La Légende d’Hiram
P∴ S∴ D∴
Oserais-je, en préambule, confesser combien
il est exaltant (le choix de ce participe présent
n’est pas innocent…) de travailler un
tel sujet.
Dans sa vaste globalité ce sujet engendre plein de sous
sujets, lesquels, comme chacun le sais, ont été
traités à maintes reprises.
Qui est Hiram ? D’où vient-il ?
Qu’à-t-il fait ? Quelles sont ses
affinités avec le Roi Salomon ? Etc.
Si les Livres des Rois ont été rédigés d’après des sources écrites assez nombreuses, il n’en est pas de même pour les Livres des Chroniques qui l’on été beaucoup plus tard en s’appuyant surtout sur des traditions orales. – On constate qu’entre ces deux Livres, la légende hiramique se crée et se développe avec importance. – Selon la formule profane : « …ce sera rapporté et transformé… ». La transmission orale à amplifié le personnage d’Hiram.
Vu qu’aucune des versions de la Bible ne
mentionne le nom d’un quelconque architecte du temple de
Salomon et malgré de nombreux ouvrages tentant
d’étayer certaines hypothèses quant
à la véritable origine d’Hiram Abif,
j’ai envie de dire que c’est très bien
ainsi, autrement dit : « ainsi
soit-il ! » car, ce qui doit
nous préoccuper avant tout et qui donne un sens à
notre démarche, c’est l’acceptation pure
et simple du Héros maçonnique.
Peu importe l’exactitude ou la véracité
de l’origine du personnage. – Sa mort et ses
conséquences révélatrices, seules,
sont à considérer.
Si la légende d’Hiram est une allégorie qui délivre un message sur la vie et la mort, il ne s’agit pas là d’un vague aspect essentiellement moral, mais d’une réalité initiatique interférant sur notre DEVENIR.- L’allégorie ayant pour but de mettre sur la voie sans révéler véritablement, puisque les réponses restent à trouver ! – Celles-ci prendront mille formes selon les cas et les individus, et cela tout simplement parce qu’il existe mille état d’être ou mille niveaux de conscience. – Cette allégorie de la légende d’Hiram est pratiquement indissociable de celle du temple de Salomon en tant que but ultime de travail.
La partie la plus importante à mes yeux, et certes je ne suis pas le seul à le constater, c’est cette MORT d’Hiram qu’il faut appréhender comme le starter mobilisateur de notre statut de Maître. – Même si, pour nous jeunes FM, il est difficile de « maîtriser » intrinsèquement tous les facteurs symboliques, lesquels, sont les véritables détergents de notre être superficiel, reconnaissons qu’il est encore plus difficile d’imaginer notre situation sans la Mort d’Hiram et la renaissance du Maître.
A notre initiation, dans le cabinet de
réflexion, V.I.T.R I O L. nous « annonce
la couleur », mais bien entendu nous ne
sommes pas à même de comprendre, ni même
de survoler la véritable teneur de cette
abréviation…
Il faut retourner dans la terre pour revivre. Il faut mourir pour
renaître. – Tel le grain de blé
s’échappant de l’épi, va
tomber à terre, se transformer en
« putréfaction » et
revivre pour faire partie d’une nouvelle
récolte…
Hiram Abif doit mourir ! La materia prima ne pouvant reproduire qu’après putréfaction, le tombeau d’Hiram en est la représentation. – Dans la terre se trouve le plus inattendu des secrets, c’est le message que nous insuffle V.I.T.R.I.O.L. – Ce message conjugué avec la symbolique de Schibboleth nous informe que Hiram de retour dans la terre va subir l’incontournable putréfaction pour devenir « source de vie ».
Pour être ce que nous sommes, et tout au moins
ce que nous voulons devenir, il est indispensable que Hiram meure. –
Tout comme Moïse qui est mort avant que ses pieds foulent la
terre promise, Hiram doit mourir en laissant inachevée non
pas leur œuvre respective, mais l’ŒUVRE,
laissant ainsi aux générations qui nous
succèdent la possibilité de réaliser
leur propre destiné en poursuivant à leur tour
l’accomplissement de cette Œuvre. –
Mon œuvre importe bien moins que
l’ŒUVRE, ce grand œuvre alchimique, que
je dois accomplir, et dont la vérité
qu’elle renferme réside plus dans sa
pérennité que dans son achèvement.
Ainsi que nous le rapporte la
« geste » des héros
mythiques, Osiris, Orphée, Krishna, Dionysos, Christ,
Mithra…, Hiram mène le même combat,
combat de la lumière contre les
ténèbres, du bien contre le mal. – Victoire
provisoire du mal suivie de la victoire définitive du bien.
Cette mort va nous permettre de renaître, nous Maître FM. – Mais évidemment pas d’un coup de baguette ou de formule magique ; il nous faut appréhender le processus qui va nous conduire à cette renaissance, et là encore, tout au long de ce processus que l’on peut qualifier de rituel il nous faut être attentif quant à sa teneur symbolique car celle-ci fait partie intégrante de la mort d’Hiram, et donc de la nôtre.
Hiram est assassiné par trois compagnons ambitieux et pressés de bénéficier des prérogatives du titre de Compagnon accompli. Ces actes crapuleux sont commis près des portes du Midi, de l’Occident et de l’Orient du Temple que le Roi Salomon fait construire.
Considérant qu’une porte est une
ouverture dans l’enceinte, et qu’elle sert pour
entrer et sortir, on peut admettre qu’à chaque oui
son non, à chaque pavé blanc son pavé
noir, à chaque qualité son défaut,
pour chaque outil une arme, à chaque lumière de
la Loge son mauvais compagnon…
Si nous inversons les propositions : à chaque non
son oui, à chaque pavé noir son pavé
blanc, à chaque défaut sa qualité,
chaque arme transformée en outil, chaque mauvais compagnon
devenant lumière de la Loge.
Sans être plus exhaustif eu égard à ce symbolisme des contraires, je dois confesser que ce schéma a prit une place énorme dans mon comportement tant profane que maçonnique. Si du subjectif je passe progressivement à l’objectif c’est qu’effectivement je prends à présent le temps de me retourner et de regarder les « contraires » en face, non pour les affronter mais pour consolider le fait que je ne détiens pas la vérité mais que je ne dois rien négliger pour parvenir sur le chemin de celle-ci.
Le chemin maçonnique est progressif et régulier, sérieux et transparent, réaliste et transcendant. Encore faut-il pour qu’il soit efficace, bien en comprendre le principe et surtout le mettre effectivement en application. – En parler seulement ne transforme personne, même si on en parle bien, et je crois qu’à cet effet si nous avons toujours à l’esprit, non pas l’histoire de la légende d’Hiram mais ce qu’elle nous apporte dans sa résultante, nous possédons là un outil merveilleux qui peut nous emmener à la maîtrise de soi restant entendu que pour acquérir la maîtrise de soi il faut passer par la connaissance de soi.
Fait, Conte, Légende Mythe ?
Bien que ces mots n’aient pas la même profondeur de
sens, j’ai envie de dire pour conclure :
« Tout conte fait, ne fait pas
forcément le compte de celui qui l’ouït,
quant au légendes elles ont une
nécessité qui leur interdit
d’être autres que ce qu’elles
sont ! Les légendes ne sont elles pas des histoires
qui sont faites pour être lues, et vraies ou fausses
c’est en fonction d’elles que nous avons
à vivre et à nous déterminer. »
Puisse nos Assemblées, affermir tous nos liens
Et que la Fraternité, soit toujours le maintien
Le ciment et la Gloire, de notre Confrérie
Très Vénérable Maître… J’ai dit.