La Maçonnerie vous a fait sortir du pays d’ignorance, de préjugés et de superstition, elle vous a tiré de la servitude et de l’erreur

Auteur:

S∴ A∴ S∴ A∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
LA PALME DU DEVOIR-


Ces paroles du premier voyage de la cérémonie d’élévation au grade du Maître Secret, je m’en souviens. Elles m’ont inter

pellée, non seulement par leur contenu pointu, mais aussi par leur forme affirmative. Je me suis interrogée, plus d’une fois, sur le sens véritable de cette sentence. Pouvons-nous affirmer que nous sommes sortis réellement de ce pays-là, ou n’est-ce qu’une magnifique chance, une ultime possibilité offerte pour notre « sevrage » de l’obscurité qui nous domine ? A nous d’en faire ce qui nous semble bon, selon l’Allégorie de la caverne de l’illustre Platon.

Après mes réflexions sur le sujet et une étude des mots clés qu’il contient et qui sont : ignorance, erreur et servitude, leurs contraires : connaissance (voire savoir), vérité et liberté m’ont frappée, mettant, du coup en évidence, le véritable propos de cette affirmation : la Franc-Maçonnerie est un chemin initiatique. Son objet est la recherche de Connaissances et de Vérité libératrices. C’est un vaste chantier, tout un programme de vie que l’initié prend l’engagement de suivre et de réaliser…

Je tenterai ici, dans un premier temps, de m’expliquer ces notions attachées à ces mots clés et à leurs contraires, afin de mieux comprendre et d’appréhender l’enseignement du grade de Maître Secret.

Ignorance, erreur et servitude : l’ignorance comme cause, l’erreur comme produit et conséquence, avec ses composantes : préjugés, superstitions, illusions, etc., et la servitude comme résultat durable, par l’état inexorable dans lequel nous installe l’erreur.

Tout est une question de perception et de compréhension :

Constatons déjà, qu’entre le monde profane et le monde initiatique, il existe un écart sensible en ce qui concerne le contenu donné communément à ces termes.

Pour le commun, l’ignorance n’est qu’un manque d’instruction, de savoir, une absence de connaissances intellectuelles, de culture générale, etc. Dans ce sens, nous ne sommes que rarement totalement ignorants. C’est pourquoi, pour un Initié Franc-Maçon, héritier de l’approche de l’école pythagoricienne, l’état d’ignorance est associé à deux aspects de la condition de l’homme plongé dans l’obscurité : l’ignorance invincible et l’obscurantisme. L’ignorance est l’absence de Savoir de celui qui est dans les ténèbres de ses constructions mentales préconçues, imposées par son éducation, sa culture et son milieu. Ces constructions mentales le contrôlent ; elles déstructurent et désintègrent son Etre, ainsi, coupé de toutes relations objectives avec ce qu’il est et ce qui l’entoure. L’ignorance est aussi l’incapacité de discernement et le refus d’appréhension de ce qui nous depasse…

Je mets un accent particulier sur un aspect encore plus nuisible de l’état de l’ignorance : notre refus ou notre incapacité à nous transcender, à prendre conscience de notre vie végétative, à définir et occuper notre place véritable, faute de pouvoir nous relier à nous-mêmes, à autrui et au monde, voire, au cosmos. Dans une telle situation, la réalisation de l’Etre accompli est, tout simplement, inenvisageable. Dans ce cas de figure, l’ignorance est source de tous les excès, dérives et destructions, car synonyme de déni de toute ouverture d’esprit. Elle nous induit inéluctablement en erreur.

Comme le rappelle, si bien, Jean Jacques Rousseau, un des plus illustres philosophes du siècle des Lumières (dans Emile, III) : « […] souviens-toi sans cesse que l’ignorance n’a jamais fait de mal, que l’erreur seule est funeste, et qu’on ne s’égare point par ce qu’on ne sait pas, mais par ce qu’on croit savoir ».

Si l’erreur signifie, dans le monde profane, les fausses opinions ou doctrines, pour nous, Maçons, elle est l’ignorance de notre ignorance. Cette erreur nous plonge dans le monde ténébreux des illusions, des préjugés et de superstitions.

Privés de tout espace d’analyse, d’ouverture et de liberté de pensée et d’action, esclaves, par conséquent, de nos passions, de nos illusions et de nombreux préjugés, nous sommes totalement incapables de nous défaire de ces contraintes et d’agir pour transformer notre existence. Nous nous trouvons, concrètement, dans la servitude, cet aveuglement qui nous coupe définitivement de la réalité intelligible.

Pire, nous nous installons aisément dans cette servitude -berceuse, nous contentant de prendre pour vraies, les données arbitraires de nos raisonnements affectifs et les préjugés formés par l’habitude, en créant et recréant de fausses certitudes – illusions du savoir.

