4° #401012 Les Nombres, et le Signe Mystérieux Auteur: Non communiqué Obédience:Non communiqué Loge: Non communiqué Lorsque j’ai lu l’intitulé de ce travail qui m’a été confié par notre T F puissant M, l’humilité que je m’efforce de développer s’en est trouvée altérée.En effet comment l’espace d’un instant pouvais-je imaginer pouvoir posséder la clef qui ferme la Loge lorsque les travaux sont terminés et que nous avons droit au repos.Pour fermer la Loge, le T F P M tel Hermès Trismégiste se doit de connaître les Nombres, et le Signe Mystérieux. En effet il demande bien au Frère Inspecteur d’annoncer qu’il va fermer à lui seul la Loge.Mais quels sont donc ces nombres mystérieux.Une propriété des nombres est celle de caractériser des rythmes, à partir de faits récurrents. C’est la mesure du temps, c’est le cycle des saisons, mais c’est aussi la possibilité de prévoir en fonction de la connaissance réelle ou supposée des rythmes de la nature.Le nombre peut caractériser l’harmonie, la proportion entre les choses, l’équilibre qui est également justice.Le langage des nombres est un langage universel qui permet de rendre l’univers ainsi que l’invisible, perceptibles, intelligibles à la pensée humaine. Bien que dépendants les uns des autres, les nombres sont multiples, et bien qu’invisibles ils sont présents partout pour qui sait les voir, ou les entendre.Depuis les Pythagoriciens, dont la pensée fut largement reprise par Platon jusqu’au moyen-âge, le nombre fut investi d’une triple dimension : mathématique, philosophique et mystique.Les « Maîtres à penser » de la symbolique des nombres au 12ème siècle, Hugues de St- Victor, Guillaume d’Auberive, Odon de Morimond, Geoffroy d’Auxerre et Thibaut de Langres utilisent cette méthode qui exerça une véritable fascination sur les esprits.Hugues de St Victor, utilise les puissances de trois pour expliquer que trois revient toujours à l’unité : « Trois est associé à Dieu car, 3 au carré = 9 3 au cube = 27 3 à la 4ème puissance = 81, qui lui-même fait = 8 + 1 = 9, d’où un retour à la monade initiale. » On retrouve 3, 9, 81 au 4ème Degré ; ils sont associés au Delta et au Cercle.– L’âge du Maître Secret, trois fois 27 ans accomplis, est « une intensification au 4ème degré algébrique du nombre 3, qui est à la base de tout le symbolisme des nombres ».Thibaut de Langres nous offre des codages symboliques exemplaires à propos des nombres : 3 = 1 + 1 + 1, représente le mystère de la Trinité. 3 x 1 = 1 + 1 + 1, représente le mystère de l’engendrement des êtres au départ de l’unité primordiale. 3 = 1 + 2, représente l’union de l’impair (masculin) et du pair (féminin). Cette union se fait dans l’impair. Quant au pair, il est partageable en deux, il est donc moins parfait… Tant pis pour la femme ! De toute façon, le masculin et l’impair sont associés au Ciel ; le féminin et le pair se contenteront du Terrestre.Pour Thibaut, 7 est vierge, car au sein des dix premiers entiers : Il n’engendre pas (entendez : il n’y a pas de multiple de 7 inférieur à 10). D’autre part, 7 n’est pas engendré (= il est premier). « Il peut donc être attribué au Saint esprit ! »Heureusement pour nous, dès que les nombres croissaient, les auteurs médiévaux étaient limités dans leurs réflexions car pour l’anecdote, ils utilisaient des chiffres romains ce qui rendait leurs calculs difficiles.Dans cet univers du symbolisme numérique, le nombre apparaît comme existant en soi, doté de propriétés originelles et intervenantes dans la création de la matière. La croyance sous-jacente est : qu’une Harmonie préétablie engendre le Cosmos.