Réflexions sur le quatrième voyage du Compagnon

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Étant préalablement posé qu’un rituel maçonnique n’est ni un dogme, ni une directive, ni un enseignement, mais une simple suggestion pour mieux avancer sur le chemin, que l’on commence, en pratique, par le rituel ! Comment lire ce que ce dernier nous dévoile ?


Aucune méthode miracle ! On doit juste se rappeler que les phrases cachent des idées, éviter quand même de prendre chacun des mots pour telles, mais pénétrer les différents niveaux de lecture par la réflexion, l’effort et la persévérance.



OR, QUELLE EST LA SITUATION DE CE QUATRIEME VOYAGE DANS LE RITUEL ?


Le rite met le compagnon en présence d’un cartouche sur lequel on a écrit : « Moïse,


Pythagore, Socrate, Jésus et Confucius ». Il explique que ce sont là « quelques Grands Initiés qui constituent les maillons de la chaîne symbolique formée par les Initiés de tous les temps ». Puis il élève le débat : « l’initiation a débuté à l’aube de l’humanité pensante par l’intuition que l’Univers, malgré ses apparences changeantes, est soumis à un plan, à des lois morales et physiques que l’homme doit s’efforcer de découvrir ». Le rituel évoque enfin chacun des personnages mentionnés sur les cartouches et conclut ainsi : « Ces Grands Initiés se sont efforcés, chacun selon ses moyens et dans le cadre de son époque, de répandre leurs enseignements parmi leurs contemporains, sous la forme exotérique, en léguant aux


Initiés des temps à venir la tâche d’en découvrir l’ésotérisme ».


Une réflexion sur nos personnages doit tenir compte de ces trois phrases.


Laissons de côté l’emploi des majuscules et des minuscules, lequel ouvre sur une autre problématique, pour exprimer plutôt quelques éléments de fond.



QUELQUES GRANDS INITIES…


C’est le premier mot. Ainsi, tous les grands initiés ne sont pas là. D’où deux conséquences :


— Une propre à nous rassurer : que d’autres existent signifie en effet que tout compagnon a l’espoir de devenir un grand initié, un peu comme ces soldats de Napoléon dont le bâton de maréchal se trouvait au fond de leur giberne.


— Une autre propre à nous interroger : pourquoi cinq ? Nous aurions pu en avoir dix, vingt, plus encore… Acceptons qu’on en ait pris cinq parce que c’est le nombre des voyages, de l’étoile, etc. Bref celui du compagnon.


— D’où une constatation : la quantité de grands initiés retenue est en rapport avec l’ensemble. Elle devient rapport de perfection. Et un enseignement incident : on ne découvre au sein des rituels écossais ni hasard ni superflu, mais des correspondances.


De plus, le cinquième voyage s’inscrit dans une suite cohérente ! Le premier périple concerne, en effet, l’appréhension par les sens, le deuxième, la nécessaire harmonie de la construction, le troisième l’acquisition du savoir utile à l’approche de la connaissance. Quant au cinquième, il ne nous concerne pas, à proprement parler, ici, même si le quatrième voyage le prépare. Forts de cette démarche logique de la pensée, nous voilà aptes à découvrir les grands initiés. Cela dit, des questions demeurent encore.



QUELLES PREOCCUPATIONS ONT DONC PREVALU AU CHOIX DE CES PERSONNAGES ?


Sont-elles d’ordre géographique, historique ou substantiel ? Procédons à l’analyse.


Au plan de l’espace, Moïse, Pythagore, Socrate et Jésus appartiennent au monde méditerranéen, berceau de la culture occidentale. Confucius relève de la sphère chinoise, source de la civilisation extrême-orientale. Cette référence aux deux foyers déterminants de la pensée induirait-elle l’idée d’une démarche universelle ? Cela paraît vraisemblable d’autant que le rayonnement de chacun de nos personnages s’avère planétaire.


Au niveau de l’histoire, ces derniers sont tous antérieurs au christianisme. Bien sûr, en conclure que le rituel attacherait moins d’importance aux grands initiés postérieurs à Jésus serait un non-sens… Mais on songe quand même à l’ère axiale de l’humanité, plus exactement à cet « âge pivot », période centrale quoiqu’imprécise en laquelle Karl Jaspers croit voir l’émergence quasi simultanée d’un nouvel essor du questionnement humain (Cf.


JASPERS K. L’origine et le sens de l’Histoire, 1949).