Tel est, me semble-t-il, le pays ténébreux dont la Franc-Maçonnerie nous fait sortir…et maintenant ?

A l’heure où je dois exposer les fruits de mon travail de Maître Secret, mes réflexions me poussent, encore et encore, à faire une introspection, à revisiter mon parcours, à éprouver la force de mon engagement, à sonder mes profondeurs les plus intimes pour répondre à la question : ai-je réellement pris conscience de mon état et ai-je mérité cette place ? Puis-je, alors, déclarer haut et fort : « Oui, la Maçonnerie m’a fait sortir du pays d’ignorance, de préjugés et de superstition, elle m’a tiré de la servitude et de l’erreur… Je suis un Homme libre et de bonnes moeurs, un Maître de moi-même, et de surcroîts un Maître Secret ? »

La Tradition maçonnique nous déclare qu’un Maçon est un Homme libre et de bonnes moeurs. Elle nous dit également que le choix d’un candidat frappant à la porte ne doit se baser que sur ce critère. En fin, cette affirmation est annoncée par quatre fois lors de la cérémonie de l’Initiation. Ces deux notions sont pour moi indissociables, car elles expriment l’équilibre nécessaire entre les libertés et les règles, le droit et le devoir.

A quel moment alors un profane devient-il un Homme libre, c’est-à-dire, débarrassé de tout préjugé et de bonnes moeurs, c’est-à-dire, capable d’éviter toute action préjudiciable à autrui ?

Choisir de se débarrasser de nos ténèbres et s’engager sur la Voie de la recherche de la Vérité, de la Connaissance ou de la Lumière est une décision très importante, susceptible de bouleverser tout notre être. Notre démarche spontanée commence le jour où, pour je ne sais quelle raison, on stoppe brusquement le cours infernal de notre existence, stupéfié par l’absence subite d’un quelconque argument plaidant pour la poursuivre ainsi…

C’est une évidence : l’homme éprouve d’énormes difficultés à changer ses conceptions des choses, il est naturellement enclin à résister au moindre changement, pris sous l’emprise des idées reçues. Vouloir changer suppose une prise de conscience, une intime conviction intuitive que notre courte existence ne se résume pas à un enchaînement de saisons, de circonstances, de réussites et d’échecs. Cette première prise de conscience, nous permettra-t-elle d’apercevoir notre inconscience des multiples entraves de toutes natures qui serrent et resserrent sans cesse nos vies, asphyxient nos jugements objectifs, nous forcent à épouser les moules préétablis et normalisés ? Nous permettra-t-elle d’entrevoir qu’au-delà de cette dimension usuelle, il y en a une autre, bien qu’encore confusément indéfinis ? Les sentiments d’insuffisance, d’incapacité de résoudre ses peurs et ses désirs nous submergent et provoquent au mieux, l’envie de se lancer dans cet inconnu, au pire, de se résigner. Restons dans le meilleur cas, celui où nos tentatives d’ouverture d’esprit et le désir naissant de changement nous mettent sur le chemin de la recherche de « quelque chose » que nous n’avons pas, ou que nous avons perdu.

La Franc-Maconnerie nous met sur la voie initiatique et propose un large programme pour retrouver ce qui a été perdu. Ceci passe par la recherche scrupuleuse des connaissances, du Savoir et de Vérité, en nous initiant au travail patient et constant de réflexion et de pratique, à une discipline et à une Loi.

On peut imager le parcours d’un initié comme un gigantesque escalier en forme de spirale, conduisant du fond d’un gouffre à l’air libre. Il s’agit d’une spirale particulière, large à sa base et s’amenuisant au fur et à mesure de la montée, le cercle supérieur étant régulièrement plus petit que celui qui le précède, et le dernier cercle conduisant au centre de la construction, plein axe.

Dans ce parcours circonférentiel nous élevant progressivement de nos ténèbres vers la Lumière, chaque spire nous ramène à un palier se trouvant sur le même axe, mais plus élevé et plus éclairé. Sur mon palier d’aujourd’hui, je constate que les ateliers symboliques nous permettent d’acquérir les bases nécessaires et les codes utiles à notre évolution.

A travers les trois premiers degrés initiatiques, la Franc-Maçonnerie nous permet de nous connaître et de connaître le monde qui nous entoure. En appréhendant cet accord : avec nous-mêmes, avec l’autrui et avec le cosmos, elle nous permet enfin de retrouver et occuper notre place, de nous recentrer et de nous réaliser en tant qu’Etre accompli. Mais le succès de cette entreprise est basé sur une libération inconditionnelle de l’emprise de nos erreurs et de notre servitude, en commençant par mourir symboliquement aux prejugés du vulgaire et renaître à la vie nouvelle que confère l’initiation, c’est-à-dire, par une rupture définitive avec l’existence passée et la renaissance à une existence nouvelle en tant qu’Homme libre et des bonnes moeurs.