– Toute une symbolique numérique est apparente en Maçonnerie dès le 1er Degré. Le Grade d’Apprenti est axé sur le nombre 3, celui de Compagnon sur un autre, celui de Maître sur deux autres. On découvre sans peine toute cette symbolique dans les questions traditionnelles relative à l’âge, dans les voyages, les marches, les flambeaux, etc.Ainsi la batterie du M S repose t ’elle sur ces nombres.La batterie s’effectue la main gauche ouverte paume dirigée vers le ciel et main droite paume dirigée vers la terre. Symboliquement cette position des mains s’inscrit dans un message identique au symbolisme des nombres 6 et 1 à savoir la réunion du haut, Sacré au bas, la Terre des hommes, réalisant une communion du corps et de l’esprit. Cette orientation des mains est identique à celle de la Chaîne d’Union dans les Loges Symboliques.La batterie du quatrième degré est composée de « sept » battements de mains, scindés en « six » battements consécutifs, auxquels s’ajoute « un » dernier battement après une pause. Il n’y a pas d’acclamation. Elle s’effectue sur ordre du T F P M, à l’ouverture et à la fermeture des Travaux.Le rituel, à ce degré, signale à diverses reprises cette séquence :– Six bougies vertes décorent le plateau du T F P M + une bougie blanche apportée par le T F P MNous avons donc :« SIX » ou le sénaire.-Le nombre « 6 » est sacré. La Bible dans la Genèse nous dit que Dieu a créé le monde en 6 jours et que le septième il s’est reposé. Nous y retrouvons la déclinaison du 6 + 1.– Au 6ème jour de la Genèse, Dieu crée l’homme et la femme et il leur insuffle l’Esprit, à son image. Cette image selon Berteaux est le lien entre Dieu et les Hommes.– À propos de « 6 », Saint Augustin nous dit qu’il est constitué de la somme 1+2+3. Pour lui, au commencement, le Nombre est dans l’idée de Dieu et : « Ce n’est pas parce que la création fut faite en six jours, que le nombre six est parfait, c’est parce que 6 est parfait que la genèse du monde s’est faite en six jours ». Dans la symbolique des nombres, Six, est donc un nombre PARFAIT car égal à la somme de ses diviseurs propres. – Parmi les multiples représentations géométriques du nombre 6, on peut retenir le Pentagramme pointé, ou l’Hexagramme appelé aussi sceau de Salomon. Mais dans ce dernier cas, nous verrons plus loin que l’Hexagramme pointé nous mène au 7.– Dans la Kabbale, Six est la valeur arithmologique de la lettre Waw. Au commencement, la Lumière Infinie emplissait la réalité. Dieu contracta alors sa Lumière pour créer une coquille d’espace vide, permettant ainsi l’avènement du lieu nécessaire à notre existence. Dans ce vacuum, Dieu fit pénétrer un seul trait de Lumière de la Source Infinie. Ce rayon lumineux est le secret de la lettre Waw. Waw est le symbole de l’Homme créé le sixième jour. Les références bibliques sont les six jours de la création, et les six forces divines correspondantes. Cela correspond à une citation de la Torah : « Que la Lumière soit et la Lumière fut ».– Les Lévites, gardiens du Saint des Saints, sont au nombre de sept, pressentis pour succéder au Respectable Maître Hiram-Abif. Mais un seul sera élu. C’est donc six + un… Lévites.Les relations symboliques entre les nombres sont différentes des relations mathématiques. Ainsi le « + » n’est pas toujours une somme. C’est le plus souvent une relation, un lien, un message ésotérique.L’ouverture comme la fermeture des Travaux à ce degré illustrent ainsi le passage de l’individu au groupe 6+1, grâce à la pratique rigoureuse d’un processus qui est appelé Rituel. Grâce à lui nous recréons un monde, organisé autour de règles strictes qui vont nous permettre de poursuivre notre quête.Pour pouvoir transiter du Six au Sept, on ne peut pas ne pas évoquer le :« UN » ou la monade.L’unité est ce qui n’est pas séparé, ou ce qui n’est pas séparable, ou ce qui est « non encore séparé ». Pour approcher le sens, à la fois unique et multiple de l’Un, il faut évoquer quelques formes diverses de pensée qui ont jalonné l’histoire de l’humanité en quête de spiritualité.Pythagore considère la monade ou l’unité comme « une quantité qui, privée de toute multitude ou agrégation du nombre, est toujours en repos, sans mobilité ». Selon l’école pythagoricienne, la monade est appelée « nous », esprit, fixe, inaltérable, principe de toutes choses, Dieu, bien, matière etc…Platon considère la monade comme l’origine encore vierge d’empreinte, n’ayant pas commencé son développement. Selon Platon, l’Un est à distinguer de tous les autres nombres qui naissent à partir de la monade par diairesis, terme grec que l’on peut traduire par à la fois par diversité, division ou redistribution.