Les Quatre voyages du Maître Secret
J∴ M∴ O∴ E∴
A
LA GLOIRE DU GRAND ARCHITECTE DE L’UNIVERS
DEUS MEUMQUE JUS
RITE ECOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTE
ORDO AB CHAO
SUPREME CONSEIL DU CAMEROUN
LIBERTE EGALITE FRATERNITE
LIBERTE
EGALITE FRATERNITE
DEUS MEUMQUE JUS
RITE ECOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTE
ORDO AB CHAO
SUPREME CONSEIL DU CAMEROUN
LIBERTE EGALITE FRATERNITE
Trois fois puissant Maître et vous tous mes frères Maîtres secrets en vos degrés et qualités…
En accord avec mon frère second inspecteur, je vais traiter devant vous ce jour, des diversvoyages qu’effectue un maître secret.
Je vais m’attacher dans mon exposé à restituer la place centrale du voyage dansl’initiation maçonnique. J’illustrerai mon propos de quelques exemples et enfin je vousdirai mes frères le sens que j’ai perçu des quatre voyages que j’ai effectués lors de maréception au quatrième degré.
Mais avant cela, je voudrais vous faire partager la vision que j’ai du parcours que nousavons, ici tous, entrepris dans la voie des hauts grades. Cette vision participe elle aussi,comme nous le verrons, du voyage.
Le bouddhisme a donné à l’humanité de multiples voies de sagesse.
En Chine au 6eme siècle un moine indien, Bodhidharma, ainstallé ce qui donnera le jour à la secte CHAN du bouddhisme.
Son enseignement y était composé d’exercices de gymnastiques pour la maîtrise du corps et d’exercices de philosophie pour
l’éclairage de l’esprit. « Mens sanum in corpore sano »
Au bout de celui-ci, qui durait des années, l’adepte se voyaitproposer 2 voies. Il pouvait :
_ Soit entrer dans la voie de la recherche intérieure et resterdans le monastère.
_ Soit quitter le monastère pour aller compléter sa science par des expériences etobservations dans le monde extérieur.
Les deux voies devaient mener l’adepte sincère et persévérant, à la suite de nombreuxéchanges d’expériences et de réflexions, à la conscience d’un état où il était une partagissante de la chaîne universelle. Un état d’extase permanente proche de ce qu’audeuxième degré, nous nommons la gravitation. Tous les moments de sa vie, tous les actesqu’il pose, toutes ses pensées sont alors en symbiose avec la marche de l’univers.
L’enseignement du bouddhisme reçu prend ici son plein sens. Les gestes martiaux millefois répétés doivent s’imbriquer dans l’édifice philosophique de l’adepte. La main dumoine guerrier ne tient plus l’épée mais devient le prolongement de la destinée et elle estmue par la pure énergie spirituelle. C’est cet état qu’ils appellent le « Kung-fu » ; lamaîtrise.
Le voyage et ses enseignements sont là un moyen de révéler au moine ce qui est caché enlui. Le voyage est une part indispensable du « tout », il est une part nécessaire etindispensable à l’accomplissement du plan.
Nous retrouvons là, la perspective de la « réalité maçonnique » que vit le jeune maîtremaçon, troisième degré du rite écossais ancien et accepté. A l’instar du moine pour lascience du combat, il a appris à construire des édifices avec les symboles. Comme lemoine, il a reçu un enseignement philosophique. Il doit donc reprendre le bourdon etcheminer dans l’approfondissement de la spiritualité et de la spécificité attachées à son
rite et qu’il n’a pas cerné en loge bleue.
Dans les contes des « Mille et Une Nuits » on dit : « Chez moi le secret est enfermé dansune maison aux solides cadenas dont la clé est perdue et la porte scellée »
C’est ce caractère insaisissable du secret, qui empêche l’adepte de comprendre le but oud’entrevoir le chemin qui fait, de nous tous ici, des maîtres secrets. Nous avons en noustoutes le potentialités pour arriver au but, mais nous ne les distinguons pas et n’imaginonspas la voie à suivre. C’est donc en cette perspective bouddhique du voyage que nousconduisent, me semble-t-il, nos pas dans les hauts grades de la maçonnerie écossaise. C’estle chemin qui nous aidera à retrouver les clés des cadenas afin de desceller la porte quinous tient hors du champ de l’éveil à la gravitation.