Cette condition indispensable est constamment et graduellement rappelée, formant un fil rouge qui traverse l’enseignement des grades maçonniques. Dès l’initiation, notre bandeau est le symbole de l’illusion et des préjugés qui nous aveuglent et nous rendent insensibles à la splendeur du vrai. La lumière n’éclaire l’esprit humain que lorsque rien ne s’oppose à son rayonnement. Les Devoirs de l’Apprenti nous avertissent qu’il ne suffit pas a l’homme d’être mis en présence de la Vérité pour qu’elle lui soit intelligible. Il lui faut détruire l’illusion et les préjugés qui obscurcissent sa vision et le rendent insensibles à la splendeur du Vrai. De même, les cinq points de la méthode de Compagnon nous rappellent les causes de nos erreurs. En fin, les trois mauvais compagnons, assassins de notre Maître Hiram : ignorance, fanatisme et ambition démesurée qu’un Maître Maçon relevé a le devoir de combattre…

Pourquoi ce rappel insistant ? Pour l’initié, le vaste domaine de la connaissance ne sera jamais un domaine fini et entièrement connu. Notre monde change à chaque instant, en raison de nos révélations et nos progrès. Résolus à renoncer à nos certitudes réductrices d’une vérite figée ou
définitivement immobile, nous nous efforçons d’élargir nos champs de pensée et d’action, mais, chaque nouvel éclairage fait resurgir de nouvelles ténèbres.

L’initiation au quatrième degré suppose que l’initié a retrouvé sa « liberté », il a conscience de son état et des mérites qui y sont liés. Il est sur la Voie et en possessions de ses moyens afin de se prendre en charge pour devenir un Initié réalisé. Il n’est pas au bout de son chemin, mais bien au
début de ce qu’on peut qualifier d’Eveil pour la suite…

Ce palier initiatique qui représente le grade d’« Apprenti » dans les Loges de Perfection, est un grade d’accomplissement du Devoir, exigeant et impératif, nous précise le rituel, il lui faut donc en prendre conscience. Dépouillé des insignes de Maître Maçon afin d’indiquer que le niveau des instructions acquises jusqu’au là, ne représente que peu de chose à côté ce qu’il doit encore apprendre, il porte un voile particulier, ni opaque ni transparent. Ce voile symbolique souligne son instruction incomplète… Il lui faut comprendre qu’il n’a pas encore la compréhension lucide et la vision claire. Le Maître Secret avance entre l’ombre et la lumière, il n’est plus dans les ténèbres, mais la grande Lumière commence à paraître à peine. Le Maître Secret a le Devoir et des devoirs. Il oeuvrera à la recherche de la Parole Perdue dans le silence de la méditation et du deuil. Il aimera la Justice, marchera dans ses voies, la servira de tout son coeur et de toute son âme. Il sera discret et fidèle. En fin, il est couronné de Laurier et d’Olivier, symboles du Triomphe de la Paix et une clé d’ivoire lui est confiée afin d’ouvrir une porte menant à un autre niveau de connaissance…

En entrant en Loge du quatrième degré, nous nous rendons compte que l’espace et le temps ont changé, ils sont devenus infinis. Nous avons quitté l’espace terrestre pour le cosmique ; nous sommes passés du terrestre au céleste, des moyens au but, de Jean au Livre des Rois, de l’artisanal au sacerdotal. Le divin succède à l’intellect.

Il s’agit là d’une deuxième initiation. Semblable à la première, elle est à la fois une nouvelle rupture et une continuité.

Avec la mort de Maître Hiram, la Parole est perdue, la relation directe avec le divin est interrompue. Pour rétablir la liaison, nous devons donner une autre orientation à notre recherche, tournée vers un nouvel accord entre notre être libéré, le monde spirituel et le monde divin ; car, l’Homme accompli presente la particularité d’exprimer le divin sur la terre, de devenir pour lui et les autres, créateur d’un bonheur fécond…

Le décor est changé, nous ne sommes plus sur le chantier, mais dans le sanctuaire du Temple. Le chantier est arrêté le temps de pleurer sur le Maître Hiram. Dans le silence et la méditation, les lèvres scellées, le Maître relevé, régénéré, recentré et reçu Maître Secret, est en gestation de ses
nouveaux potentiels, tel le récipiendaire qui subit l’épreuve de la Terre. Il lui faut germer intérieurement et émerger de son nouveau noyau spirituel, semblable aux déploiements des ailes, en prenant réellement possession de son étre, de sa place et de son destin, et s’envoler vers la Lumière naissante du Grand Dessein.

