#401012

Qu’avez-vous appris ?

Auteur:

M∴ E∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Acacia - Orient de Libreville
A la Gloire du Grand Architecte de l’univers
Ordo Ab Chao,
Deus Meumque Jus
Sous la Juridiction du Suprême Conseil pour la Côte d’Ivoire
des Souverains Grands Inspecteurs Généraux du 33ème et dernier Degré du
Rite Ecossais Ancien et Accepté

A04I-2-1

« Qu’avez-vous appris ? » Cette question est posée par le T F P M à la fin des travaux des Maîtres Secrets. La réponse figurant dans le rituel est : « Garder le Secret, rester Fidèle, être Obéissant. Et que la volonté de Dieu soit faite ».

Aussi, cette planche s’articulera autour du Secret, de la Fidélité et de l’Obéissance, et de la place de Dieu, Grand Architecte de l’Univers dans la démarche quotidienne des Lévites que nous sommes.

Le Secret du Maître Secret.

Par définition le secret est ce qui doit être tenu caché ; le secret est le silence qui entoure quelque chose, il s’agit là de la discrétion ; le secret est la partie le plus intime, la plus cachée d’une chose, c’est le tréfonds ; le secret est un moyen caché, peu connu ou difficile à acquérir ; le secret est ce qui a été fait de façon secrète, sans témoin. Enfin on parle de Secret lorsqu’il s’agit d’un mécanisme caché dont la connaissance est nécessaire pour faire fonctionner quelque chose.

Lorsque l’on évoque la notion de Secret, il n’est pas inutile de rappeler les conditions objectives de la diffusion des idées. Toute pensée nouvelle, toute pensée non conforme aux idées établies est hérétique. Lorsque l’hérésie est condamnable, condamnée, celui qui y adhère doit, s’il veut échapper au bûcher, à la pendaison ou à tout autre forme d’exécution, se protéger, être secret. Il en fut ainsi pour les Esséniens, les premiers chrétiens et les Francs-Maçons d’autrefois.

Mais le terme « Secret » fait aussi référence à l’ésotérisme qui n’est ni le spiritisme, ni l’occultisme ; même si l’un et l’autre peuvent être qualifiés de sciences ésotériques. L’ésotérisme est une voie d’approche de la Connaissance, selon laquelle toute expérience spirituelle ne peut être qu’intime, elle ne peut être reportée, ce en quoi elle est secrète. Tout Initié doit avoir en conscience que le Secret est incommunicable. Aussi, aucun ésotériste, pour reprendre le néologisme utilisé par A Riffard, ne peut rendre sa doctrine complètement incompréhensible à toute personne qui n’en est pas l’adepte, sauf à aboutir à ce qu’elle devienne inopérante. Le besoin de communiquer ne peut se limiter aux gestes et attouchements et conduit à l’usage des mots afin d’exprimer des idées.

Ainsi, l’idée de Secret est omniprésente lorsqu’il est fait référence à la Franc-Maçonnerie. Car la conservation de l’Ordre Maçonnique tout entier et de sa vie semblent attachées à l’observation du Secret. Pour les Francs-maçons que nous sommes, elle est la condition vitale de l’existence et de l’influence de la Maçonnerie. Chaque récipiendaire, du profane, lors de son initiation, aux Frères, à chaque augmentation de salaire, jure de garder le Secret le plus rigoureux. Il doit garder ce Secret comme le Devoir le plus sacré qu’il s’est imposé. Ce Secret maçonnique est associé à la quête initiatique, fondement même de l’aspiration des membres de l’Ordre maçonnique. Cette quête initiatique peut être définie comme l’élévation de la conscience individuelle à un certain niveau de conscience universelle, ou comme la pénétration de la conscience individuelle par des valeurs universelles. Malgré ce relativisme, le vrai Secret que doit garder le Franc-Maçon réside dans le fait que toute expérience spirituelle est unique et ne peut être transmise. Seuls les outils, les processus que nous nommons symboles et les rites peuvent être décrits et enseignés, et leur enseignement est la base du travail en Loge.

Mais quel Secret est demandé au Maître Secret de savoir garder ? Et que faut-il cacher et pourquoi, nous demanderions-nous ? La mort d’Hiram et sa résurrection ou renaissance dans le nouveau Maître ont fait de nous des Maîtres Maçons. Mais la disparition sacrificielle du Maître Hiram contraint à l’arrêt de l’œuvre, car les principes de sa finition sont disparus. Ces principes sont ce que le Maître Hiram avait coutume d’enseigner concernant Dieu, les Hommes et le Monde. Dès lors, comment construire, même si le nouveau Maître, substitut d’Hiram, peut concevoir. Cette disparition constitue la fin d’un cycle qui est le socle d’un nouveau départ. Pour virtuel qu’il soit, ce changement d’état induit par le 3ème Degré correspond à une sorte de restauration ontologique, début de la restauration de notre complétude.