Le voyage
Tout franc-maçon, du premier au 33eme degré, entre en franc-maçonnerie par le fait duvoyage. Cela est connu de nous tous. Le mien, lors de ma réception au premier degré, futune déambulation en boucle pleine de mystères et d’émerveillements. Mon voyage m’aconduit tour à dans le hall d’un hôtel (d’où on est venu me chercher) les yeux bandésjusqu’à une antichambre, puis dans un cabinet de réflexion, puis dans une salle où sedéroulèrent des épreuves, puis à des agapes où j’ai pu percevoir la chaleur de mes frères etenfin la tête remplie de questionnements, à ma voiture qui était restée garée devantl’hôtel. Est-ce par hasard que ce fut, ce jour là, une boucle ? Je gage que non ! Mon voyageétait initiatique !
En fait un voyage peut-il avoir un caractère autre qu’initiatique ? Là encore, je gage quenon ! Parce qu’au bout de chacun d’eux, si nous avons bien suivi les marques quijalonnent l’itinéraire, nous en revenons, toujours plus riche qu’en partant, à notre point dedépart. La trace de cela arrive quelquefois à se dissimuler même dans la langue, le fluidequi permet le voyage à notre pensée.
En ETON, la tribu et la langue qui m’ont vu naître :
_ Le Voyage se dit « DOULA », la marche. C’est-à-dire l’ensemble de petits pas quisont mis bout à bout, les uns derrière les autres, afin constituer un corpus, une unitécohérente. Tiens, cette idée semble recouper la définition communément admisepour le concept de l’initiation. D’après mes lectures, s’initier c’est faire un pas. Etpar ailleurs ne dit-on pas que l’initiation au rite écossais ancien et accepté estgraduelle et progressive. En somme un ensemble de petits pas, échelonnés dans letemps, que doit effectuer l’adepte ; tout un voyage, un bien long voyage.
_ Le voyageur se dit « NYENGUE » et pourrait avoir pour traductions : lecherchant, le fouinant, le furetant… Un peu ce que tous ici, maîtres secrets, noussommes : des cherchants, des fouines et des furets, dans la forêt de symboles, demythes et de signes qui défilent sous nos pas durant notre parcours maçonnique.
Cet exemple montre qu’il peut nous être intéressant d’explorer les véhicules que nousavons devant nos yeux pour retrouver le sens des choses. Et ceux avec lesquels nouscheminons le plus communément sont les contes et les mythes.
Le voyage dans le mythe initiatique.
Quand on examine les contes et les légendes que nous avons eu l’occasion de lire, ons’aperçoit que le voyage est le liant des messages initiatiques véhiculés. Le héro (dieu,homme ou titan) effectue un parcours souvent en boucle au cours duquel il traverse desépreuves qui le transforment. Ce voyage est décrit comme le processus alchimique qui dela première matière, après affinements successifs dans le chaudron, fait éclore dans le héro
l’étincelle. Il y est confronté à des épreuves qui lui permettent de développer sa sagacité,son endurance, sa persévérance ou bien d’autres qualités. Ces épreuves sont autantd’occasions de s’enrichir dans un processus graduel de maturation.
Quelques exemples de voyages initiatiques véhiculés par le mythe :
a. Odyssée d’Ulysse
Ulysse, qui a trompé les Dieux eux-mêmes, après la guerre deTroie, doit faire le tour de la méditerranée d’Asie mineur àIthaque. Dans son parcours de retour, il affrontera des géants,des sirènes, il vaincra la mort et descendra jusque dans l’Hadèsà la rencontre de sa mère disparue. Ce n’est que vainqueur detoutes ces épreuves qu’il peut rentrer dans son île, afin prêt pourdevenir un autre roi ; différent de celui qu’il était avant d’allerà la guerre. Ce récit de voyage conte le parcours solaire d’un roiqui devient guerrier, vagabond, descend aux enfers et qui rédempté va remonter sur sontrône.
b. Les 12 travaux d’Hercule
Hercule, le fils de Zeus et d’Alcmène, est poursuivi par la haine de sa belle-mère, Héra quile plonge dans la folie. Au cours de cet épisode, il tue ses fils. Pour sa rédemption, sonretour à une nouvelle vie, la Pythie lui indique 12 épreuves apparemment irréalisables, àaccomplir. Au cours de celles-ci, il doit effectuer un voyage qui le conduira aux 12 lieuxterrestres ou d’éther de ses exploits. Dans le dernier, il libère Thésée et ramène Cerbère, legardien du monde souterrain, indiquant par là son triomphe sur la mort. Après sa mort àl’humanité, il monte sur l’Olympe.
