A014-M : Quels sont les symboles du grade de Maître et comment les interprétez-vous ?
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Le compagnon, au début de la cérémonie d’initiation, lorsqu’il accède à L’E’HAL et après que le F E l’ai fait se retourner, découvre des symboles dont certains évoquent ceux dont il a eu connaissance au grade d’Apprentis et au grade de Compagnons, mais dont l’interprétation symbolique au grade de Maître lui est encore inconnue.
Lors de l’élévation de Compagnon au grade de Maître le fait initiateur est la légende d’Hiram, avec les moments très fort que sont la mort et la renaissance symbolique d’Hiram.
Déjà, en remontant dans le temps, chez les peuples primitifs, existait des rituels d’initiations ou les individus vivaient une mort symbolique lors de périodes charnières de la vie notamment au moment de la puberté pour renaître en étant un autre individu.
Dans notre civilisation judéo-chrétienne, la prise de voile des religieuses et la consécration des moines, implique aussi la mort figurée. Jésus est mort symboliquement sur la croix pour racheter les péchés des hommes et mener sur la voie.
La légende d’Hiram est vraisemblablement une mise en forme réfléchie d’inspiration chrétienne, démarquant la symbolique de la transmutation.
Hiram est le chef, l’architecte qui sait, qui ordonne, qui dirige les travaux de la construction du temple devant abriter l’Arche d’alliance, à la demande du roi Salomon.
Hiram est sans doute capable de couvrir de « son aile » ce que l’on nomme la raison collective, la raison universelle, la volonté de l’espèce dont il constituerait la figure représentative.
Il est le symbole du savant, le symbole du sage, le symbole du maître. Mais aussi de l’humanité en marche vers la lumière et qui se trouve arrêté par l’ignorance, le fanatisme et l’ambition déréglée.
En l’assassinant, les trois mauvais compagnons, affranchissent Hiram l’initié du plan matériel, du plan psychique et du plan moral, ces trois plans étant ceux du monde profane.
Mais dans quels objectifs souhaitaient-il accéder au grade de Maître et obtenir le mot sacré ?
Refusent-ils de construire selon l’ordre imposé par Hiram, et n’acceptent –ils pas le rythme imposé par celui-ci à ses auxiliaires dans l’accession aux responsabilités ?
Est-ce le désir du mieux, du plus, du plus grand, du plus haut qui les poussent à agresser Hiram ?
Ou alors croient-ils accéder au pouvoir et à la science ; sans doute plus sûrement, à l’autorité et aux honneurs ? ce qui peut-être interprété plus précisément comme le rapport de la succession dynastique.
Les compagnons qui attentent à la vie d’Hiram, ne deviennent pas des maîtres mais des individus errants en ayant fait le choix de la violence comme moyens de régler les oppositions, ou les différents.
Ils frappent l’Architecte, le Maître avec la règle, le compas, le maillet, à la gorge, au sein gauche et au front. C’est la mort physique, la mort sentimentale, la mort spirituelle, qui sont données.
Hiram est tué par des forces mauvaises ; mais dans une autre configuration, n’est-ce pas le dualisme du bien et du mal, de Dieu et du diable qui coexistent… ?
Après sa disparition, les maîtres parti à la recherche d’Hiram, retrouve son tombeau grâce à la branche d’acacia planté dessus. La symbolique des fleurs fait de l’acacia l’emblème de la sécurité c’est à dire de la certitude.
Cet arbre a aussi la réputation d’être imputrescible, fleurissant en hiver, n’annonce-t-il pas le renouveau de la terre ?
La mort symbolique d’Hiram annonce non pas une destruction complète de l’être, mais un renouvellement, une métamorphose.
Le rituel comprend trois étapes dans les efforts fait par les trois maîtres pour parvenir à relever Hiram dont le corps est en putréfaction et obtenir sa résurrection. S’il fallait en définir l’esprit, nous pourrions faire mieux que de dire qu’ils symbolisent successivement, la discipline, la persévérance et l’union.
Le premier maître prononçant le mot sacré des apprentis ne nous rappelle-t-il pas que l’apprentissage nous initiait au sens de l’action et en même temps nous apprenait la discipline ?