Conscient de la fonction créatrice de la Parole, le Maître Maçon est incité à la recherche de la Parole Perdue dans laquelle se cache la Vérité. Cette recherche commence à partir du Maître Secret. A peine énoncé, ce prédicat en fait surgir un autre, la nécessité de la qualification avant l’action. Pour ce faire au 4ème Degré, on a recours aux Lévites bibliques, le Maître étant appelé à exercer une fonction auxiliaire, parce qu’il doit « …nommer et instruire les Maîtres ». Car comme le souligne le Frère Orateur lors de la réception au degré de Maître Secret, le Maître Maçon a mérité d’être admis parmi les Lévites, il devient le fidèle gardien du Saint des Saints et un des sept Frères nommés pour remplacer notre Respectable Maître Hiram-Abif. Et comme tel, il est dépositaire des secrets et, par conséquent, il doit les garder. Car ce fut aux Lévites que Dieu, en récompense de leur zèle à punir l’adoration du veau d’or, attribua le sacerdoce qui jusque-là n’avait été exercé que par les premiers-nés d’Israël. Prêtres d’Israël, les Lévites étaient préposés au service du tabernacle ; devaient en garder les portes nuit et jour, porter durant les marches les vases et les autres ustensiles employés dans les sacrifices.

Ainsi le Maître Secret, un des sept Lévites, est celui par lequel le nouveau cycle commence. Conscient de la fonction créatrice de la Parole, lui le Lévite est conscient également que c’est dans la recherche de celle-ci que se cache la Vérité. Pour les Lévites bibliques, l’Arche représentait le trône de Dieu au milieu de son peuple, il convenait de garder le silence sur les trésors qui y étaient contenus. Pour les Lévites écossais, réceptacles de la Tradition mise à la disposition de chacun d’entre-nous, il y a lieu d’être vigilant, de mobiliser les disponibilités, sans zone propice à l’évasion. En outre cette disposition d’esprit à esprit, image d’intériorisation personnelle, exaltée par des serments, est l’équivalent d’un vœu, aussi elle ne peut en aucun cas être transgressée, c’est pourquoi elle qualifie le 4ème degré.

En effet si le 3ème Degré, celui de Maître est considéré comme un épisode dramatique de la vie humaine ; Hiram, comme le symbole du bon principe, et les trois mauvais compagnons, comme les représentants du principe du mal, au Grade de Maître secret, l’action continue et se développe lentement sous le voile de l’allégorie. La scène représente le sanctuaire, ou le Saint des Saints. C’est dans ce lieu sacré, séparé de la nef par une balustrade dont les lévites avaient seuls la clé, qu’était placé le tombeau d’Hiram, élevé par Salomon. Sous la voûte du Temple, est un « G » radieux, entouré des attributs de la divinité. Au premier abord, on est tenté de voir dans le sanctuaire du Temple consacré aux mânes d’Hiram, le symbole des plus secrets mystères de la science théogonique, mystères auxquels les lévites seuls étaient initiés. Mais le Frère Vassal, dans son « Cours complet de Maçonnerie », y voit de plus hauts enseignements : « Le sanctuaire du Temple, dit-il, représente la conscience de l’homme ; c’est la partie la plus concentrée de son être ; elle peut seule concevoir la grandeur et l’immensité de Dieu. La balustrade représente la raison qui préserve la conscience des funestes effets des préjugés vulgaires et fanatiques. La Clé du sanctuaire, est le symbole de l’intelligence, qui, en éclairant la conscience, permet à l’Homme d’arriver jusqu’à la Vérité, qu’il concentre en lui-même dès qu’il en a la conviction la plus intime ; d’où il résulte que la conscience, figurée parle le sanctuaire, est, comme le Saint des Saints, un asile sacré où personne n’a le droit de pénétrer ».

Ainsi donc, ce qui est Secret n’est par définition pas revélable, mais connu seulement de ceux qui partagent le Secret.

L’Obéissance du Lévite.

