7187-O : Le centre de gravité est la marche de maitre
S∴ G∴
Tel que l’écrit Paul – Corinthiens XV 50, 44, 47, 49
« Semé corps animal on se relève corps spirituel. Le premier homme est terrestre et tiré du sol, le deuxième homme est du ciel (…) et comme nous avons porté l’image du terrestre, nous porterons aussi l’image du céleste ». (Paul – Corinthiens XV 50, 44, 47, 49)
Lors du rituel d’élévation au S.G.d.M, l’homme subit une mort et une renaissance.
Quel en est le symbole en soit,
y’a-t-il un rapport avec la symbolique de la marche de
maître ?
Quels sont les liens entre l’homme et la chambre du milieu ?
L’élévation, mouvement dont la dynamique repose sur un espace tridimensionnel, incluant par la même une prise de hauteur rajoutant une 3ème dimension au plan que proposait le grade de compagnon.
Le pas de maitre, obligeant celui-ci à lever les pieds surmontant la mort représentée par le cercueil. Mais après avoir levé les pieds par 3 fois, le Maitre Maçon doit redescendre le pied en direction de la Terre pour aller à son contact. Ceci n’est pas sans rappeler deux notions fortes, une vécue au tout début de la vie du Maçon, et l’autre au travers de la Bible.
En effet, avant même d’être initié, alors que le futur Maçon est sur le seuil de sa vie maçonnique et au crépuscule de sa vie profane, dans les entrailles de la terre, au sein du cabinet de réflexion. C’est face à l’incantation de V I T R I O L, « Visite l’intérieur de la Terre, en rectifiant tu trouveras la pierre cachée ».
Dans le mouvement de rabaisser le pied, c’est toute la symbolique du mouvement vers le centre de la Terre qui s’exprime, mettant ainsi en exergue notre V I T R I O L… C’est également au travers de la bible que ce mouvement vers le haut, puis vers le bas, et ainsi de suite nous rappelle une notion forte : celle de l’échelle de Jacob. C’est sur deux plans que le maçon agit, sur le plan terrestre, profane d’une part, symbolique d’autre part, et le plan spirituel en relation avec le Divin qui requiert cette élévation de l’esprit et la pureté de l’âme. Sur le plan terrestre, l’homme vivait sur les plans terrestres et spirituels, se laissait s’insuffler l’énergie tellurique.
Nous en avons l’exemple avec les mégalithes des temps anciens, ancrés en profondeur dans le sol, et érigés vers les cieux, ces objets symboliques représentent la volonté de faire le lien entre la Terre et le monde des esprits et des âmes.
Le rapport avec la marche de maître est cette notion tridimensionnelle forte, la volonté de relier les mondes de l’être physique, psychique et spirituel avec le Divin.
Lors de la marche du maitre, le mouvement implique une phase montante, puis descendante du pied de maitre, à plusieurs reprises, symbole d’un échange entre le monde terrestre et le monde céleste.
C’est cette volonté qui était représentée par les temples érigés en hauteur, comme ceux d’Amérique évoquées précédemment, les pyramides égyptiennes, les Ziggourats mésopotamiennes, dont une des plus célèbres dans les récits bibliques fut certainement la tour de Babel, l’homme souhaitant se rapprocher de Dieu, voir même devenir son égal.
Ce rapport avec Dieu, le candidat à la maitrise en ressent toute la force par le jugement du divin en enjambant le corps de notre maitre Hiram.
En effet, avec les trois derniers pas de la marche de maitre, nous faisant passer du plan à la verticale en effectuant un demi-cercle au midi, un demi-cercle au septentrion pour enjamber la dépouille, et un quart de cercle qui la ramène à l’axe médian, le rituel de l’élévation à la maîtrise nous positionne en suspect de l’assassinat de notre Maitre et nous met face au jugement de notre propre conscience :
« Si vous êtes innocent de ce crime, vous devez nous en fournir la preuve, à l’instant même. Approchez-vous de ce cadavre et si vous n’êtes pas l’un des complices, vous ne devez craindre ni la vengeance ni la malédiction de celui qui est là ».
