L’Enfant de la Veuve
P∴ B∴
Deus Meumque jus
Rite Ecossais Ancien et Accepté
Ordo ab Chao
Au nom et sous les auspices du Suprême Conseil de France,
LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE.
Et à vous tous mes F en vos gret qual
Le sujet que je vais aborder ce soir porte le titre énigmatique et mystérieux à plus d’un titre : il s’agit de Enf de la Veu.
Cette expression mac nous renvoie à la cérémonie d’Exaltation, lorsque le F Exp communique au récipiendaire les mots et signes du grade. L’expression « A moi les Enf de la Veu » est une expression de détresse avec son signe adéquat que le Maç ne doit utiliser qu’en cas de danger de mort.
A ce titre avant de commencer plus avant, je voudrais rappeler ici une anecdote dans l’histoire de la III ièmeRépublique. Plusieurs gouvernements auraient été sauvés par l’utilisation de cet appel, solennellement exprimé à la Chambre des Députés. On cite à ce propos l’intervention à la tribune, en juin 1899, de notre F Henri Brisson en vue de rallier l’ensemble des députés F M au ministère Waldeck-Rousseau. Cette intervention est demeurée célèbre et a fait l’objet de multiples illustrations.
Les F Mse désignent « Enf de la Veu », or le second terme du binôme nous interpelle par cette mystérieuse Veuve.
La Veuve présuppose que son mari, le Père est mort et à partir de cette présupposition nous pouvons échafauder plusieurs hypothèses qui encore aujourd’hui ne sont pas résolues.
Cette expression nous renvoie à l’initiation du M, lorsqu’on lui dévoile la Légende d’Hiram.
J’aborderai donc cette étude sous l’angle de l’apport des mythes antiques et judéo-chrétien dans le mythe fondateur de la FM.
Dans la deuxième partie je traiterai la Légende et le mythe d’Hiram, en troisième partie les différentes interprétations concernant la Veuve.
Je conclurai cette étude par un engagement personnel qui me permettra si vous m’en juger digne d’accéder au 4ième degré de notre Institution.
Mythes antiques dans le Mythe Fondateur de la FM
La mythologie maç est un enseignement symbolique et non une construction historique rigoureuse. Les origines mythiques de la Maç ne sont pas négligeables puisqu’elles situent la naissance de l’Ordre dès la plus haute Antiquité.
Une des origines du mythe fondateur est sans conteste le mythe d’OSIRISet d’ISIS : personnages égyptiens.
Ces personnages symbolisaient l’Etre Suprême et la Nature Universelle.
L’histoire débute par deux éléments, le Nil et le Soleil, l’eau et le feu. Les hommes collaborent avec Isis et Osiris pour recréer la vie, pour rendre à la terre l’aspect d’un paradis, un paradis terrestre qui se rattache au paradis céleste.
En fait les Egyptiens affirment que leur histoire commence avec le règne d’Osiris, le dieu-roi. Il est évoqué comme un homme d’une bonté et d’une sagesse infinie. Après avoir réuni les tributs nomades il leur enseigne l’agriculture, puis l’extraction et le travail des métaux, puis leur enseigne l’écriture et l’art. Sa mission accomplie il laisse le trône à sa compagne Isis et part pour l’Orient (la Mésopotamie) pour instruire d’autres peuples.
Après son périple civilisateur, Seth (son frère) jaloux et violent souhaite sa mort et l’entraîne dans un guet-apens. Comme pour Abel et Caïn, Rémus et Romulus, l’un des deux doit mourir.
Seth fait construire un coffre-sarcophage superbement décoré aux mensurations exactes de son frère Osiris. Il invite ce dernier à un festin et utilisant un subterfuge, l’enferme dans ce coffre et le jette dans le Nil (quel rapprochement avec Moïse) ; Isis bouleversée par sa disparition, part à la recherche de son époux à travers l’Egypte. Le coffre vogue jusqu’à Byblos en Phénicie, et aborde la terre au pied d’un tamaris ; au contact du coffre, la bruyère grandit, l’entoure et enferme Osiris à l’intérieur du sarcophage. La bruyère devient un arbre et le roi de Byblos découvre l’arbre et l’utilise pour en faire une des colonnes de son palais.
