La Lumière du 1er au 4ème degré du REAA

Auteur:

J∴ C∴ L∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
NP
A la gloire du Grand Architecte de L’univers
Ordo ab Chao
Deus Meumque Jus
Suprême Conseil Uni
Au nom et sous la juridiction
Des Souverains Grands Inspecteurs Généraux

La Lumière du 1er au 4ème Degré du Rite Écossais Ancien et Accepté, ou, comment La Lumière, symbole omniprésent dans notre parcours Maçonnique, et qui parait si important pour notre progression spirituelle, va, grâce à la qualité de sa Transmission permettre que le Maître se crée.

Et tout d’abord La Lumière symbole

Que la Lumière soit et la Lumière fut ! C’est par ces mots ou à peu près selon la traduction que débute la Genèse juste après la création du ciel et de la terre. Toutefois sa création ex nihilo n’intervient qu’après le constat par le Créateur du Tohu Bohu ambiant, et donc, elle semblerait entrer dans le plan de mise en ordre du chao : Ordo Ab Chao.

L’Homme semble avoir très vite compris que sa vie dépendait de la Lumière, naturelle (Soleil) et plus tard mécanique, les Feux qui dés lors symbolisèrent La Lumière. Les différentes Traditions ont ainsi vénéré, voir divinisé La Lumière.

Pour l’ancienne Perse, par exemple, La Lumière est d’inspiration divine, et il me semble que c’est bien cela qui nous intéresse. Cette Tradition parle du « flamboiement de la Lumière Primordiale, la Pure Lumière, la Lumière des Lumière, soit le Principe Créateur ».

Cela ne vous rappelle t’il pas cette Lumière incréé ? Cet Aïn Soph de l’Arbre des Sephiroth dont parle la Kabbale, dont tout émanerait et ou tout retournerait, que chacun porterait en lui, flamme vacillante qu’il lui appartiendrait de raviver et de transformer afin que tous la voient en lui.

Relevons ici deux points qui paraissent important. Tout d’abord que Lumière nom féminin vient du latin « lumen » qui se rapproche de notre mot l’humain ce qui peu mener à une réflexion intéressante, dans le sens ou la Lumière et l’Homme se confondraient.

Et, d’autre part l’utilisation des nombreux et divers supports de la Lumière qui est faites dans nos Rituel, comme pour souligner l’universalité de la Lumière en tout. Soleil, Lune, Delta Rayonnant, Epée et Etoile Flamboyantes, radieux etc.

Cela pourrait expliquer en partie les termes qui qualifient les M M comme « les vrais enfants de la Lumière ».

Enfin le terme de Lumière, dans le langage courant, est irrémédiablement associé, tout d’abord aux notions de hauteur et de brillance, de vision. Ne dit on pas d’un Homme qui est au dessus des autres par son intelligence, qu’il est brillant, que c’est une Lumière, un visionnaire.

Puis paradoxalement à la perte d’un sens physique, la vue, être aveuglé par l’éclat de la lumière insupportable aux yeux, et surtout à l’émergence d’un sens psychique, l’éblouissement, la vision mystique ou surconscience, qui est censée mettre le sujet en relation avec l’Univers.

De là à rattacher la Lumière à la Divinité il n’y a qu’un pas allègrement franchit avec ce Dieux de Lumière, que l’on ne peut, ni nommer, ni connaître et encore moins voir. Sauf, selon certains, qui notamment, y font référence, tels Plotin ou encore Saint Augustin, décrivant ces flash numineux permettant fugitivement d’approcher la Vérité dans sa globalité.

Après cette approche symbolique de La Lumière, nous allons maintenant tenter d’entrer dans les voies qui nous sont tracées.

Le 1er Degré : Naissance à La Lumière

La symbolique du 1er Degré va consacrer la prédominance du rôle de la Lumière dans la quête du Maçon.

Ainsi dans le Rituel, nous constatons, la présence matérielle de la Lumière, avec les bougies allumées rituelliquement ou encore le Soleil et la Lune à l’Orient, le Soleil la référence en matière de lumière directe, violente, agressive, contractante, yang, alors que la Lune lumineuse par réfraction de la lumière est douce, apaisante, dispersante, yin mais pourtant puissante.

Les deux ne se concevant pas l’un sans l’autre, contenant chacun l’autre en germe, et étant à l’origine du mouvement selon les anciennes traditions. Certaines langues en ont même inversé le sexe.

Pour revenir au rituel, l’ouverture des Travaux n’est-elle pas à Midi plein ? soit en pleine Lumière lorsque les ombres ont disparues comme pour mieux signifier que l’Homme Franc Maçon doit baigner entièrement dans La Lumière, peut être pour faire disparaître son côté obscur.

Puis les nominations spécifiques de certains décors, avec les grandes et les petites Lumières et enfin par les paroles prononcées puisque à la demande « que cherchez vous, que demandez vous ou que désirez vous », trois réponds donnent « La Lumière », enfin n’est il pas dit du nouvel Initié « il a reçu la Lumière ».

