L’Acacia m’est connu

Auteur:

R∴ P∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

Etes-vous Franc-maçonne ?
Mes sœurs me reconnaissent comme telle ?

Etes-vous Compagnonne ?
J’ai vu l’Etoile Flamboyante.

Etes-vous Maîtresse Maçonne ?
L’Acacia m’est connu.

Le Rite Ecossais Ancien et Accepté, Rite solaire, est empreint de symboles, tous importants, tous forts, utiles et profonds. Ils sont comme des clés que l’on nous confie au fil de nos apprentissages. Chaque clé nous ouvre des portes qui nous mènent petit à petit sur le chemin initiatique, à la recherche de la Lumière, à la recherche de la Vérité. Le Grand Architecte de l’Univers veille, et nous guide en ce sens, mais que pourrait-il faire si nous n’étions pas notre propre acteur.

Chaque degré a ses signes, mots et attouchements. Ses signes tels que le signe d’ordre, de reconnaissance, pénal mais aussi le signe d’horreur et pour finir celui de détresse. Des mots sacrés tels que celui commençant par B…, celui commençant par J…, celui donné à la nouvelle Maîtresse et qui figure sur son tablier. Le mot de passe de la Compagnonne « SCH… » et celui de la Maîtresse Maçonne « TUB… ». Les attouchements partant de la main droite de l’Apprentie finissant au poignet droit de la Maîtresse.

Chaque maçonne à son niveau coopère à la construction du Temple du Roi Salomon, dirigée par un Maître, forgeron, bronzier, notre Maître Hiram. Chaque maçonne construit son temple intérieur.

L’Apprentie est purifiée, la Compagnonne voyage et s’ouvre au monde terrestre et céleste. Elles construisent les fondations.

Une fois, solide et bien ancrée, voici le temps pour la Compagnonne de demander d’aller plus loin. Trois, Cinq, Sept ans et plus, c’est ici qu’elle pourra répondre à la question de la Très Respectable Maîtresse « Seriez-vous M Maç ? » par « L’Acacia m’est connu ».

Lors de la cérémonie d’élévation à la Maîtrise, la Vénérable Sœur 2ème surveillante dit : « Cet arbre funéraire, cet Acacia, m’annonce une sépulture. Il n’y a pas longtemps qu’il est planté. Peut-être ombrage t-il le tombeau de notre Maître Hiram ? » La V S 1ère Surv continue : « oui, il est dit que la Connaissance repose à l’ombre de l’Acacia ». Elle dira un peu plus loin « Voilà le signe qui nous a frappées, voilà l’Acacia ».

L’Acacia est un arbre de bois dur, imputrescible. Son feuillage persistant ressemble à des plumes, ses épines sont redoutables, ses fleurs odorantes sont réunies en petites têtes sphériques. La couleur de son feuillage est verte couleur de l’Espérance, couleur médiane, alliance du bleu céleste, du rouge source de vie et de jaune d’or. La couleur jaune d’or rappelant celle de ses fleurs, pouvant être associée à celle du soleil, à celle de l’or, symbole de la vie éternelle. Selon cette analyse, l’Acacia pourrait-être le symbole de l’Espérance d’une vie Eternelle.

 Il  est découvert sur la sépulture de notre Maître Hiram. Il est dit que cet arbre est fraîchement planté, mais par qui ? Peut-être par les vils assassins, ou peut-être a-t’il poussé seul comme pour attirer l’œil, serait-ce un signe de reconnaissance ? En tous les cas, sans lui, nous ne saurions  pas encore où se trouverait le corps de notre Maître et, par voie de conséquence, l’existence de la Maîtresse maçonne serait remise en cause.

Ce troisième symbole végétal, après les grenades, qui regorgent de multiples pépins, symbole de fécondité ; après l’Epi de blé, putrescible, mais symbole de fertilité, l’Acacia semblerait être le symbole de vie et de renaissance, d’immortalité et par voie de conséquence d’incorruptibilité.

Continuons notre étude. Il est dit dans notre rituel que la « Connaissance repose à l’ombre de l’Acacia ». Que pouvons-nous en penser ?

L’apprentie balbutie, elle n’a pas le droit à la parole, elle utilise le fil à plomb pour prendre conscience d’elle même, et éliminer tous ses à priori, elle taille sa pierre à l’aide de son ciseau et de son maillet, elle la dégrossit.

Cette pierre devient cubique au près de la Compagnonne. Guidée par son Etoile Flamboyante, par un travail tenace et constant, la Compagnonne commence à tracer des plans. Elle n’est pas encore en possession de la 3ème dimension que lui confèrera une plus grande ouverture du Compas.

