Du secret au sacré : le Maître Secret questionne les origines de la pensée laïque
A∴ B∴
T F P M, Dignitaires à l’Orient, et vous tous mes F F et mes S S M S, le travail que je vais vous présenter doit être entendu comme l’expression d’une réflexion menée tout au long d’un cheminement personnel continu, aussi vais-je commencer par une confidence ayant pour moi, un sens profond en rapport avec cette question fondamentale des origines.
Mon sentiment est que, depuis l’enfance je n’ai pas l’impression d’être né dans un pays. Même si, il est vrai, comme chacun, je suis né en un lieu désigné, dans une ville identifiée, dans une famille, dans une maternité. Tout cela m’est progressivement apparu comme marginal.
Aujourd’hui, plus que jamais, la seule chose qui me paraisse essentielle, c’est que, avec tous les humains, je partage le fait non pas d’être né dans tel pays, dans telle ville, dans telle maison mais d’être venu au monde. C’est cet évènement constitutif d’une réalité partagée qui me permet d’avoir un vrai sentiment d’identité et de fraternité avec l’humanité entière.
Quelle belle formulation « venir au monde », porteuse de secrets à questionner et dont la richesse symbolique nous ouvre à une dimension qui dépasse la spécificité individuelle dont chacun de nous est porteur.
Vous avouerai-je aussi que, ce qui m’a intrigué dans l’accès au 4°, fut la curieuse dénomination du grade : « Maître Secret ». Une désignation dont le mystère interrogeait sur ses origines.
Effectivement, Maître cela ne porte pas à conséquence et possède même une logique de dénomination et de progression. Depuis l’apprentissage, l’on a, à chaque tenue, cohabité avec ce personnage, nous l’avons auréolé d’un savoir généreusement dispensé dans les instructions et d’une affectueuse proximité familiale, ne sommes-nous pas des F F et des S S ?
Voici donc une nouvelle catégorie de Maître qualifié de Secret. Vous l’aurez compris l’intrigue se noue non sur la qualité de M mais bien sur celle de Secret.
S’agit-il d’un Maître caché comme on pourrait l’entendre dans : Maître « qui est » Secret, ou bien est-il dépositaire de quelque chose à cacher comme on pourrait l’appréhender dans : Maître « du » Secret ?
J’ai procédé, ingénument, à une recherche historique susceptible de m’éclairer sur la généalogie du grade et de sa dénomination. Ce travail m’a permis d’en découvrir, entre autres, les tribulations historiques de 1764 à nos jours, tout autant que les querelles sémantiques qui persistent, aujourd’hui encore, mais ne m’a pas particulièrement éclairé sur le « Secret » dont il s’agissait. (1- « Historique et légende du 4ème grade » Colloque de Périgueux 24 février 2007).
Il m’a semblé toutefois repérer une certaine continuité dans la progressive évolution du grade. A savoir, faire réfléchir sur une dimension de l’Homme qui, dans les grades précédents, n’était qu’à peine esquissée et qui permettrait au processus initiatique d’accéder à une phase de spiritualité différente, celle de réfléchir, de méditer, de se questionner sur son propre cheminement initiatique pouvant donner accès à une des clés possible du « Secret » sur lequel je m’interrogeais et dépassait ainsi la seule réflexion historique, idéologique ou philosophique pour acquérir une portée ontologique.
Cette dimension est à lire dans l’injonction qui nous est faite comme Néophyte quand, s’arrêtant pour la troisième fois devant l’Autel, il nous est affirmé : « Quelle que soit l’admiration que vous inspire le spectacle de l’univers… Iln’y a de réellement admirable que la conception par l’esprit humain de la loi unique et multiple qui régit toutes les choses dans leur ensemble et chaque chose dans son détail ».
Saisissante affirmation que cette « conception par l’esprit humain de la loi ».Elle élargie les horizons et donne une place éminente à la capacité de l’Homme de conceptualiser toutes les choses, donc d’accéder à la compréhension, à partir d’un savoir constitué, de l’ordre de l’Univers et de la place qui est la sienne. Le principe de « liberté absolue de conscience », travaillé dans les loges bleues, prend ainsi une nouvelle dimension.
