Le chemin du devoir conduit souvent à la vérité …
Non communiqué
Rite Ecossais Ancien et Accepté
Ordo ab Chao
Au nom et sous les auspices du Suprême Conseil de France
Trois Fois Puissant Maître et vous tous mes Frères Maîtres Secrets
En choisissant librement un jour de devenir FM, je savais que j’allais devoir cheminer sur la route des compagnons du devoir à la recherche des bâtisseurs de cathédrales, de ces bâtisseurs d’amour et artisans de paix. Ces hommes qui vivent en moi depuis toujours, me poussent à développer mon humanisme, (ou mon humanitude pour paraître plus moderne) élargir ma conscience. Savoir que la paix et l’amour sont les rumeurs, les murmures d’une source vivante vers la connaissance des valeurs humaines. Cela pourrait être une vérité vers laquelle me conduit le chemin du devoir sur lequel je me suis engagé.
La vérité, chacun possède la sienne ou les siennes, alors trouver le chemin qui y conduit n’est sans doute pas une tache aisée a laquelle il faut s’atteler !!!
Pour entreprendre la tâche de la connaissance de soi, je pense que le devoir fondamental qui revient à chaque être humain est de développer ses connaissances en regardant le monde ’’par ses propres moyens et non pas avec les yeux des autres’’.
Une des principales sources de conflit aujourd’hui est le fait qu’un grand nombre de personnes s’attachent aveuglément, sans faire preuve d’esprit critique, à des traditions, à des mouvements politiques ou à des opinions. Chaque être humain a une intelligence et la capacité de discerner la vérité du mensonge. Si on néglige de faire usage de sa raison et qu’on choisit plutôt d’accepter, sans poser de questions, certaines idées ou opinions, que ce soit parce qu’on admire ou qu’on craint ceux qui l’expriment, on manque de faire face à son devoir, au premier devoir moral de tout être humain. De plus en agissant ainsi, on risque de s’attacher à certaines opinions ou traditions et de faire preuve d’intolérance envers ceux qui ne les partagent pas. (La tolérance étant une des vertus que nous sommes censés pratiquer au quotidien)
Abdu I-Bahàa écrit à ce sujet’’La vérité qui est une, ne peut être divisée, et les différences qui paraissent exister parmi les hommes et leurs nations proviennent exclusivement de leur attachement aux préjugés’’. Si seulement les hommes cherchaient la vérité, ils se trouveraient unis.
Il a aussi écrit que ’’le fait de nous imaginer que nous avons raison et que les autres ont tort est le plus grand de tous les obstacles dans la voie de l’unité et de l’universalité; et l’unité est nécessaire sinous voulons parvenir à la vérité, car la vérité est une. S’engager sur ce chemin en toute liberté, c’est accepter de se heurter aulabyrinthe de la vie qui devrait conduire au Graal….voir passer la balustrade qui nous sépare encoredu Saint des Saints.
Pour conforter dans cette analyse, notre rituel nous dit : ’’Ne vous payez pas de mots, n’accordez à qui que ce soit une confiance aveugle, mais écoutez tous les hommes avec déférence et attention’’.
La vérité est un terme philosophique qui exprime la qualité de ce qui est vrai. La diversité des interprétations du mot a constitué dans le passé et jusqu ‘a maintenant bien des contre verses. Les réflexions des penseurs et philosophes au cours des siècles constituent autant d’écoles différentes…On donne quelques fois au mot vérité le sens de réalité. Mais il vaut mieux entendre par vérité un caractère de connaissance, de connaissance spiritualité. La vérité est l’affirmation de ce qui existe ou la négation de ce qui n’existe pas. Il faut éviter avec soin de personnifier la vérité, d’en faire une entité spéciale et objective. La vérité n’est pas une donnée toute faite, elle se fait, elle est le fruit de l’effort et de la recherche…encore faut-il emprunter le bon chemin. Augustin d’Hippone voit la vérité comme l’expérience ultime de la vie spirituelle. Il aborde le rapport de l’homme à la vérité a travers la question de l’enseignement, de sa compréhension. Pour lui il, n’y a pas de communication horizontale entre les hommes. Le dialogue ne se joue pas a deux mais a trois. Toute communication authentique es triangulaire : toi, moi et la vérité qui nous transcende tous les deux et dont toi et moi sommes les condisciples.
Devoir est d’abord un verbe qui signifie être tenu par une obligation morale, il s’agit d’une nécessité ou d’un déterminisme. Il peut y avoir devoir sans liberté, hésitation ou choix. Alors la contrainte supprimerait la liberté donc l’idée même du devoir. Le devoir est mouvement de consentement de ce qu’il y a de plus pur en nous, à ce qui est la plus authentiquement nous même, mouvement qui va des mobiles d’un acte à l’acte lui-même.
