Le Devoir et la Conscience

Auteur:

M∴ D∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Le Parvis du Berry - Orient de

A la Gloire du Grand Architecte De L’Univers
Deus Meumque Jus
Rite Ecossais Ancien et Accepté
Au Nom et sous les Auspices du
Suprême Conseil de France
Liberté, Egalité, Fraternité

Tout d’abord, un rapide coup d’œil vers le Petit Larousse :

Devoir – Obligation particulière, imposée par la loi, un règlement, les conventions sociales et familiales ; tâche à accomplir ; responsabilité.

Conscience – Perception, connaissance plus ou moins claire que chacun peut avoir du monde extérieur et de soi-même, cela veut dire aussi que l’on est apte à connaître sa propre réalité mentale, intellectuelle, physique, affective. Elle est le réel par rapport à la fabulation, l’exactitude par rapport au rêve, l’ordre par rapport au désordre.

Dès notre plus jeune âge nous sommes soumis aux devoirs, qui évoluent en fonction de l’âge et de notre conscience. Selon le corps médical la conscience se manifeste chez l’être humain dès le cinquième mois.

Lors du premier contact avec la Franc maçonnerie, le profane est conduit dans le cabinet de réflexion et se trouve confronté à la rédaction de son testament philosophique, plusieurs questions lui sont posées :

Quels sont ses devoirs envers sa famille.
Quels sont ses devoirs envers sa Patrie.
Quels sont ses devoirs envers lui-même.

Mais là ce sont des devoirs…(avec un d minuscule). Cette première prise de contact amène l’impétrant à réfléchir et prendre conscience des devoirs qui lui incombent. Puis vont suivre un certain nombre d’engagements : le respect du secret, l’assiduité, le silence, la soumission aux règlements, mais le tout premier devoir de l’Apprenti est le travail sur lui-même, sur sa Pierre brute.

Au deuxième degré, il est signifié au futur Compagnon qu’il a le devoir de développer ses cinq sens qui sont les outils nécessaires à la prise de contact avec l’extérieur. On lui rappelle qu’il a le devoir de ne pas présumer de ses forces, qu’il doit demeurer modeste et que c’est ainsi qu’il obtiendra des résultats qui sont refusés à la présomption du profane.

Afin de poursuivre son œuvre le Compagnon a le devoir de voyager pour comparer ses connaissances à celles des autres, s’ouvrir aux autres pour s’améliorer.

Les devoirs du Maître Maçon sont différents car si l’Apprenti et le Compagnon ont le droit de se demander ce qu’ils ont acquis après avoir assistés aux travaux de la Loge, le Maître maçon doit à chaque Tenue faire le bilan de ce qu’il a apporté, dans sa Loge, mais aussi dans le monde profane car là est bien le but de sa démarche, il est évident que le comportement du Maître maçon doit être un exemple dans la vie profane.

Mon cheminement maçonnique m’a vite fait comprendre et surtout fait prendre conscience que toute volonté d’accès à la connaissance spirituelle ne passent que par le perfectionnent de soi, par le travail sur soi.

Je travaille sur ce chantier, je burine ma pierre en espérant l’insérer dans l’œuvre collective, passer de l’Equerre au Compas, je me rends compte que cette route sur laquelle je chemine est pour ainsi dire la suite logique de l’enseignement des trois premiers degrés, …il me semble être sur la bonne voie.

Lors de la cérémonie d’Initiation au 4ème degré, le Maître secret contracte l’obligation de suivre le chemin du Devoir (avec un D majuscule) Devoir moral, Devoir essentiel, Devoir fondamental, phase incontournable de la progression initiatique.

Le chemin qui s’ouvre est jalonné de nombreux devoirs qui s’imposent à moi ayant pour but de développer mon éthique comportementale de vie qui progressivement vont élever ma conscience à un plan supérieur avec pour objectif final le grand Devoir « outil de mon perfectionnement ».

Pour moi, Maître secret entièrement soumis à la grande Loi Universelle du Grand Architecte de l’Univers cet outil est la recherche de la Vérité et la Parole perdue.

Au fond de notre être intime est cachée cette parole, cette lumière intérieure qui ne demande qu’à jaillir, encore faut-il parvenir à un état de conscience supérieure.

Impassiblement, je poursuis mon chemin souhaitant découvrir ce principe transcendant…cette étincelle divine que chacun a au fond de soi, espérant ainsi, approcher de la Vérité.

L’accomplissement du Devoir reste impératif pour être en adéquation avec le sens que je souhaite donner à ma démarche initiatique.