Obéir c’est se soumettre à la volonté de quelqu’un, à une force, à une nécessité naturelle ou à un règlement. Une personne qui fait preuve d’obéissance est qualifiée de disciplinée. En effet, le ciment et la condition de la pérennité de la Franc-Maçonnerie, comme de toute société secrète, tiennent dans son organisation. Le Secret ne suffit pas, il faut un but et des moyens. Le but est individuel, les moyens sont collectifs. L’Homme qui rentre en Franc-Maçonnerie poursuit concrètement un but qui n’est pas philosophique, mais pratique. Et plus qu’une hiérarchie, la société secrète et la société initiatique présentent des degrés de filiation. Comme la famille ancestrale, l’évolution de l’individu est calquée d’abord sur son obéissance absolue aux anciens (la symbolique du silence), puis son « éducation » (la symbolique de l’Initiation), ensuite sur ses actes d’allégeance (les services qui lui sont demandés en même temps que ceux qu’il peut rendre, anodins d’abord puis plus impliquants).

C’est dans ce cadre que la Franc-Maçonnerie devient naturellement un substitut familial qui prend la place de la famille naturelle et, en tout cas, fonctionne comme la famille ancestrale sur la base de l’obéissance aux anciens. La confusion entre Sagesse et Obéissance fait partie de la mystification. Mais l’Obéissance, ciment de la société ancestrale lorsqu’elle se réfère à la Sagesse, peut également conduire à l’allégeance obligée par le fait même de l’adhésion secrète. Mais l’Obéissance du Maître Secret est copiée sur celle du Lévité qu’il incarne ; car dans leur service, les Lévites se devaient d’être obéissants, conscients qu’ils étaient d’agir sous l’Œil de l’Eternel. Placés sous l’autorité des sacrificateurs, ils se devaient de faire preuve d’humilité, de discernement et de vigilance, qu’ils soient portiers, intendants, administrateurs et juges, ou qu’ils soient chargés comme au temps de Néhémie de faire comprendre la Loi.

Pour le Maître Secret, c’est l’Œil du tablier qui est chargé de lui rappeler, si besoin est, qu’il doit veiller continuellement à l’accomplissement de l’Œuvre et à la construction de l’Edifice. Aussi, être obéissant est un préalable indispensable pour être digne de « Promouvoir la Justice ». Il est d’ailleurs clairement dit : « Malheur à ceux qui aspirent à ce dont ils sont indignes ».

On comprend donc pourquoi être obéissant en Maçonnerie entraîne nécessairement exercice de Devoir et de Fidélité aux serments maçonniques. Dès notre premier contact avec le Cabinet de Réflexion, il est question de Devoirs. Le Testament philosophique n’interpelle-t-il pas l’impétrant en lui demandant les Devoirs de l’Homme envers l’Humanité, envers sa famille et envers lui-même ? L’axe est tracé ! Et au cours de notre évolution dans l’Art royal, chaque augmentation de salaire est assortie de nouveaux Devoirs, règles et serments à respecter. « En santé comme en maladie, en prospérité comme en adversité, le Devoir est, pour le Maître Secret, aussi exigeant que la nécessité ».

On peut se demander pourquoi il y a une nécessité du Devoir chez le Lévite. Pour répondre à cette interrogation, l’idée du Bien s’avère fondamentale. Que le Bien soit une obligation signifie négativement qu’il n’est pas contrainte. Si tel est le cas, il serait impossible de ne pas accomplir le Devoir ; il serait impossible d’agir contre lui et même lui résister. Dire « je dois » reviendrait à dire « je fais » contre ma volonté. Le Devoir ne pourrait plus être source d’action. Ce que refusât Socrate accusé d’impiété, et s’opposant à la tyrannie de Critias, il dut boire la cigüe. Xénophon (430-355 av JC), philosophe, historien et maître de guerre disait : « pour donner la foi à un groupe ; le premier point, c’est de lui montrer par le raisonnement le bien qui résulte du Devoir ».

La Maçonnerie est un Devoir, le Devoir impliquant l’action. Il est un des symboles majeurs du 4ème Degré. A ce stade, le Maître Secret est véritablement passé de la colonne passive à la colonne active, il est passé définitivement de l’Equerre au Compas, du temporel au spirituel, passer du savoir à la Connaissance, côtoyer le Saint des Saints pour retrouver la Parole perdue. Selon Jean Jacques Rousseau, « l’obéissance à la loi qu’on s’est prescrit est Liberté ». Ceci est vrai pour le Maçon qui accepte les Devoirs de son grade avec joie, jamais par obligation ou par la force. Il est libre.

