L’Age de la plénitude

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Non communiqué

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Comment connaître la plénitude ? Comment amadouer nos peurs et nos fantasmes, nous accepter et nous donner les moyens d’agir en connaissance de cause ? Et y arrive-t-on jamais ?



Lorsque j’ai entendu évoquer en loge pour la première fois « l’âge de la plénitude », cela signifiait pour moi un état de calme absolu, de sérénité épanouie, mais la plénitude n’est pas que cela.


En effet, la définition de ce mot m’a amenée à reconsidérer mes réflexions :



La première définition dit que, la plénitude est l’état de ce qui est complet dans son intégralité, qui est en pleine force, c’est l’abondance de quelque chose.


C’est aussi l’état de quelque chose parfois de quelqu’un qui est au maximum de ses caractéristiques, qui a toute son intensité, sa densité, sa richesse


Enfin, c’est l’état le plusélevé de quelque chose, c’est un sentiment de contentement absolu, c’est l’état d’une personne comblée qui ressent un bien être physique et moral


Les synonymes du mot plénitude sont ainsi nombreux, nous pourrions trouver : intégralité, totalité, abondance, épanouissement, maturité, opulence, profondeur, satiété, etc …


Ma première approche me faisait aborder ce thème uniquement comme quelque chose d’établi, de statique, une fin, un but atteint, alors qu’en travaillant sur le sujet et en partant de sa définition, je complétais mon travail sur la construction de soi, et s’en découlait assez naturellement la question « que faire de mon acquis » ?



En loge, le Franc-Maçon n’est plus dans le monde profane. Il a un nouveau nom : apprenti, compagnon, maître, maître secret. De même il a un nouvel âge. Cet âge le conforte dans un cheminement initiatique, jalonné par les différents grades.,



l’initié a 3 ans, ternaire universel, l’âge de l’apprentissage, de la tolérance


puis, il a 5 ans, image numérique du pentagramme, image de l’homme. Le 5 invite au rayonnement donc à l’action


et enfin, il a 7 ans et plus. Ce « plus » est fondamental car il confère la dynamique de la maîtrise. Il indique que la poursuite initiatique prend une accélération. Il n’est plus suffisant d’aller plus loin, il faut y aller mieux et plus efficacement.


Autant les 3 ans de l’apprenti et les 5 ans du compagnon peuvent sembler réducteurs, alors que « et plus » confère l’ouverture à la diversité chez les maîtres. L’avenir leur est ouvert et laisse présager une ascension quasi illimitée, l’âge n’est plus limité à un seul chiffre.



Au 4 ° degré, tout s’accélère de façon vertigineuse car le maître a 3 fois 27 ans.


Il n’est pas dit 81 ans mais 3 fois 27


Le 4° degré nous envoie dans l’espace.



Cette progression fantastique montre le degré de nos exigences par le symbolisme de l’âge.



Pouvions-nous imaginer que « 7 ans et plus » pouvait nous conduire à plus de 10 foisl’âge du maître ?


« trois fois 27 ans accomplis » pourrait exprimer l’âge du maître secret qui travaille avec la volonté d’acquérir une autre connaissance. Ce faisant, il s’accomplira lui-même.


Dans « accompli » on trouve le préfixe « ac » suivi de complies qui sont les dernières prières de la journée d’un moine, la dernière heure de l’office récité le soir après les vêpres.


« accomplis » introduirait donc l’idée qu’étant parvenu « à la fin du jour » les maîtres secrets se sont accomplis par leur travail auquel ils se sont donnés pleinement, justifiant ainsi l’âge auquel ils sont parvenus.


Accompli signifie sur lequel on ne peut plus revenir,


il peut signifier aussi parfait en tout point, entièrement réalisé.


« accompli » nous mènerait donc tout naturellement vers l’âge du 12 ° degré, l’âge de la plénitude car accomplissement implique achèvement, fin, perfection, réalisation, sagesse,plénitude…



La plénitude, la sérénité, l’accomplissement ne sont pas innés, mais s’acquièrent progressivement par des efforts individuels. Ils nécessitent une motivation certaine, un besoin de réussite et de recherche de paix intérieure, le maître secret n’est-il pas reçu sous les lauriers et les oliviers ? Expliquer paix int …



Cependant, la routine, l’influence de ceux qui nous entourent, une certaine paresse intellectuelle risquent de nous faire oublier qui nous sommes. Il nous est facile de vivre dans le confort d’habitudes tranquilles, excluant toute remise en question. Les idées toutes faites, les clichés nous enferment.


Comment retrouver la fraîcheur de nos premiers élans? l’enfant qui est en nous? La richesse unique de chacun ? La plénitude ?


Le travail symbolique est certes une clef pour nous aider à dépasser les apparences, pour retrouver notre profondeur, notre originalité, notre sensibilité, notre singularité, ce qui a été étouffé.
Le travail se fait presque à notre insu par une forme de maturation, d’incubation. C’est une action en profondeur qui agit sur notre inconscient, pas à pas, au rythme des grades passés, des décors, des « mises en scène », des acteurs … Tout est fait pour frapper l’imagination, tout est méticuleusement organisé,


Au 12° degré, le Maître Secret se retrouve devant la feuille blanche, il est devant son propre miroir puisqu’il va dessiner son propre plan, ou le plan de son propre temple. Il a l’âge de la plénitude. Son esprit est illimité et il travaille quand le génie se manifeste en lui. Il œuvre en liberté et est seul responsable de son œuvre.


Avec le 12° degré, commence la construction qui doit mener à la sagesse.


Le Maître Secret devenu Grand Maître Architecte peut atteindre la création issue de sa propre volonté, désir conscient et libre, il a l’âge de la plénitude, et chemine donc sur le chemin de la recherche de la vérité, de la liberté de la justice. L’ascension est lente, il gravit les marches et devient autonome. En se créant, il crée un monde harmonieux dans l’ouverture et la générosité, tout en gardant à l’esprit l’humilité des grades précédents. Il se construit grâce au dessin, à ses desseins, il veut construire un monde de liberté, d’amour, de respect…


La plénitude lui permet d’être en pleine possession de ses moyens, d’être plein de projets pour travailler sur soi, d’avoir acquis des qualités, des connaissances pour essayer de tendre vers la perfection.


Comme je le disais dans la définition du départ, la plénitude c’est l’état de ce qui est plein , c’est pour nous se maîtriser, se posséder, devenir pleinement soi-même.


Le grand archi se trouve donc en possession de l’intégralité de ses potentialités. À lui de continuer le travail pour parfaire sa construction.



la voie initiatique maçonnique nous offre un travail en profondeur , une transformation intime, elle met en œuvre un processus de construction intérieure, elle nous aide, comme le dit Paulo Coelho, à trouver notre légende personnelle, sur ce chemin le moins fréquenté qui est celui de soi à soi.


Laissons agir le génie qui parle en nous afin de développer les dispositions naturelles que nous portons , cultivons les afin de briser les cadres de la routine et de faire œuvre créatrice pour contribuer, un tant soit peu au progrès de l’humanité.



C A


Bibliographie


Irène Mainguy : la symbolique maçonnique du 3° millénaire

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