Je dois méditer dans mon silence intérieur, afin d’être sur le chemin de ma propre réalisation spirituelle, pour cela je dois m’émanciper de tout ce qui brille d’un éclat trompeur, ce qui me permettra d’être moi-même par moi-même, de penser et de décider de mes opinions, de mes actions, comme il est précisé dans le rituel du 4ème degré : « Vous ne prendrez pas les mots pour des idées ».

Après avoir contracté l’obligation de suivre imperturbablement la route du Devoir, le Trois Fois Puissant Maître nous fait savoir qu’il est parfois plus facile de « faire son devoir que de le connaître ». Son accomplissement me dicte une inconditionnelle ligne de conduite, essayer de connaître ce Devoir c’est me renvoyer à moi-même, c’est me remettre en cause, c’est repousser mes limites, en quelque sorte être condamné à me rectifier en permanence pour encore et toujours méditer sur le « Connais-toi, toi-même ».

Le Devoir qui s’impose au Maître secret doit être porté jusqu’au sacrifice comme l’a prouvé notre Maître Hiram en préférant mourir et emporter dans sa tombe le secret de l’achèvement de l’œuvre que de donner le mot sacré aux trois mauvais compagnons qui n’en étaient pas digne. De ce Devoir nous ne devons attendre aucune récompense autre que l’approbation et l’élévation de notre conscience.

Il me faut donc agir en supprimant le maximum d’aspérités qui pollue ma Pierre, en détruisant tout ce qui entrave l’élévation de ma conscience.

La conscience est dans les actes de tous les jours, c’est avec elle que l’homme peut s’élever, que le monde peut devenir meilleur, la conscience c’est aussi être en capacité de se remettre en question.

François Rabelais a dit : « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». Qui peut être traduit en français actuel par « Connaissance sans conscience n’est que ruine de l’âme ». Au siècle de Rabelais, la science n’existait pas comme on l’entend aujourd’hui, Rabelais parlait de la Connaissance, sachant que Science vient du latin « scienta » qui veut dire la connaissance, mais qui peut vouloir dire aussi pour certain le savoir…ce qui est très différent. De quel savoir s’agit-il ?

Est-ce : je cite Ordo Ab Chao n°66 : « le savoir qui nous est inculqué avec Salomon comme modèle est un savoir de l’intelligence, un outil de travail commun à tous transmis de génération en génération ».

On peut savoir quelque chose et pour autant ne pas l’avoir intégré…car il n’est pas encore venu complétement au niveau conscience. Ainsi donc, se limiter à ce que l’on sait ne permet pas d’évoluer…d’où la ruine de l’âme. Montaigne, lui, dit les choses différemment, mais la finalité est la même : je cite « j’aime mieux une tête bien faite qu’une tête bien pleine ».

On connaît la boutade de Clémenceau opposant deux grands hommes politiques avec lesquels il avait collaboré : « Raymond Poincaré sait tout, mais il ne comprend rien ; Aristide Briand, lui, ne sait rien, mais comprend tout. En effet une tête bien pleine est remplie de savoir alors qu’une tête bien faite se distingue par l’intelligence qui lui permet d’assimiler rapidement ce qu’elle ignore ».

Je suis sûr de ne pas avoir la tête bien pleine, est-elle bien faite pour autant ? J’avais des interrogations, j’en ai toujours, pourtant je n’ai pas le sentiment de ménager mes efforts, Parole perdue, Vérité, Devoir, cela se bouscule un peu dans mon esprit, suis-je sur le bon chemin ? …en toute humilité, je pense que oui – si on recherche cette Parole, c’est qu’elle existe, …puis-je caresser l’espoir de la retrouver…mais où…et quand ?

La vie m’a appris que même sur les chemins les plus tortueux, les plus parsemés d’épines, il y a toujours des fleurs à cueillir.

En attendant ces réponses, l’œil qui est sur mon tablier est là pour me rappeler mon œil intérieur…ma conscience…me fait accepter sans restriction la conception maçonnique du Devoir qui me satisfait pleinement comme inflexible, exigeant et impératif.

J’ai dit T F P M

Accès réservé aux abonnés

Cet article fait partie de l’espace privé de L’Édifice.
Abonnez-vous pour accéder immédiatement à la plus grande bibliothèque maçonnique sur internet

  • Plus de 5 000 planches véritables
  • Issues de plus de 100 obédiences
  • Du 1er au 33ème degré
Déjà abonné ? Se connecter