L’arbre « coffre-sarcophage-cerceuil » devient la colonne du palais royal. Isis après une longue quête à travers la Terre et s’être transformée en hirondelle découvre son « frère-époux ». Elle obtient du roi de pouvoir emporter sa « colonne-cerceuil ». A l’écart, elle ouvre cet « arbre-pilier » et embrasse Osiris. Ce baiser la féconde : C’est l’immaculée conception (quelle source d’inspiration pour la religion chrétienne). Isis va donner naissance à Horus, le « fils selon l’esprit », qui promet de venger la mort de son père.
Seth retrouve le corps d’Osiris, et en l’absence d’Isis, découpe le corps en 14 morceaux qu’il disperse sur toute la terre d’Egypte et donc Osiris connaît une deuxième mort. La première l’avait fait eau du Nil (symboliquement boisson de vie) la seconde le transforme en grains de blé (symbole de la nourriture des hommes).
Isis reprend sa quête et rassemble morceau après morceau le corps de son divin frère, sauf un le phallus, l’organe de la génération selon la chair. Celui-ci tombé dans le Nil est mangé par un poisson.
En fait Isis recrée Osiris qui devient son fils, elle réenfante le Père qui devient le Fils, mais elle ne peut le ressusciter totalement. C’est Horus, le fils selon l’esprit, qui rendra possible le miracle. Devant le tribunal des Dieux, Horus demande réparation à Seth ; Ils doivent se mesurer en combat singulier. Au cours de nombreuses luttes, Seth crève un œil à Horus et ce dernier émascula son ennemi ; finalement Horus remporte la victoire finale ; Horus offre à Isis son deuxième œil afin qu’elle puisse ressusciter Osiris. Il est donc ressuscité par l’œil de son propre fils, L’œil de la Lumière divine. Osiris renaîtra, dieu de l’au-delà, dieu peseur d’âmes, die de passage.
L’extraordinaire histoire condensée d’Osiris et d’Isis est le Mythes des Mythes, le mythe qui les contient tous.
Le mythe fondateur, le mythe du fils de la veuve met en scène les protagonistes suivants :
Le Père : différents textes le présentent parfois comme un dieu, un roi, le plus souvent laisse entendre qu’il s’agit d’un être surnaturel. « Dieu » dans le monde gréco latin, dieu civilisateur en Egypte, à moins qu’on en fasse un forgeron céleste en Grèce.
La Mère : symbole de la connaissance, objet de conflit entre deux divinités.
Meurtriers : sont antipathiques, usurpateurs (Grèce) ou tyran.
Le Héros : né contre la volonté du tyran est l’objet de sa haine. Dans l’optique du mythe proprement dit le motif qui revient souvent est sa mort par l’eau à laquelle il échappe dans une corbeille flottante ou coffre en bois (Grèce). On peut interpréter ce motif de l’enfant et du coffre comme le symbole de l’humanité sauvée du déluge par l’arche (Noé).
On peut donc dire que le mythe du fils de la veuveest en fait un qualificatif de l’humanité.
Osiris résume la conscience et l’expérience de la résurrection inhérente aux forces même de la Nature.
Isis est la certitude, la garantie de la renaissance, de la victoire définitive sur le mal et sur la mort.
Il est clair que dans le mythe osirien se reflète le mythe agreste et le concept primitif de la Déesse Mère-Terre, dans le sein de laquelle meurt le grain-dieu pour donner à sa créature soutien et vie éternelle.
Osiris « Dieu » se fait homme pour rejoindre l’humanité perdu hors de l’ « EDEN » et comme homme souffre et meurt avec les autres. Coupé en morceau par son propre frère, il donne la certitude de la renaissance à la vie éternelle grâce à l’amour infini qui unit le créateur à sa créature. Témoignage donc d’amour et de résurrection comme sens essentiel de tout le créé,témoignage donné par le créé même, par le soleil qui disparaît et renaît chaque matin, par le grain qui meurt dans l’obscurité de la terre et renaît vigoureux à la lumière du soleil et donne une nouvelle vie chaque année. En fait l’essence de l’éthique égyptienne et de sa pensée spirituelle contenue dans le mythe osirien jaillit du monde agricole.
