L’acacia m’est connu

Auteur:

H∴ J∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

Trois Fois Puissant Maître,
Très Chères Sœurs,
Très Chers Frères Maîtres Secrets, 

A la question « êtes-vous Maître ? » le catéchisme du grade de Maître Maçon fait la réponse suivante :
Pourquoi l’acacia ?
– Que signifie cette réponse ?
– Quel enseignement ésotérique pouvons-nous en retirer ?

Pourquoi l’acacia ?

Dans le dictionnaire des symboles il est écrit que l’acacia représente l’initiation et la connaissance des choses cachées.

Dans ce même ouvrage on apprend que L’acacia était jadis un symbole de régénération spirituelle dans l’Egypte antique où sur les monuments figuraient un sarcophage d’où sortait un acacia et la devise : Osiris s’élance, signifiant la vie sort de la mort – c’est à dire la renaissance.

Pour Oswald Wirth dans « Le symbolisme occulte de la franc-maçonnerie ».
L’acacia affectionne les tombes abandonnées. Son fin feuillage frissonnant semble y manifester la vie du défunt.

Le rituel du 3ème degré de la Grande Loge de Tradition fait dire au Très Respectable après avoir relevé le cadavre du vénéré Maître Hiram-Abi lors de la réception du nouveau Maître…l’acacia nous reste et sera pour nous la marque essentielle de reconnaissance des Maîtres.

Que signifie cette réponse ?

Toujours dans le rituel du grade de Maître il est dit, …Les prêtres de l’antique Egypte, dans certaines processions, portaient une Arche sainte, d’où sortait un acacia. Et sur les flancs de cette arche on pouvait lire cette inscription : Osiris s’élance de nouveau.

C’était donc la représentation de l’éternelle vie, symbolisée par la graine, mourant en terre pour mieux renaître, et portant en elle toute la gloire et toute la puissance de l’arbre futur.

Jean-Pierre Bayard pour sa part dans le 1er tome de son « Symbolisme maçonnique traditionnel » dit que l’acacia sur la tombe d’Hiram, représente un poteau, un mât, un totem. Il est sans doute la demeure de Dieu et nous parvenons ainsi au symbolisme de l’arbre dont la force s’assimile à celle de Dieu.

L’arbre axe vertical, axe de la manifestation, en traversant la terre harmonise les éléments. Il établit une liaison entre la vie terrestre et la vie cosmique.

Wirth dans son explication de la signification de ce symbole ajoute que…si les générations disparues ne nous laissaient que le calcaire d’ossements réduits en poudre ou la pierre inerte de sépulcres muets, comment le passé pourrait-il revivre à notre profit ?

La branche verte qui fait découvrir le cadavre d’Hiram symbolise les survivances vitales d’un passé matériellement disparu. Rien ne s’oublie d’une manière absolue et nous pouvons retrouver la Parole perdue en accomplissant les rites évocatoires.

Osons une explication plus personnelle :

Entré en maçonnerie en quête d’une plus grande compréhension de soi L’apprenti sera successivement invité à intérioriser et à mieux séparer le bon grain de l’ivraie, à mieux appréhender l’essentiel en négligeant l’accessoire ; à déchiffrer la dualité du monde et finalement à tenter de progresser sur le sentier de la vérité entre les cases de l’apparence et celles des préjugés de toutes sortes.

Après avoir gravi l’escalier à cinq marches et vu l’étoile flamboyante, l’apprenti compagnon recevra la mission sacrée d’explorer l’univers en tant que régent afin de retrouver la pierre des sages.

Et cette recherche, cette quête progressivement et sincèrement menée conduira au centre du Moi ; c’est-à-dire à l’origine du monde, de l’univers et finalement à la fin (provisoire) du (d’un) monde.

Par l’exaltation à la maîtrise le Maître passé de vie à trépas aura bouclé la boucle.

Jadis entré en maçonnerie par trois pas (le trépas) il aura longuement écouté, sans savoir ni lire, ni écrire puis médité et expérimenté le monde dans sa globalité et sa diversité avec la fougue qui sied à la jeunesse avant de vivre lui-même la mort d’Hiram.

Par le vécu de la mort d’Hiram et de sa résurrection symbolisée par la branche d’acacia, le F devient véritablement et pleinement un initié.

Ainsi en ayant gravi les trois degrés de la maçonnerie dite bleue ou symbolique, l’aspirant de lumière aura gagné sa place parmi les Maîtres, par le meurtre rituel. Ici le meurtre d’Hiram rejoint les mythes primordiaux ainsi que tous les meurtres psychologiques nécessaires à la maturation de la personnalité humaine.

Cet initié, par sa mort, retrouve en lui-même et par son vécu plus qu’une simple légende ou que l’acquisition d’un simple grade de plus, il vit l’histoire complète de l’univers et de ses métamorphoses.

Tant il est vrai que l’histoire de l’humanité toute entière, de chaque homme et de chaque femme coïncide avec celle de l’univers selon le principe de correspondance qui établit que ce qui est en bas est analogue à ce qui est en haut et inversement.

Cette simple branche qui vit sur le tombeau témoigne que tout n’est pas mort et que l’initié s’est métamorphosé rendu en terre. C’est là un merveilleux mystère, le mystère dont parlent en d’autres mots toutes les religions et toutes les quêtes, et qui fait de l’initié un être nouveau, un fragment de l’univers ; un microcosme du macrocosme.

Cet être là était né de la chair, il est mort au monde et il vient de renaître à l’esprit.

Ce n’est vraiment plus le même individu. Il était commun, banal, singulier et sans d’autre originalité que d’être une partie imparfaite et grossière du tout. Il est devenu un initié.

Quel peut-être dès lors l’ésotérique enseignement que nous pouvons en tirer, quand nous osons dire l’acacia m’est connu.

Il convient de se rapprocher du Livre des morts égyptien, au moment où le cour du mort est déposé dans la balance – Devant les quarante-deux dieux armés de couteaux, devant Thot et devant Anubis, le défunt se frappe la poitrine et se repent de ses fautes. Si le défunt est absous, c’est-à-dire si la balance du jugement penche du bon côté, Thot se tourne vers Osiris et dit « le cour du mort a été pesé dans la balance. Son cour est juste, car il n’est pas plus lourd qu’une plume ».

Alors, mais alors seulement, le mort devient un « juste », un « vrai de parole » et devient semblable à Osiris.
Comme le candidat introduit à reculons, le dos face au debhir, dans la salle de vérité entré en Epervier, il sortira en Phénix.

Initié au mystère suprême dont parlent toutes les religions, toutes les quêtes, Les secrets de l’univers, ceux de la vie et ceux de la mort, lui sont désormais connus, il ouvrera désormais en toute lucidité pour le bien de tous.

Citons encore quelques passages du Livre des Morts :
« Il (l’initié) s’approchera des lumineux… Tout ce que les vivants inquiets cherchent à savoir avant que ne s’ouvrent devant eux les portes de l’invisible, il l’apprendra. »

« Il contemplera enfin la vibration originelle qui a donné naissance à l’univers et qui gît maintenant dans l’œuf de Thot… Ce sera un lumineux enveloppé d’intelligence ».

Autrement dit, l’initié tient désormais sa mort à distance, il a acquis L’immortalité de l’esprit et l’acacia lui en est témoin.

J’ai dit.

Bibliographie utilisée :
Le dictionnaire des symboles de Nadia JULIEN aux éditions MARABOUT.
Les rituels secrets d’initiation – DE VECCHI POCHE
Franc-Maçonnerie d’autrefois de Robert AMBELAIN – éditions ROBERT LAFFONT

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