Cela signifierait-il que nous situons dans le mythe ? Non, car manque cet in illo tempore qui


le caractérise et qui s’enfonce dans la cosmologie et la cosmogonie (Cf. ELIADE M., Traité d’histoire des religions, 1975). Certes, les dates de vie et de mort de Moïse, Pythagore,


Confucius (peut-être de Jésus) prêtent à discussion. Mais elles ne s’inscrivent pas dans l’intemporalité du mythe ! Tous quatre possèdent en effet une existence certaine. Cela vaut, sauf peut-être pour Socrate. Quelques auteurs grecs, au premier plan desquels Platon, évoquent bien en effet ce philosophe, mais de très nombreux contemporains mettent en doute le fait qu’il ait vécu !



On peut donc en déduire que la réalité physique ou alléguée de nos personnages importe peu, a fortiori que le processus de connaissance qu’ils ont développé est indifférent au temps.


Au plan de la substantialité du message, enfin, la situation présente quand même un certain rapport au temps. Elle concerne en effet la transmission d’un initié à l’autre de quelque chose qui remonte si haut dans les âges qu’il se confond avec la manifestation matérielle, intellectuelle, spirituelle des premiers humains ; qui s’avère si important que chaque initié, à son tour, à sa génération, a pour mission de l’appréhender, de l’enrichir et de le léguer en retour. Or, que vient-on là de définir, sinon la Tradition ?


Ce qui répond à la question de départ : on a effectivement choisi nos grands initiés en raison de leur personnalité ainsi que du contenu, de la nature de leur discours. Ce dernier terme est d’ailleurs loin d’être anodin, car on ne constate qu’aucun d’eux n’a lui-même rédigé. Seuls les propos en ont été rapportés. Le rite interrogerait-il ici le compagnon sur le caractère oral


ou écrit de la transmission ? Peut-être, en ce que la suggestion rituelle est rarement superflue ! On observe, de plus, que deux des cinq grands initiés sont à l’origine d’une religion ou en constituent des éléments majeurs : Moïse et Jésus. Un autre allie science, initiation et philosophie : Pythagore. Le quatrième trouve le fondement de la pensée dans la raison discursive : Socrate. Le cinquième développe enfin une sagesse, un art de vivre du hic et nunc : Confucius. Qu’en déduire ?



QUE LA REFERENCE A CES DIVERS MODES D’ELEVATION DE L’ESPRIT CARACTERISE, DE FAIT, L’UNIVERSALITE DE LA SPIRITUALITE MAÇONNIQUE.


L’idée maçonnique consiste en effet à allier ces différentes formes. Elle s’y emploie au sein d’une spiritualité ouverte et généreuse en laquelle chacun a la liberté de s’inscrire, quelle que soit sa croyance, sa religion ou l’absence de celle-ci, sa préférence pour telle ou telle occurrence ou non, l’essentiel étant que cela demeure constructif, empreint d’amour et débouche sur une action sur soi et vers les autres… Cette spiritualité englobe une morale, une métaphysique, mais surtout une ontologie, c’est-à-dire une intégration en sa vie courante des principes dégagés. Plus même, si l’on se réfère à un Socrate ou à un Jésus qui repousse le Devoir jusqu’aux limites du sacrifice !



Est-ce à dire, comme l’expose le rituel que la pensée de chacun de ces cinq initiés présente deux aspects : le premier de nature exotérique, le second de caractère ésotérique ? Oui, mais on doit aller plus loin : dans ce cas précis, on doit entendre « ésotérique » par « initiatique ». « Initiatique » est, en effet, l’adjectif correspondant au substantif « initiation ». Et l’on sait que l’initiation n’est ni religion, ni superstition, ni occultisme, comme elle n’est ni philosophie, ni raison pure, ni phénomène scientifique, ni intégration mécaniste de la pensée à la matière, mais qu’elle donne, à l’opposé, accès au mystère, qu’elle est le Mystère. Ne nous étonnons donc plus de voir travailler le compagnon sur le sacré, sur Éleusis ou sur la Vérité. Et l’on pense à la belle métaphore de cette cathédrale, temple à la fois intérieur et extérieur, fini, non fini, infini. Et l’on songe encore au message de tous ces cartouches, dont, en ce qui nous intéresse, celui des cinq grands initiés.