Ce que l’on peut tirer de la philosophie osirienne est queOsiris dieu civilisateur, après avoir apporté le boire et le manger aux hommes, s’incarne dans sa création (eau, terre, air) avant de ressusciter par le feu de l’amour. La « Passion » d’Osiris (au sens christique du terme) lui fait partager la condition humaine. C’est la vierge Isis qui refait l’unité du Dieu par sa quête amoureuse, par son baiser qui n’est autre qu’une renaissance (de bouche à oreille). Isis ressuscite Osiris par le fruit immaculé de ses entrailles : son fils Horus (fils solaire). Le fils ressuscite le Père par le don de la vision (la Lumière). Horus se rend volontairement aveugle pour ouvrir à son père la conscience du créé. C’est par le Fils que naît le Pèredans le présent éternel ; C’est le mythe fondamental de L’Oeuf Primordial.
Le récit de la mort d’Osiris traduit en image les enseignements de la plus profonde sagesse.
Légende et Mythe d’HIRAM
Indépendamment de la version maçonnique, plusieurs auteurs ont raconté la vie et la mort d’Hiram. Le plus illustre d’entre eux G de Nerval dans son « Voyage en Orient » écrit vers 1850 une belle version romancée de cette légende. Récemment B. Lentéric et Ch. Jacq ont réécrit à leur manière l’histoire d’Hiram.
HIRAM apparaît dans l’histoire biblique sous le règne de Salomon, roi d’Israël. Il est évoqué dans la Bible(I Roi, 7,13-14) : « Le roi Salomon envoya quérir Hiram de Tyr. C’était le fils d’une veuve de la tribu de Nephtali, mais son père était tyrien, qui travaillait le bronze. Il était rempli de sagesse, d’intelligence et de connaissance »
Il vient en Israël pour construire le Temple que le roi Salomon voulait consacré à Yahvé.
L’histoire d’Hiram a été greffée sur celle d’Osiris, et à partir du XVIII e siècle devient le mythe fondateur de la F M, car toute association humaine a besoin de mythe fondateur comme la démontré le penseur Mircea Eliade.
La légende nous apprend que 3 personnages :–le roi Salomon
–Hiram Abiff : roi de Tyr (1 Roi, 7,13)
–Hiram Abi de la tribu de Dan (d’où venait sa mère) (2 Chroniques, 2,13)
Se sont réunis pour concevoir les plans de la construction du Temple. Ce savoir devait être gardé par ces 3 personnages.
Un jour, alors que le temple allait être terminé 3 compagnons (Jubela, Jubelo, Jubelum)viennent à la rencontre d’Hiram avec de mauvaises intentions. Ces 3 hommes sont postés chacun à une porte et lui réclament sous la menace la parole secrète qui les feraient Maîtres. Hiram estimant que le temps n’était pas venu, refuse. Le 1er compagnon brandit une règle et frappe le Maître. Le coup destiné à la gorge est dévié et tombe sur l’épaule qui engourdit le bras droit. Il court et se dirige vers la porte Ouest, rencontre le 2 ième compagnon qui lui demande également le mot de passe : Hiram refuse une deuxième fois et il est frappé au cœur par l’équerre. Hiram essaie de s’enfuir désespérément, mais à la porte Est, le 3 ième compagnon lui demande le mot. Même refus et Hiram est frappé au front avec un maillet.
Leur forfait accompli, les 3 voyous dépités par leur forfait car il n’ont rien pu obtenir de leur Maître vont dissimuler dans la nuit le corps du Maître. Les meurtrierscreusent une tombe et ensevelissent Hiram sans connaître le secret. Pour dissimuler la tombe, ils plantent une branche d’acacia.
Salomon averti de l’absence suspecte du Maître, l’envoie chercher par 9 Maîtres. Ceux-ci après des pérégrinations vont découvrirent la sépulture et le corps en décomposition de Maître Hiram. Ils tenteront de le ramener à la vie après lui avoir donné une sépulture décente. Ils réussiront dans leur projet en se mettant à trois pour le ressusciter.
