Le 5ème voyage du compagnon Franc-Maçon
K∴ K∴
En Franc-Maçonnerie, dès notre initiation, nous apprenons la signification symbolique des trois voyages que nous sommes invités à faire. Nous comprendrons plus tard que chacun d’entre eux avec son contenu initiatique bien précis nous entraîne à opérer en nous une transformation progressive qui nous amènera du tumulte au silence apaisant, du profane au sacré.
Au 2ème degré, les 5 voyages du Compagnon nous offrent des horizons nouveaux et des outils jusqu’alors inconnus. Ils nous éveillent à de nouvelles connaissances et nous apprennent que, comme les Compagnons Opératifs, nous pouvons désormais aller vers des découvertes que saura nous offrir notre patiente progression. Muni d’outils supplémentaires, nous découvrons successivement les 5 sens lors du 1er voyage, les Ordres d’Architecture au cours du 2ème voyage, les Arts Libéraux au 3ème voyage, les Grands Initiés au 4ème voyage. Parvenu au 5ème voyage qu’il accomplit les mains libres, le futur Compagnon est appelé à glorifier le Travail. Il découvre ensuite l’Etoile flamboyante, ce grand symbole du Compagnon.
Quels enseignements je tire de ce 5ème voyage ?
Ces enseignements découlent des circonstances du déroulement de ce voyage effectué les mains libres au cours duquel le futur Compagnon est exhorté à glorifier le Travail avant de découvrir l’Etoile flamboyante. C’est donc autour de ces trois enseignements que je vais m’efforcer de bâtir l’essentiel de mon Travail.
1er enseignement : Les mains libres
Le 5ème voyage du récipiendaire est effectué les mains libres comme nous le rappelle le V M dans le Rituel du grade que je cite : « Mon Frère Récipiendaire, c’est les mains libres que vous avez accompli ce dernier voyage, après vous êtres servi des divers outils du Compagnon au cours des voyages précédents. Ces outils, et d’abord la main qui fut le premier outil de travail, ont servi à nos devanciers les Compagnons opératifs dans la construction des temples et autres édifices… ». Fin de citation.
On peut alors se demander pourquoi les mains libres ?
Il faut d’abord rappeler que lors des quatre précédents voyages, des outils ont été présentés au candidat, il les a portés, il les a intégrés en lui en devenant successivement Maillet et Ciseau, Règle et Levier, Perpendiculaire et Niveau, et enfin Equerre. Lors du 5ème voyage, il est donc devenu tout cela à la fois.
Les mains sont libres parce qu’elles sont ainsi prêtes pour saisir les outils adaptés à chaque situation, parce que relais de notre cerveau, ce sont elles qui les mettront en action, et parce que le compagnon constituant un outillage complet, ses mains sont elles mêmes ses outils. On pourrait dire aussi qu’une fois qu’ils sont parfaitement maîtriser, les outils se font oublier, s’intègrent, s’intériorisent en nous.
Nous en sommes donc à l’étape de passage du travail manuel (polissage de la pierre Cubique) au travail intellectuel et spirituel (réflexion). La mise en œuvre d’une action nécessite d’abord de la réflexion. Si c’est donc avec les mains que l’on agit, c’est d’abord avec la tête que l’on réfléchit et le Compagnon ne réfléchit que pour la tâche qu’il doit accomplir.
Ainsi dégagé des outils qui demeurent néanmoins au tréfonds de mon être, la Pierre étant façonnée, j’ai donc gagné de la liberté pour me consacrer au travail spirituelle. Les mains dégagées des outils me donnent une plus grande liberté qui me permet de polir la Pierre Cubique que je suis pour mieux m’insérer dans le Temple Universel, Temple Universel qui est d’abord l’Atelier, au milieu de mes Frères, et qui me permet de mieux considérer l’Universalité.
2ème enseignement : La Glorification du Travail
Au 5ème voyage, le futur Compagnon est appelé à glorifier le Travail car le Travail maçonnique est effectué à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers, c’est-à-dire pour son rayonnement.
Le Rituel du grade nous édifie : le Travail est la grande vocation de l’homme, c’est la première et la plus haute vertu maçonnique, devoir sacré de l’homme libre. Il s’agit d’abord de l’effort, du travail à faire sur soi. La Franc-Maçonnerie postule en effet que l’homme est perfectible. Cette potentialité de perfectionnement pour que l’homme devienne pleinement lui-même, suppose un effort sur soi-même, une rectification des préjugés issus de son milieu, de son éducation, pour qu’il devienne l’être singulier et unique qu’il est, différent des autres, capable de penser par lui-même : l’homme libéré, libre. Il ne s’agit pas ici de glorifier le travail qui, seul, nous permet de subsister et de faire subsister sa famille. Il s’agit aussi et surtout du Travail initiatique qui permet à l’homme de se perfectionner et de s’élever spirituellement.
C’est pourquoi, pour nous, Francs-Maçons, le travail constitue une véritable mission. Quelle que soit la place que nous occupions sur le chantier, même la plus humble, nous savons que notre effort concourt à la réalisation de l’ordre cosmique, nous savons qu’en travaillant, nous coopérons à l’exécution du Grand Œuvre selon le Plan du Grand Architecte de l’Univers. C’est en cela que le Rituel proclame que la Franc-Maçonnerie est une véritable religion du Travail.
3ème enseignement : La découverte de l’Etoile flamboyante
La fin du cinquième voyage est marquée par la découverte de l’étoile flamboyante, ce grand symbole du Compagnon qui symbolise à la fois le Grand Architecte de l’Univers mais également l’Initié parfait que nous nous efforçons de devenir. L’Etoile flamboyante représente donc à la fois la Divinité ou le Principe créateur mais également l’Homme. Le Travail du Compagnon Franc-Maçon consiste donc à se rapprocher sans cesse de cette inaccessible Etoile afin de tenter de réaliser l’union avec le Divin.
En guise de conclusion :
Loin d’être un aboutissement, le 5ème voyage du Compagnon Franc-Maçon constitue, à mes yeux, une étape supplémentaire sur les voies de la Sagesse et de la Connaissance que je dois suivre inlassablement par un travail permanent sur moi-même grâce à l’Etoile flamboyante qui éclaire sans cesse ma marche vers cet idéal initiatique.
J’ai dit V M