Il ne s’agit plus simplement de « comprendre » la loi unique, ce qui ne ferait que renvoyer à une réflexion sur le possible caractère transcendantal de celle-ci et ouvrir un espace aux croyances, à un déjà-là, un inconnaissable, faisant que les choses de l’univers auraient d’abord « une essence », pour ensuite devenir une conscience qui se matérialise et devient perceptible.
Il s’agit de « concevoir », donc d’appréhender le caractère de la loi. Il nous est affirmé : « Vous ne forgerez pas d’idoles…vous déciderez vous-même de vos opinions et de vos actions… Vous n’accepterez aucune idée que vous ne compreniez et ne jugiez vraie ».
Ainsi le rituel nous invite à rechercher ce qui est premier dans le monde. A savoir : la question de son origine et ce qui en découle : son devenir.
Lourde et périlleuse mission. Que faire et comment ? C’est à moi de définir ce qui est, à partir de ce qui se manifeste, de ce qui existe, de ce que j’observe. En un mot c’est l’existant qui définit l’étant, qui va m’en permettre la compréhension et en souligne de fait le caractère immanent.
Je puis alors faire l’économie d’un recours au surnaturel qui ne serait qu’une dérobade de la raison en l’absence de compréhension d’une manifestation naturelle et, ce que nous désignons de transcendantal n’apparait comme rien d’autre qu’une illusion entretenue par notre méconnaissance temporaire d’un savoir immanent.
Mais ce savoir sur soi, sur l’Homme peut-il être fini et donc susceptible de se projeter dans un futur homme démiurge, un oméga de l’humanité ? Un « garde fou » reste présent. N’est-il pas dit : « Ne profanez pas l’idée de vérité. L’esprit humain en approche sans cesse mais ne l’atteindra jamais ».
Garde fou car il permet de comprendre que le processus en question ne peut être clôt, ce qui est le cas pour les croyances qui ne peuvent s’étayer que sur des certitudes dogmatiques, sur une connaissance révélée. Ce processus ouvert à l’infini, dans cette logique de recherche constituée par un partage générationnel horizontal (ici et maintenant) accumulatif, celui que nous constituons dans nos Temple, et par une transmission intergénérationnelle verticale (ici et demain) : « Ecoutez tous les humains avec attention et déférence…respectez toutes les opinions, mais ne les déclarez justes que si elles ressortent telles de l’examen approfondi auquel vous vous serez vous-même livré ».
Définissant ce qu’André Comte-Sponville qualifie dans un Interview de : « spiritualité de l’immanence ». (2- André Comte-Sponville : « Une spiritualité sans Dieu ? », dans le n° 56 (automne 2006) du magazine « Nouvelles Clés »).
Une telle compréhension nous permet alors de dépasser la vieille querelle historique opposant transcendance, qui ne fait qu’inscrire l’humanité dans une espérance surnaturelle (immatérielle) comme réponse à l’angoisse liée à la conscience d’être mortel, et immanence, nous permettant de donner un sens à notre existence naturelle (matérielle) pour l’inscrire dans la vision projetée d’une humanité rassemblée.
Ce qui laisse, en même temps, un espace pour comprendre et admettre que chacun puisse garder comme processus explicatif, le recours rassurant en une entité qui serait à rechercher à l’extérieur de soi-même, à l’extérieur de l’humain, quelque part dans un au-delà.
Nous voyons que nous abordons là des éléments qui participent aux soubassements de la pensée maçonnique et laïque. De son côté, le mythe d’Hiram, par son sacrifice, nous permet d’accéder au sacré laïque lequel renvoie non pas à une logique transcendantale verticale du devenir humain (celle dont est, par exemple, porteur le fils de dieu sauveur de l’humanité par son sacrifice sur la croix : « Pardonnez leur, mon Père, car ils ne savent ce qu’ils font » renvoyant l’homme à une impuissance et une dépendance infantile). Effectivement, par les 5 points de la M, la mort d’Hiram devient une affirmation paradoxale des forces de la vie et ouvre une dimension horizontale concevable par l’homme, donc immanente, celle d’une harmonie universelle à rechercher dont nous sommes les maillons : « Ordo ab Chao », l’ordre est…aussi dans le désordre apparent où il nous faut le découvrir. En quelque sorte Hiram « laïcise » la notion de Dieu en la dépouillant de sa divinité et nous permet de nous retrouver dans une filiation humaine qui nous inscrit dans une historicité (qui elle est temporelle), faisant ainsi l’économie d’un « Paradis ou d’un Enfer » comme destin à espérer ou éviter.
