Entre l’équerre et le compas
C∴ A∴
Planche au 3°
Ces 2 outils sont difficilement dissociables en Franc Maçonnerie. Ils représentent 2 de nos 3 grandes lumières et il existe une relation d’équilibre entre eux qui évoluera selon notre progression à travers les grades. L’équerre dominera au premier degré et le compas lui au 3ème degré.
Entre l’équerre et le compas nous fumes relevés pour renaitre à une nouvelle vie, si bien annoncée quelques années plus tôt lors de notre initiation : Vous êtes appelé désormais à une vie nouvelle et vous réaliserez votre propre perfectionnement en avançant dans la voie de la connaissance. C’est donc aujourd’hui que commence notre nouvelle vie ? L’initiation a mis en mouvement ce processus qui nous a amené jusqu’à cette élévation, l’authentique début de notre nouvelle vie. Toutes ces années passées à travailler sur soi sont en fait la préparation du corps et l’âme afin d’être prêt à ouvrir notre esprit à la spiritualité. C’est d’ailleurs dès le début de la cérémonie d’élévation que le ton va être donné. En effet l’entrée dans le temple à reculons ne signifie-t-il pas que nous sommes passés à travers l’étoile flamboyante pour aller vers autre chose, dans une autre dimension ? Cette entrée à reculons ne nous montre elle pas déjà ce retournement vers nous même ?
Pendant la cérémonie d’élévation le futur maitre prend la place du corps d’Hiram lorsqu’il est couché à terre après avoir reçu les 3 coups des 3 mauvais compagnons. Mais s’agit-il là de coups portés par des étrangers ou alors est-ce notre propre vice qui vient nous frapper afin de nous mettre en condition pour nous permettre de recevoir ce qui suit ? Le futur maître est là sans trop comprendre ce qui lui arrive. Prendre la place du cadavre m’a amené à ressentir une certaine panique car il est évident que sur le moment on peut penser que l’on veut nous montrer la mort physique. Ce n’est qu’après coup que l’on peut se rendre compte qu’il ne s’agit en aucun cas d’une allusion à la mort physique mais bien évidement à une mort symbolique qui doit nous amener vers un autre plan. Le corps du maitre dans la terre, prêt à germer pour donner naissance à un nouveau soi.
Au 1er et au 2ème degré, la position horizontale est omniprésente. En effet au 1er degré on nous montre la ligne avec les pas de l’apprenti et on nous demande de commencer à travailler sur notre pierre brute. Tout le 1er degré repose sur la découverte des symboles, de la résonance qu’ils peuvent avoir en nous. Au 2ème degré nous découvrons la surface avec les pas de compagnon qui s’écarte de la ligne tracée au 1er degré. Nous sommes invites à voyager pour apprendre à nous connaitre à travers les 5 sens entre autre. L’équerre est le symbole du monde matériel, du terrestre. Elle dominera le compas au 1er degré et sera encore en partie sur le compas au 2ème degré.
A l’horizontale, sous le fil à plomb et face à la voute céleste, nous sommes en train de contempler ce qui est en haut. Ne dois-t-on pas voir ici que nous sommes le reflet de ce qui est en haut et que cette élévation symbolise le passage de la matérialité vers l’esprit, le terrestre vers le céleste ? Une nouvelle dimension vient d’être ajoutée aux 2 déjà existantes. Cette 3ème dimension vient de créer l’espace. Les pas de maitre nous montrent cette dimension spatiale, cette ascension vers le haut. Le mouvement en demi-cercle du pas vers le haut amorce la spirale ascendante que devra être la suite de notre nouvelle vie. Ajouter aussi que cette vision de ce qui est en haut, ce passage vers le spirituel doit aussi nous rappeler un des devoir du maître : la transmission. En effet une fois reçu et prêt nous devons faire en sorte de transmettre aux plus jeunes cette étincelle qui nous a éclairé afin de leur permettre à leur tour de s’élever.
Symboliquement, l’équerre et le compas correspondent au carré et au cercle qui représentent respectivement la terre et le ciel. Le maître placé entre l’équerre et le compas, devient le médiateur qui les unit, en quelque sorte le pont qui va de l’un à l’autre.