Le devoir désigne une exigence morale, un lien qui ne doit pas être d’ordre contraignant mais simplement de l’obligation.
Un lien entre une action à accomplir et une loi morale qui commandent absolument, indépendamment des jouissances de la vie. Le devoir c’est aussi l’obligation morale que l’on s’impose librement, et l’initié qui se construit, (puisqu’il est libre et de bonnes mœurs), apprend ce qu’il doit faire à travers la découverte des rituels, ce que tout être raisonnable doit faire pourrait être déjà une découverte de la vérité. Le devoir devrait être lié au désintéressement absolu, être le reflet de son propre engagement envers l’autre, son prochain!! L’idéal maçonnique n’est-il pas l’accomplissement du devoir porté jusqu’au sacrifice!C’est la grande loi de la FM, ‘’inflexible comme la fatalité, exigeant comme la nécessité, impératif comme la destinée’’ (cf. rituel)
Kant dans son fondement de la métaphysique des mœurs définit en première analyse le devoir comme étant la nécessité d’accomplir une action par respect pour la loi.. Cette définition me parait être la plus précise qui ait été donnée de la loi morale. On peut obéir à une loi morale de deux façons, soit par respect pour la loi sans chercher à comprendre ou soit dans un but bien déterminé que l’on cherche à atteindre.
La vérité devrait fonctionner en binaire, vrai ou faux à l’image de pavé mosaïque qui entre le noir et le blanc nous indique le chemin initiatique que tout FM a le devoir de suivre. Mais comme le montre Wright Mills les critères de l’erreur varient eux-mêmes selon les cadres sociaux. Le problème de la vérité se rapporte lui-même à une connaissance qui estjustifiable de la sociologie, aujourd’hui la question est posée? Que comprenons-nous à l’éducation, des dangers de la vie, de nos responsabilités de la mondialisation, de l’humanité. Sommes-nous en chemin, sur le chemin du devoir, dans un mouvement vers un autre avenir, emprunts d’amour et de sagesse? . J’ai à ce jour encore à comprendre et agir en conformité à mon idéal maçonnique.
La philosophie de Kant doit son principal succès à concilier un réalisme empirique et un idéalisme conforme au principe de perfection métaphysique traditionnelle. L’idéal de la raison est un postulat de la détermination complète, c’est-à-dire que toute chose existante devrait être complètement déterminée et ne laisserait aucune place à l’interprétation qui conduit fatalement à tout et son contraire.
La tendance à confondre la vérité avec une perfection finale se trouve dans le pragmatisme. Pierce a essayé de définir la vérité en terme de méthode scientifique. La vérité serait selon lui, ‘’la théorie idéale selon laquelle on s’en approche comme d’une limite’’. Cette méthode trop pragmatique ne laisse plus aucune place à l’homme, et à trop vouloir idéaliser, on finit par s’égarer de son chemin. Cependant je suis convaincu que la vérité absolue reste inaccessible à l’esprit humain, il s’en approche comme d’une limite comme l’exprime si bien Pierce, mais ne l‘atteint jamais. Kant nous dit qu’il ne faut pas entrer dans la confusion de l’idéalisme transcendantal et de la perfection ce qui tout naturellement devrait conduire à un esprit de tolérance. En effet, par exemple à l’image de Bossuet qui n’a pas déconseillé en 1685 l’abolition de L’Edit de Nantes, mais ne l’a jamais appliqué dans son diocèse de Meaux, n’a pas respecté la vérité, peut être en a-t-il fit son devoir ?..) or la véritémérite le respect, et la doctrine catholique (dans cet exemple) est la vérité, elle donc seul mérite le respect et ne devrait être que salvatrice. Ceci confère à Voltaire un délicieux parfum de mauvaise foi dans son plaidoyer en faveur de la tolérance. Il feint d’identifier la tolérance à l’indulgence ou la patience avec laquelle nous supportons les incommodités apportées à autrui.
L’avènement et la croissance de la maçonnerie au 18ème siècle offre-t-elle aussi cette idée de tolérance. JP. Bayard la rattache pour sa part tantôt aux nécessités du travail en équipe, tantôt à la quête de la vérité..
Pour conclure je vous citerai une strophe d’un texte plein d’espéranceet aussi de tristesse ou d’impuissance de Raymond Lévesque :
Il n’y aura plus de misère,
Alors commenceront les beaux jours
Mais nous serons morts mon frère