A l’inverse du paradis, dont fut chassé le couple primordial pour avoir goûté au fruit de la connaissance, Hiram nous ouvre à la recherche de cette secrète parole perdue, fructueux chemin du passage au savoir et accès aux délices de la connaissance sans avoir à redouter la culpabilité sous-jacente de la transgression d’un quelconque interdit ouvrant les portes de la damnation éternelle ! Son sacrifice nous inscrit dans cette histoire humaine dont le lien est assuré par le devoir de transmission. En ce sens l’homme peut alors se détacher de ce vestige archaïque, cette tentative de l’humanité qui créa Dieu (et non l’inverse), pour exorciser l’angoisse de la finitude de la vie. Cette projection nous permet alors de comprendre que le secret dont il s’agit acquiert une autre qualité celle de « sacrée ». Que peut-on mettre dans cette notion ?
Le sacré exprime la quête d’une valeur suprême, la capacité pour l’être humain d’accorder plus de prix, de respect et d’amour à un autre être, à une valeur, qu’à lui-même…le constat de l’existence d’une dimension spirituelle inhérente à l’esprit humain qui lui permet d’espérer, d’admirer, d’aimer, de créer, de se dépasser et peut le pousser parfois jusqu’au « sacrifice ».
Alors, cette dimension, issue de l’émotion humaine, ne peut-elle être considérée comme un sacré laïque ? Un sacré dont le contenu serait adogmatique, librement examiné et, partant, toujours révisable et individualisé. Qui n’obéirait à aucun absolu qui ne soit passé au crible de la raison ? Qui serait l’inverse du pari pascalien, car contrairement à ce qu’il pense, oui il y a beaucoup à perdre et rien à gagner à ne pas s’émanciper de la croyance religieuse !
Comme l’écrit R Debray (3 – « Jeunesse du sacré » Gallimard) « Le sacré, c’est ce qui impose le sacrifice et ce qui interdit le sacrilège. En d’autres termes, c’est ce que nous sacralisons ! Il n’existe pas en soi. Ce n’est pas un absolu intemporel et mystérieux qui nous surplombe ou nous englobe, mais un certain rapport, daté et localisé, entre une collectivité et des objets, des lieux ou des personnes ».
Ainsi, dégagé de toute croyance religieuse, il devient possible d’accéder à une réflexion permettant de comprendre que le M Secret est porteur de ce qui permet le passage du « initiatique » au « sacré initiatique ». Lequel, dévêtu de ses habits cléricaux et de ses rituels liturgiques, rend possible une progressive sécularisation de la pensée et l’accès à une conception laïque du sacré.
Expérience qui, comme le rappelle Mircéa Eliade (4 – « Le sacré et le profane » Folio), clôture la césure dichotomique du monde, dont toute religion est porteuse, entre « sacré » et « profane » et permet de les associer en un processus continu, acquérant par là-même une portée universelle. Valeur universelle qui permet d’en faire un bien accessible à tous. Nous retrouvons là également les éléments, complémentaires à ceux, cités plus haut, propres à la pensée laïque.
Le « sacré profane » s’exprime dans une expérience vécue qui permet l’ouverture à un nouveau niveau de connaissance directe sur soi et sur le monde à valeur libératrice, donnant ainsi accès à une maîtrise sécularisée des valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité. Faisant de la Maçonnerie non pas une école de pensée, mais une école à penser, ainsi que le développe le texte de la Question Maçonnique adopté cette année, auquel je vous renvoie.
La Franc-Maçonnerie n’a pas à dire le sacré. Chacun peut et doit donc le chercher, sinon le trouver, selon sa propre « voie », celle formalisée par le rituel du 4°. Le « secret » réside dans la manière dont l’on va formuler les questions et interpréter les réponses. A l’inverse du « sacré religieux » qui, nécessitant le recours à un tiers « organisateur », condamne l’homme à une impasse conceptuelle et constitue une limite à toute démarche de connaissance (rappelons-nous, hier Galilée, aujourd’hui les intégrismes de toutes religions) et par là-même, vide de sens réel les notions de « liberté », « d’égalité » et de « fraternité ».
