Les mots sacrés du 4ème degré : YOD-ADONAI-IVAH
Non communiqué
Soulignons de suite que chaque degré, jusqu’à maintenant, à son ou ses mots sacrés. Il est intéressant, je pense, de se poser la question « pourquoi », donc à quoi servent-ils, puisque apparemment ils sont importants. Sans avoir une grande culture hébraïque, en prononçant ces mots sacrés, on perçoit de suite une résonnance différente qu’avec ceux des trois premiers degrés.
Au deux premiers degré, avec BOAZ et JAKIN, nom des deux colonnes placées à l’extérieur du Temple du Salomon, on définit plus une notion d’espace, avec un dehors du temple profane et un dedans sacré où se réunissent des Frères qui travaillent « A la Gloire du Grand Architecte de l’Univers » ; nous sommes toujours dans l’horizontalité. L’approche du sacré est donc dans l’immanence.
Au 4ème degré, le MAITRE SECRET quitte le monde géocentrique, représenté par la loge symbolique et le Microcosme au profit d’une perspective Cosmique, l’héliocentrisme. Là, il passe à la verticalité, l’approche du sacré est dans la transcendance. Désireux de reprendre les travaux, il lui faut en premier lieu établir une relation entre le manifesté et le non manifesté.
C’est d’ailleurs pourquoi, il va devoir passer de l’Obédience à l’Ordre. Ces mots sacrés du 4ème degré, qui sont des noms propres, sont donc particulièrement sacrés puisqu’ils sont, nous allons le voir, des représentations du Principe.
Il va de soi, que l’approche de ces mots n’a rien d’intuitive, et que les explications qui vont suivre ne sont qu’une succincte synthèse de ce que j’ai pu piocher ça et là.
YOD
Je rappellerai que dans la kabbale, la création du monde est expliquée grâce à l’image des 32 voies que sont les 22 lettres de l’alphabet, alphabet consonantique appelé abjad, c’est-à-dire sans voyelle, et les 10 sephirot. Chaque lettre a une valeur numérique et un sens, par exemple pour la première, aleph, son sens est « boeuf » la deuxième, Beth « maison » et YOD la 10ème lettre de l’alphabet hébreu, veut dire « main », elle représente donc l’action et la force. Sa valeur numérique est de dix, nombre ô combien symbolique, voir le tétractys de Pythagore, les dix doigts de deux mains, les dix plaies d’Egypte, etc.
Elle est représentée par une virgule ou un point, elle exprime le commencement et la fin de tout, elle représente le principe de choses.
A signaler que dans le livre de Temunah, l’une des oeuvres les plus difficiles de la littérature kabbalistique, la lettre YOD est référée à Malkuth dans l’arbre séfirotique et correspond donc à la « Sagesse ».
En résumé, elle est le germe de tout. C’est peut-être pour ça qu’elle la première lettre du Tétragramme.
ADONAI
Adonaî se compose d’Adon qui signifie Maître ou Seigneur que l’on retrouve dans le nom d’Adoniram. Le suffixe « aî » correspond au possessif « mon ». Adonaî signifie donc « Mon Maître, Mon Seigneur ». Il est le premier mot de substitution du tétragramme, qui dans la religion juive, ne doit pas être prononcé, le second, moins utilisé, étant Elohim qui veut dire « Puissances ». Pour information, les premiers chrétiens, ne le prononçait pas non plus, ce tétragramme, il fut traduit par par « Jehovah » juqu’au XXème siècle, où il devint « Yahvé » puis, en 2008, sur décision papale, on revient à la traduction du mot latin « Dominus », le Seigneur, utilisé dans les écritures liturgiques.
Dans les Bibles Protestantes, il est traduit par « L’Eternel ».
Suivant les différentes traductions de la Bible, dans l’épisode du Buisson Ardent, Moïse se serait adressé à Dieu en ces termes « Adonaî, quel est ton nom? » Il lui est répondu « Je suis celui qui suis », réponse lapidaire qui révèle l’identité de l’Entité Principielle.
IVAH
Ce troisième mot sacré précise davantage la conception suprême du Principe.
En effet, par modification des voyelles, absentes dans l’écriture hébraïque, Ivah, peut devenir Yahvé ou Jéhovah. Et là, nous sommes dans l’identité même de Dieu, c’est-à-dire l’une des caractéristiques fondamentales et essentielles de la révélation biblique : Dieu n’est pas dépourvu de nom, Il possède un nom personnel par lequel Il peut et doit être invoqué. Mais le mystère de sa prononciation demeure, et ne permet donc pas à l’être humain de franchir le seuil du divin.
A signaler, que si en hébreu, le nom de Dieu s’orthographie par les quatre consonnes du Tétragramme, que l’on peut transcrire dans notre alphabet par YHWH ou JHVH, mot qui revient près de 7000 fois dans l’Ancien Testament, il est dit dans le Dictionnaire encyclopédique de la Bible d’Alexandre Westpal que l’on n’a pas la preuve que cette forme soit la véritable du fait que les Juifs d’Eléphantine île d’Egypte située sur le Nil, en face du centre-ville d’Assouan dont elle fait partie, écrivaient Jahou, YHW, pour désigner Dieu, ce qui laisse à penser que la vocalisation du nom propre du Dieu d’Israël garde encore son secret.
Je tiens à signaler que cette déduction est à prendre avec précaution, car les Juifs d’Eléphantine ont utilisé le trigramme YHW au lieu de tétragramme YHWH, donc en retirant une lettre, avec pour but essentiel de construire un temple à la gloire de Dieu d’Israël, en contournant ainsi l’interdiction deutéronomique, qui interdisait d’avoir une multiplicité de temples, seul celui de Jérusalem était consacré. Le temple fut construit et la loi était respectée.
Je ne vous en dirai pas plus sur ces mots sacrés, et je reviens sur mes propos mis en exergue de ces quelques lignes.
Pourquoi des mots sacrés ? Là est peut-être l’intérêt de nos échanges lors de cette instruction.
J’avoue m’être facilement posé la question, mais que j’ai eu les pires difficultés à trouver la moindre réponse.
J’ai pensé tout d’abord, en me rendant compte assez rapidement que je faisais fausse route, que ces mots sacrés pouvaient nous mener vers la Parole perdue. A mon avis, erreur.
Une autre voie me semble plus intéressante : le prologue de St-Jean.
« Au commencement était le Verbe… ». Et si la prononciation de ces mots sacrés, n’était pas tout simplement la mise sur le chemin d’une approche du Divin ?
Expliquons-le autrement. Le ou les
mots sacrés donnent l’accès
ésotérique au degré, comme le mot de
passe donne l’accès exotérique au
degré. D’ailleurs à ce sujet, pourquoi
le 1er degré n’a pas de mot de passe,
c’est parce que l’on passe de
l’exotérique extérieur à
l’exotérique
intérieur, le premier voyage se faisant sinistrorsum, car
encore profane et après est communiqué le mot
sacré pour accéder à
l’ésotérisme du 1er degré
qui se trouve dans le monde et non dans le ciel.
Je n’en dirai pas plus, car je suis sûr, que vous avez tous une idée à exprimer sur la question.
J’ai dit, TFP