Le sens du travail en loge
Non communiqué
J’ai cherché longtemps comment donner encore d’avantage de sens à ma vie, d’être utile aux autres. C’est ainsi que j’ai créé une entreprise dont la mission était d’apporter une solution à un besoin médical sévère jusque-là non résolu. Le désir d’entrer en Franc Maçonnerie était en moi depuis de nombreuses années. Mais la connaissance que j’en avais, restait-on ne peut plus approximative.
Lorsque j’ai rencontré celui qui allait devenir mon parrain, il m’a expliqué que la franc maçonnerie avait pour objectif de nous améliorer progressivement et qu’ainsi nous pourrions contribuer à notre échelle, à améliorer l’humanité.
Ce programme me convenait à priori pourtant j’ai mis bien du temps à en comprendre toute la portée.
Quelques mois plus tard, lors de la cérémonie d’Initiation j’allais franchir la porte basse, symbole fugace et invisible. Le passage par la Porte Basse est une authentique renaissance consciente.
Plus qu’un rite de passage, comme le philosophe Levinas le dit dans Totalité et infini, c’est « un mouvement partant d’un monde qui nous est familier, …, d’un “chez soi” que nous habitons, vers un hors-de-soi étranger, vers un là-bas ». Nous pénétrons donc dans un univers inconnu, un peu onirique.
Cette renaissance nous ouvre les portes d’un monde nouveau, celui de la Franc Maçonnerie et singulièrement celui de la Grande Loge de France, un ordre initiatique et humaniste.
La question est donc de savoir comment nous allons accomplir ce parcours initiatique autrement dit quelle est la méthode maçonnique, comment allons-nous travailler et à quoi allons-nous aboutir.
1. La méthode maçonnique s’appuie sur :
a. Le sacré auquel le Rituel nous permet d’accéder
Le rite met en scène le chaos originel pour tenter de donner un sens et construire l’ordre cosmique (ordo ab chao). C’est donc le rite qui va structurer la démarche initiatique du franc maçon et le travail en loge en y générant du sens. Le rituel met en scène symboles, mythes fondateurs, décors qui servent de matière à la réflexion.
Nous allons grâce au rituel transformer le temple en UN espace sacré. Nos réunions se tiennent en un lieu qui doit être séparé du monde. Nous vérifions, avant de commencer nos travaux, et c’est une condition indispensable, que nous sommes bien « à couvert », nous nous assurons qu’aucun profane ne s’est mélangé aux frères.
Puis nous commençons nos rites de consécration des lieux : illumination progressive du temple à l’image du « fiat lux » de la création, orientation de ce même temple en précisant la place du VM et des surveillants. La mention du mouvement du soleil identifie le temple avec le cosmos. L’annonce de l’heure symbolique de midi nous invite à entrer dans le temps sacré. Le VM peut alors déclarer « nous ne sommes plus dans le monde profane, nous avons laissé nos métaux à la porte du temple ».
Au cours de nos travaux, nous devons porter nos décors, nous déplacer Dextrorsum, nous conformer aux règles de prise de parole ou de silence pour les apprentis.
La loge constitue un univers à la fois protégé mais exigeant qui permet au franc maçon de concilier l’au-delà de son savoir, de son pouvoir et de son espoir. Le sacré s’oppose donc au profane. Pour le croyant, le sacré advient par transcendance. Pour le laïque, le sacré émerge de l’homme comme l’écume de la vague, par immanence.
Pour Durkheim, est sacré, ce à quoi l’homme suspend toute sa conduite, ce qu’il ne trahirait ou ne renierait à aucun prix comme la tolérance mutuelle, le respect des autres et de soi-même, la liberté absolue de conscience, l’amour fraternel. En effet, ces valeurs possèdent bien l’intangibilité et l’inviolabilité de ce sacré-là.
Le sacré exprime aussi la quête d’une valeur suprême et la capacité de l’être humain à donner une supériorité absolue au respect d’un autre être, d’une valeur poussée parfois jusqu’au sacrifice.
L’espace sacré fait partie de la conscience et de la vie de l’homme spirituel. L’ouverture des travaux à la gloire du Grand architecte de l’univers, crée une sacralisation de l’espace et du temps et le temple, l’édifice devenu sacré réunit le divin et l’humain.
Malgré l’immensité de la tache il faut se mettre au travail. Le lecteur d’un texte sacré lit le sens littéral à la première lecture et en découvre le sens caché au fur et à mesure de son travail. J’avoue que je n’ai saisi le sens de chacune de mes initiations qu’après les avoir relues ou avoir assisté à la même initiation de FF.
b. L’utilisation d’un langage à la fois logique et symbolique
Le mot Symbole trouve son origine dans le mot grec « sumbolon » qui signifie Signe ou marque. Le sumbolon est un objet en 2 parties dont chacune est détenue par une personne différente. La coïncidence des 2 morceaux permettait à leurs détenteurs de se reconnaitre. Il y a 2 idées : séparation et réunion. Le symbole réunit ce qui a été séparé.
