#401012

L’Orgueil est le fait d’avoir, par Amour, une opinion plus avantageuse que de raison de soi-même

Auteur:

J∴ N∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué
A la Gloire du Grand Architecte de l’Univers
Ordo ab Chao – Deus meumque Jus
Sous la juridiction du Suprême Conseil pour la France des Souverains Grands Inspecteurs Généraux
du 33ème et dernier degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté

Baruch Spinoza (L’Ethique 1677 livre III De l’Origine et de la Nature des Sentiments)

Mes F M S, je commencerai mon travail par une invitation à un voyage de quelques lignes dans le monde de Baruch Spinoza :

Baruch Spinoza (1632 – 1677) :

Philosophe hollandais d’origine juive et portugaise, né à Amsterdam. Côtoyant des milieux chrétiens libéraux et libres penseurs, Baruch Spinoza est séduit par la philosophie cartésienne et se montre avide de connaissance. Le Dieu de Spinoza est impersonnel, ni créateur, ni bienveillant, ni malveillant, sans dessein particulier pour l’homme, sans morale (la morale est faite par les hommes pour les hommes). Cette vision de la divinité l’a fait, de son vivant, accuser d’athéisme et il est excommunié en 1656. L’Ethique (1677), son œuvre majeure, est rédigée comme un livre de mathématique, dans un souci de rationalisme absolu.

Quelle est la vision de Spinoza concernant l’Orgueil et l’Amour :

Pour Spinoza l’orgueil diffère de la surestime. La surestime se rapporte à un objet extérieur, et l’orgueil à l’homme même, qui a de soi une meilleure opinion qu’il n’est juste.

En outre, de même que la surestime est un effet ou une propriété de l’amour, forme détournée de l’amour « Pornéïa » il en est de même de l’orgueil par rapport à l’amour-propre, et par suite il peut aussi se définir comme étant l’Amour de soi-même.

L’amour de soi, le narcissisme, le nombrilisme, est un sentiment qui nous referme sur nous même. Souvenons-nous mes F M S du mythe de « Narcisse ». Narcisse aimait tant se contempler sur le reflet de l’eau, qu’un jour, en voulant embrasser sa propre image, il se noya.

Dans l’Orgueil, l’égo, ne vise pas, spontanément, à l’accomplissement de soi. En effet, nous pouvons considérer qu’il est conservateur. « Pourquoi vouloir changer, évoluer, parfaire ? »

Bien entendu nous ne devons pas non plus sombrer dans le dénigrement ou l’abjection de soi. Sinon nous tomberons par opposition au titre de mon travail de ce matin à :

L’Abjection est de faire de soi, par Tristesse, moins de cas qu’il n’est juste

Spinoza (proposition 57), nous explique que malgré que le dénigrement de soi soit le contraire de l’orgueil, l’homme se dénigrant lui-même est très voisin de l’orgueilleux.

Il s’agit plutôt de prendre son propre égo pour être au service du perfectionnement et de l’accomplissement du soi en soi.

Et qu’en est-il de l’Amour pour le M S ?

Le profane complète sa purification en traversant les flammes. Mais, quel est la nature de ce Feu capable de renouveler la nature profonde de l’homme afin qu’il puisse intégrer ces préceptes ? N’est ce pas le Feu de l’Amour ? « Puissent les flammes de l’Amour embrasser notre cœur » nous est souhaité.

L’Amour agit comme un véritable combustible, il renouvelle notre cœur tout en nous faisant naitre à nouveau, plein d’une vie nouvelle. Voilà, « la vie nouvelle qui nous confère l’initiation » ! Ce n’est qu’à cet instant précis que « La Charité pourra inspirer nos paroles et guider notre conduite » comme il est dit.

L’Amour trouve donc son expression à travers la Charité.

La Charité exige le don de soi, exige le sacrifice ! Car « il faut commencer par le sacrifice pour fonder l’Amour. L’amour ensuite, peut solliciter d’autres sacrifices et les employer à toutes les victoires ».

Pour nous M S le 4ème voyage nous rappel « ce que la maçonnerie te demande, c’est de promouvoir la justice ». Nous recherchons l’harmonie du monde rendue possible par la présence divine en tout et partout. Celle-ci nous suggère la transcendance divine que « Les Lévites » devront protéger avant de pouvoir connaitre « Le divin dessous des choses ».