– Dans la Kabbale, Un est la valeur arithmologique de la lettre Aleph. Les dix commandements commencent par la lettre Aleph. Aleph est un rappel que nous avons les moyens de nous rapprocher de Dieu, tout comme Dieu vient à nous. Sa référence biblique est : « Dieu est Un ». Cela correspond à une citation de la Torah : « Ecoute Israël, le Seigneur notre Dieu, le Seigneur est Un ».Le Un pour les croyants fut amené de façon assez universelle à symboliser le Dieu unique, le Principe. Sa présence change alors tout. Personnellement dans ma jeunesse un abbé m’avait dit un jour : « Je ne suis rien, je ne sais rien, je ne peux rien, mais il est tout, il peut tout… Tout ira bien si je lui laisse la place ». La batterie du M S« Six », pause, « Un » qu’on écrira « 6+1 » nous conduit donc au nombre « sept ».« SEPT » ou le septénaire.Cette association du sénaire à l’unité nous montre structurellement un modèle spatio – temporel.Le nombre 6 peut-être figuré par une croix dans un espace à trois dimensions, formée de trois axes perpendiculaires qui déterminent six sens directionnels. En y associant le centre de la croix, on crée un modèle septénaire du type 6+1. En plaçant cette croix spatiale au centre d’une sphère, associant aux trois axes les directions Nord-Sud, Est-Ouest, et Zénith-Nadir, on crée un modèle astronomique permettant de situer les positions relatives des astres, telles que les voit un observateur terrestre. Ce modèle ainsi conçu a un caractère spatio-temporel, comportant trois dimensions spatiales, et une dimension temporelle. Il a servi de base dans des domaines multiples : cosmologie, théologie, enseignements mystiques et initiatiques. Mais et pardonnez-moi de marteler cette idée, bornons nous à noter que selon plusieurs « Genèses » le monde est créé en six jours ou six temps ou six ères, et que ce travail est couronné par un septième jour, jour sacré.D’une façon générale, le modèle septénaire, formé par l’association du sénaire et de l’unité, exprime une totalité d’espace-temps, un univers total en mouvement, l’accomplissement d’un cycle suivi d’un renouvellement, « l’achèvement d’un monde, et la plénitude du temps » Mais également quand il est le résultat de la composition 6+1, il est le lien entre la terre et le ciel, entre l’Homme et Dieu. N’est-ce pas le message que le rituel exprime au 4ème degré.– Dans la symbolique des nombres, Sept fait partie des Nombres-sommes. Les Nombres-sommes sont obtenus par la sommation de deux ou de plusieurs nombres. De ce fait, Sept a pris sa place dans la suite des nombres entiers, et encore une fois, par l’adjonction du nombre 1 au nombre précédent 6. Mais on peut également obtenir le nombre 7 par la sommation des nombres 3 et 4.– De par cette représentation, le sept est aussi l’association d’un triangle et d’un carré. Symbole également transmis par la pierre taillée à pointe du Compagnon. Le triangle 3 évoquant le ciel et le carré 4 étant la terre. On en revient à « Tout ce qui est en haut est comme tout ce qui est en bas ». Le nombre 7 ainsi formé a sa propre personnalité ; et de constater que la personnalité d’un nombre obtenu par sommation est fonction des nombres qui composent la somme.– Nous ne pouvons manquer d’associer ce nombre Sept à celui du Grade de Maître, mais au grade de M Sla rupture de séquence nous annonce qu’il y a quelque chose en plus. On est bien dans une phase de transition. Sept traduit l’esprit. Cette transition entre les Loges symboliques et les Loges de perfection vers le parfait, cette ascension vers la spiritualité. Le 4ème degré n’est-il pas tout cela exprimé par la Batterie du M S.