c. Exemples dans la tradition initiatique tribale Eton : « SO » et « MBON »
Dans la tradition des Etons, peuple bantou de la forêt, l’initiation de l’adepte se dérouleen deux phases :
1. L’épreuve du « SÔ » : vers 15 ans, il entreprend un voyage au cours duquel il doittrouver lui-même, ses initiants et ramener les réponses aux questions qu’on lui aposé. Celles-ci détermineront s’il a fait le bon parcours et s’il a rencontré les bonnespersonnes. Compte tenu des guerres tribales qui avaient cours, ceci n’était pas sansrisque physique. On devait s’y aguerrir en affrontant la réalité de la mort.
2. L’épreuve du « MBON » : vers 20 ans, les jeunes d’une classe d’age ayant passé lapremière initiation allaient dans la forêt avec leurs initiants et passaient desépreuves secrètes. Ceux qui réussissaient à accomplir tout le périple ressortaient parla forêt sacrée, signe qu’ils avaient été victorieusement confrontés aux aïeux morts.
Ils intégraient le rang des « HOMMES ».
Pour résumer tout ceci, je dirai que l’initiation est processus dynamique et gradueld’acquisition de la conscience ou de la sensibilité. Chaque étape permet d’accéder à unenouvelle strate et peut, elle-même, être décrite comme le voyage de l’initié dans unnouveau niveau de conscience. Il ne peut assimiler celui-ci qu’en développant en lui-mêmediverses formes de courages, d’endurance, de ténacité… qui sont en lui mais dont il n’avait
ni la conscience, ni la maîtrise de l’existence.
Et l’initiation du maître secret ne déroge pas à cette règle. Elle est constituée d’une suite devoyages, liés les uns aux autres par la trame d’une légende. Ils livrent chacun unenseignement spécifique. Les voyages du maître secret sont au nombre de quatre. Quatrecomme :
_ Les quatre points cardinaux : Septentrion, Midi, Occident et Orient.
_ Les quatre saisons des zones tempérées : printemps, été, automne et hiver.
_ Les quatre temps de la vie : enfance, adolescence, l’age adulte et le temps vieillesse.
_ Les quatre initiations ETON : la circoncision, le SO, le MBON et la vipère.
Ils sont au nombre de quatre comme le degré auquel nous travaillons ce jour.
Avant d’entamer ce périple, les récipiendaires sont préparés rituellement :
_ La vue légèrement voilée leur indique que leur perception de la lumière n’est pascomplète. Le rituel dit : « … de même que vous ne voyez pas bien, de même quevous ne comprenez pas bien… » Ceci rappelle aussi leurs voyages lors del’initiation au premier degré en loge bleue, il ne voyaient pas et ils necomprenaient pas encore. C’est la traduction du fait que l’enseignement reçu enloges bleues n’était pas complet. Ne demande-t-on pas en loges bleues : « allez vousplus loin ? »
_ Dépouillés de leurs décors de maîtres maçons, ils comprennent qu’ils doiventchanger de référentiel. Leurs décors de maîtres maçons des loges bleuescorrespondent à des certitudes et des réponses dans un système qui ici n’a pluscours. Les ôter rappelle là encore, l’initiation du premier degré en sa phase dudépouillement des métaux. Tout ce qui fait d’eux des maîtres maçons, leur estretiré pour qu’ils reprennent ensuite leur étude, légers à l’instar des humblesaspirants qu’ils furent au sortir du cabinet de réflexion.
_ Comme au profane à qui ont fait jurer de garder le secret, sur les trois grandeslumières de la franc-maçonnerie, on leur clôt les lèvres avec le sceau du secret.
Ainsi commence la marche vers le nouvel inconnu :
Le premier voyage :
Ce voyage rappelle la période d’apprentissage du maçon au cours de laquelle il est libéréde la tyrannie des certitudes sur l’homme profane, de l’influence de la dualité et desmétaux, par les enseignements de la maçonnerie :
_ Le travail exigeant sur sa pierre le libère peu à peu, il décide par lui-même del’inclinaison à donner au ciseau et de l’impulsion à donner au maillet afin que sapierre prenne la bonne forme. Il reprend le contrôle de sa vie d’homme.