Voilà qu’au début de la démarche, le « connais-toi toi-même » (PLATON, Charmide, ou encore Philèbe ou encore premier Alcibiade. Cf. également HÉRACLITE D’ÉPHÈSE, De la


Nature, fragments), s’est ouvert à l’apprenti avec tout ce que cela comporte d’état des lieux, de conscience d’une puissance et de ses limites, de grandeur et de passions. Aujourd’hui, toujours apprenti et de plus compagnon, voilà que les voyages ouvrent la sensibilité au savoir comme à l’expérience d’autrui, pour un nouvel et perpétuel « meurs et deviens » (GOETHE J. Nostalgie bienheureuse in Divan occidental-oriental Livre du chanteur, 1819.). Voilà surtout que l’on se sent mû par une idée encore plus appropriée au grade, un profond « deviens ce que tu es » (NIETZSCHE F. Ainsi parlait Zarathoustra, 1883-85) avec ce qu’il contient de désir, de volonté, de fidélité, de véracité, de sincérité envers soi-même, ses frères d’initiation et ceux en humanité. Par voie de conséquence, voilà pourquoi, maintenant, si quelqu’un, moins avancé sur la voie, demande un soutien pour gravir la côte, si un autre, tombé harassé, ne parvient plus à se relever, il est important qu’on lui tende la main ! Qu’on lui prodigue ainsi sans réfléchir, l’aide et l’amour qui conviennent en un magnifique élan de partage !



PEUT-ON ENFIN DETAILLER LA PENSEE DE CHACUN DE NOS GRANDS INITIES ?


Oui, mais pas n’importe comment ! Pour revenir à la formulation symbolique : avec l’outil dont dispose le compagnon au cours de son quatrième voyage. Or, quel est-il ? C’est l’équerre. L’équerre, « symbole de la rectitude », comme déclare le rituel, celle-là même qui « sert à éprouver la Pierre cubique afin qu’elle puisse s’ajuster aux autres pierres avec exactitude ». Or, appliquée à notre sujet, cette métaphore signifie que l’on doit accéder aux sages et aux philosophes avec toute la hauteur de vue nécessaire. Il ne s’agit donc pas de déclarer, par exemple : « j’ai lu la Bible », mais d’appréhender l’œuvre, de la comprendre, de la rapporter à l’aune de sa propre expérience, d’en faire un élément utile à l’élévation des murs du temple. L’équerre devient ainsi la rencontre parfaite de deux axes de pensée, celui du personnage du cartouche et celui du compagnon qui s’en saisit. C’est à cela que fait référence la phrase bien connue : « Ainsi l’édifice se construit comme de lui-même à l’aide du Niveau et du Fil à Plomb que vous avez déjà employé, mais à la condition absolue que tout soit rigoureusement d’équerre ».



PRENONS L’EXEMPLE DE MOÏSE, MEME S’IL EST UN PEU LONG !


Pourquoi Moïse ? Simplement parce qu’il est indiqué en premier sur le cartouche ! Chacun fera seul ensuite sa propre analyse des autres grands initiés, s’il le désire, quand et comme il en décidera.


Surtout, commençons par laisser de côté toute préoccupation religieuse. Notre seul souci s’avère en effet : qu’apporte Moïse à notre démarche ?


Or : « MOSHE, dit MOÏSE », dit le rituel, « est décrit comme libérateur et législateur du peuple Hébreu, renouvelant l’Alliance du Dieu d’Israël avec son peuple, et recevant sur le mont Sinaï lors de l’Exode le Décalogue, « les dix Paroles », texte civil aussi bien que religieux. La Torah présente Moïse comme le premier à proclamer : “Tu ne tueras point“, et à faire prévaloir une conception monothéiste. La religion de Moïse développera une tradition ésotérique très profonde, la Kabbale ».



MOÏSE APPORTE DONC AVANT TOUT L’IDEE DE NORME, DE REGLE.


Le rituel que nous venons d’évoquer nous dit en effet : « {…} Recevant sur le mont Sinaï lors de l’Exode le Décalogue, les dix paroles, texte civil aussi bien que religieux ». Or, Moïse communique ainsi à son peuple 613 commandements (et non pas 10), lesquels ont une portée cosmique pour certains, pratique pour d’autres (ces derniers sont d’ailleurs les plus nombreux). On peut dire en conséquence premièrement que Moïse transmet la Loi et les lois, deuxièmement qu’il conduit à distinguer les unes des autres1, troisièmement qu’il introduit l’idée de leur coexistence.



