L’Air
Non communiqué
L’air est un état gazeux, fluide, impalpable, léger, volatile compressible et expansible.
C’est un mobile diffus, enveloppant, unique agent de liaison du monde ambiant dans lequel nous évoluons.
C’est le domaine de la lumière, de la couleur, du son et des odeurs, lien subtile invisible entre le ciel et la terre.
Il est un mobile universel et une manifestation sensible de la vie invisible.
Lors de notre initiation maçonnique, l’air nous purifie, et cette purification a, pour moi, un double but :
– En premier lieu, celui d’expurger l’air vicié de nos poumons de profanes, en nous emplissant du souffle du nouvel Esprit et de la nouvelle Vie, dont la prise de conscience, seule, nous permettra d’apprécier pleinement le sens du choix de notre démarche initiatique.
– En second lieu, celui de nous réintégrer à la Nature et à ses éléments, en y percevant des aspects invisibles, afin de tendre vers l’adhésion aux rythmes universels.
Dès lors, l’homme conscient ne cherchera ni à dominer, ni à maitriser les éléments, mais s’attachera à mieux les connaitre, afin de les utiliser à bon escient dans la construction de l’édifice de l’humanité.
Notre initiation évoque l’image du nouveau-né, qui, sortant du ventre maternel, matriciel, ne gagne son autonomie qu’après une première inspiration aérienne, et ne conserve la vie que Grace à l’eau qu’il saura boire, et à la chaleur qu’il devra conserver.
La naissance du néophyte (nouvelle plante) verra ainsi se succéder les épreuves de terre germinative, d’air, d’eau et de feu.
La première inspiration correspond au passage de l’ombre à la lumière, de la dépendance à la liberté.
L’air représente donc le monde de l’expansion qu’emplît le Souffle nécessaire à la subsistance de l’être.
Ce Souffle a universellement le sens d’un Principe de Vie, et le premier souffle revêt ainsi une grande valeur symbolique.
Selon le récit de la Genèse, lors de la création de l’homme, YAHVE insuffla dans sa narine un Souffle de Vie, et, l’homme, auparavant inerte, devint animé par une Ame Vivante.
Le Souffle de Yahvé, appelé Ruha, exprime une puissance créatrice déferlant comme un torrent.
Ruha crée et entretient la Vie.
Il faut noter que Ruha, terme employé dans l’ancien testament signifie l’Esprit et désigne également la Parole.
Le premier Souffle est donc assimilé au Verbe.
Dans toutes les grandes traditions, le souffle possède le même sens, Príncipe de Vie et d’Esprit, qu’il s’agisse de Ruha, Pneuma, ou Spriritus en occident, ou de Vayu en Orient.
L’astrologie accorde, elle aussi, un rôle fondamental à ce premier souffle.
Mais, L’air fait partie des 4 éléments physico-chimiques indispensables à toute création vivante.
Les systèmes moléculaires organiques sont issus d’une masse minérale remaniée par l’eau en milieu aérien et sous l’effet d’une chaleur contrôlée.
Par conséquent, à de rares exceptions près, 4 entités sont indispensables et indissociables des mondes animal et végétal, ce sont : la terre, l’air, l’eau et le feu.
Supprimons un seul de ces éléments et le monde évolué disparait.
Il est habituel, et aussi rassurant, de constater l’importance symbolique qui leur est attribuée dans toutes les cosmogonies traditionnelles, ce qui, par ailleurs, tend à prouver que la connaissance de la Vérité ne résulte pas uniquement des acquisitions scientifiques modernes.
Ainsi, il apparait primordial qu’une Renaissance à une vie philosophique contraigne, tout d’abord, à s’interroger sur les rôles, rangs, et valeurs de ces éléments afin d’y trouver sa juste place et de s’accorder aux rythmes universels.
Toutefois, Ce symbolisme peut s’interpréter à un autre niveau :
Sur un plan totalement spirituel, les 4 éléments sont des « dons » accordés aux humains, indissociables les uns des autres :
L’air, invisible, délicat ou puissant, représentant le souffle primordial est l’esprit communiqué à tous, la petite flamme à partir de laquelle va naitre et grandir note spiritualité.
C’est en quelque sorte notre Ner Tamid que nous devons entretenir, et transmettre.
Dans une conception chrétienne, cette flamme est la présence divine.
L’eau serait donc symbole de la vie qui coule et se répand ; l’eau est quasi-invisible et sa présence n’est révélé que par le récipient qui la contient ; mais elle envahit tout l’espace, comme la vie qui réapparait immanquablement après une catastrophe, et comble peu à peu tous les vides.
C’est aussi celle du Baptême qui efface toute souillure et révèle un être pur débarrassé de son surmoi, apte à accueillir de nouvelle règle de vie.
La terre, seul élément solide visible et immuable, est terre nourricière indispensable à notre croissance physique.
Elle représente alors, la tradition « enracinée » de nos origines ; garante de notre mémoire collective, elle permettra de retrouver ce qui semble perdu.
La tradition guide, ainsi, notre chemin et sa poursuite dans les voies qui nous sont tracées.
Enfin le feu, dont seuls les effets sont visibles, est l’amour expansif, moteur de notre vie, dont nous dévons être animés qui nous conduira à découvrir et pratiquer la principale des vertus théologales : la Charité,
…et, je rappelle cette phrase du rituel : : « Les flammes par lesquelles vous êtes passé figurent le quatrième élément symbolique des « Antiens**».
Puisse le Feu qui vous a enveloppé se transmuer dans votre cœur en un Amour ardent pour vos semblables, puisse la Charité inspirer désormais vos paroles et vos actions ».
Mais, prendre conscience de ces Dons, que l’on ne peut dissocier les uns des autres, nécessite de progresser dans la voie maçonnique car si tout est présent dès le premier degré, les moyens ne sont pas encore à notre disposition pour découvrir l’harmonie à laquelle ces Dons nous conduiront.
Simplement, il ne faut en négliger aucun.
Et, Notre Devoir est d’entretenir ces Dons et de les transmettre.
J’ai dit