_ Le travail effectué en loge sur le symbole, lui permet d’apprendre que la réalité estplus large que la perception qu’on en a généralement. Une idée peut se cacher sousun simple objet qu’on pense bien connaître. Une équerre pour le maçon évoque larectitude morale alors qu’elle n’est qu’un simple instrument de géométrie pour leprofane que nous avons été. « … chercher l’idée derrière le symbole… » dit le rituel.
_ L’enseignement de la liberté et du libre gouvernement sur soi-même est résumépar : « vous n’accepterez aucune idée que vous ne compreniez et ne jugiez vraie »
Le rituel nous rappelle là, que nous devons être maîtres de nous-mêmes et de nosjugements.
C’est là un enseignement révolutionnaire par rapport, à nos familles, aux églises et/ou àl’école qui nous ont formé. Plus de directeur de conscience, plus de modèle, plus demaître… seuls la liberté et l’incertitude pour éclairer la route.
Ce voyage pourrait correspondre à l’enfance, au printemps de la vie, au passage auSeptentrion ou à l’époque de la circoncision, quand nous devons quitter la masserassurante ou l’influence maternelle et nous éveiller à nous-même.
Le deuxième voyage.
Les enseignements de ce voyage approfondissent ceux du précédant en rappelant lesqualités qu’on attend du maçon et les enseignements que reçoit l’apprenti :
_ L’esprit critique : « … n’accordez à qui que ce soit une confiance aveugle… »
_ L’écoute : « … écoutez tous les hommes avec attention et révérence… »
_ La persévérance : invite est faite dans le rituel d’avoir « … la ferme résolution decomprendre… » On est là dans la phase de découverte où ciseau et maillet doiventnous aider à révéler la réalité qui se terre au plus profond de la pierre ; de notrepierre. Nous devons deviner la divine place qui a été dévolue à cette pierre quenous taillons et que nous polissons.
_ L’humilité : deviner la divine place oui ! mais s’accorder aussi le juste temps dudoute. Ne surtout pas proclamer qu’on a trouvé la réponse, car dit le rituel : « lavérité absolue est inaccessible à l’esprit humain, il s’en approche sans cesse, mais nel’atteint jamais » Ceci est une invite à garder humbles et perfectibles nos opinions.
Ce temps pourrait correspondre à l’été ou à l’adolescence, quand impétueux et agissant ondécouvre le monde et à l’heure où peuvent se forger des certitudes. C’est aussi le temps oùle compagnon voyage, enregistre et expérimente. Il doit alors éprouver avant d’admettreet ensuite continuer à se dire que la technique, apprise hier du maître précédent, peut êtreaméliorée dans le prochain atelier où il se rendra. Et il doit s’atteler à l’améliorer. Il sesitue au Midi de son art et de sa vie.
Le troisième voyage.
L’enseignement de ce voyage évoque le temps de la contemplation. Pas la contemplationde l’ascète retiré, mais celle que traduit le regard exigeant de celui qui cherche le gestejuste, en proportion avec sa capacité d’effort à fournir. Le rituel dit : « … souvenez vousque vous ne l’admirez qu’en proportion de votre faiblesse en présence de son immensité »
Ceci pourrait laisser penser qu’on est impuissant devant l’univers ou qu’il est impossibleque notre regard puisse le balayer tout entier. Mais le rituel nous dit encore qu’existe « …la loi universelle qui régit toutes les choses dans leur ensemble et chaque chose dans sondétail ». Il nous est loisible de la rechercher. Ou plutôt, c’est notre devoir de la rechercher
On est là proche de l’enseignement de VITRIOLUM (visita interiora terrae rectificandoinvenies ocultam lapidem veram medicinam) En explorant les choses (celles qu’on perçoitet les autres), corrigeant ses erreurs au fur et à mesure qu’on avance, on fini par deviner lapierre cachée qui est la véritable médecine. Nous avons là, la méthode pour découvrir laloi universelle qui est certainement celle de la voie de l’harmonie et de l’éveil.
C’est là, une tache d’effort intérieur, qui est effectuée à l’automne d’une vie. Au temps oùle soleil brille moins fort, où les forces diminuent où les intelligences doivent supplanter lahardiesse pour doser au plus juste les énergies. Ce temps là pourrait correspondre à un« incertain » sentiment de maîtrise. Ce que je rapprocherais de l’état de « kung-fu », oud’éveil dont je parlais au début de ce travail. C’est le temps où on visite l’Occident
Le quatrième voyage.