Le Maître Secret perçoit le Devoir à travers des symboles du degré qui deviennent ses attributs : la Clé, la Justice, la Voix intérieure, l’Ordre dans le Chaos, la Loi universelle, la croisée des sens, l’Homme à glorifier. Ce Devoir du Maître Secret a le sens d’une éthique, de l’Ethique de Spinoza qui ne conduit pas à l’essence et aux valeurs morales, mais à la puissance, à savoir les actions et passions dont quelque chose est capable. Non pas ce que la chose est, mais ce qu’elle est capable de supporter et capable de faire. Ce Devoir se révèle à travers ses limites, comme le Maçon du Rite Ecossais Ancien et Accepté au fil des degrés du Rite. Mais par ailleurs « le Devoir est la grande loi de la Franc-Maçonnerie, inflexible comme la Fatalité, exigeant comme la Nécessité, impératif comme la Destinée ». Il imprime sa marque dans la conscience d’une manière exigeante, impérative, et inflexible comme vecteur d’une finalité et révélateur d’une essence. Le Devoir conduit donc à la fois à l’essence et à la puissance, ce qui est paradoxal. Et c’est bien ce paradoxe qui confère au Devoir du Maître Secret son caractère initiatique, une dimension spirituelle parallèle à la connaissance rationnelle.

La Fidélité au 4ème degré.

La Fidélité se définit comme la qualité de celui qui est fidèle et loyal à ses engagements, constant dans son attachement. Elle définit également la qualité d’une chose qui ne s’écarte pas de la Vérité. La Fidélité est aussi l’expression d’une foi en une institution, en une idée, en une promesse, en un idéal, et pour nous Francs-Maçons, à un Serment. Et l’Être fidèle est cet habitué fréquentant régulièrement un groupe ou un lieu, ce qui est le cas de l’Initié Franc-Maçon fréquentant la Loge en vue de son perfectionnement moral et spirituel.

En effet en Maçonnerie la Fidélité est assimilée à la foi que nous avons envers l’Engagement maçonnique que nous avons pris librement lors de notre Initiation ; Engagement renouvelé à chaque augmentation de salaire et par la formule « je le jure », prononcée sous promesse par les Frères à la fin de chaque tenue. Ces trois mots très simples que l’on formule presque de façon anodine, après que le vénérable Maître ait dit : « Retirons-nous en paix en jurant d’observer la Loi du silence… » constituent le serment qui relie tout Maçon à sa Loge et à l‘Ordre Maçonnique tout entier. C’est une obligation pour chaque Frère de garder le Secret, d’obéir et de rester fidèle à la voie initiatique qu’il a choisi librement. Ce serment doit nous rappeler inlassablement que la Franc-Maçonnerie nous est sacrée.

Ainsi la Fidélité est la constante, l’exactitude, la véracité, l’attachement à la ligne de foi de l’Homme. Cet axe virtuel, qui va du zénith au centre de la terre, est un canal énergétique et une droite morale, rappelant à tout moment à l’Initié d’une part son séjour dans le Cabinet de Réflexion, notamment les initiales V I T R I O L, et d’autre part la Perpendiculaire, emblème de la recherche en profondeur de la Vérité, de l’aplomb, de l’équilibre.

Quelles corrélations pourrait-on établir entre la Fidélité exigée au Maître Secret, au Lévite ? En effet afin d’assurer fidèlement le service pour les ministères qui leur étaient confiés, les Lévites devaient accomplir une préparation morale afin d’être purifiés et consacrés avant leur prise de fonction. Une des purifications pour le Maître Secret en quête de Justice et de Vérité pourrait être fuir le vice, ce qui indiscutablement lui facilitera l’interprétation de la Vérité, considérée comme « la Lumière de ceux qui veulent regarder et voir ». On constate alors que le 4ème Degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté commence par parfaire l’assise des sept Lévites préposés à la garde du Saint des Saints et leur fait percevoir leurs limites, telle la balustrade Ziza séparant le Saint des Saints, tout en leur faisant pressentir un danger au-delà de la balustrade sans le formuler, ce qui confirme la double nature de l’être par essence et de l’être en puissance. « Pour l’instant, il vous est interdit de franchir cette barrière ; mais vous avez la Clé et, quelque jour, il vous sera permis d’ouvrir et de passer ».