Le deuxième maître en
prononçant celui de Compagnon, ne nous rappelle-t-il pas que
celui-ci a progressé dans sont art en découvrant
les secrets de la méthode qui permet aux ouvriers de
réaliser du grand œuvre et qui implique de la
persévérance ?
C’est alors qu’intervient l’union sans
lequel rien n’est possible, l’union, que le
maître seul peut réaliser en rassemblant et en
coordonnant ce qui est épars au profit d’une
œuvre commune et qu’il réalise au dessus
des hommes en appliquant aux efforts divergeant, « les
cinq points parfait de la Maîtrise »,
qui ressuscitent « Hiram » et
font survivre l’Homme à l’individu.
Hiram ressuscite symboliquement sur le plan divin ; il est alors véritablement maître.
Lors de son élévation au troisième degré, l’impétrant, étendue dans le cercueil après sa mort symbolique, est relevé progressivement par les cinq points parfais de la maîtrise.
Il renaît entre la Règle, symbole de la nécessité organique, de la loi de la vie, de la loi morale et du levier qui donne qui lui donne l’impulsion et la force nécessaire à l’action ; un élan en quelque sorte ?
Il passe du plan horizontal à un axe vertical en parcourant un trajet qui ne peut-être qu’une courbe.
Il passe alors de l’équerre qui renvoie au carré, symbolise un monde matériel « imparfait », au compas qui appelle le cercle « parfait », l’univers de l’esprit, l’Idée.
L’équerre qui indique l’horizontale et la verticale, symbolise l’espace mais aussi la rectitude ; allongée, elle représente le dynamisme. Symétrique, elle peut signifier l’équilibre résultant de l’union des contraires. L’équerre rectifie. Elle symbolise aussi la matière.
Elle sert à mesurer la terre et à dessiner le carré l’un des quatre symboles le plus universel avec la croix, le centre et le cercle.
Le carré est l’emblème du monde créé et de la nature par opposition à l’incréé et au créateur. Il résume le symbolisme du nombre 4, l’ordre de l’univers, et la nécessaire opposition des contraires.
Il est une figure anti-dynamique ancré sur ses quatre côtés, il symbolise l’arrêt ou l’instant prélevé. Le carré implique une idée de stagnation, de solidification, voire de stabilisation dans la perfection.
Il impose une structure au chaos et apporte l’ordre dans le monde.
Le compas qui permet dessiner le cercle symbole du ciel et du temps, il symbolise aussi le dynamisme du constructeur et le cycle de l’existence car il tourne pour revenir à son point de départ. Combiné au carré, il évoque le mouvement, le changement.
Dans les icônes chrétiennes, le cercle représente l’éternité ; il représente aussi l’univers.
Le cercle apparaît de bonne heure dans l’histoire humaine, notamment dans la mythologie égyptienne.
Le cercle et son centre, un point, le « centre du monde », le lieu de focalisation qui unifie toutes les parties et les rend égalitaires ; depuis lequel est perçue la globalité. Le rond, la sphère, la graine, symbolisent l’unité, l’éternité.
Dans toutes les traditions le « milieu » est le centre idéal. Accéder à la « Chambre du Milieu », c’est accéder au centre de la roue, à l’axe immobile. C’est échapper au monde profane ; mais c’est aussi maintenir l’agitation et l’empêcher de s’écarter du point fixe.
Le cercle qui n’a ni commencement, ni fin, est la figure symbolique du UN.
UN le Tout contenant en Soi toutes les possibilités d’accomplissement de l’homme, le vocable de Grand Architecte De l’Univers qui exprime la transcendance vis à vis de tout ce qui est susceptible d’être créé. L’homme apparemment en dehors de lui, ne cesse de demeurer en lui, sinon le Grand Architecte De l’Univers ne serait plus Un le Tout.
« Sans le UN, la terre n’aurait pas sa tranquillité, ni le ciel sa sérénité. » (Lao Tseu)
Tel est l’enjeu du troisième grade, lorsque apparaît le symbolisme du compas et que l’homme va pouvoir s’élever au dessus de la surface de la terre.