Ainsi se trouvent énoncés les prémices de la pensée laïque qui seule permet d’accéder à la notion de bien commun à tous, indispensable à la liberté de conscience, à l’ouverture d’esprit et à l’acceptation de l’Autre.
Fondements ouvrant sur l’universalisme des droits de l’homme qui oppose l’idée de l’émancipation s’appuyant sur l’usage éclairé de la Raison, à une conception religieuse de la société qui prive les hommes du droit de délibérer librement leurs règles et les condamne à un asservissement dogmatique ou à l’obéissance doctrinaire à une église instituée.
Comme le dit Edgar Morin, au travers d’un néologisme : « la laïcité est d’abord la problématicité permanente, le questionnement ininterrompu » (5 – « Le nouveau combat de la laïcité » in Le Débat – n°58, 1990, Gallimard). Une laïcité fondée sur l’idée que l’homme est d’abord une conscience en progrès.
Pour l’universitaire Jacques Rifflet (6 – « Peut-il exister une spiritualité laïque ? ». in Jacques Lemaire (éd.), Francs-Parlers 2011) « le sacré est ce qui nourrit la raison de vivre de l’homme » rejoignant en cela, Sartre pour qui la Liberté de l’homme est ce qui permet au Sujet de prendre conscience de ce qu’il est.
Ainsi lors de l’initiation au grade, le Gardien du Sceau, sur l’invitation du Trois Fois Puissant, « descend, sous le signe du secret, scelle, avec le Sceau, les lèvres du récipiendaire, dont les doigts sont placés sur le cœur. Puis leur replace les doigts sur les lèvres». Il ravive par là-même le besoin inné de Connaissance et relance le M S dans une quête de la Parole Perdue, il ravive ce « secret qui aspire à être dévoilé » le moyen d’exprimer sous une forme qui peut être retrouvée « une vérité qui nous dépasse » et constitue une quête, à jamais achevée.
Le secret qu’elle cache ne l’est que du fait de l’immense complexité de la réponse à fournir et cette recherche n’est pas à situer dans un au-delà de l’humanité, mais dans un en-deçà, « au contact » des réalités de la Condition Humaine, ainsi que des aspirations de l’Homme.
L’on n’« est jamais initié que par soi-même ».Comme l’écrit le F Pierre Pelle Le Croisa (7 – numéro 158 de la revue Points de Vue Initiatiques – 2010) : « Le secret secrète le sacré, alors gardons le silence ! ».
Qu’est-il ce sacré maçonnique laïque ? Sinon celui du lieu sacré permettant le travail à accomplir par le franc-maçon en quête du sens de son existence ou, du moins, la « construction de son Temple Intérieur ». La découverte de l’espace sacré au tréfonds de sa personne qui en fait aussi un être unique à la poursuite de ce que Freud désignait comme idéal du moi et qui nous permet de comprendre que tout ce qui peut apparaitre comme transcendantal dans la spiritualité et dans la pensée humaine se trouve au cœur de l’immanent, en l’homme.
L’être humain reste un « juvénile qui se prolonge et n’est jamais achevé », un sujet en perpétuel devenir, à la recherche d’une liberté inaccessible. Chacun d’entre nous se heurte en permanence d’une part à la liberté d’autrui et d’autre part au fait que tout projet commun impose de lâcher de notre liberté individuelle. Nous sommes ainsi renvoyés à ce que la psychanalyse désigne, fort justement, comme « soustraction de jouissance » et dont Lacan dit : « Toute formation humaine a pour essence, et non pour accident, de réfréner la jouissance ». (8 – « Allocution sur les psychoses de l’enfant, in Autres Ecrits, ibid. p. 364) Le rituel nous le rappelle à sa façon : « Les nobles pensées viennent du cœur et la meilleure pierre de touche du Devoir est l’exigence d’un sacrifice ».
En conclusion
Le quatrième grade initie une démarche qui se situe non pas « au-delà », mais bien « au contact » des réalités, des aspirations de chacun et se présente comme une voie de libération qui ouvre la possibilité de lever l’équivoque ontologique qui pèse sur la vie et le destin de l’Homme.
