La parole perdue

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Je me souviens lors d’une exaltation à la maîtrise à laquelle j’assistais, me dire que la clef qui ornait mon sautoir de 4ème avait été façonnée pour m’aider à retrouver la Parole perdue. Elle allait forcément indiquer à un moment du grade, la serrure qui lui convenait. Peine perdue…Point d’écrin ou de coffre secret à ouvrir mais une longue réflexion qui m’a conduit à la planche de ce midi.

Je vais donc tenter de vous les livrer, tout en gardant en mémoire ces quelques mots offerts par Gianny : « la sagesse résidant dans la réduction, je sens que je vais faire court ».

Si je remplace l’adjectif « perdue » par le verbe perdre je découvre un sens nouveau : perdre la parole autrement dit devenir muet, à l’instar de l’Apprenti dont le silence est de rigueur afin de pouvoir écouter et découvrir un nouveau lexique : métaux, pierre, dégrossir, midi, colonnes, lumières etc…un monde de symboles « ici tout est symbole ». Mais aussi se dépouiller de ses métaux, des idées toutes faites, des idées reçues, du : « parler pour ne rien dire »…

Perdre la parole n’a qu’un temps puisqu’au grade de Compagnon la parole est redonnée et devient échange…les voyages l’amenant à découvrir de nouveaux rituels, de nouvelles idées et lui permettant de rapporter à sa loge mère non seulement les salutations, mais aussi les paroles dont il est porteur.

Au grade de Maître, la parole devient à la fois transmission (transmission d’un savoir auprès des compagnons et des apprentis) mais aussi une charge (parole du Vénérable, de l’Orateur, du Secrétaire, des 1er et 2ème surveillant, du Tuileur, etc..) On peut presque dire que dans les trois premiers grades la parole est un outil concret dont le maniement demande un véritable apprentissage à l’instar des autres outils permettant la construction du Temple. Il ne s’agit plus de bâtir une tour de Babel mais bien un édifice où règne la force, la beauté et la sagesse.

Il nous faut ensuite pénétrer dans un nouvel espace, espace introduit par la Légende d’Hiram, mythe fondateur de la Franc Maçonnerie. Hiram est mandaté comme architecte pour la construction du Temple de Salomon. Ce dernier est un soir piégé par trois mauvais compagnons qui voulant posséder le mot du Maître et n’obtenant qu’un refus, l’assassinent.

Le Maître est mort et avec lui la Parole…nous sommes en deuil, laissé à nous même. Une parole de substitution est trouvée afin de poursuivre l’ œuvre commencée mais elle n’est plus la parole originale, la parole « sacrée ».

Pourtant une question se pose : ce mot était connu des maîtres initiés par Hiram. Il leur servait de signe de reconnaissance. Pourquoi n’est-il pas transmis ? Pourquoi nous obliger à le rechercher puisqu’il n’est perdu qu’en apparence ? et c’est là qu’opère la sagesse des anciens. Cette Parole ce n’est pas un simple « sésame », un mot de passe qui ouvre tout grand les portes de la Connaissance.

C’est d’ailleurs un des sens étymologique du mot « parole » Si le premier signifie entre autre sumbolon c’est à dire symbole (signification qui nous est familière à nous maçons), l’autre vient d’une correspondance entre le mot latin verbum et le mot grec « logos », c’est-à-dire la connaissance. On pourrait opposer la connaissance dans ce qu’elle implique de sagesse et de prudence au savoir qui empêche souvent de voir « ÇA ». Le çà étant une source intérieur qui échappe à notre volonté d’après une des définitions psychanalytique.

C’est donc à chacun de nous de trouver le chemin de notre connaissance. Cette recherche va nous permettre de comprendre qu’il n’y a pas de chemin tout tracé. C’est le début d’une quête initiatique personnelle en toute liberté de conscience, une invitation à la réflexion et la méditation. A la différence des sectes nous ne sommes pas assujetti à une parole « imposée » mais bien en recherche d’une parole « libérée ».

Comme l’explique une légende bouddhiste, la connaissance, devant la folie des hommes, a été cachée par les dieux dans un endroit des plus secrets…le fond du cœur… Or, le cœur désigne souvent la vie intérieure, la pensée intime et secrète. Toute véritable connaissance ne peut se concevoir que dans cette alliance harmonieuse du cœur et de l’esprit. C’est là qu’il nous faut trouver notre Parole.

C’est dans cet espace silencieux que nous devenons Maître secret. Mais le silence du Maître secret n’est pas isolement. La parole circule, devient échange, dialogue. Me revient en mémoire ces mots : « le dialogue en loge, c’est croiser deux voix dans une parole pour en produire un sens. C’est la confrontation de deux consciences qui aspirent toutes deux à la lumière ».

Nous découvrons là un des aspects du travail maçonnique : la liberté d’une pensée qui se construit dans le silence intérieur pour se confronter ensuite avec celle des autres, échange dans le respect et l’écoute sans renoncer à son libre arbitre.

La Parole est perdue…soit ! Mais c’est peut-être ce qui nous permet, par son absence même, ce questionnement qui fait de nous des compagnons de route, des quêteurs de sens, des chercheurs d’absolu. L’essentiel n’est-il pas aujourd’hui d’être en marche ? De rassembler ce qui est épars afin d’arriver peut-être un jour à passer de la dualité à l’unité ? Peut-être est-ce ainsi que la Parole sera retrouvée ?

Puisse la parole circuler librement entre nous…

J’ai dit.

Pourtant une question se pose : ce mot était connu des maîtres initiés par Hiram. Il leur servait de signe de reconnaissance. Pourquoi n’est-il pas transmis ? Pourquoi nous obliger à le rechercher puisqu’il n’est perdu qu’en apparence ? et c’est là qu’opère la sagesse des anciens. Cette Parole ce n’est pas un simple « sésame », un mot de passe qui ouvre tout grand les portes de la Connaissance.

C’est d’ailleurs un des sens étymologique du mot « parole » Si le premier signifie entre autre sumbolon c’est à dire symbole ( signification qui nous est familière) l’autre vient d’une correspondance entre le mot latin verbum et le mot grec « logos », c’est-à-dire la connaissance.

Cette recherche nous permet de comprendre qu’il n’y a pas un chemin tout tracé. C’est le début d’une quête initiatique personnelle en toute liberté de conscience, une invitation à la réflexion et la méditation. A la différence des sectes nous ne sommes pas assujetti à une parole « imposée » mais bien en recherche d’une parole « libérée ».

C’est dans cet espace silencieux que nous devenons Maître secret. Mais le silence du Maître secret n’est pas isolement. La parole circule, devient échange, dialogue. Me revient en mémoire ces mots : « le dialogue en loge, c’est croiser deux voix dans une parole pour en produire un sens. C’est la confrontation de deux consciences qui aspirent toutes deux à la lumière ».

Nous découvrons là un des aspects du travail maçonnique : la liberté d’une pensée qui se construit dans le silence intérieur pour se confronter ensuite avec celle des autres, échange dans le respect et l’écoute sans renoncer à son libre arbitre.

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