Et cette Lumière c’est même ce « que nous avons demandé lors de notre première entrée dans le T ». Toutefois, cette Lumière que nous avons désiré, que nous avons demandé, nous ne l’avons pas acheté, nous ne l’avons pas gagné, nous l’avons reçu, elle nous a été transmise ! Ce qui semble vouloir indiquer qu’elle préexistait. Comme pour indiquer son intemporalité, son omniprésence.

Mais alors si l’Homme a besoin de recevoir la Lumière c’est bien qu’il y a une part d’obscurité en lui et qu’il a besoin de reconnaître la Lumière, au sens de « naître à nouveau avec », naître a nouveau avec la Lumière.

Et en effet, vous serez d’accord pour admettre que la Lumière n’existe que par rapport aux Ténèbres, ce qui est tout à fait logique, s’il n’y avait pas d’obscurité point besoin de Lumière.

Et c’est peut être ce que nous retrouvons dans ce symbole du bandeau, qui plonge le postulant dans les ténèbres, comme pour lui faire prendre conscience de cette part de ténèbres qui est en lui et qu’il va devoir combattre grâce à cette transmission qu’il va recevoir.

2) Le 2ème Degré : La Lumière Guide

Nous entrons ici dans un autre monde, le monde de la manifestation, des sens, du concret toutes choses se rapportant à l’évolution sur le plan. Un monde qui pourrait nous donner la possibilité d’utiliser la Lumière que nous avons désiré et que nous avons reçu. À condition d’avoir intégré, justement, cette Lumière.

Ainsi hors les Lumières mécaniques déjà citées point n’est question explicitement, dans ce Degré, de La Lumière. Nous serrions donc, semble t’il, dans la continuation de la transmission effectuée au degré précédent. Et nous évoluons dans La Lumière pour recevoir les Outils symboliques qui vont nous servir à progresser. Pourtant.

Pourtant, alors que rien ne le laissait prévoir, la revoilà, La Lumière, au détour d’un Passage, mystérieuse, éclatante, éblouissante, en un mot Flamboyante, et sous la forme d’une Étoile à Cinq Branches tracée d’un seul jet.

Et cette Étoile dite Flamboyante, me fait étrangement penser à l’Etoile de la Nativité, celle qui a symboliquement guidé les Rois Mages. Le Deuxième Degré semblerait donc présenter à l’Apprentis le moyen de se diriger dans le monde, pour avancer vers la Lumière qui est en lui.

La Lumière, pouvant, nous l’avons vu, symboliser le G A D L’U L’Etoile Flamboyante serait alors le symbole du Créateur qui guide la Créature vers lui même, vers la découverte de cette Grande Lumière qui l’habite et qu’il va devoir découvrir et faire flamboyer.

Et c’est le simple fait d’avoir vu cette Étoile, cette Lumière, qui va attester de sa qualité de Compagnon. Celui-ci va devoir, alors, ne pas la perdre de vue pour parvenir à son but. Mais est-ce bien son but ultime ?

3) Le 3ème Degré : Renaître à La Lumière

Il évoluait en pleine lumière, le Compagnon, les bras chargés des outils de l’Œuvre, les yeux grands ouverts, il vaquait par le Monde manifesté en possession de tous ses sens, de tout son savoir, peut être croyait-il être La Lumière.

Las, alors qu’il pensait toucher au but, le Rituel le prive à nouveau de liberté et de lumière en le plongeant dans la semi obscurité d’une Chambre de Réflexion, comme pour lui rappeler combien la frontière est infime entre la Lumière que l’on voudrait atteindre et l’obscurité dans laquelle notre ego peu rapidement nous engloutir.

Le Temple qui l’accueille est lui aussi dans les ténèbres presque complète, même cette Étoile Flamboyante, qui devait lui servir de guide, lui apparaît terne et éloignée derrière lui, aurait il dépassé son objectif ? Se serait il trompé ? Ou bien serait il « passé » de l’autre côté ? Alice n’est elle pas passé de l’autre côté du miroir ? Sautant dans son monde intérieur, monde de l’émotion.

Pourtant face à l’obscurité ambiante, privé de lumière, et donc, d’un de nos sens, la vue, nous pourrions aiguiser nos autres sens, le ferons nous ? Ferons-nous preuve d’attention, soit de mise en tension de notre esprit ? Devant le spectacle de désolation qui s’offre au peu de vue qui nous reste.

La faible lumière entre aperçue, vers l’Orient, mais est-ce bien l’Orient ? Nous semble loin, très loin derrière un brouillard obscur, impossible à atteindre. Tout paraît n’être que chaos et ténèbres, désorienté, plus de repères.

La longue et difficile marche va pouvoir commencer, marche vers la Lumière, sans doute pour redonner du sens à l’Œuvre, marche qui va nous conduire aux ténèbres totales de la Mort, et de la putréfaction, cette putréfaction de « l’œuvre au noir » chère aux Alchimistes.