C’est peut-être ce principe qui mérite observation tant il correspond bien à l’attitude à la fois spéculative et opérative du compagnon car Moïse induit parfaitement l’idée que l’homme appartient bien aux deux mondes, céleste et terrestre. Ce principe, l’apprenti l’a découvert dès son initiation lorsqu’observant autour de lui, il a aperçu, au centre du temple, ce fil à plomb se perdant tant dans l’infini des étoiles que dans celui des profondeurs de l’univers. Et ce brin traversait l’indéfini du plan où il se trouvait. Le compagnon l’a lui-même vécu au moment de son élévation lorsqu’il a constaté l’existence des deux globes, l’un terrestre, l’autre céleste. Il faut préciser que les allusions rituelles sont nombreuses en la matière. Leur transposition géométrique est la complémentarité de la verticale et de l’horizontale que l’on détecte dans le niveau, peut-être dans cette équerre qui, relevée, permet de passer du plan à l’espace au même titre que dans cette étoile à cinq branches qui permet au compagnon de transcender le signe pythagoricien d’une part, et de déterminer le nombre d’or et le pied de la cathédrale d’autre part.



Passant de l’allégorie à sa signification, Moïse permet ainsi d’évoquer le principe suivant lequel la franc-maçonnerie habite un domaine tant de spiritualité que le monde alentour, 1 Deutéronome in La Bible, diverses éditions.


Tant virtuel que réel, tant théorique que pratique, tant traditionnel que contemporain. On pense ici à la phrase de fermeture de la tenue : « Que la Lumière qui a éclairé nos Travaux continue de briller en nous pour que nous achevions au-dehors l’œuvre commencée dans le Temple ». De façon plus générale, nous songeons à ces deux grandes parties de la philosophie que sont la connaissance et l’action. Ce n’est pas tout.



MOÏSE RAPPELLE ENSUITE L’IDEE D’UN PRINCIPE CREATEUR


Reprenons, en effet, le rituel : « {…} Renouvelant l’Alliance du Dieu d’Israël avec son peuple


{…} ». Moïse nous apporte ainsi l’idée d’un existant, on ne sait où, que les croyants du Livre autres que juifs appellent d’un nom unique et dont nous formulerons simplement qu’il est principe créateur, peut-être supérieur, on ne sait ! mais indicible. En tout état de cause, c’est une Unité qui ne répond à aucune définition, à aucun nom générique acceptable, sinon à une périphrase, qui n’est évocable que par ce qu’elle est ou n’est pas. Est-elle intelligence ou pas ? Qui pour le dire ? Bref, on s’aperçoit que rechercher où se trouve cette entité et à quoi elle sert s’avère peut-être plus important que savoir que ou qui elle est. Ce principe, la franc-maçonnerie écossaise le désigne par Grand Architecte de l’Univers, ce qui est une formule assez large pour englober l’expression de toutes les croyances et les non-croyances.



CE FAISANT, MOÏSE REINTRODUIT LE PRINCIPE DE L’ALLIANCE


Celle-là même dont dispose le rituel que nous venons d’évoquer : « {…} Renouvelant l’Alliance du Dieu d’Israël avec son peuple {…} ». Et là, après Adam, Noé et Abraham, Moïse évoque à son tour l’Alliance, ce principe fondamental pour le franc-maçon qui induit les idées de dispensation donc d’initiation, de promesse et de participation à la vie de l’Ordre.


Et l’on pense au serment que le compagnon a prêté lors de son élévation, bel et bien sous l’invocation du Grand Architecte de l’Univers !


Associés, serment et Alliance mettent donc l’accent sur l’engagement ! Ensemble, ces concepts entraînent, en effet, des droits et privilèges certes, mais avant tout des devoirs, ceux d’obéissance, de fidélité, de courage, de travail, de persévérance, de sincérité.


Ajoutons : … Autrement dit de conformité de sa propre vie, à toute cette morale d’homme et à cet idéal d’initié qui est l’une des fondations de l’édifice maçonnique que construit le compagnon !



RESTE LA QUESTION : QUEL EST LE LIEN DE TOUT CELA ?


La réponse se trouve sans doute dans la phrase précitée du vénérable maître : « l’initiation


{Celle-là même que nous avons analysée plus haut} a débuté à l’aube de l’humanité pensante par l’intuition que l’Univers, malgré ses apparences changeantes, est soumis à un plan, à des lois morales et physiques que l’homme doit s’efforcer de découvrir ». La récognition de ce plan (vocable assez large pour englober les lois morales et physiques dont s’agit) est l’objet de la quête sans fin de l’initié. Quand le compagnon fait le tour de la France, ou du monde occidental, il part, en effet, à la recherche d’un lien, d’un fil directeur entre tout ce qui s’offre à sa vue, à son intelligence. Lorsqu’il passe de l’un à l’autre des chapiteaux de la cathédrale romane, il cherche le message sous les personnages sculptés, sous les épisodes bibliques qu’il observe, sous le symbole.


