Vous vous efforcerez de toujours découvrir l’idée sous le symbole

Auteur:

R∴ B∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué



Depuis mon initiation je travaille à mieux me connaître pour trouver ma place dans l’édifice de la franc-maçonnerie. Jusqu’au troisième degré, le précepte de Socrate, le « gloire au travail » du compagnon et les cinq points de la maîtrise m’ont accompagné sur le chemin de l’humanisme.


Aujourd’hui au 4ème degré, le rituel me dit appartenir aux Lévites. Je suis adepte et apôtre. J’entre dans les hautes régions de la connaissance spirituelle. J’étais géomètre, je suis tenter de dire, je deviens astronome. Mon regard sur le monde change.


Je dois découvrir le symbole. La notion de découvrir est différente de l’action de chercher. Il faut enlever ce qui protège, laisser apparaître ce qui est caché (notion de trésor). Ce nouveau regard, éclairé par la Grande Lumière qui commence à paraître et détaché de l’apparence extérieure, est en quête de recherche de l’essentiel. Cette part d’humanité universelle qui est dissimulée derrière le Voile.


Il est vrai que le voile fait encore barrière à ma vue. Je ne dois pas lutter, ni tenter de vouloir interpréter le symbole et encore moins appliquer mon savoir académique.


Je dois fixer mon attention. Porter attention à quelque chose et totalement différent de faire attention. Cela n’entraîne aucune notion de volonté. Je pense plutôt au lâcher prise, savoir de ne pas désirer, arriver à maîtriser ses passions et ses envies et se détacher des biens matériels. C’est dans cet état de relâchement que toutes les possibilités de réception deviennent réelles. Le silence, état dans lequel médite le Maître Secret, devient une attitude préconisée.
L’attention consiste à libérer sa pensée, à la laisser libre, vide et pénétrable à l’objet, et en même temps, conserver les savoirs acquis dans la vie profane.


Je me laisse envahir par les énergies qui m’entourent et par intuition je perçois une impression qui me vient inconsciemment et que je n’ai pas encore formulée.


L’intuition est une ascèse de tous les moments. La méthode maçonnique, fondée sur une recherche personnelle et collective d’un perfectionnement, sur un cheminement intérieur et une démarche spirituelle, a valeur d’ascèse. Ascèse se traduit par « exercice d’esprit » avec un impératif de pratiques, de devoirs et de règles. La méthode maçonnique ou Art Royal demande au franc-maçon de travailler ces exercices aussi bien dans le sacré que dans le profane. Je suis un cheminant, un éternel cherchant.


Par cet enseignement initiatique, notre pensée se libère, s’affine, le voile peu à peu tombe. Chacun est amené à s’interroger personnellement sur la nature profonde de son être, à donner un sens à sa vie, à servir le Bien commun, à aller à la rencontre de l’autre.


Le maître secret ne doit-il pas quitter ce monde créé et tenter de pénétrer dans les hautes régions de la connaissance spirituelle et appréhender la métaphysique ?


Le rituel nous demande d’accomplir notre Devoir : Rechercher la Vérité et la Parole Perdue. Un symbole remplace à lui seul mille mots et lorsqu’on tente de découvrir le sens caché ou Vérité de ce dernier c’est peut être que l’on est sur la voie de la Grande Lumière.


Pour avoir accès au chemin qui mène à la Vérité, il est nécessaire de s’extraire de ce monde matériel, de regarder à l’intérieur de soi et ensuite d’enlever lentement toutes les couches de la subjectivité. Et nous découvrirons alors, un centre de vérité qui absorbe autant qu’il réfléchit.


Si nous pénétrons dans ce noyau, notre esprit mettra fin à son habitude incessante qui consiste à suivre ses désirs et ses impulsions matérialistes et nous entrerons alors dans un silence où règnent plénitude et perfection.


Dans notre rituel au premier degré, l’apprenti ne sait ni lire ni écrire, il ne sait qu’épeler. Je dois concevoir la vie maçonnique avec un nouveau langage. A moi de créer mon « référentiel symbolique » basé sur mes ressentis et à l ‘écoute de mes frères. Au cinquième voyage de Compagnon j’au vu l’étoile flamboyante. Ce n’est qu’un peu plus tard, dans des circonstances où je ne recherchais pas particulièrement une explication de la lettre G, que j’ai aperçu la position de cette lettre. J’ai complété mon lexique et j’ai référencé mon approche de la lettre G.


Aujourd’hui sur le livre de la Loi Sacrée se trouve une clé. Je ne dois pas focaliser sur l’objet tel qu’il est. Une clé, dans le monde profane ouvre une serrure qui elle-même permet d’ouvrir une porte. Ouvrir une porte c’est passer vers un autre niveau de conscience. Maître Secret, je me détache du matériel, je me mets en reliance avec cette clé, ce symbole. Cette clé représente la volontéconsciente de transmettre la lumière. Celui qui n’en a pas conscience, erre dans le temple, un voile devant les yeux. Le voile tombé, le Maître Secret utilise cette clé comme outil pour accéder à la Connaissance.