Dans notre Rituel, il est dit que l’on retrouvera un maître perdu entre l’équerre et le compas, au centre du cercle. Cette aire géographique désigne la chambre du milieu. Le lieu même où s’inscrit l’étoile flamboyante qui n’est autre que le centre de soi. Le Maître se trouve placé au centre du monde, au centre du cercle. Nous devenons le centre de notre propre cercle, avec l’équerre qui nous rappellera que la construction pour être solide devra être équilibrée. Le compas, afin de trouver cet équilibre de manière à pouvoir trouver notre centre, il délimitera la circonférence de notre cercle en fonction de nos capacités, de nos limites. Cela aura pour conséquence une bonne transmission et un perfectionnement de soi.
Comment en arrivons-nous là ? Comment avons-nous fait pour avoir le privilège d’accéder à la maitrise. C’est lors de ce questionnement que nous devons prendre le temps de faire une introspection en nous et d’essayer de réellement identifier et comprendre ce qui s’est vraiment passé depuis notre initiation. Qu’elle alchimie s’est opérée en nous. Il y a quelque année avant de rentrer en Franc Maçonnerie, les questionnements divers sur la vie, soi-même et l’envie de progresser dans la recherche de soi étaient présents mais il fallait pouvoir trouver la sérénité et le cadre pour pouvoir s’y consacrer.
En rentrant dans le cabinet de réflexion nous sommes interpellé par tant de symboles qui à priori ne nous parlent pas beaucoup ou tout du moins leurs sens n’a qu’une définition profane. Néanmoins la transformation a commencée et sans nous en rendre compte nous « ouvrons » un nouveau canal de réception par lequel nous percevrons tout ce qui viendra d’une manière différente. Le rituel d’initiation, le rituel de loge, l’instruction et l’apprentissage de ce mouvement, de cette nouvelle ouverture va nous amener à percevoir, à nous questionner et à trouver certaines réponses à nos questions. En résumé à commencer à savoir qui nous sommes. Plus le temps passe et plus nous avançons ; plus nous avançons et plus le sentiment, l’intuition de savoir qui nous sommes se renforce. Tous ces symboles, le travail effectué, l’échange avec nos frères tournent autour du même sujet : soi-même.
Arrive à cette étape cruciale de notre vie, il est vital de commencer à mettre en œuvre ce que nous avons appris et surtout de mettre à exécution les réponses que nous avons pu trouver à nos questions. Toute la symbolique de l’élévation à la maitrise s’articule autour de cela. Entrer en questionnement sur soi-même est une démarche difficile, identifier ce que l’on est se révèle souvent douloureux, alors si ce chaos enclenché quelques années avant ne peut s’organiser et aboutir à un nouvel homme, quel est notre but ?
Entre l’équerre et le compas doit obligatoirement nous obliger à nous retrouver et à mettre en place notre nouvelle vie future. Sans cela nous resterons des sachants mais nullement des hommes nouveaux.
Je me suis rendu compte que la Franc Maçonnerie avait déclenchée en moi un chaos certain mais ce mouvement, parfois perçu comme négatif, était en fait une mise en marche vers mon futur être. A moi aujourd’hui de continuer ce mouvement ascendant vers l’homme qui est dans le miroir car sans le savoir, ne s’agit-il pas de l’œuvre du GADLU ?
Seul nous ne pouvons rien. Cette phrase nous est rappelé dans notre rituel et il est certain que la fraternité et la bienveillance que nous trouvons en Franc-maçonnerie nous aide à progresser. La transmission de nos anciens, l’oreille de nos frères, la présence autour de nous sans aucun jugement, nous apporte cette sérénité et le cadre nécessaire pour pouvoir avancer sur notre chemin. Nul ne peut y arriver seul à moins d’être dieu !
En conclusion je peux dire aujourd’hui que ce que je suis venu chercher a été identifié, mais le chemin sera encore long avant que cet homme en mutation découvert ne puisse arriver à l’homme fini.
J’ai dit.