Notre voyage en Maçonnerie débute par la prise de connaissance de l’acronyme V I T R I O L. Nous sommes en contact avec la lumière mais cela ne suffit pas à nous éclairer et « Mes F F me reconnaissent pour tel ».

La progression se poursuit par une transgression « j’ai vu l’étoile flamboyante ». Le compagnon répond à la première personne, il a ressenti cette étincelle divine en lui qu’il n’aura de cesse de trouver.

En poursuivant notre chemin voici que l’acacia m’est connu : cet acacia « connaissance » que j’ai vu en voyageant sinon pour chercher la parole perdue, au moins pour rassembler ce qui est épars. Ce passage par la mort, passage obligatoire pour faire surgir à nouveau la lumière. Lors du début du passage à la verticalité il est dit : « il apparaît plus radieux que jamais ». Ce terme radieux nous laisse déjà pressentir la glorification dans le sens d’irradiation de la lumière. La mort n’est pas le dernier mot et les ténèbres ne l’emportent jamais sur la vie éternelle de la lumière : c’est la dimension spirituelle d’HIRAM.

Et à ce quatrième degré ?

Lors des trois premiers degrés, nous étions dans un mode comportemental de réception de la lumière ; à partir de ce degré, la lumière est en nous. Au même temps, nous sommes maintenant détenteur de la clé d’ivoire, mais nous ne savons pas pour autant nous en servir, il nous manque le mode de communication de cette lumière.

Le Maître Secret est un être ayant vécu une expérience du Divin afin d’en rendre témoignage de cette dernière.

Le mot sacré, ZIZA « Splendeur » est l’éclat de l’Esprit proche, qu’il nous est donné d’appréhender. À l’instant de la cérémonie, où tiens la chandelle, symbolisant notre ascension sur l’axe cosmogonique traversant le Saint des Saints (L’axe en question relie l’Orient et l’Occident de la Loge des Maîtres Secrets).

Le « Je m’en glorifie » du Maître Secret évoque en moi la « splendeur » (ZIZA) et m’intègre au rayonnement d’une présence manifestée, sacrée et souveraine en nous.

Parcelle de divinité pour certains, l’âme pour d’autres, elle est la manifestation de l’Être qui s’avance dans sa magnificence d’Être, libéré de tout ce qui le dissimule. N’est-ce pas devant cette présence manifestée, symbolisé par le flambeau tenu de la main gauche, que le nouveau Maître Secret prête serment d’allégeance ?

Remarquons que le voyage de verticalisation initié au 3ème degré n’est pas fini. Nous portons encore une équerre d’argent sur notre front. Au 4ème degré, nous rentrons dans une nouvelle dimension entre le tableau de loge et le tableau de l’ordre. Entre le monde sensible et le monde intelligible, cette nouvelle dimension celle de l’âge du MS, 3 x 27 ans (34) accompli ; ce mot accompli qui signifie réaliser, sur lequel on ne peut plus revenir.

D’après le dictionnaire : Se glorifier : signifie faire gloire de quelque chose, en tirer vanité et orgueil. Alors dois-je tirer vanité et orgueil d’avoir franchi les étapes des trois premiers degrés, d’être passé définitivement de l’équerre au compas ?

N’ai-je pas d’ailleurs été couronné ?

N’ai-je pas été choisi pour faire partie de l’élite : ces 7 maîtres choisis pour continuer la construction du temple, cette qualité de lévite : gardien du saint des saints.

Non, nous ne pouvons pas affirmer cela. Bien au contraire, au 4ème degré la gloire est à l’opposé de tout cela, ce qui nous diverge de Spinoza, la gloire n’est pas la renommée, le succès, la gloriole ; il s’agit d’une présence manifestée.

C’est la manifestation du Créateur à l’œuvre dans sa création. Ce Dieu, dont le nom est ineffable, est manifesté par sa créature.

Ainsi au quatrième degré, nous dépassons la « simple » « connaissance de Dieu auteur de tout ce qui est », pour tenter une expérience réelle du Divin en nous, mais la tâche est difficile.

Alors…nous pouvons répondre Oui je m’en glorifie !

Dans le même temps, je découvre qu’en qualité de M S et pour que la volonté de Dieu soit faite (page 25) : Je dois être discret, je dois être obéissant, je dois rester fidèle. Ainsi, ma quête de la vérité et de la lumière reste attachée à la réalisation du Devoir.