Dépourvu de ses repères : plus de bruit de chantier, plus d’heure de travail précise, plus d’instruments, le Maître Secret est confronté à sa Liberté. Ayant souscrit aux exigences de son grade, il accède, avec prudence et discrétion, à une pensée libre et critique, plus intime et personnelle, à une autonomie dans son cheminement dans l’ordre, à un ordre nouveau.

Pour permettre au Maître Secret d’accéder à un nouvel état de conscience, il lui faut un degré de lucidité plus élevé pour appréhender l’immatériel et progresser, avec, comme seul tuteur, son Devoir.

Le rituel nous dit que le quatrième grade est le grade de Devoir. Plus on a de liberté, plus nous avons de devoirs. C’est une question d’équilibre. Cela me rappelle une planche anonyme sur le concept maçonnique Libre et bonnes moeurs :

Pour pouvoir comprendre la locution, il est impossible de dissocier les deux expressions. Transposé dans une recherche sur la dualité : cela serait, comme vouloir expliquer le noir, sans parler du blanc, parler du blanc en omettant le noir. L’un et l’autre ne sont pas dissociables. Nous faisons alors le parallèle entre : Etre libre et de bonnes moeurs et Droits et devoirs. Etre libre semble être du domaine de nos droits. De bonnes moeurs nous apparaît comme étant du domaine de nos devoirs. Droits et devoirs ne peuvent pas être dissociés. Le « et » de cette locution, est tel le pivot d’une balance. S’il venait à être manquant, les deux plateaux de la balance tomberaient. Sa présence fait que les deux plateaux peuvent se balancer au-dessus du vide. Avec des charges correctement posées de part et d’autre, l’ensemble trouve son point d’équilibre, son calme, sa tranquillité…la paix seule garante de la prospérité du groupe.

Ce nouveau chemin est d’autant plus difficile et instable, que débarrassés de nos bandeaux et voiles, même les premiers rayons de Grande Lumière peuvent nous aveugler. Trompés par nos ambitions, nous créons et récréons de nouvelles certitudes et chimères à la place des celles déjà détruites, remplissant, à nouveau, l’espace ainsi débarrassé, au prix de grands efforts.

Néanmoins, forte de l’enseignement reçu, j’avance, une spire après l’autre, en m’efforçant de vider mon sac de voyage chaque fois qu’il me semble, s’alourdir.

Le probable et le relatif prennent peu à peu le pas sur l’irréfutable ou l’aléatoire, sur les certitudes binaires. C’est une attitude pas ordinaire, et parfois, déstabilisante, mais combien plus ouverte : le champ des possibles s’étend à l’infini…

C’est dans cette lumière de ma compréhension, même si elle n’est encore qu’une lueur, que je peux dire que la maçonnerie m’a libéré de l’ignorance ; je préfère, néanmoins, être plus prudente et moins affirmative ; la liberté, je commence à la tâter.

La liberté c’est la possibilité de penser, de s’exprimer, d’agir, selon ses propres choix et sa conscience, en restant ouvert à l’autre et à la connaissance.

Elle n’est pas une fin en soit, mais un moyen pour poursuivre l’oeuvre de la Création, car je crois en la perfectibilité de l’homme. Cette perfectibilité passe par une analyse constante de nos pensées et de nos actes avant de porter un regard, un jugement sur autrui. Elle passe aussi par un refus d’accepter de nouvelles certitudes douteuses, car la remise en question est nécessaire pour aborder les nouvelles spires avec un pas léger et le sac du voyage vide.

Notre liberté n’est nulle part ailleurs qu’en nous-mêmes. Si nous prenons conscience de nos devoirs et les pratiquons tous les jours dans la Loge, dans la cité, dans nos familles, sans relâche, sans aucune complaisance, sans une attente de récompense et avec conviction, cette liberté vivante est la satisfaction de notre conscience en paix. Elle nous mène et nous tire sur le chemin de notre progression humaine, de notre possible perfectibilité, éventuelle evolution vers plus de clarté, si non de Lumière.

Sur ce gigantesque escalier en forme de spirale où me placerai-je aujourd’hui ?

J’ai dit.

Sources :

Rituel des travaux au 4ème degré symbolique, FOA-DH.
Mémentos des grades d’Apprenti, du Compagnon et du Maître, DH.
Platon. La République. Livre VII. Allégorie de la caverne.
Encyclopédie Universelle « Academic » http://encyclopedie_universelle.fracademic.com.
Mon F et ami, Michel M qui m’a dispense la premiere instruction au 4ème degré à Marseille.
Les SS et FF anonymes qui ont partagé leurs éclats de Lumière dans la chaîne d’union du cyberespace.
L’édifice.

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