La tension qui, dans ces conditions, anime le Maître Secret le pousse à « contracter l’obligation de suivre irrévocablement la Voie du Devoir, alors même qu’il devenait le fidèle gardien du Saint des Saints ». Ce faisant, il prend conscience que pour « promouvoir la Justice », il doit faire preuve d’empathie, afin d’appliquer son jugement à discerner ce qui lui parait équitable, car le but est bien de se protéger dans l’agir en mettant en acte des vertus. Parmi celles-ci, la Prudence se trouve placée au premier plan avant la Tempérance et la Force qui est volonté.
Si le Serment du Maître Secret sert de fondation au Temple, soubassement qui en assure sa stabilité basique, la Fidélité, clef de voûte de l’Edifice, en assure la stabilité. L’équilibre du Temple idéal de l’Humanité que nous aspirons à construire est ainsi assuré. Le chemin conduisant vers le haut de cet Edifice, l’échelle ou le chemin d’accès vers le monde de l’esprit est caractérisé à la fois par l’Engagement pris et notre volonté d’aller le plus haut possible vers le sommet de l’Echelle mystique. Car la liberté de s’engager implique la connaissance et l’adhésion aux valeurs propres à la Franc-Maçonnerie.

Être fidèle à la Loi Morale est la condition première, la ligne droite qui indique la direction à prendre pour la plénitude de l’Être. Être fidèle, c’est être fiable, digne de confiance ; c’est ce Maître Secret toujours disposé à faire ce à quoi il s’est engagé : rechercher la Parole perdue, même au péril de sa vie, car il est un Homme libre, un Homme de responsabilité, un Homme de Devoir, un Être de Lumière, en recréation perpétuelle de soi et conscient de ses racines et de son parcours. Et comme le dit un rituel, je cite : « la Foi est la confiance inébranlable dans les promesses de l’avenir. Elle est l’expression de la Fidélité dans nos principes et dans notre idéal. Elle légitime et fortifie notre crédit en l’Humanité en général, et en l’Être humain en particulier, dans toutes leurs possibilités. Elle anime notre ardeur dans la recherche du Vrai, du Beau, du Bien ».

Si la Foi est un point de référence, le lieu de la stabilité, la Fidélité maçonnique, quels que soient les aléas du voyage, n’est-elle pas la reconnaissance permanente de la direction et de la localisation de ce lieu, la connaissance intime d’une vérité qui se manifeste et s’impose au Maçon Secret ? N’est-elle pas dépassement constant de soi dans la quête infinie de la Vérité ? N’est-elle pas dans l’équilibre vital harmonieux réalisé au présent, d’instant en instant, entre le passé (nos racines et notre mémoire) et l’avenir (notre projet en devenir fructueux) qui fait du Franc-Maçon un arbre de vie dont la sève est le courant vital, invisible, mais réel, l’essence même de ce que nous devons transmettre ?

Que la volonté de Dieu soit faite.

Cette assertion peut traduire la sollicitude du Lévite biblique à l’égard de l’assemblée, et ce, dans une quotidienneté totale. Pour les Lévites écossais que nous sommes, c’est la prise de conscience « qu’aucun Temple n’est assez proche de lui pour que l’Homme puisse se rassurer à l’idée d’une telle proximité, aucun n’est assez éloigné que son bras ne soit capable de l’atteindre aisément » (Rosenzweig) ; ce que complètent les propos du philosophe Martin Buber : « parler de Dieu c’es entrer avec Dieu dans une relation Je – Tu, une relation au sein de laquelle toutes les relations Je – Tu partielles (aux gens, aux essences spirituelles, aux arbres, aux animaux, aux autres choses naturelles) sont étroitement liées et accomplies sans être oblitérées ».

Conclusion

Dans le silence intérieur de son être, inscrit dans la perte de la Parole, le Maître Secret placé devant le Saint des Saints, se laisse pénétrer une fois encore par la voix du rituel de Fermeture des Travaux qui lui rappelle ses devoirs : « A garder le Secret, à être obéissant, à rester fidèle, que la volonté de Dieu soit faite ». Car l’expérience initiatique est un vécu personnel, non communicable. Dans notre quête et pour notre progression, elle réclame force et volonté ; et l’Atelier de perfection est la voie incontournable à l’approfondissement de la Maîtrise, la voie qui nous permet de passer réellement de l’Equerre au Compas. A cet effet, écoutons le rituel du 4ème Degré : « Vous commencez, maintenant, à vous élever au-dessus de la surface de la terre et à pénétrer dans les hautes régions de la Connaissance spirituelle ».

T F P M et vous tous mes T C F M S,

J’ai dit !

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