« C’est une épreuve judiciaire, analogue aux anciennes ordalies, ces jugements de Dieu », où le suspect était confronté aux éléments naturels.
Effectivement, au Moyen Age, l’ordalie était une procédure judiciaire où l’autorité judiciaire ne faisait pas appel à des preuves établies mais à des forces supérieures pour délibérer de la culpabilité d’un suspect. Elle faisait donc appel au Divin pour décider si un homme était coupable ou non et le verdict était sans appel.
L’Ordalie pouvait
également faire appel aux éléments
naturels tels que l’eau et le feu : par
l’épreuve d’un fer rouge tenue
l’état de la plaie était
observé quelques jours après ; si la plaie
s’était gangrenée cela signifiait la
culpabilité. D’autres pratiques par le feu
pouvaient être pratiquées, avec les
mêmes observations finales… L’exemple de
l’épreuve de l’eau s’effectuait avec de
l’eau glacée et les membres
immobilisés. Si l’accusé sombrait, il
était désigné coupable.
En reprenant symboliquement ces exemples par l’épreuve de
l’enjambement, c’est entre 2 ou plusieurs points de passage d’un cours
d’eau, d’un obstacle, d’une difficulté, d’une
épreuve de la vie, de passer à une autre
dimension que l’on reproduit.
Dans l’Ordalie reprise
symboliquement lors de la cérémonie
d’élévation, et dans
l’exécution du pas de Maitre, c’est la
confrontation avec la mort qui est représentée.
Ainsi, la dépouille que l’on enjambe a le pouvoir
de nous juger et d’exercer sa vengeance.
Le rituel nous considère donc dans un premier temps comme
accusé, attendant le jugement par le Divin, et par la Mort
elle-même. Sommes-nous coupable d’avoir fait un
pacte avec cette dernière, avec un nouvel acte meurtrier,
reprenant ainsi un exemple Biblique, tel Abel et
Jésus-Christ ?
Comme évoqué jusqu’ici, le pas de maitre symbolise principalement deux notions, celle de l’Ordalie, et celle du passage de l’horizontale à la verticale, du plan au volume, de l’équerre au compas.
Rappelons-nous le geste effectué à la fin du pas de maitre, le Signe Pénal, suivi du Signe d’Horreur et de l’Exclamation Rituelle « Oh seigneur mon Dieu ! »
Nous sommes à nouveau à la recherche du contact avec le Divin, dans ce transfert du plan à la verticale. Ce geste s’effectue au pied de l’hôtel, lieu u s’effectue l’échange d’énergie entre le GADLU et son représentant en Chambre du Milieu. Cette énergie échangée entre sommet et base s’observe également sur l’arbre de la vie entre les séphiroths.
L’« éclair étincelant » décrit dans l’étude de l’arbre de vie selon la cabale par Z’ev ben Shimon Halevi, « est généré par l’émanation ruisselant de la Première Couronne, à partir de l’élan initial de la Création. Une séquence se déploie de la première Séphira, Kether, la Couronne, et effectue un mouvement descendant en zigzag, passant alternativement par les piliers passifs et actifs, pour finir sa transmission d’énergie à la Séphira Malkout, « Le Royaume ». Ce mouvement, développement primordial comparable à une octave descendante de do à do, dans laquelle chaque note remplit une fonction particulière selon les interactions forme-énergie correspondant aux émanations, telles que les exprime le mouvement oscillatoire entre les piliers gauche et droit de l’arbre de la vie, entre le principe masculin et féminin… » l’actif et le passif, le noir et le blanc…
Ainsi donc, au travers de son pas, le Maitre cherche l’échange entre les plans, celui du Divin vers les Cieux, et cette étincelle divine au plus profond de chacun de nous, aux entrailles de la Terre décrit par V I T R I O L dès le cabinet de réflexion, ainsi que la preuve de son innocence face à la mort, espérant montrer ainsi être digne du rang auquel il prétend…
J’ai dit V M