Le mythe d’Hiram met en œuvre 3 personnes « deux rois », c’est-à-dire que l’enseignement initiatique est placé sous le signe du symbole bipolaire. Hiram roi de Tyr possède des forêts et sait l’exploiter. Salomon conçoit, élabore et construit avec l’aide du roi de Tyr. Hiram est celui qui fait celui qui agit : l’intervention d’un troisième terme (Hiram) permet le retour à l’Unité selon le schéma triangulaire
HIRAN (TYR)SALOMON
AvoirEtre
HIRAM
Agir
Sa vie physique (la gorge)
Sa vie sentimentale (le cœur)
Sa vie spirituelle (le front la tête), à cause de trois mauvais Compagnons représentantl’Ignorance, l’Hypocrisie, le Fanatisme.
Nous remarquons qu’il perd la vie avec des outils :
La règle (outil utilisé par l’apprenti au 1er degré)
L’équerre (par le compagnon au 2 ième degré)
Et avec le maillet outil du 3 ième degré.
Il est intéressant de noter ici unexemple de la loi d’inversion du sens des symboles. Un même support peut figurer une fonction constructive ou une fonction destructrice.
La branche d’acacia renvoie à l’image de l’arbre : celui qui prend racine en terre et qui s’élève dans les airs.
Maître Hiram est retrouvé par neuf maîtres puis est relevé (ressuscité) par les 5 points de perfection.
La quête semble l’action fondamentale du mythe, c’est la quête, on l’a vu pour Isis, dans le cas d’Hiram c’est la quête des compagnons qui va rendre possible sa résurrection. Le rite de circumambulation met en évidence et crée en quelque sorte le « Centre ». Dans nos cérémonies d’initiation le sens dextrocentrique(de gauche vers la droite) est souvent associé à une opération de « passage » de l’inconscient vers le conscient, tandis que le sens sinistrocentrique (de la droite vers la gauche) associe le passage inverse du conscient vers l’inconscient. Les Maîtres qui participent symboliquement à cette pérégrination apprennent que Hiram est enfoui sous un tertre. La dissimulation du corps d’Hiram introduit un monticule, ou un tertre. Or dans le cosmogonie égyptienne, le serpent représente le tertre initial. Comme par la mue du serpent, par l’abandon de la première peau, l’initié peut revêtir son habit de lumière. Le tertre correspond également à l’image de mont, montagne, et au plan cosmogonique de l’ « Axis Mundi » (l’axe du monde originel) et par cette image le maître est convié à ce cheminement intellectuel qui se résume à :
« Il y a un centreTu es au centre
Tu es le centre »
C’est tout le cheminement intellectuel et spirituel que l’on retrouve dans toutes les civilisations sous la forme du Labyrinthe. Or la seule façon de s’en sortir c’est de s’élever en quelque sorte se diviniser. On voit que cette élévation conduit finalement à l’arbre de résurrection : acacia
Une fois les voyages accomplis les maîtres-chercheurs procèdent au rite de palingénésie (càd de régénération) qui consiste à relever le corps. La résurrection initiatique n’est autre que le passage de l’inconscient à la conscience et donc à l’éveil de l’être. Individuellement ils n’y parviendront pas. « Unissons –nous, et alors tout est possible ! » (C’est ici le thème de la Chaîne d’Union) : Ce sont les trois Lumières de la loge (Le V M et les deux Surv ) qui rend possible cette résurrection par les cinq points de contact et le mot du Maître qui est le mot de substitution et qui correspond au cri de surprise des chercheurs quand ils découvrent le corps sans vie et en décomposition : « la chair quitte les os ». On peut formuler cette expression en : « il y a encore de la moelle dans l’os » et alors ici la moelle est synonyme de suc vital. Si la chair quitte l’os, c’est pour permettre à l’être de renaître à la Lumière. Le cri des maîtres n’est peut être pas un cri d’horreur, mais la constatation de la réalité transmutatrice de l’initiation, un cri de joie : notre Maître Hiram est né une nouvelle fois.
Un moment fort du rituel du 3 ième degré, est le relèvement par les cinq point de Perfection : La Joue joue le rôle de transmission du souffle de vie, c’est le rite d’ouverture de la bouche chez les égyptiens. Le pied va permettre de verticaliser celui que l’on soulève, de lui faire prendre racine comme l’arbre vert qui est l’image de l’homme vert. Le genou va permettre la mobilité, la flexion, le déséquilibre, la marche. La main attire celui qui deviendra la nouvel Hiram. La main contre dos permet le cœur à cœur, la fusion.
