Le Sablier
#321013
Le Sablier
Non communiqué
Le Sablier
Présentation
Etymologiquement, sablier signifie soit une horloge de sable, soit un poudrier pour sécher l’encre, ou encore celui qui vend du sable.
Le mot sable provient du latin sablum et sabulum signifiant gravier ou sable.
Le sablier aurait été inventé en Grèce aux alentours du 3ème siècle av JC.
Son ancêtre semble être la clepsydre (ou la clepsammie), horloge à eau existant déjà vers 1600 av JC à Babylone et en Egypte.
Interprétation ésotérique
Il symbolise le temps qui passe, la vie, l’expérience, les transformations, l’évolution, la maturité, la vieillesse et la mort.
Le sablier est présent dans le cabinet de réflexion, et la maxime « Memento mori » rappelle à l’homme que dès la naissance le temps est compté et qu’il ne faut donc pas le gaspiller.
Le dieu du temps est Cronos pour les grecs et Saturne chez les romains.
Leurs attributs respectifs, la faux et la faucille, rappellent l’arcane sans nom et donc la mort, inéluctable et liée au facteur temporel.
A l’échelle de l’humanité, la mythologie grecque, à travers Hésiode, distingue 5 temps et leur chronicité sous forme de périodes : l’âge d’or, d’argent, d’airain, l’âge des héros et l’âge de fer qui est décrit par l’écrivain et astrologue Alain Yaouanc (Hadès) comme notre période actuelle, celle précédant l’âge noir (la fin du monde), qui annonce le renouveau d’un nouvel âge d’or.
Mais Ovide, dans le livre I des Métamorphoses ne mentionne pas l’âge des héros et réduit l’humanité à 4 âges.
La cosmogonie hindoue fait la même distinction (sans l’âge des héros) avec respectivement le Krita Yuga (or), le Tretà Yuga (argent), le Dvapara Yuga (bronze), et le Kali Yuga (432000 ans) qui correspond donc à notre âge de fer, l’ensemble constituant le Mahàyuga (Grand âge) sensé durer environ 4,32 millions d’années.
La forme du sablier de part et d’autre du col rappelle la lettre V, à l’endroit pour l’ampoule supérieure et à l’envers pour la partie inférieure.
Le V est la 22ème lettre de notre alphabet, 22 étant le second maître nombre, de valeur théosophique 4 et renfermant des vibrations élevées en numérologie, mais c’est aussi le nombre de lettres de l’alphabet hébreu, le nombre d’arcanes majeurs au tarot et le nombre de sous chemins reliant les 10 séphiroths dans l’arbre de vie de la kabbale.
En additionnant les valeurs théosophiques des 2 lettres V du haut et du bas, on obtient le chiffre 8 qui correspond à la forme du sablier et à l’infini à l’horizontale (lemniscate), à différencier de l’éternité.
Le 8 a de multiples significations en astrologie, numérologie et tarologie.
Le V a la forme d’un entonnoir, un récipient aux ondes cosmiques, tandis que le V à l’envers rassemble les ondes telluriques, la lettre V étant elle même au confluent des valeurs spirituelles et matérielles (« Choisir son prénom, choisir son destin », de Barbault et Duboy).
Tout semble donc indiquer que le présent est le point de jonction temporel du spirituel et du matériel.
De par sa forme, le sablier fait donc le lien entre le ciel et la terre.
Le V peut aussi être vu comme une flèche, et cette double flèche autour du col semble désigner le goulot, c’est à dire le présent, comme point de convergence à la fois du passé (la tradition) et du futur (l’évolution).
Pierre PELLE LE CROISA explique dans son mémento 1er degré R.E.A.A (Paroles d’Apprenti) qu’en Franc-maçonnerie le rituel s’inscrit dans un temps sacré, qualifié d’anhistorique, car il faut pouvoir sortir de sa contemporanéité, se mettre en dehors du temps pour s’imposer (en pensée) la présence d’un passé à revivre : « Tout rituel et toute liturgie installent l’homme dans un présent continu, avant-goût de l’éternité » (Loubatière)
Il soumet le temps astrologique à des codes temporels, condensant sur l’instant le présent (vécu), le passé (revécu) et l’avenir (à vivre) : c’est l’intemporel sacré, celui des mystères, de midi à minuit pour les Francs-maçons. Considérant qu’une vie dure le temps d’un sablier, le sable peut être vu comme le corps de l’homme qui retourne à la poussière, la progression de la vie vers la mort, une étape vers une renaissance.