D’où la nécessité vitale pour le compagnon de réaliser le tour du monde, de la Tradition et des traditions, des techniques et des arts, physiquement ou par esprit, à la recherche de l’autre de la maîtrise et du Grand Art. Et puisque, par analogie, et pour reprendre Baudelaire, la Nature est bien un temple, effectuer le tour de ce dernier, c’est bien s’introduire dans, s’initier à, contempler, appréhender, analyser, méditer, récoler, synthétiser, enfin élaborer ; sachant que toute œuvre tant matérielle que d’esprit se révèle perpétuellement provisoirement.


Ce faisant, effectuer le tour du temple revient à chercher l’idée sous-jacente, la teneur, le fil conducteur ou rouge qui relie tout ce qui s’ouvre à soi, pour y découvrir le sens même de la matière et de la vie. Or, le sens, c’est la cause et la cible, la considération et la destination, l’intention et la finalité, le désir et l’acte, le mobile et l’objet. Il constitue le pourquoi et le comment, le passage du chaos des potentialités à l’ordre créateur : le sens, c’est le plan !



OU L’ON VOIT, SUBSIDIAIREMENT A TRAVERS L’EXEMPLE DE MOÏSE QUE PEU IMPORTE


Qu’il ait été ou non un personnage religieux, qu’il ait transcrit ou inventé les Tables de la loi, que les commandements contiennent une cacherout qui ne simplifie pas la vie ou une loi du talion qui, objectivement, manque un peu de souplesse ou d’équité… On doit juste souligner que Moïse apporte quelque chose d’essentiel à notre démarche.


Bien sûr, les éléments que nous mettons ici en lumière sont loin d’être exhaustifs. Et heureusement ! On trouve bien d’autres enseignements dans l’exemple de Moïse. Ainsi, entre mille autres, sa fonction prophétique, celle-là même que l’initié traduit en changeant dans la manière d’appréhender l’universalité, en passant de la vue à une vision empreinte d’une élévation plus bienveillante sur les choses de la vie. Si l’initié franc-maçon est un artisan, il est sans doute plus que cela. On est libre de le penser, éventuellement de le chercher, de le découvrir et de le vivre.



MOÏSE FAIT ENFIN PARTIE, NOUS DIT-ON DE PLUS, D’UNE CHAINE SYMBOLIQUE D’INITIES.


On trouve cette affirmation dans la présentation de nos cinq personnages : « Mon frère récipiendaire », nous dit le rituel, « ce voyage vous a fait connaître les noms de quelques


Grands Initiés qui constituent les maillons de la chaîne symbolique formée par les Initiés de tous les temps ». On comprend mieux ce que cela signifie vraiment, à la fin des pérégrinations, plus précisément lors de l’explication donnée de la lettre G. L’Écossisme expose, en effet, qu’au centre de l’étoile flamboyante, « conformément aux anciens documents de la maçonnerie opérative, {ce} symbole {…} se réfère tout d’abord au Grand


Architecte de l’Univers ». Il nous révèle plus loin que, « sans que cela ne soit limitatif », cette lettre concerne aussi le concept de « Génération ». Certes, le rituel définit ce dernier terme ainsi : « pouvoir de créer sur tous les plans, physique, intellectuel, psychique ».


Cependant, le vocable « génération » revêt en français plusieurs sens :


— D’abord celui de formation. La génération est ici genèse, conception, création, gestation, façonnement, construction, réalisation, développement, organisation, structuration et synthèse, c’est-à-dire œuvre.


— Ensuite, la génération est une reproduction. Elle est alors certes toujours conception ainsi que gestation, mais de plus fécondation orientée vers un engendrement.


— Enfin, elle est un lien de parenté. Et là, elle porte les nuances d’alliance, de famille, de descendance, de lignage, d’hérédité, de postérité, de souche, d’arbre généalogique, en un mot d’arbre de vie.


On comprend à ce moment que le terme « génération » se rapporte intimement à celui de transmission, c’est-à-dire de conservation, de garde, de communication de l’un à l’autre, de perpétuation de quelque chose d’immense. Or, qu’est-ce que les francs-maçons écossais peuvent ainsi transférer d’essentiel, de tellement important qu’il puisse à la fois contenir les trois définitions de la génération : « formé, reproduit, lié » ? La réponse appartient à chacun d’entre nous.



CONCLUSION.


Qu’est-ce que les Grands Initiés peuvent donc léguer qui s’avère fondamental et vivant ?


Là aussi, libre à chacun de le chercher ou non !


Et c’est peut-être là la conclusion véritable de ce travail, même si elle constitue la question la plus ouverte qui soit en ce qu’elle nous interroge sur le sens.


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