La maîtrise du compas pour édifier l’œuvre est donc nécessaire, car le temple que l’on bâti n’est pas un assemblage de pierres, mais il est la reconstruction de notre être intérieur en harmonie avec l’univers ; tâche autrement plus complexe et plus subtile.
Le compas permet de tracer toutes les figures géométriques sans l’aide d’autre instrument, ce qui symbolise les possibilités illimitées de recherches du maçon.
La planche à tracer, présente sur le tableau de loge, ne symbolise t’elle pas la possibilité pour le Maître, de tracer des plans pour concevoir l’œuvre.
En effet pour celui-ci, la maçonnerie n’est pas celle du chantier, mais devient celle de l’œuvre, l’ouvrier est devenu architecte.
Sur le tableau de loge et sur l’autel des serments, la position du Compas sur l’équerre symbolise la maîtrise de l’Esprit sur la matière.
L’union du Compas et de l’Equerre est réalisée par le volume de la loi Sacrée qui transcende ceux-ci en les unissant de façon indissociable au même titre que la terre et le ciel, l’esprit et la matière.
Si seul le Volume de la Loi Sacrée permet de sacraliser la loge, l’Equerre et le Compas, sont les outils nécessaires aux hommes pour marcher dans les voies de la sagesse.
Hiram renaît symboliquement dans les générations qui lui succèdent et dans l’imaginaire comme le Christ. Mais après la résurrection, la difficulté fut la reprise du chantier par les Maîtres.
Il a choisi de respecter la loi morale plutôt que de préserver l’œuvre, lors de son agression par les trois compagnons.
La décision d’Hiram, ne signifie-t-elle pas que le sens de la vie, la dignité humaine, résident dans la possibilité de dire non face aux forces du mal, quel que soit le prix à payer ?
N’y a-t-il pas alors une sorte de transposition : le passage de la valeur suprême, de la volonté de Dieu à la volonté de l’Homme ?
En effet la légende d’Hiram ouvre alors la voie à l’invention par l’Homme de son propre destin, ce qui est le placer au rang de Dieu.
Il devient Dieu dans la mesure ou la connaissance lui donne pouvoir ; mais encore faut-il qu’il cesse d’être attaché à sa condition matérielle, qu’il soit capable à la fois de percevoir ce monde et de situer sa vision hors du monde.
Toutefois, après la mort symbolique d’Hiram, le mot sacré, la connaissance, les clés des arcanes de l’harmonie sont perdues.
Nous devons nous mettre à la recherche de la parole perdue et rassembler ce qui est épart pour un jour les retrouver sous les mots amour et vérité, dans le tréfonds de nos consciences, dans la chambre du milieu pour continuer l’oeuvre.
L’initiation au grade de Maître ne doit pas être la transmission d’une vertu, mais celle d’une connaissance ; les valeurs qui sont au-dessus de la vie d’un Homme, celles de la communauté légitime, et qui conditionne sa propre existence.
Pour pouvoir répandre la lumière, encore faut-il commencer par la posséder et pour cela, l’avoir « reçu symboliquement » n’est pas suffisant. Il faut l’avoir découverte, comprise et intégrée en nous et savoir déceler la lumière dans les ténèbres et les ténèbres dans la lumière.
Le premier de nos devoirs, ne consiste-t-il pas à mettre nos actes en harmonie avec nos discours, et comment y arriverions nous, si au lieu d’être comme il convient, l’expression vivante de notre état d’âme, de nos pensées profondes, de nos-idées forces, notre éloquence se bornait à démontrer l’excellence de notre mémoire et la richesse de notre vocabulaire.
C’est l’affaire d’une vie de passer de la loi qui nous tient à la loi qui nous fonde. En refusant la première, celle qui nous tient, et nous limite, il peut se faire que nous ne rencontrions jamais la seconde. Le plus terrible de notre condition, c’est qu’il n’y pas, le plus souvent, à choisir entre deux lois bien distinctes, mais mêlées, et à extraire la seconde de la première.