En conclusion les cinq points de perfection permettent la transmission de l’initiation de Maître Hiram vers le nouvel être en devenir, cette fusion doit permettre au nouveau Maître de refaire son unité de devenir Un. Maître Hiram est ressuscité, le nouveau Maître devient le frère d’Hiram et par extension le Fils de la Veuve.
La Veuve
Les F M se surnomment donc les « Enf de la Veu », car cette expression nous renvoie à la Bible qui précise qu’ « Hiram est lefils d’une veuve de la tribu de Nephtali ». Cela peut également dire que la Maç est veuve depuis la mort d’Hiram ou de Jacques de Molay (Grand Maître des templiers), comme on peut dire que l’Eglise est veuve depuis la mort du Christ (St Grégoire et St Augustin). Et pourquoi ne serions-nous pas tout simplement fils d’Hiram, filiationmythique due à notre initiation qui est en fait comme on l’a vue une deuxième naissance ?
La Veuve désigne symboliquement la Maç, mais l’idée se réfère à Isis, le « Grande Veuve » veuve d’Osiris, càd de la Lumière, partant à la quête des membres épars de son époux. Cette quête est aussi celle de Maçqui s’identifie à Horus fils de la Lumière. Ce rassemblement des membres épars correspond à la reconstitution de l’Unité Primordiale qui est aussi la quête de la Parole perdue par la dispersion de l’humanité correspondant à la confusion des langues depuis l’épisode de la Tour de Babel, càd au passage de la langue unique à la pluralité des langues.
L’absence de père semble récurrente dans les mythologies et les religions : Horus est le fils posthume d’Osiris. Pas de présence paternelle également pour Krishna, Mithra, Moïse ; Anne, la mère de Marie est veuve et stérile ; elle bénéficie d’une intervention divine pour concevoir la mère du Christ.
Aussi sans la notion des « Enf de la Veuv »,la Macserait passée à coté du mythe.La Veuve dans le mythe d’Hiram c’est l’un des principes féminin, pour ne pas dire le principe féminin de la résurrection d’Hiram.
P. DANGLE nous dit que l’état de « veuve met l’accent sur l’aspect mystérieux de la création. Ce n’est pas Isis en tant que femme qui accomplit le mystère mais Isis-Oiseau qui redonne vie au corps reconstitué. La veuve incarne celle qui connaît le Souffle de Vie autrement dit le Secret du Verbe ».
En effet dans la plupart des morts et résurrection du Dieu, c’est la femme, La Vierge-Mère (La Veuve), que se fait la régénération de l’Etre.
La Vierge ou Veuve permet à l’homme initié ou au Dieu de refaire son Unité. Il s’agit là à la fois d’une nouvelle naissance et d’une union sacrée.
La veuve joue un rôle tant dans la Bible hébraïque, avec la veuve de Sarephta,et le prophète Elie, que dans l’Evangile avec le fils de veuve de Naïm que rapporte Luc.
Saint Jérôme dit que la tradition hébraïque veut que Jonas fils de la Veuve de Sarephta fut ressuscité par le prophète Elie : Celui-ci s’étendit par trois fois sur l’enfant qui se remit à respirer (1 Roi 17-24). C’est par cette croyance que cet enfant aurait reçu son deuxième nom, Amathi, Vérité. Il y a là encore deuxième naissance du fils de la veuve, naissance spirituelle par la vérité.
Pour le fils de la veuve de Naïm ? St Luc nous rapporte que Jésus pris de compassion pour cette veuve s’approcha du cercueil, le toucha et dit : » jeune homme, je te l’ordonne, lève toi ». C’est encore par la Parole, le Souffle que de défunt revient à la vie.
Ces deux épisodes rappellent les rites qui président à la Maîtrise en Maç
et qui fait du Compagnon gisant un autre Fils de la Veuve.Dans ces deux cas, il y résurrection que l’on peut rapprocher du relèvement d’Hiram.