Cette clef ne me suffit pas à passer la balustrade si je n’ai pas le courage d’oser aller vers l’inconnu ni celui d’affronter ce qui peut faire peur. C’est ce que me dit la sentence : efforcez-vous de découvrir l’idée sous le symbole. S’efforcer c’est avoir le courage d’agir jusqu’au sacrifice. C’est le Devoir du Maître secret.


Durant notre vie nous avons peur de perdre quelque chose ou ne pas obtenir quelque chose. Nous éprouvons le désir d’avoir quelque chose de plus. Nous plongeons dans l’avoir, avoir plus. Par nos désirs et nos envies nous quittons l’être, l’essentiel. Nous sommes dans le paraître. Nous avons nos peurs. Peur de la solitude, de la non reconnaissance, du conflit de personne. Peur de l’inconnu, de l’insécurité, du jugement des autres. Peur de la mort, de la souffrance. Toutes ces peurs sont liées à l’identité et à l’attachement au moi, à l’image que l’on a de soi. Cet Ego entretient l’inquiétude comme preuve matérielle de l’existence.


Il faut du courage pour affronter ses peurs. Je dois abandonner et renoncer à mes illusions sur qui je suis ou croîs être, car ce sont elles qui créent mes ténèbres, mes peurs. La mort des constituants de l’Ego conduit à la Lumière de l’être.


Rechercher la Vérité c’est découvrir l’idée sous le symbole


Le symbole doit se vivre. Pour espérer percevoir ce que signifie un symbole, il faut le rendre vivant, se projeter en lui, ce qui constitue la finalité du travail que l’on nous demande. Chercher l’esprit du mot qui nomme le symbole c’est rechercher sa racine, son sens originel. C’est ressentir ce qui va animer la matière,


Le symbole est la représentation de quelque chose d’inaccessible à nos sens. On est dans le domaine du non matérialisé, de l’invisible. Mais peut-on donner une origine à cet aspect invisible ?


Peut être l’idée, l’idée qui provient d’une pensée au sens philosophique. Descartes a dit « je pense donc je suis ».


Je me pose une question : Descartes a t-il découvert la Vérité sous cette phrase ?


Cette déclaration assimile la pensée à l’être et l’identité à la pensée. Cela est possible en philosophie, mais me semble insuffisant en maçonnerie.


Notre rituel propose deux phrases contenant les termes suivants « des Mots pour des idées » et « l’idée sous le symbole ». Je pense que la première phrase relève de l’esprit humain, l’homme peut avoir plusieurs idées. La deuxième relève du spirituel, de la métaphysique. L’idée est unique, originelle, traditionnelle, issue du verbe créateur.


Maître Secret, je dois passer de la pensée humaine à l’universalité. Je ne peux être, que si je m’inscris dans une recherche universelle. Pour moi, Maître Secret, la franc-maçonnerie n’a qu’un seul but, permettre à chacun de trouver le chemin vers son Etre profond. La voie que j’ai décidée d’entreprendre n’est pas celle du paraître ni celle du bien matériel mais celle de la seule richesse qui vaille, ma propre richesse intérieure.


Le penseur éclairé, c’est-à-dire presque chacun de nous, vit dans un état d’apparente profondeur alors qu’en réalité nous peinons à résoudre l’incessant questionnement de notre mental.


Il est certain que notre identification à notre intellectuel, crée un écran opaque de concepts et d’a priori. Cet écran s’interpose entre soi-même et son prochain, entre soi-même et la nature, entre soi-même et le divin. C’est cet écran de pensée qui nous fait perdre de vue que nous formons un tout avec ce qui est. En Maçonnerie peu importe les richesses matérielles que nous pouvons accumuler ici ou là. Elles n’ont de sens et d’intérêt que si elles nous permettent d’être utiles à l’ensemble.


Découvrir l’idée sous le symbole c’est rechercher la Vérité, alors je dois vivre « ici et maintenant », agir dans l’intemporel et dépasser la raison et le calcul.


Je me déplace sur l’axe du Monde et appréhende différents niveaux de conscience. La balustrade constitue un obstacle entre ce qui m’est inconnu ou inaccessible et moi. En loge bleue la balustrade est une séparation matérielle entre les 3 officiers à l’orient et les frères sur les colonnes. Au 4ème degré, la balustrade devient le symbole de l’Ignorance.


J’ai vécu la mort d’Hiram, j’ai appréhendé les trois mauvais compagnons et je me suis relevé plus radieux que jamais. J’ai quitté le monde terrestre, je suis en présence de la Grande Lumière, devant le Saint des Saints, un voile devant les yeux. Je ne vois pas bien et je ne comprends pas bien.


La recherche de Vérité et de Justice correspond à la quête du franc-maçon. Maître Secret je dois sortir de mon mutisme. Je dois œuvrer pour un monde meilleur, universel, tourné vers le vrai, le bien et le juste. Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer, aussi je travaille pour découvrir l’idée sous le symbole.


J’ai dit trois fois Puissant Maître

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