Us et coutumes spirituels malgaches, quelles idées sous les symboles
H∴ A∴
A la Gloire
du Grand Architcte de l’Univers
Deus Meumque Jus
Rite Ecossais Ancien et Accepté
Au nom et sous les auspices du Suprême Conseil de France
Liberté – Egalité –
Fraternité
Au moment ou l’éclat du jour a chassé les ténèbres, et la Grande lumière commence à paraître, je vous présente une colonne gravée intitulé « Us et coutumes spirituels malgaches, quelles idées sous les symboles », entrant dans le cadre du programme triennal 2012-2015 de notre TFPM : De la connaissance à l’Amour par la route du Devoir, incluant le thème annuel 2013-2014 la Connaissance du Devoir.
Par définition, les us concernent les habitudes hérités du passé alors que la coutume se définie comme une pratique consacrée par l’usage qui se transmet de génération en génération.
Les us et coutumes spirituels nous ramènent aux pratiques relevant de la pensée et de l’esprit que l’on retrouve dans la définition de Tanindrazana (terre des ancêtres).
L’autre définition Patrie possédant plus une connotation profane.
En préambule, le lien entre matière, esprit, passé présent nous permet de comprendre ce que sous-tend l’idée, les idées sous le symbole pour le Maitre Secret.
Je développerais dans cette colonne gravé les points de convergences entre cette spiritualité traditionnelle malgaches et cette spiritualité au Rite Ecossais Ancien et Accepté (REAA). Cette spécificité spirituelle malgache compatible, complémentaire avec la démarche de cette Fédération de Loges qu’est la Grande Loge De France (GLDF) et de la Juridiction du Suprême Conseil De France (SCDF).
1 La perception malgache de l’homme
Un certain nombre de proverbes nous présentent un éclairage sur l’homme « ny olombelona mora soa sy mora ratsy – l’homme peut-être facilement bon, comme il peut-être facilement mauvais » nous ramenant à l’ambivalence de l’être humain, libre de son choix, en même temps la spiritualité malgache incite l’homme à se comporter dignement, à se perfectionner. « Adala izay toa ndrainy » – Il faut faire mieux que son père.
Celui qui s’écarte du bon chemin est souvent « critiqué » « olona tsy matahoatra an-Andriamanitra » Quelqu’un qui n’a pas peur de Dieu. C’est le terme utilisé à l’égard de personne transgressant la loi.
En Franc-maçonnerie, au Premier degré, le mémento nous incite à aimer en toute chose la justice, lors de l’initiation il est écrit « ne fait pas aux autres ce que tu ne voudrais pas que l’on te fît ». Au deuxième degré, la règle doit être utilisé pour respecter la Loi, les Règlements Généraux, à connaître son Devoir.
Les mauvais compagnons, se sont coupés du lien qui les unissait aux autres Frères, en assassinant le R M HIRAM. Au troisième degré, précisé au quatrième degré, les Lévites connaissent leur Devoir.
A la page 15 de l’instruction du 4e degré, il est dit « suite à la disparition de Maitre HIRAM, le Roi SALOMON le remplaça dans toute sa fonction par un Collège de sept Maitres tant les talents du disparu étaient nombreux. ADONHIRAM –chef des travaux avant l’arrivée d’HIRAM, puis responsable sur le MONT LIBAN de la coupe des cèdres destinés au Temple, rappelé à JERUSALEM, eut l’honneur d’être désigné pour diriger les travaux du Temple. Six autres Maitres maçons furent choisis par le roi afin de l’assister dans cette mission. Ces sept maitres furent élevés au rang de LEVITES par le roi qui exigea d’eux le secret le plus absolu sur leur missio ».
