L’equerre et le compas
P∴ B∴
Corpus symbolique et mythique des 3 premiers degrés.
Passer de l’équerre au compas évoque le passage du statut d’apprenti au statut de M.
Cette évolution se fait dans le temps, à l’aide d’outils dont la portée symbolique m’a permis de découvrir à l’intérieur de moi-même les potentialités ignorées qui m’ont aidé à accéder au grade de M.
Déjà dans le cabinet de réflexion, j’ai côtoyé la mort, puis la lecture de Vitriol laissait présager que l’apprenti que j’ai été a du plonger en lui pour se chercher, pour se comprendre, à l’aide du fil à plomb.
« Il faut fouiller la terre pour accéder au ciel », disait un moine bénédictin.
Je vais mourir à ma vie profane pour renaitre dans un homme nouveau.Le maillet et le ciseau vont dégrossir la pierre brute que je suis, et, il y a matière à faire ! Privé de parole, quel bonheur, j’étais attentif à tout et ma réflexion s’est mise en place progressivement.
J’avançais étage par étage, en prenant la pleine mesure de ce que je voyais et entendais, l’équerre et le compas me permettant d’ajuster au mieux mon ressenti.
Lors de ma planche d’élévation, lorsque le V M nous a demandé quels progrès nous pensions avoir accomplis.
J’ai répondu « j’ai appris à réfléchir différemment ».
Au second degré, compagnon, mes 5 voyages, avec les différents outils, m’ont éclairé sur la portée symbolique des dits outils.
J’ai vu l’étoile flamboyante, avec en son centre la lettre G.
De toutes les significations de la lettre G ma préférence est allée vers la Gnose, qui symbolise l’éveil de ma conscience.
Cette étoile flamboyante va m’aider à édifier mon temple intérieur et me guider vers la Lumière !
Elle me servira de psychopompe !
Ma pierre brute sera en permanence taillée, modelée, épurée et polie par mon travail.
J’ai acquis à ce stade un sens du relatif et je saisis mieux le concept d’humilité (ce qui me fait penser que ma réponse précédente au V M était appropriée).
Je maîtrise progressivement mes passions, non sans mal, et j’espère pouvoir progresser dans mon voyage intérieur vers plus de spiritualité et surtout de sérénité !
Dominer mes passions, tache difficile, car il me faut me dépasser, évacuer le moule de la norme sociétale :
Aristote parlait de « catharsis », ou délivrance.
Cette « purification »des passions, des instincts, voire des pulsions ne peut se faire que dans la loge, dans un ensemble collectif et interactif.
Je repousse sans cesse les limites du cercle, comme dans le dessin de l’Homme de Vitruve, symbole de l’osmose du cercle et du carré, de l’Equerre et du compas.
On y voit aussi un lien avec la doctrine trismégiste « tout ce qui est en haut est comme tout ce qui est en bas », symbole de la liaison du Macrocosme et du microcosme, de l’homme et de la terre !
C’est l’initié parfait que je tente de devenir, c’est l’Etoile flamboyante, tracée avec l’équerre et le compas, qui rayonne de sa lumière à l’instar du delta lumineux !
Le compagnon a intégré l’Etoile et amorce la construction de son temple intérieur : Harmonie, mesure, Equilibre et il peut s’appuyer sur les 3 colonnes, Force, Beauté, Sagesse !
Avec le mot de passe « thub… », je suis entré à reculons dans la chambre du milieu, plongée dans les ténèbres.A reculons, car à ce stade je ne peux discerner l’avenir.
Ambiance de deuil… !
J’ai contemplé l’Etoile à l’Occident et j’ai vu que « c’est avec les lumières du passé que l’on peut avancer vers l’obscurité de l’avenir ».
Le psychodrame théâtral du mythe d’Hiram va pouvoir se mettre en place ou je serais à la fois acteur et destinataire du message.
Je me suis avancé, ai enjambé le cercueil pour me trouver face au T V M, descendu de son orient.
Derrière lui, le rideau est baissé, la lumière est blafarde.
Les sautoirs sont retournés.
Les voiles noirs attestent que je suis bien dans une « chambre de deuil ».