Il donne la capacité de concevoir qu’il n’y a pas besoin de penser l’existence d’un au-delà pour répondre à la question des origines de l’humanité et de son devenir.
Le besoin de spiritualité apparait comme un attribut lié à la progressive complexité de la pensée humaine et à sa capacité de passer d’un savoir progressivement constitué à une connaissance permettant de nous penser comme élément intrinsèque de l’Univers dont l’existence peut s’exonérer d’une causalité transcendantale. Rejoignant par là le chemin suivi par la démarche scientifique qui cherche légitimement, sans cesse, toujours plus loin, permettant le dévoilement de la connaissance des mécanismes naturels et ouvrant constamment de nouveaux champs au savoir.
Le M S tirant les enseignements de la légende d’Hiram est alors confronté à la question de savoir qu’elle suite donner à sa propre quête : pour accéder à la voie d’une étape ultérieure, il lui faut utiliser la clé mais aussi trouver la serrure.
L’Homme peut alors, se penser comme ce lieu de passage où se concrétise le Secret maçonnique, qui recèle la parole perdue et constitue ainsi le fondement du Devoir initiatique permettant de prolonger le questionnement et par la-même la quête de la Vérité, comme il est rappelé lors de l’accession au grade de M S : « Ne profanez pas l’idée de vérité, l’esprit humain en approche sans cesse mais ne l’atteindra jamais ».
Le dévoilement graduel du Sacré, permet de faire l’économie d’un nécessaire point de contact transcendant entre le divin et l’humain pour confier à la connaissance la capacité d’une perception immédiate des principes spirituels, immanents à l’homme. En ce sens le rituel maçonnique a une fonction maïeutique propre à chaque degré en proposant à l’Homme de se rattacher à un savoir dont l’acte final résiderait dans la possible découverte d’une connaissance libératoire sur soi.
Nous sommes les maillons d’une longue chaîne, nous voyons dans le regard de l’enfant qui nous suit la confiance et l’espérance qui nous aide à poursuivre le chemin et la certitude qu’à son tour il le prolongera, car notre regard se tourne aussi vers l’immensité de l’univers où, à chaque instant apparaissent et disparaissent ces inaccessibles étoiles avec lesquelles nous partageons le même patrimoine et le même destin.
J’ai dit.
Bibliographie succinte :
1 – « Historique
et légende du 4ème grade »
Colloque de Périgueux 24 février 2007.
2 – André Comte-Sponville : « Une
spiritualité sans Dieu ? », dans le
n° 56 (automne 2006) du magazine « Nouvelles
Clés ».
3 – Régis Debray – « du sacré
» Gallimard.
4 – Mircéa Eliade « Le sacré
et le profane » Folio.
5 – Edgar Morin « Le nouveau combat de la
laïcité » in Le
Débat – n°58, 1990, Gallimard.
6 – Jacques Rifflet – « Peut-il exister une
spiritualité laïque ? ». in
Jacques Lemaire (éd.), Francs-Parlers 2011.
7 – Pierre Pelle Le Croisa – Numéro 158 de la revue Points
de Vue Initiatiques – 2010.
8 – Jacques Lacan – « Allocution sur les psychoses
de l’enfant », in Autres Ecrits, Seuil
– 2001
Résumé :
« La démarche scientifique qui permet d’accéder à la connaissance des mécanismes naturels, ouvre constamment de nouveaux champs au savoir. La réflexion spirituelle est, quant à elle, un attribut lié à la progressive complexité de la pensée humaine et à sa capacité de passer d’un savoir scientifique progressivement constitué à une connaissance permettant de nous penser comme élément inséparable de l’Univers dont l’existence peut s’exonérer d’une causalité transcendantale. C’est ainsi que, après avoir créé dieu, l’homme ayant progressé y ajouta par prudence la laïcité, prolongeant le questionnement et par la-même la quête de la Vérité.
Le quatrième grade initie donc une démarche qui se situe non pas « au-delà », mais bien « au contact » des réalités, des aspirations de chacun et se présente comme une voie de libération qui ouvre la possibilité de lever l’équivoque ontologique qui pèse sur la vie et le destin de l’Homme ».