Comment lier les notions de liberté et de devoir ?

Auteur:

M∴ B∴ P∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

La Franc-Maçonnerie ordre initiatique nous conduit en tant qu’Initiés vers une des réflexions qui engage ma recherche sur le chemin de la liberté et du Devoir.

La liberté à la fois valeur morale innée de notre origine Divine et Sacrée, sera la formulation inconsciente de la libre expression de ma volonté, sujet consubtantielle (1) à la demande Maçonnique de l’accomplissement du Devoir.

Je suis l’adepte qui tente de se libérer des effets pervers de ses passions grossières à qui on a confié la clé qui ouvrira la porte de son cœur afin d’accéder à l’idée de conscience. Ainsi la liberté de mon être ne peut s’obtenir que part la communion de ma lumière intérieure et éternelle avec la grande Lumière primordiale et universelle.

Responsable de moi-même et de mes actes afin d’assumer la tache qui m’est confiée, je dois travailler, tracer le chemin qui mène à cette liberté, combattre les trois Mauvais Compagnons, me sacrifier pour que la vérité éclaire mes pensées créatives qui traceront la voie qui mène au devoir.

Le REAA est le chemin qui ouvre la route en donnant à l’adepte fidèle et obeissant une conscience suffisamment éveillée pour intégrer le contenu d’un enseignement spirituel universel qui progressivement l’affranchira des dualités, préjugés et autres conditionnements vulgaires.

C’est cette connaissance régénératrice de la vraie lumière qui garde créative ma pensée en m’aidant à reconnaître mon devoir afin de le faire avec détermination. Ce qui rendra manifeste l’autonomie de ma volonté sachant qu’il est plus facile de le faire que de le connaître.

Ainsi la raison, les buts, les actes, imposent à l’Initiée des contraintes aussi irrésistibles que celles des besoins instinctifs.

Ma liberté alors n’est plus qu’illusion car être libre ne signifie pas faire ce que l’on veut ; celà signifie au contraire que la cherchante devra s’acharner à combattre ses dualités, à l’association négative ou positive entre autorité morale et liberté afin de prendre conscience de son action et de son accomplissement.

Je ne peux prétendre à être vraimant libre en toutes mes actions, cependant en chacun de nous habite une entité plus profonde qui est une énergie du désir issue de l’harmonie originelle que l’on doit s’éfforcer d’éprouver et qui engendre la vraie liberté, celle d’avant la création celle du Grand Architecte de l’Univers.Elle sera la conquête d’une autre nature qui se découvre lorsque j’aurai accepté par le combat et le sacrifice la Paix du Laurier et de l’Olivier.

C’est cette démarche spirituelle, la connaissance universelle qui ouvre la conscience « des Hautes sphères de la spiritualité » éclairant les principes fondamentaux du Devoir et de la liberté.

Ainsi la Franc-Maçonne devra travailler à l’amèlioration de sa condition initiatique en se transcendant, s’ouvrant ainsi l’esprit à une plus haute dimension de son être lui permettant d’espérer pénétrer le Saint des Saints par intuition spontannée.

Elle serait alors placée devant la providence Divine qu’elle devra comprendre comme une promesse spirituelle de liberté, condition première de l’idée de Devoir.

Je ne serai libre que lorsque j’aurai compris accepté et accompli l’oeuvre. Il n’empêche que ma liberté est affirmée par la réalisation de l’idéal qui est l’accomplissement du Devoir. En ce qui concerne le Devoir il est abordé dés notre entrée dans le cabinet de reflexion où il nous est demandé dans la rédaction de notre testament philosophique : Quels sont les devoirs d’une femme envers elle-même envers sa patrie envers l’humanité… ?

Mais le maître secret a le voile sur les yeux gardé par l’Equerre il errera dans les nimbes de son purgatoire car il est privé de tout, il doit malgré cela œuvrer en séparant le bon vin de l’ivraie pour donner un sens à sa vie.

On ne naît pas initiée on le devient à travers un travail incessant et au devoir que l’on doit à Dieu et aux hommes.

Mon devoir est ma quête de lumière connaître son devoir c’est aussi se connaître soi même en se construisant sans relâche car je suis la clé de ma réussite.

Mais le principe du devoir pur élimine la liberté, par ce qu’il renie le facteur individuel et exige sa soumission à l’ideal.

Qui est au 2ème degré : « Gloire au travail ».

Au 3ème degré : Maître Hiram se sacrifie victime des 3 mauvais compagnons. Ces deux adages évoquant par sublimation une voie possible vers la vraie lumière.

Au 4ème degré ce sont les sentences de mise en garde génératrices d’actions et un serment qui engage mon intimité envers la conviction que le devoir est essence de liberté ce qui doit nous pousser à devenir ce que nous sommes par la réflexion et l’introspection et le vrai de soi.