Autre proverbe. « Ny olombelona toy ny fandrin-drano, ka tsy misy avo sy iva – les hommes sont pareils à la surface de l’eau tranquille : il n’y a ni haut ni bas” nous ramenant au principe de l’égalité. Ce mot Egalité se trouvant entre les 2 autres mots Liberté et Fraternité devise de la Grande Loge De France (GLDF) et du Suprême Conseil De France (SCDF) à coté de la devise universelle des Suprêmes Conseils Deus Meumque Jus (Dieu et mon droit) -P 23 des règlements généraux du SCDF-.
Si la société malgache prône l’égalité, en même temps elle est fortement hiérarchisée. Le Malgache possède le sens de la hiérarchie. Son système de parenté est articulé par générations, puis par tranches d’âge au sein de chaque génération. Ainsi, les aînés jouiront-ils de certains privilèges. Exemple, on ne leur coupe jamais la parole, et ils parlent au nom du groupe lors de différentes cérémonies, alors que les cadets observent, écoutent, pour plus tard accéder à cette place.
On remarque une route toute tracé, linéaire.Plus on est âgé, plus on accède au rang d’ainé qui n’est pas remis en cause.
En Franc-maçonnerie, le chemin semble linéaire : l’Apprenti a 3 ans, le Compagnon 5 ans, le Maitre 7 ans et plus, le Maitre Secret 3 fois 27 ans accompli c.à.d. 81 ans (8+ 1 = 9) : 3, 5, 7, 9…
On passe plutôt à un cycle : du 1er au 3e degré (d’Apprenti à Vénérable Maitre), puis au 4e degré (le Vénérable Maitre devient Maitre Secret : il accède à la Juridiction tout en se trouvant à la base d’une nouvelle pyramide, passant en quelque sorte du statut d’ainé à celui de cadet.
2 La recherche de l’harmonie
Quelles idées sous les symboles ? Les Us et coutumes spirituelles malgaches aboutissent à une recherche d’harmonie intérieure ?
Comme je l’ai dit tout à l’heure, le Malgache conçoit le monde comme une société hiérarchisé donc un Ordre. Pour remplir ses obligations, pour s’insérer dans l’Univers sans la perturber, il doit agir selon la place qu’il occupe. Le terme « lahatra » traduit cette disposition. Dans cet ordre cosmique, chaque être reste à sa place. C’est sa part, son « anjara ». Tous les actes humains sont ainsi écrits, et peuvent etre changer selon ses ambitions « Adala izay toa ndrainy ». En respectant sa place, en croyant à son destin, en agissant au moment opportun, l’homme ne perturbe pas l’Univers. Cette approche peut être mise en parallèle avec la démarche initiatique.
Pour préserver l’avenir, il suit la démarche du futur Maitre lors de l’exaltation, en marchant à reculons. « C’est avec les lumières du passé qu’on se dirige dans l’obscurité de l’avenir » en honorant ses ancêtres tous les 7 ans durant l’hiver austral, dans l’organisation du Famadihana. Les ancêtres sont à la fois les médiateurs, les intermédiaires entre les vivants et Dieu (Zanahary /Andriamanitra). Le famadihana (cérémonie du retournement des morts ?) au cours de laquelle le « lamba » (linceul) de l’ancêtre est changé. Permet de demander la bénédiction des ancêtres pour les actions présentes et futures.
En conclusion
Au dessus de l’homme se trouve Dieu, celui dans la croyance adogmatique est inaccessible. L’ancêtre devient l’intermédiaire incontournable, le model à suivre, par la pratique des vertus, par devoir et par peur. Dieu l’ordonnateur possède la Vérité, alors que la Vérité est inaccessible à l’esprit humain, il s’en approche sans cesse, mais ne l’atteint jamais. (P 20 de l’Instruction du 4e Degré) Dans l’espace et le temps, l’homme se trouve insérer dans une trinité organisationnelle : Ancêtre (passé) vivant (présent) Dieu (passé, présent, futur). Vivant (présent) ancêtre (passé/futur) Dieu (passé, présent, futur).
J’ai dit Trois Fois Puissant Maître.