot magique, qui vient du latin mysterium, du grèque mustêrion, de muein ; entre autres il signifie fermer, à cause du silence auquel s’engage l’initié. D’ailleurs le mot mystère s’emploie couramment pour parler de ce qui est secret, ou caché.
Nous pouvons aussi parler d’une personne secrète, qui garde pour elle ses sentiments, ses pensées, qui ne les partage pas naturellement ou volontairement et/ou discrète, qui sait se taire.
On peut considérer que le mystère fait partie de tout culte initiatique et qu’il est apparu avant l’ère chrétienne dans le monde gréco–romain. C’est à travers de l’espace et le temps que toutes les civilisations ont eu des organisations initiatiques qui ont observé le silence et le secret, qui ont eu des mystères pour les profanes.
Le secret demande un engament qui peu mener jusqu’au sacrifice de sa propre vie pour ne pas le trahir et discernement pour le transmettre à qui de droit… Cet engagement étant donné qu’il est intérieur peut être contraignant et difficile à porter. Il peut aussi détruire et nous détruire car des fois il y a des secrets qui ne sont pas bons à garder parce qu’ils impliquent des méfaits que nous aurions meilleur temps de dévoiler.
Il manifeste cette dynamique contradictoire dans laquelle l’aspiration à l’aveu et la transparence et la tension et le désir de cacher s’affrontent. Qu’on le garde, qu’on le confie ou qu’on le trahisse, il s’agit toujours de maintenir, de déplacer ou bien de lever une séparation. Le secret est ce qui par quoi se cache le cloisonnement intime, il est ce sur quoi se fonde le sujet.
Mais la réflexion s’applique aussi à l’organisation sociale, dans la mesure où le secret est à la source du pouvoir : le savoir comme le sacré prétendent détenir le grand secret, exalté, inviolable, désiré de tous ; on secrète du secret. On cache pour montrer que l’on cache et on se cache pour être trouvé. Etre socialement c’est se placer au centre du secret.
La pratique du secret dans le monde de l’initiation et des connaissances qui s’y rattachent provient directement des Mystères antiques. Ainsi, Clément d’Alexandrie signale : « Non seulement les Pythagoriciens et Platon cachaient la plupart de leurs dogmes, mais les Epicuriens eux-mêmes avouaient qu’il y a chez eux des secrets et qu’ils ne permettent pas à tout le monde de manier les livres où ils sont exposés. D’autre part suivant les Stoïciens, Zénon écrivit certains traités qu’ils ne donnent pas facilement à tous leurs disciples »
Le véritable Secret c’est celui de l’initiation. Il réside dans ce qui se passe en nous dont on n’a pas conscience. Pour qu’il y ait un secret il faut posséder un savoir, une connaissance réelle. Celui qui ne sait rien, ne peut rien révéler puisqu’il n’a aucune information à transmettre, s’il n’y a rien, le Secret n’existe pas.
Le respect du Secret ou Mystère implique silence, discrétion et dans certains cas oubli, car il peut s’agir de quelque chose qui nous a été confié par une personne et dont nous n’avons pas le droit, et je dirai même le devoir, de ne pas dévoiler à qui que ce soit. Le secret implique aussi le respect de l’engagement donné, néanmoins on doit le garder en son âme et conscience à bon escient. Le secret engendre aussi des devoirs.
Mais ce Secret maçonnique que nous n’avons pas le droit de dévoiler, est-il vraiment un secret ou n’est-il pas plutôt une connaissance, une expérience, un vécu qu’il est impossible de transmettre car nous ne sommes pas passés par là ? Je pense qu’il y a un peu de deux. Il faut percer Ce Secret pour trouver la connaissance. Il faut rompre le silence vis-à-vis de ceux que l’on croit aptes à comprendre les mystères du Secret, de la Connaissance.
A travers le « Secret » nous pouvons aller à la découverte de ce qui est occulte ; prendre conscience avec l’occultisme, l’ésotérisme, la connaissance spirituelle profonde et l’énergie secrète unique de la nature, des forces supérieures qui sont en nous et que nous ne savons pas exploiter… ou que nous ne voulons pas exploiter par peur de l’inconnu ou tout simplement par ignorance. La définition même de l’occultisme est : doctrine de ce qui est caché et exercice d’une méthode secrète qui est à la base de ce que l’on nomme la Philosophie occulte. Quand je parle d’occulte je me réfère à ce qui ne peux pas être ouvertement exprimé à n’importe qui par manque d’expérience ou de connaissances… Tout doit être dévoilé petit à petit, avec parcimonie pour que nous puissions l’assimiler, le comprendre et surtout l’accepter. De fait, cette science occulte ou ésotérisme ne peut, ni s’enseigner, ni s’apprendre : elle ne peut que se saisir.
Mais attention danger… pour pouvoir s’intéresser et pratiquer l’occultisme, nous devons avoir un bon équilibre mental et psychologique parce qu’autrement nous pouvons aller vers le côté négatif ce qui peut apporter des conséquences néfastes à long-terme dans notre vie de tous les jours. Nous devons apprendre à diriger cette puissance et surtout à connaître son juste point d’application. Et pour finir avec l’occultisme j’aimerai citer Anne Osmont qui écrit dans son livreClarté sur l’occultisme : « La base de toute science occulte est la connaissance des analogies. La philosophie occulte affirmera que chaque chose visible trouve correspondance dans l’invisible et que la forme visible se modèle sur une forme plus pure et plus parfaite ».
Pour conclure, je dirai que chaque Degré à son initiation, même si nous l’appelons autrement, a ses secrets, ses mystères, ses symboles, en les découvrant peu à peu, au fur et à mesure nous avançons vers la lumière à travers le symbolisme, nous changeons véritablement, évoluons et notre vision du monde devient différente. En travaillant sur nous-mêmes à travers les symboles nous allons vers notre propre réalisation et c’est cela Le Secret de la maçonnerie.
La valeur d’un secret tien essentiellement
dans la valeur de la personne qui le détient
Pierre BOURNIVAL
dans la valeur de la personne qui le détient
Pierre BOURNIVAL
J’ai dit
M S
BIBLIOGRAPHIE :
Clément d’Alexandrie. Stromates. V,9.
Wikrionnaire (Internet)
Le Litré
Le Maître Secret de Christian Guigue
Symbolique des Grades de perfection de Irène Mainguy