Dans son ouvrage intitulé « La Première Lettre (L’apprenti au R.E.A.A) » Jean-Claude MONDET distingue le temps objectif (celui de l’horloge, quantitatif, scientifique, concept abstrait lié à la matière et qui nous est extérieur), du temps subjectif (qualitatif, irrationnel, fruit de la synthèse de notre conscience du temps objectif à mesure de notre avancée dans l’existence, échelle de temps fondée sur notre vécu donc), du temps sacré (de midi à minuit en loge, non historique là aussi, non linéaire et non mesurable mais réversible, fenêtre sur l’éternité et illimité comme notre quête intérieure et le temple de l’humanité, mais malheureusement seulement accessible quelques instants au Maçon rattrapé par les contingences du temps objectif).
La règle à 24 divisions, un des outils de l’apprenti et sensée symboliser les 24 heures de la journée, pourrait aussi représenter le temps subjectif, et les 24 divisions qui la composent ne seraient pas forcément égales.
Jean-Claude souligne l’aspect ternaire du temps et de l’espace, sans toutefois les lier systématiquement mais en reconnaissant une corrélation, notamment dans le fameux « ici et maintenant ».
Il distingue également le temps microscopique (réversible selon lui) du temps macroscopique (irréversibilité de ce temps du à l’expansion de l’univers, la flèche cosmologique du temps).
Sur un autre plan, les grains de sable du sablier peuvent être perçus comme les particules élémentaires de l’esprit de l’homme, les mini pierres brutes qui le constituent et qui doivent être rectifiées, c’est à dire dire taillées avec droiture.
La taille est effectuée par le frottement des grains entre eux et par le brassage de toutes ces particules qui deviennent plus fines une fois passées par le centre et se retrouvent agencées différemment en bas du sablier pour (re)constituer un homme nouveau.
Pour terminer, la verticalité du sablier et le mouvement du sable rappellent le fil à plomb qui pointe vers le bas et nous incite donc à cette droiture et à cette introspection, la visite de l’intérieur de la terre pour rectifier et trouver la pierre cachée, le fameux V.IT.R.I.O.L du cabinet de réflexion.
Conclusion
Cette étude du sablier m’a permis d’explorer la notion du temps à travers différents prismes, on peut donc différencier le temps extérieur du temps intérieur, le temps comptable du temps spirituel, le temps profane du temps sacré, le temps terrestre du temps céleste, le temps macroscopique du temps microscopique, le temps du conscient de celui de l’inconscient, le temps du rêve et celui du subconscient, le temps du savoir et celui de la connaissance.
A titre personnel je considère qu’en l’état actuel des choses il manque à l’homme au moins une dimension pour pouvoir appréhender exhaustivement toutes ces questions, ce qui ne signifie pas que demain ce sera toujours le cas, car rien n’est figé, et si l’homme s’en donne les moyens il pourrait accéder demain à ce qui semblait inaccessible hier.
Le sablier ainsi retourné inverse le haut et le bas continuellement, la fin devient le début et ce qui était le début se retrouve maintenant à la fin, ce qui est en haut étant comme ce qui est en bas.
Car au final, le temps éternel, c’est à dire sans début ni fin, n’est il pas l’équivalent d’une absence de temps ?
Sinon quel serait l’intérêt de compter une notion qui se renouvelle à l’infini ?
Comme toujours les extrêmes se rejoignent : le partout et le nul part, l’immanent et le transcendant, la permanence et l’absence.
En dépassant les idées de peur du vieillissement et de mort terrestre, l’homme pourra t’il s’affranchir du temps pour devenir ce qu’il est vraiment, trouver un sens à son existence et accéder enfin à la connaissance ?.
J’ai dit.