La pierre cubique est presque polie. Sur le drap mortuaire qui recouvre la récipiendaire renversée à terre, figure une croix latine blanche, qui n’est autre que le développement de la pierre cubique. Au centre, est posée une branche d’Acacia, à sa tête une Equerre et à ses pieds un Compas. Elle se trouve donc entre Equerre et Compas, entre Matière et Esprit. La récipiendaire une fois devenue jeune Maîtresse sera leur lien, le vecteur par lequel les ondes vont et viennent, entre bas et haut, haut et bas.

Si l’on considère que la pierre cubique représente la matière, il est possible alors d’imaginer qu’à son déploiement, émane l’Esprit libéré. Notre rituel nous dit encore que la Connaissance est symbolisée par le nombre 7, et que celle-ci doit s’accroître indéfiniment par le « plus ». La branche d’Acacia serait alors protectrice de cet Esprit, de cette Connaissance, par son ombre déployée. L’amplitude de cette ombre oscillant avec la lumière. Elle ne sera pas la même qu’il soit midi ou minuit. Il serait donc possible de trouver ici un sens à la phrase de notre rituel.

Revenons à notre sujet initial : « l’Acacia m’est connu ». L’Acacia m’est-il connu ?

Lors de mon élévation, en ce jour où j’ai regardé le chemin déjà parcouru, où je me suis retournée pour ne voir que deuil, tristesse et accablement. En ce jour où il a fallu que je montre « pattes blanches », et que j’enjambe un cadavre, en ce jour où je me suis relevée, jamais je n’aurai pu répondre à cette question. Car à aucun moment je n’ai pu voir cet Acacia.

Accusée d’un meurtre puis absoute. J’ai reçu des coups, j’ai vécu la mort de l’homme, tant physique, sentimentale, que mentale. Titubant, je suis tombée à terre. Mon corps face à l’Orient, mon tablier de compagnonne sur le visage, recouverte d’un drap. De mes souvenirs, imprégnée de l’histoire qui m’était comptée, c’est ici que j’ai perçu la voix du Roi Salomon se superposant sur celle de notre Très Respectable Maîtresse. L’homme était mort, j’étais morte, cependant mon esprit vivait, j’entendais que l’on me cherchait. Mon corps aurait été découvert grâce à un Acacia ? Je n’y comprenais rien mais enfin, on m’avait retrouvé, l’homme mort, notre Maître Hiram était retrouvé.

J’ai été terrorisée lorsque quelqu’une m’a touché et a murmuré « la chair quitte les os », une autre « tout se désunit ». A cet instant, j’ai réellement cru que mon corps était en train de se liquéfier. Puis d’un seul coup d’un seul, j’ai entendu qu’on allait essayer de me relever à l’aide des cinq points de la Maitrise. Un contact, au pied, au genou, au poignet, et puis par un mouvement vertical, à la poitrine et une main derrière l’épaule, j’étais brusquement redressée. Je vivais ! Je re-vivais ! Je retrouvais le Temple, les Sœurs Vénérables Maîtresses, et la Très Respectable Maîtresse qui me confiait les syllabes d’un mot sacré « Moa Bon ». Maître Hiram revoit le jour en chacune de nous, afin que nouvelle Maîtresse nous puissions continuer ensemble l’Œuvre commencée.

Ensuite, l’on m’a transmis une branche d’Acacia. Pourquoi ? Pour faire quoi ? Elle avait certainement sa raison d’être « Voilà le signe qui nous a frappées ». Alors, je me rappelais du moment où sous le drap mortuaire mon esprit avait entendu que le corps de l’homme, le mien (par extension), avait été retrouvé grâce à un Acacia. Ensuite, lors de la naissance de nouvelles Maîtresses, j’ai découvert où avait été placée cette branche.

Signe de reconnaissance entre toutes les Maîtresses Maçonnes, témoignage que nous avons toutes passé avec succès les épreuves de la Cérémonie de l’Elévation à la Maîtrise, et que l’Esprit de Maître Hiram est en nous. Signe que nous connaissons nos ennemis et que nous devons être vigilantes à leurs insidieuses présences. Signe qu’un nouveau chemin s’ouvre à nous.

Voilà le signe qui m’a frappée, et maintenant Très Respectable Maîtresse je peux répondre à la question : Etes-vous Maîtresse maçonne ? par « L’Acacia m’est connu ». « L’Acacia m’est connu » parce que je suis Maîtresse Maçonne.

J’ai dit.

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