Mais c’est dans la réciprocité voir l’antagonisme que se construit la compréhension du devoir et par exigence l’espoir illusoire du concept de liberté.

Goethe nous dit : « Essaie de faire ton devoir et tu sauras aussitôt à quoi tu es bon. Mais qu’est-ce que ton devoir ? L’exigence du jour présent » de même.

Homère dans son odyssée met en évidence l’Amour d’Ulysse envers sa famille et la parole donnée, le respect de son serment de roi d’Itaque à travers de multiples épreuves providentielles qui en font l’instrument du Devoir et de la liberté, du sacrifice dans le respect de son serment.

Ces trois notions besoin vital de l’âme humaine supposent le consentement de la conscience et du libre arbitre pour les réaliser envers nous mêmes.

De se fait je ne me dissocie pas du Devoir qui s’impose à moi, non pas comme une contrainte extérieure génant mon intimité mais comme une loi intérieure enrichissant ma propre nature.

Ainsi je peux lier les notions de Liberté et de Devoir puisque :

Pour la Franc-maçonne la liberté ne se conçoit pas sans la responsabilité de ses actions. Elle ne se dissocie pas du devoir qui s’impose à elle, mais ne le perçois pas comme une contrainte extérieure produite par l’exercice même de la liberté. En faisant sont devoir la Franc-maçonne rend manifeste l’autonomie de sa volonté. Ce n’est là qu’un paradoxe en apparence car l’Initiation bien assimilé dissout la dualité de liberté et Devoir.

Contenant le bouillonnement de mon ambition j’aspire à faire mon devoir en toute liberté en tentant de me mettre en accord avec la loi universelle, conscience du GADLU ;

Je pourrai alors faire honneur à mon serment faire mon devoir tant envers mes soeurs que de la Franc-maçonnerie que vis à vis de l’humanité.

Il y a toujours des conflits en moi mais la recherche consentie vers la lumière avec ses devoirs et ses contraintes acceptées librement me donnent donc sans orgueil une force heureuse.

Ce n’est qu’une utopie car le combat continue contre l’Ignorance l’Ambition le Fanatisme ; mais cette action doit être conduite parce qu’elle est juste et bonne en elle même et qu’elle s’impose à la femme libre et raisonnable, fidèle et obéissant à son serment d’allégeance, soucieuse de se conformer en toute liberté à la loi morale dont je me suis dotée.

Le blanc et le noir de mon tablier comme celui du pavé mosaïque, le bien le mal, le droit et le devoir, la lumière et l’ombre, reflexions quotidiennes qui m’accompagnent. Ces deux couleurs me rapellent que la mort est parfois la conséquence du sacrifice et le blanc celle de la pureté du cœur.

J’analyse sans cesse ces dualités bienfaisantes qui me construisent encore et toujours. L’espoir de la victoire et de la paix me remplie d’énergie et nourrit ma volonté d’accomplir ma quête en toute liberté.

Conclusion :

Le 4ème degrè est par essence celui de la fidélité et de l’obeissance à la loi pour connaître et accomplir dans l’espoir de progresser vers la liberté. L’énergie de mon esprit nourrit ma volonté d’avancer dans la voie de cette connaissance avec pour guide mon œil intérieur et ma clé d’Ivoire, l’intuition me portant vers un univers transcendant (2) ouvrant devant moi la route libre du Devoir.

Alors femme libre j’accomplirai en paix avec moi même et en toute quiétude mon devoir avec courage et fidélité, loyauté et obeissance dans le secret de mon cœur. Agissant sur la noblesse du cœur fondée sur le respect de soi même de mes engagements et de la parole donnée, qui s’exprime par le dégout de la tromperie, l’horreur du mensonge de l’orgeuil et de la lacheté.

L’enseignement que j’ai reçu dans ce degré m’exorte à me dépasser afin de pénétrer « les Hautes sphéres de la connaissance » pour que celui-ci devienne une seconde nature  envers le devoir et la liberté.

J’ai dit

Note :
(1) Comprendre en tant que substance.
(2) Transcendant : qui est d’une autre nature ; qui me porte et me dépasse, qui m’est supérieure.
Bibliographie :
Rituel du 4ème degré.
Petit traîté de vie intérieure, Frédéric Lenoir.
La critique de la raison pure, Kant.
La philosophie de la Liberté, Rudolf Steiner.
Le Maître secret ou l’œuvre du Z, Guy et Renate Jamet.
La Maîtrise Parfaite. Jean-Claude Mondet.
Savoir et connaissance, Pierre Vajda.
Le Maître Secret, Christian Guigne.
La Bible de Jérusalem, Desclee de Brouwer.
Points de vue Initiatiques, Diverses publications.
Ordo Ab Chao. Diverses publications.
33 Degrès du REEA, Jean Pierre Bayard.
Virgile, L’iliade et l’Odyssée.

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