Les symboles maçonniques révèlent autant qu’ils cachent, ils renvoient à une multitude de significations intellectuelles, morales, spirituelles permettant de dépasser le langage des concepts et de la rationalité intellectuelle car si le concept donne à savoir, le symbole lui donne à penser comme l’ont dit Maitre Eckart et après lui Paul Ricoeur.
Toute la pédagogie de l’éducation des enfants de 4 à 7 ans a pour objectif de les faire passer d’une pensée symbolique à une pensée logique. La maçonnerie conduit les apprentis âgés de 3 ans aussi sur le même chemin mais dans l’autre sens.
La méthode maçonnique réalise un heureux mélange entre pensée rationnelle et pensée symbolique. Le langage symbolique favorise la méditation et fait prendre à notre esprit des chemins mentaux inexplorés conduisant à une réflexion neuve dépourvue de tout « a priori ».
2. L’aboutissement de notre travail est
a. le perfectionnement intellectuel et moral de l’humanité
Les Francs-maçons travaillent à l’amélioration constante de la condition humaine, tant sur le plan spirituel que matériel, leurs actions individuelles sont donc orientées, à la fois à l’intérieur mais aussi à l’extérieur du Temple.
Par perfectionnement intellectuel, Il ne s’agit pas de permettre une simple évolution intellectuelle des hommes, qui ne viserait que la progression de l’intelligence. Certes, ce progrès est indispensable, mais l’objectif se situe bien au-delà.
L’objectif vise la capacité de l’humanité à améliorer sa compréhension d’elle-même, grâce à la faculté de chacun d’appréhender soi-même et l’autre.
La Morale est constituée par un ensemble de normes, parfois dogmatiques, imposées à ceux qui se reconnaissent comme appartenant à un groupe religieux ou social déterminé.
Nous, Francs-Maçons n’avons donc d’autre solution que de définir nous-même cette notion de morale. Le rituel lui-même est peu explicite, puisqu’il nous demande de « fuir le vice pour pratiquer la vertu » et d’être également l’ami du riche et du pauvre s’ils sont vertueux. Nous allons donc prendre appui sur ce qui est pour nous sacré pour définir notre morale: l’amour des autres.
On peut convenir que La morale n’est faite ni pour réprimer ni pour punir, au contraire, elle doit favoriser l’expression de notre libre arbitre par le respect de normes reconnues, individuellement, comme supérieures.
La morale définit un code de comportement, un mode de pensée, soucieux de respecter l’autre. La morale est d’ordre individuel. Il appartient à chacun de définir le bon comportement.
La morale, pour André Comte-Sponville, c’est l’ensemble de ce qu’un individu s’impose ou s’interdit à lui-même, non pour augmenter son bonheur ou son bien-être, ce qui ne serait qu’égoïsme, mais pour tenir compte des intérêts ou des droits de l’autre, pour n’être pas un salaud et pour rester fidèle à une certaine idée de l’humanité, et de soi.
La morale ne nécessite donc pas d’autre regard que le sien propre ce qui fait dire à Comte-Sponville « Solitude et grandeur de la morale : tu ne vaux que par le bien que tu fais, que par le mal que tu t’interdis, sans autre bénéfice que la satisfaction de bien faire, quand bien même personne d’autre n’en saurait rien ».
Nous allons poursuivre au-dehors notre réflexion et notre action.
b. La progression initiatique qui se traduit par l’accession à une certaine spiritualité
La progression initiatique est aujourd’hui pour moi une quête de spiritualité. L’athée que je suis a mis bien du temps à comprendre et admettre cela.
Les anciens voyaient dans la spiritualité une possible proximité ou un contact avec l’objet d’une religiosité, un ou plusieurs dieux ou un Dieu unique. C’était par ailleurs ma conviction avant d’entrer en Franc Maçonnerie. Pour les philosophes classiques le but était plus simplement la paix de l’âme.
Il est facile de confondre la spiritualité avec la morale. Les vertus : prudence, tempérance, force et justice sont nécessaires à la vie en société et promettent une vie bonne à celui qui les pratique. La pratique de la vertu est donc un passage obligé de notre démarche. Tolérance, fraternité, altruisme font partie intégrante de la Franc Maçonnerie. Certains d’entre nous vont plus loin et prennent des engagements sociétaux ou philanthropiques.
La morale, et c’est déjà beaucoup, permet la vie pacifique en société mais elle ne donne pas de réponse aux grandes questions existentielles. Elle ne répond pas aux grandes questions que l’homme se pose depuis qu’il est homme : quel est le sens de ma vie, pourquoi la souffrance, pourquoi la mort et après la mort que devenons-nous ?