Trois Fois Puissant Maître et vous tous mes frères Maîtres Secrets, je n’ai pas pu dégagerun enseignement précis de ce voyage. Juste un commandement à peine voilé ou alorsl’explicitation du principe de l’ordre : « ce que la franc-maçonnerie vous demande c’estd’aimer la justice, de marcher dans ses voies, de la servir de tout votre coeur et de toutevotre âme ». Qu’en dire, qu’en déduire ?
Devons-nous prononcer en ce dernier temps, le jugement de nos actions passées à l’aune dela seule règle qui vaille : la justice ? Ce qui reviendrait à se mesurer à l’aune de « MAÂT »déesse de la justice, comme les Pharaon. N’est-ce pas là vanité ? Devons-nous ainsiquestionner le passé : « ai-je agi de manière conforme à la justice » ? Pas seulement à lajustice des hommes, mais aussi à celle de la nature. Mais celle là, avant d’y obéir, l’ai-jeseulement comprise ? Ai-je seulement pu lire « … la loi universelle qui régit toutes leschoses dans leur ensemble et chaque chose dans son détail » comme le dit le rituel ? Mais
cette loi là, n’est-elle pas celle énoncée par Saint Jean quand il dit : « celui qui aime estdéjà passé de la mort à la vie » ? Est-ce cela aimer la justice ? Aimer la justice n’est-il pastout simplement aimer son prochain, aimer l’homme tout simplement ? Trois Fois PuissantMaître, je continue de m’interroger…
Je vous avoue mes frères que ce voyage m’interroge plusqu’il ne m’enseigne. En est-il toujours ainsi quandl’hiver arrive ? Y arrive-t-on sans savoir si on est sur labonne route ou pas ? Me voila moins affirmatif et celame rappelle les mots du frère orateur, lors du discours dema réception au 1er degré : « … tu sembles pétri decertitudes, avec nous tu apprendras le doute… ». Et ledoute m’habite en ce jour. Cette référence au passé me
rappelle que je suis entré en loge pour mon exaltation à reculons, visitant mon passé afinde marcher dans les voies du futur. Au bout du chemin, j’ai accompli ma destinée, commetous les maîtres maçons, grâce aux trois mauvais compagnons. J’ai marchésymboliquement sur la voie qui m’a été tracée ; vers l’Orient Eternel.
C’est l’occasion du détachement, temps au cours duquel l’âme se libère, aime et vit lajustice. Est-ce le temps de la suprême initiation ? Celui au bout duquel le soleil d’Amon Rédoit vaincre l’hydre infernale afin de reparaître à l’horizon. Mon intuition m’indiquel’affirmative.
Trois Fois Puissant Maître et vous tous mes frères maîtressecrets, souvenons nous de la circonstance qui nous réuni ici.
Le Maître a été assassiné, nous sommes en deuil et nousdevrons bientôt lui rendre justice. Cette circonstancem’interpelle ainsi, sur le sens à donner au voyage quej’entreprends dans les hauts grades :
_ Doit-il être de rechercher la parole qu’HIRAM arefusée à ses assassins et qui est désormais perdue ?
_ Doit-il être de retrouver ses assassins et les châtier ?
_ Doit-il être de les retrouver et leur accorder le pardon ?
_ Dois-je cheminer avec pour seul but, de rechercher lasérénité qui me permettra d’embrasser ma finitude comme le temps dudétachement ?
_ Dois-il me conduire aux pieds de « MAÂT » afin que vainqueur, comme Pharaon,un matin je puisse revenir prendre mon humble place dans une carrière deshommes ?
Je vous avoue qu’au bout de ces quatre voyages, je n’ai pas trouvé la certitude de la « … laloi universelle qui régit toutes les choses… » Comme je vous l’ai dit précédemment, j’aicroisé le doute. Et je ne devine toujours pas le sens à donner à la justice que je dois aimer.
Mais je suis en accord avec le rituel quand il dit : « il est souvent plus facile de faire sondevoir que de le connaître ». Et je crois donc que mon devoir de maître secret est d’aimerl’homme pour l’amour afin de mériter ma couronne de laurier et d’olivier.
Voila, livrés à vos avis mes doutes et intuitions de ce jour. Aussi serai-je, mes frèresmaîtres secrets, attentif à vos enrichissements afin de compléter mes avis.
Trois Fois Puissant Maître et vous tous mes frères Maîtres Secrets en vos grades etqualités…
j’ai dit !