Et c’est ainsi qu’au 4ème degré que nous apercevons ce qui se passe dans le Saint des Saints, la partie la plus sacré en moi, la partie la plus sacré en nous. Le 4ème degré est donc une Maîtrise « Potentielle », car en accomplissant définitivement le passage de l’Equerre au Compas, le Maître Secret s’approche de son Être le plus profond. Il s’en glorifie et nous pouvons affirmer que l’éclat du jour a chassé les ténèbres et la grande Lumière commence à paraître : nous sommes dans un degré de décantation, de purification. Si le 4ème degré est une Maîtrise « Potentiel », la suite des degrés nous amènera-t-il à une Maîtrise « Effective » c’est la question que nous pouvons nos poser ?

Depuis les trois premiers degrés, nous essayons de nous débarrasser de toutes les impuretés et l’orgueil étant l’un des sept péchés capitaux et souvent même considéré comme le plus grave d’entre eux ; je souhaite alors, partager la sentence suivante de Saint Augustin avec vous :

« Les vices s’attachent au mal pour qu’il se fasse ; seule l’orgueil s’attache au bien pour qu’il périsse ».

Ainsi, si je laisse par Amour de soi, l’orgueil, prendre place en moi, je mets en péril le rayonnement de la parcelle de divinité que j’ai en moi. L’orgueil s’enracine dans l’ingratitude, qui suppose elle-même une perte de conscience de ce que nous sommes réellement. L’orgueil est notre ennemie que nous devons combattre pour éviter qu’il ne puisse étouffer l’état et l’action de glorification que nous devons mettre en place au 4ème degré.

En conclusion

Il est des hommes qui se glorifient de leurs propres mérites, hors nous MS nous ne pouvons seulement nous glorifier de la prise de connaissance de la parcelle de divinité que nous avons en nous.

C’est-à-dire…si je me réfère à la signification divine : …que je me laisse baigné, irradié, illuminé et élevé par la gloire qui émane de ce grade, de cette phase spirituelle, de cette lumière qui m’a traversé et envahi et que j’ai le devoir de faire rayonner et de la porter devant moi.

Cette gloire dont il s’agit n’est pas la mienne, ni celle d’un homme; mais celle du principe créateur qui est en moi qu’au REAA nous appelons GADLU.

Cette gloire a donc rapport à la lumière, celle du créateur ; alors qu’aux trois premiers degrés, j’étais dans un monde comportemental de réception de lumière, à partir de ce degré la lumière est en moi.

Dès le début de ma réception, je portais un flambeau dans la main gauche ; je portais donc moi- même un fragment de cette lumière, de la vérité dont je suis le gardien et que je dois répandre. Vérité et Parole Perdue que je dois découvrir par l’accomplissement de mon « Devoir »

On me dit également que par, j’ai mérité d’être admis parmi les lévites, fidèle gardien du saint des saints et un des sept nommés pour poursuivre la construction du glorieux édifice : on m’invite donc à travailler pour la gloire de Dieu en construisant mon temple intérieur qui doit donc être glorieux donc par là-même irradié.

Le tableau de loge du quatrième degré rappelle au maître secret que le Grand architecte de l’univers lui assure protection et que les neufs rayons de la gloire de Dieu qui irradient la loge lui font bien entendre que c’est cette volonté divine qui guide son chemin.

Dans ce quatrième degré j’ai vécu une expérience du divin, je vais désormais essayer de vivre pour le seul but de transmettre les bienfaits de cette expérience. Que mon image intérieure soit égale à mon image extérieure et ainsi seulement je pourrais être un homme vrai en toute circonstance, un homme juste et peut-être qu’un jour un éclair de génie me traversera.

Spinoza nous fait prendre conscience des éléments qui vont permettre le développement de l’Orgueil chez l’homme. Le Maître Secret doit bien comprendre que l’Amour guidé par la Charité et l’opinion de soi guidé par une vision juste, résultante de la « Promotion de la Justice », lui permettront d’intégrer au rayonnement d’une présence manifestée, sacrée et souveraine en lui.

Depuis les trois premiers degrés nous sommes passé de « Dieu auteur de tout ce qui est » à Dieu est en nous. Alors sans hésitation, je laisse ma porte ouverte et je chante :

« Tiens ma lampe allumée jusqu’à ton domicile » afin de me permettre de crier haut et fort :

« Oui je m’en glorifie et que la volonté de Dieu soit faite ».

J’ai dit T F P M

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