Ceci relève du domaine de la spiritualité et de la métaphysique. Littré définit la spiritualité comme « ce qui est dégagé de la matière et des sens » et la métaphysique comme « la science des principes, plus élevée et plus générale que toutes les autres, de laquelle, toutes les connaissances tiennent leur certitude et leur unité ». Le problème métaphysique ne se pose pas s’il existe déjà une réponse : c’est l’absence de solution qui rend le problème intéressant pour la métaphysique.
L’idée de progression prend une signification qui peut varier selon l’ouverture d’esprit du cherchant. Le signifié du mot « progression » est « accroissement des connaissances » mais aussi approfondissement, prolongement. Invités à aller plus loin, comme Alice au pays des merveilles, nous pouvons suivre le lapin blanc qui nous guidera vers les profondeurs du labyrinthe de notre monde intérieur, à la recherche du centre de nous-mêmes.
Le tableau de Raphael « l’école d’Athènes » montre Aristote et Platon qui se côtoient. Le premier étend la main au-dessus de la terre représentant le monde sensible, le deuxième pointe le ciel, allégorie du monde des idées. Ainsi nous nous trouvons entre deux modes de perception du monde : la rationalité qui analyse et l’imagination qui suggère un sens. La méthode maçonnique nous enjoint de ne pas mettre de limites à la recherche de la vérité. Nous sommes donc invités à penser une complémentarité très riche plutôt qu’une opposition stérile.
C’est donc dans cet espace sacré et en utilisant les symboles que nous allons travailler en prononçant ou en écoutant une planche. Le savoir peut-être un masque, une défense ou un instrument du pouvoir. Le maçon va livrer beaucoup plus : il parle de lui, de son rapport au savoir, de ce qu’il est devenu, de ce qu’il tente d’être et abandonne les repères socialement codifiés. Il est impliqué dans sa totalité et c’est sur cette totalité que s’exerce la méthode maçonnique.
Notre travail débute par l’introspection, cette descente au plus profond de soi afin de mieux connaître notre nature profonde. Le travail en commun va nous faire découvrir un à un les indices qui nous sont donnés comme des petits cailloux blancs. Les découvrir, les décoder et les interpréter pour emprunter peu à peu, par nous-mêmes, et trouver le chemin qui doit nous conduire vers la vérité cachée au fond de nous.
Ces indices nous sont donnés en permanence, à profusion, au moyen de tous les éléments qui composent le rituel, mots, geste, couleurs, nombres et sons. Cette multitude de signes qui nous sont adressés fait partie de la méthode.
Elle ne propose pas une seule voie d’accès à notre réflexion, mais de multiples pistes parmi lesquelles chacun choisira celle avec laquelle il entre en résonance, en fonction de sa sensibilité, de sa culture et de son équation personnelle.
L’introspection est nécessaire au travail sur soi. L’origine latine de ce mot est « itari in medio » qui signifie « être conduit vers le centre ». Nous sommes invités à progresser en suivant une méthode inscrite dans le cheminement initiatique maçonnique. Le défi qui nous est subtilement proposé c’est d’en décoder les différents niveaux de lecture. Cette méthode est une projection dans une dimension spirituelle dont nous devons prendre conscience.
Souvent dans nos échanges, deux concepts sont opposés : Savoir et Connaissance : le savoir relève du domaine profane et la connaissance d’un niveau plus subtil, spirituel. Il reste que certaines lectures, certaines études peuvent servir de base de réflexion. Notre horizon intellectuel sera un outil pertinent qui pourra permettre la prise de conscience de la présence d’une idée sous le symbole.
Chacun doit pouvoir trouver son fil d’Ariane. La Maçonnerie n’impose rien, elle propose seulement, de manière allusive de nombreux chemins, au détour desquels de multiples stimuli d’éveil spirituel sont glissés, chacun d’entre nous démarrera sa réflexion personnelle à partir d’un déclic qui lui sera propre, à partir d’un déclencheur plus parlant, plus évocateur pour lui.
c. la construction de notre temple
Nos Loges sont des espaces de communication, de communion, de commune union dans un idéal commun : construire l’homme. En cela les Loges maçonniques sont des endroits privilégiés, non pas d’acquisition d’un savoir ou d’une culture, mais de connaissances. Elles sont et doivent être de véritables chantiers, de véritables laboratoires où se livrent des combats intimes, afin que s’opèrent de réelles transformations
Si le savoir se transmet, la connaissance ne se reçoit pas. Elle se construit, elle s’élabore avec patience, avec progressivité, avec volonté, avec rigueur. Elle est le résultat d’une démarche mentale active personnelle à chaque fois renouvelée. Pour paraphraser Gaston Bachelard « Rien ne va de soi, tout est donné, mais tout se construit ».
Pour René Guenon la science sacrée conduit à la réalisation de l’être par l’intuition et l’intelligence du cœur.