Ne serait ce pas pour bien nous indiquer que nous devons définitivement abandonner notre enveloppe et notre pensée matérielle ? Pour trouver la Lumière de l’Esprit, cette illumination spirituelle que nous sommes venu chercher en Loge.

« Gloire au G A de l’U ! Le Maître est retrouvé et il reparaît aussi radieux que jamais ! »

Après nous être fondu dans le T V M par les Cinq Points Parfaits, après avoir enfin intégré La Lumière, avoir acquis cette capacité de radiation qui fait de nous un Vrai Enfant de la Lumière et qui nous conduit à ce moment à prendre place dans La Lumière, dans le Saint des Saints, le « De’b’ir »l’endroit ou le Créateur est censé parler à sa créature.

Mais, si nous sommes dans La Lumière, dans le « De’b’ir » nous ne sommes plus dans le Temple ? Si nous ne sommes plus dans ce Temple Sacralisé qui nous a vu naître et mourir ! Ou sommes nous donc ? Serions-nous passés dans une autre dimension spirituelle ?

Cet espace désorienté et obscur, privé de Lumière, ce cercueil qui à servi de véhicule à notre dépouille profane, n’auraient ils été là, que pour nous mener en ce lieu de Lumière ? Ce nouveau Degré que nous venons de gravir représente t’il une fin ou un commencement ?

Enfin, si le parcours de ce Degré, nous conduit de l’obscurité à la Lumière pourquoi ne serait-il pas un Degré « charnière » ?Degré charnière destiné à relier notre apprentissage Maçonnique, s’appuyant sur l’étude de l’enseignement des symboles, au domaine de la réflexion spirituelle, au domaine de l’Esprit, de l’Intelligence.

Alors cette lumière intense, à laquelle nous avons été soumis brièvement lors de notre Élévation, allons nous la retrouver et la supporter, une fois la Porte de ce nouveau Degré franchie ?

4) 4ème Degré : La Grande Lumière commence à paraître

Mais oui ! C’est bien sûr ! La Lumière, qui paraît être au centre du Rituel du 4ème Degré de Maître Secret. Mais, c’est au travers d’un voile que la Lumière nous apparaît, ou plutôt que la pleine Lumière commence à paraître. L’impétrant commence à discerner La Lumière tel l’Homme à sa naissance.

Serait-ce un petit clin d’œil vers l’humilité nécessaire au « Cherchant » ? Comme pour lui faire comprendre que l’introspection doit être permanente, la remise en cause des connaissances indispensable. Rien n’est acquis dans l’impermanence de la manifestation !

Dans le 4ème Degré tout semble, réuni pour obliger l’impétrant puis le nouveau M S à une distanciation avec La Lumière, qui parait impossible à atteindre, il l’entrevoit, il la porte avec lui, elle commence à lui apparaître, même la balustrade qui l’empêche d’aller plus loin.

Il est à remarquer, que pour la toute première fois dans son parcours le F M porte la Lumière dans sa main ! Hors la Main aurait une signification symbolique très important. Selon le Dictionnaire des Symboles de Chevalier et Gheerbrant, nonobstant le fait qu’elle a la même racine que « manifestation » La Main est un emblème royal, signe de Maîtrise, de domination, de justice.

Subséquemment, c’est aussi avec la main que l’on apprivoise, que l’on maîtrise l’animal qui se refuse. Serait ce à dire que le M S doive apprivoiser La Lumière, la maitriser. Et maîtriser n’est ce pas la vocation du Maître ? De celui qui a reçu la Maîtrise ?

De plus, la main fermée serait un signe d’appropriation et de secret et là elle est fermée sur la Lumière. Le Maître devient alors le Porteur de Lumière, tel un Lucifer sur le chemin de la rédemption. Lumière qu’il va, pourrait on dire, garder dans le secret de son cœur spirituel. Il maîtriserait ainsi le secret.

Or donc, la symbolique de la Lumière parait véhiculer un enseignement qu’il va nous falloir transmettre. Car à quoi servirait-il d’intégrer la Lumière, de nourrir en nous une flamme intérieure si nous sommes incapable de la raviver pour rayonner à notre tour, et la faire briller éclatante dans le cœur d’autrui ?

Cette omniprésence de la Lumière dans la queste du Maçon paraît souligner combien celle-ci doit être menée avec persévérance et rigueur en prenant conscience de l’étendue de ses potentialités.

Et ce serait à ce niveau, et à ce niveau seulement que le Maître se crée, vous l’avez compris, dans le sens de se créer. C’est à ce Degré que l’on constate le recul réel des Ténèbres avec la prééminence de l’Eclat du jour qui chasse celle-ci devant le M S.

Un long chemin lui reste encore à parcourir avant que de se fondre dans la Lumière, si tant est qu’il y parvienne un jour, il a la clef mais saura t’il s’en servir ? Et puis l’important n’est il pas de faire un pas après l’autre ?

J’ai dit

T F P M

G E P S M 14ème

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