Saint Jean l’Evangéliste est institué « Fils de la Vierge » par le Christ crucifié (Jean 19-27 : la Vierge étant la veuve de St Joseph le charpentier). Le Christ dit à Marie : « Femme voici ton fils », et L’Evangéliste prend après la crucifixion, la vierge chez lui, et devient en un sens Fils de la Vierge et reçoit par là la maternité divine que lui confère sa troisième naissance, laquelle fait suite à sa deuxième mort dont parle l’Apocalypse (20-5,6).
Dans notre tradition les Loges sont dites de St Jean et donc le Maçest dit frère de St Jean et donc fils de la Veuve.
On trouve dans la mythologie grecque,Héra, la Mère-divine surnommée La Veuve.
On s’aperçoit que dans tous les exemples la nouvelle naissance se fait par l’intercession divine, donc virginale, ou par le souffle divin.
La femme symbolise l’intellect transcendant,la Sagesse. Elle est source d’une connaissance cachée et d’une co-naissance.
Le Maç doit intégrer le principe féminin pour retrouver son unité càd réunir en une même entité le Féminin et le Masculin pour être Soi.
Toutes le veuves évoquées dans le Nouveau Testament symbolisent les pauvres, les seuls qui mettent en Dieu tout leur espoir, qui demandent et prient, les « Anavim » de l’Ancien Testament (pauvres, humbles, opprimés). Ce rapport entre les Enf de la Veuv et les Anavim explique pourquoi le tronc destinéaux oboles s’appelle en Maçle Tronc de la Veuv
Essai sur l’accession au 4ième degré et conclusion.
L’initiation maç issue de ces grands mythes ancestraux permettentpar le psychodrame que vit chaque nouvel initié de se construire psychiquement et d’aller au fond de soi pour mieux connaître son Moi, en sachant qu’il reste un Apprenti et que sa quête n’a de cesse de réunir les morceaux épars pour essayer de parvenir à refaire son Unité. C’est la parole de sagesse de Platon : « connais-toi toi-même et tu connaitras l’univers des Dieux ».
Parler de soi sur un plan philosophico- psychanalytique n’est pas évident.
De par mon initiation je suis « Enfde la Veu », fils ou enfant spirituel d’Hiram.
Est-ce que je suis capable de poursuivre son œuvre et de m’en rendre digne ?
Poursuivre son œuvre c’est poursuivre la construction du Temple, temple symbolique qui est la construction psychique du Soi, et d’œuvrer à l’amélioration de l’être humain.
Il m’a fallu franchir différentes étapes, dans un premier temps dégrossir la pierre brute et cela n’a pas été évident car pris dans un réseau d’affects matérialistes et subjectifs j’ai eu des difficultés à faire ce travail d’introspection.
Aujourd’hui, j’ai une certaine connaissance de mon Moi, mais je ne suis pas sûr d’avoir exploré tous les méandres et les recoins de ma personnalité.
J’ai essayé d’utiliser les outils symboliques mis à notre disposition mais les ai-je bien assimilé dans leur globalité, je n’en suis pas certain. La compréhension des symboles est affaire de soi, c’est une explication que l’on se donne, mais explore t-on toujours les deux faces (positif-négatif, vrai-faux, blanc-noir) c’est-à-dire la dualité de toute chose pour tenter d’en faire la synthèse c’est-à-dire d’arriver à l’Unité.
Avec quelques années de recul, je m’aperçois que cet apprentissage est le plus difficile et que nous en sommes toujours là. J’en avais déjà la certitude dans de nombreux domaines, mais aujourd’hui j’en ai encore plus la conviction. Je regarde ces années d’apprentissage avec une certaine nostalgie, le temps a passé, mais chez nous le temps est immatériel.
Par mon engagement maç, je me suis fait une éthique, un principe de vie, de me rendre disponible pour servir une cause humaniste.
Ce n’est pas parce que j’ai joué le rôle d’Hiram que j’ai pu pénétrer l’esprit du rite. J’ai envie de ne pas subir passivement à posteriorile cérémoniel de l’accession à la Maîtrise, de pouvoir pénétrer les arcanes de l’apprentissage et d’en comprendre comme je le pourrai cet enseignement initiatique.
J’ai dit.