La métaphore du temple à bâtir, avec des matériaux à l’état brut, sous la conduite d’un architecte et de ses assistants, est d’une parfaite justesse pour représenter symboliquement la façon dont nous agissons pour mettre en rapport les frères de notre atelier, les polir les uns aux autres, pour les assembler dans un ensemble harmonieux. Tailler les pierres pour les assembler entre elles va bien au-delà du dégrossissement de leurs formes.
En effet, la loge, donne vie par son existence à une énergie alimentée par les pensées de ses membres.
Toutes ces pensées dirigées en harmonie vers un même but forment un Tout, une entité propre qu’on appelle l’‘’Egrégore’’.
Chaque point précis de notre Rituel a une grande importance, chacun de ses mots ou de ses silences, chaque attitude, chaque ingrédient est fondamental et immuable car la réalisation de ce rituel nous permet de nous mettre en totale harmonie.
Il y a plusieurs moments forts dans le rituel où ce sentiment d’intense communication entre tous les Frères présents dans le Temple quels que soient leurs grades et qualités peut être perçu, l’ouverture des travaux, lors du passage des surveillants, pour se faire reconnaître Apprentis maçons.
Il y a surtout, ce moment où, à minuit plein, juste avant la fermeture des travaux, notre V.M. nous invite à former la Chaîne d’Union fraternelle, cette chaîne qui est certainement un des actes les plus significatifs de notre engagement maçonnique mais surtout de nos engagements à travailler pour le bien de l’Humanité toute entière.
Cette chaîne rappelle d’une manière solennelle le lien fraternel qui unit les personnes présentes ce jour-là, non seulement entre elles mais aussi à toutes celles qui les ont précédées, à tous les maçons de la Terre et à toutes celles qui viendront après. La chaine d’union rappelle l’engagement de tous les francs-maçons à transmettre d’une manière ininterrompue la filiation traditionnelle de l’ordre. Lorsque la chaîne est formée en harmonie, ce sont les initiés de toutes les époques qui communient dans la même unité.
Alors depuis cet instant où j’ai franchi la porte basse pour vous rejoindre, où en suis-je, ai-je progressé, ai-je contribué même de manière infime à améliorer l’humanité, ai-je trouvé la lumière ?
En réponse à ces questions, je n’ai qu’une certitude : Le travail en loge m’a aidé à descendre en moi, à l’exemple d’Ulysse au terme de son voyage vers Ithaque.
Le voyage d’Ulysse n’est pas sans point commun avec le parcours personnel de bon nombre d’entre nous. Il débute par la guerre de Troie, par le chaos le plus total. Ce voyage va durer en tout 20 ans, il va mettre 10 ans à revenir et durant les 7 années de son séjour sur l’ile de Calypso, il pleure tous les soirs assis sur un rocher. Ulysse va retrouver l’harmonie, la paix, l’amour au terme de son voyage en arrivant à Ithaque : il va retrouver les bras de sa femme, Pénélope, son palais et tous les siens, ce qu’Aristote appellera son « lieu naturel » dans l’ordre cosmique.
Cette sagesse, est à la fois la clé de voute de notre relation aux autres et le résultat de cette même relation, car sans elle notre temple ne pourra pas se construire, elle est celle de la philosophie grecque, où on s’efforce de vaincre ses peurs et en particulier où on accepte sa condition de mortel pour trouver sa place dans le cosmos comme Ulysse qui a refusé l’immortalité dont Calypso voulait lui faire présent.
Pourtant à la différence d’Ulysse, notre démarche initiatique implique la présence de nos frères sur les colonnes. C’est ce travail en commun qui relie la maçonnerie spéculative que nous pratiquons à la maçonnerie opérative. De même qu’une pierre, un bloc de marbre ou de granit n’est pas un temple, un homme isolé aura besoin de la réunion avec d’autres hommes pour bâtir une pensée créatrice, qu’elle soit scientifique, philosophique ou religieuse. Toute création de l’esprit non partagée est potentiellement morte. Elle fera peut-être la joie, le bonheur ou l’orgueil et la fierté de son détenteur mais elle doit être partagée.
Nous devons d’abord travailler à nous perfectionner. Notre réalisation personnelle nous impose de nous élever à un plan supérieur « celui de l’intelligence de l’esprit et du cœur ». L’intelligence de l’esprit et du cœur nous permet de nous hisser vers ce qui est universel.
Le franc Maçon n’est cependant pas un mystique et il lui appartient d’œuvrer dans le monde. « Seule la méthode initiatique peut forger l’âme universelle de l’homme de demain. De la réconciliation de l’homme avec lui-même et avec son temps resurgira spontanément alors la parole perdue et enfin retrouvée qui illuminera le monde : Amour » (Richard Dupuy).
J’ai dit, Vénérable Maitre,