Le T V M et les F F surveillants vont représenter les 3 mauvais compagnons, que sont l’ignorance, le fanatisme et l’ambition ! Ils seront les sacrificateurs et moi « le sacrifié ».
Ils symbolisent les pulsions de tout homme avide de satisfaction personnelle et non méritée.
Les mauvais compagnons ont voulu arracher au M Hiram, par la force les secrets des Maitres, celui-ci ayant résisté, ils l’ont tué !
Il me faudra mourir pour renaitre, sans les tendances négatives des mauvais compagnons, avec celles, positives, représentées par Hiram et aidé en cela par les 5 points parfaits de la maitrise, qui permettent de passer de l’horizontalité à la verticale, de la matière à l’esprit, de l’équerre au compas, sous l’ombre de l’acacia !
L’acacia, arbre imputrescible marquant l’emplacement du tombeau du M, représente la vie !Grace à l’acacia, je trouve le lieu ou git le M, même si aucun chemin n’y mène !
Je pourrai déterrer du fond de l’abime, de l’obscurité, le M Hiram, cad la connaissance !
Cet acacia fait la jonction entre l’homme et le divin, entre la matière et l’esprit.
Il relie l’homme à l’univers en le faisant s’élever spirituellement et permet la construction du plan de vie maçonnique de chacun, lequel englobe la mort !
L’acacia est l’archétype du symbole porteur du Savoir, particulièrement des connaissances liées aux Maîtres.
« La chair quitte les os, tout se désunit ! »
Le sacrifié que je suis est relevé par les cinq points parfaits de la maîtrise, passant de l’horizontalité à la verticalité.Je nais à nouveau, comme le jour de mon initiation ; comment ne pas faire le rapprochement, mort puis renaissance ! Je subis la mort puis la résurrection (réapparition) du M Hiram, à travers moi.
Cette mort est un relèvement, une mise en marche, un passage de l’état de « veille » à l’état « d’éveil ».
Elle me fait revenir en conscience de la périphérie vers le centre, de l’existence à l’essence, de la dualité à l’unité.
Je citerais ici les propos du très illustre F F Alain Pozarnik « le contraire de la mort, ce n’est pas la vie, mais la naissance ».
Je suis passé de l’œuvre au noir de la putréfaction à l’œuvre au blanc de l’illumination de l’esprit, purification alchimique !
Je vais pouvoir partir à la recherche de la parole perdue, à l’instar de Perséphone, jusqu’à ce que les mots véritables soient retrouvés !
Je vais aller chercher « l’esprit derrière la lettre », « le sens derrière les mots ! »
En passant du carré au cercle j’affirme ma détermination, ma volonté d’atteindre le centre. J’essaie de tendre vers la perfection du cercle.
Vais-je passer du savoir à la connaissance, vers un degré de conscience plus élevé ? Ce serait prétentieux que de l’affirmer !
A l’instar du mythe d’Isis, « je vais rassembler tout ce qui est épars ».
Je vais chercher l’essentiel, à l’intérieur de moi ; je prends la route vers la spiritualité !
Par l’ouverture de mon esprit, je ne vais plus m’interdire certains espaces.
A stade, le M que je suis possède les outils spécifiques de son degré : l’Equerre, le Compas et la Planche à tracer et je peux également utiliser ceux des degrés précédents avec une conscience plus élargie.
Je vais chercher à unifier en moi toutes les potentialités des autres M de l’atelier, afin de prendre une juste place dans le monde des vivants.
Néanmoins, lorsque le rideau se lève, se dévoile le Debir, la pleine lumière jaillit dans le temple ; je suis ébloui, je ne suis pas encore prêt, mais je suis sur le chemin !
Les mauvais compagnons qui ont tué Hiram ont disparu de la scène, mais je sais qu’ils sont toujours présents au fond de moi.
Il va me falloir les combattre encore et montrer que la lumière continuera à briller dans les ténèbres de ma Vie.
Tout ce langage symbolique que j’utilise exprime la dimension métaphysique et spirituelle du F M et de l’homme que je suis.
Je vais désormais entreprendre un voyage, mon voyage, à la rencontre de quelque chose de risqué, la rencontre avec moi même.