Le serment
Non communiqué
Que nous dit le Petit Robert : Le serment tire sa racine étymologique du latin sacramentum. Il est défini comme étant : « l’affirmation ou la promesse solennelle faite eninvoquant un être ou un objet sacré, une valeur morale reconnue comme gage de bonne foi.Parole, attestation solennelle de la vérité d’un fait ou de la sincérité d’une promesse. Engagementsolennel prononcé en public et par extension la formule qu’il exprime ».
Le serment se déroule en trois étapes, quelles qu’en soient les circonstances ou les motifs. Il est introduit par une invocation qui précède la promesse est suivie d’une imprécation. L’invocation rappelle les conditions du serment et la qualité de celui qui le prête. La promesse énonce le contenu de l’engagement pris. Et enfin l’imprécation définit le châtiment auquel le parjure s’expose s’il ne venait pas à respecter sa promesse.
Au cours de l’histoire, le serment a pris différentes formes dont nous trouvons des exemples variés dans la sphère politique, sociale, religieuse ou laïque.
Dans le domaine politique et social, le serment dans la société féodale est un des ciments essentiels des rapports humains : c’est le serment qui lie le vassal à son seigneur, le seigneur au roi et le roi à Dieu. Ce serment implique l’attachement indéfectible du vassal au seigneur, à sa terre, symbolisée par la remise de la terre, et de sa soumission au maître qui lui offre en partage sa protection en cas de danger.
Dans le domaine religieux, le sacrement du mariage se fait sous la forme du serment, promesse de fidélité, d’entraide réciproque et de partage.
Dans le domaine laïqueaujourd’hui encore certaines professions sont soumises. C’est le cas des médecins, lié par le serment d’Hippocrate. Le serment existe aussi pour certains officiers ministériels dont la charge l’exige.
Au cours de notre existence, les occasions de prêter serment demeurent très rare, ce qui leur confère un caractère à la fois solennel et exceptionnel. En tant que maçon nous somme lié par le serment. Quelles sont la nature et les circonstances de ce serment prêté en franc-maçonnerie ?
Le serment qui est prêté en franc-maçonnerie représente le point d’orgue du rite d’initiation. L’invocation formulée à ce moment donne tout son caractère solennel à la promesse qui va être prise car elle est prononcée sous le signe de la libre volonté. L’invocation prend à témoin l’assemblée de frères, liés aussi, par le même serment, et soulignent la liberté de choix dans l’engagement pris.
La promesse
qui suit rappelle les grands principes de la franc-maçonnerie, le
récipiendaire s’engage :
À ne jamais révéler le secret maçonnique,
À respecter les lois maçonniques,
À observer les trois règles de l’apprentissage : silence, assiduité et
travail, principes qui guideront toute sa vie maçonnique.
Enfin à se conformer à la règle de la fraternité maçonnique (entraide
et amour). L’imprécation est symbolisée par le châtiment de la
gorge tranchée que l’on retrouve symboliquement dans le signe
d’ordre. Le serment est scellé par les mots « Que
Dieu me soit enaide ». Le rite du serment lie la
parole au geste. Le serment symbolise ce passage du profane au
sacré, de l’obscurité à la lumière. Il se prête sur l’Autel des
Serments. L’apprenti est entouré des symboles qui vont
accompagner son chemin maçonnique : Le volume de la Loi
Sacrée, l’équerre, le compas.
Le nouvel apprenti est désormais lié par le serment à la chaîne humaine que compose la franc-maçonnerie à travers les âges et le monde. Lié par ce fil invisible et indéfectible de la parole donnée. Le serment n’oublie par le secret, la loi maçonnique et la même quête au sein d’une fraternité universelle élargie à tous les hommes.
Le serment est prononcé sous le signe du libre engagement, ce qui lui donne toute sa force. Pourtant, il présente un caractère contraignant, celui de la soumission aux lois maçonniques que le récipiendaire ne connaît pas au moment de prêter serment, si ce n’est qu’elles ne sont pas contraires aux lois démocratiques et républicaines de son pays. Le serment est prêté publiquement bien que dans un lieu couvert, devant une assemblée liée par le même serment. Aussi, il s’apparente symboliquement à ce passage profane à l’état d’initié, à cette entrée dans une nouvelle communauté liée par le même secret. Cependant le secret et le silence repart pour autant éloigner ou nous couper des autres hommes. Mais encore, ce sentiment apparaît comme une affirmation de sincérité. Il s’agit, faut-il le préciser, d’un don et d’un sacrifice mutuel ; d’un côté, on a le sacrifice d’une « dépouille offerte », et de l’autre, le sacrifice des clés initiatiques, qui risquent d’être profané.
Cela pourrait être un acte manqué, un acte malheureux, mais en tout cas un acte irréversible. C’est pourquoi il exige de si grandes précautions et une si longue préparation de part et d’autre. Mais c’est, dans la majorité des cas, un acte qui fait que celui qui le prononce ne verra plus jamais la vie comme auparavant.
Nous devons, gardez toujours à l’esprit que nous appartenons à une fraternité universelle ouverte sur le monde : si nous ne devons pas nous exposer à la lumière, nous ne devons pas nous croire au-dessus ou différent de nos frères profanes. La franc-maçonnerie nous rappelle le devoir de tolérance.
Le secret, il est vrai, nous renvoie aux parties les plus sombres de notre de notre être, la part d’ombre de notre histoire personnelle, celle de la mémoire et de l’oubli.
Les lois maçonniques mentionnées dans le serment sont rappelées par l’assermenté. Il s’agit, audelà des constitutions, des valeurs du travail, de la persévérance, d’amour et d’entraide. Tels sont les trois piliers fondateurs de notre temple intérieur. Le serment est, par la parole donnée, le symbole de la sincérité de notre engagement maçonnique.
Car ici, en franc-maçonnerie la parole donnée s’accompagne d’actes et d’un réel engagement. La prise de serment sur les trois grandes lumières joue un rôle majeur, elles apparaissent comme des indicateurs d’orientation.
Le vieil homme est mort, achevé par un serment dont l’homme neuf est maintenant juge est gage. Son testament qu’il avait écrit dans le cabinet de réflexions est finalement détruit par le VM. Il lui a été amené par le Marechal au bout de son épée, comme s’il était impur. Si ce nouveau frère manquait à sa parole, qu’il ne respectait pas son serment : c’est lui seul ce condamnerait.
Les frères, devant lesquels il a prêté serment ne pourrait que constater sa mort spirituelle, et les liens défaits qui les unissaient, désormais devenus parjure.
Vous voyez mes frères, l’importance et le poids du serment prêté !
Le serment maçonnique ne requiert pas de signature. La parole de celui qui a juré suffit, puisque tous les frères sont là pour s’en souvenir.