– De nombreuses figures géométriques, tant planes que spatiales, peuvent nous aider à appréhender la symbolique de la batterie du M S. Pour en choisir une, nous avons déjà vu qu’une des formes géométriques corrélative du Sept est l’hexagramme pointé. Cet hexagramme régulier, constitué de 2 triangles équilatéraux, superposés de façon inverse, ayant le même centre et, présentant 6 pointes sortantes et 6 pointes rentrantes peut être inscrit dans un cercle, ceci élargit sa valeur symbolique. C’est un haut symbole de l’ésotérisme. Il est, en effet, un équilibre géométrique parfait autour de son centre. Tel que présenté, on peut le concevoir dans un plan horizontal. Par son centre, perpendiculairement, il est traversé par un axe défini par deux points spatiaux : le Nadir et le Zénith. Il exprime l’universalité Maçonnique. On rejoint ainsi notre batterie : « six » points en un plan et « un » axe. Une figure qui passe du plan à l’espace. Il s’agit bien d’une Elévation qui laisse entrevoir les infinies possibilités de perfectionnement et de contact avec le spirituel. Il nous rappelle notre Devoir fondamental : la recherche de la Lumière.Cette étoile laisse paraître « six » équerres, par translation (opération géométrique) nous formons un cube. On est bien dans le Saint des Saints, lui-même cubique. Ainsi Le Sceau de Salomon est une représentation parfaite du Temple celui de Jérusalem et de tous les temples du monde. C‘est la clé de notre axe de travail énoncé lors de l’initiation. Les droites, le plan, l’axe, nous permettent de voyager du 1er au 2ème et au 3ème degré, puis hors de l’espace et du temps, dans le Saint des Saints pour accéder à la Jérusalem céleste au moment de la dernière initiation.Les « six » équerres indiquent le chemin du Devoir de perfection, l’axe nous montre d’où nous venons et ce que nous cherchons. En même temps ce bouclier de David (en Hébreux, maguen David) protège des forces du mal, de nos propres faiblesses clairement citées dans les sentences au 4ème degré – Les manquements au Devoir.– Dans la Kabbale, Sept est la valeur arithmologique de la lettre Zayin. Cette lettre symbolise le Sabbat, le septième jour de la Création. C’est d’ailleurs la septième lettre ainsi que le nombre de mers, et de cieux du monde. Zayin est symbole de l’accomplissement du processus fécondant et ouverture sur tous les possibles. Elle est effacement, mort, rien, qui implique : Retour, Renaissance, Tout. Les références bibliques sont : les sept jours de la Création. Les sept mers et les sept cieux. Les sept chambres du Paradis. Les sept lumières de la Menorah. Les sept bergers d’Israël : Abraham, Isaac, Jacob, Moïse, Aaron, Joseph et David. Les sept yeux de Dieu qui observent toute la Création. Cela correspond à une citation de la Torah : « Et au septième jour, il se reposa et vit que cela était bon ».– Mais toutes les religions ont fait référence au nombre « 7 ». Africaines, bouddhiste, Egyptienne, Grecque, Hébraïque, Indienne, Sud-américaines, l’Islamistes, et également le Soufisme.– Maître Secret, je suis parmi les sept Maîtres désignés et admis au rang des Lévites, pour poursuivre l’oeuvre d’Hiram dans l’achèvement du Temple et construire le tombeau du Maître. Il me faut garder en secret ces nouvelles références, et si aucune clef de métal, donc étrangère, ne pourra jamais ouvrir le sacré de mon coeur, celle du grade, en ivoire précieux, est la seule à pouvoir le faire, quand enfin je découvrirai la serrure du Saint des saints, préservée par une balustrade, donc profondément cachée en moi.De ce fait pour fermer la Loge le T F P M utilise également :le Signe mystérieux, ou signe du Secret :Le signe du secret est étroitement lié à l’attitude du Maître Secret. Il est la caractéristique appropriée d’un état intérieur. Il anoblit et transcende le silence mis en pratique dès le grade d’Apprenti et il nous est répété, retransmis, le jour de notre initiation au 4ème degré et, c’est par là et en cela que le Maître Secret commence à s’élever au-dessus de la surface de la terre.Souvenons-nous : « Avant tout, vous devez savoir que la discrétion maçonnique que vous avez juré d’observerver lors de votre initiation et lors de chacune de vos augmentations de salaire, est encore plus stricte dans ce nouveau degré. Pour vous en donner une attestation, nous allons vous clore les lèvres avec le Sceau du Secret ! » Pour l’Initié, la discrétion la plus totale demeure la première étape de l’acquisition de l’autodiscipline, de la maîtrise de soi et de la connaissance. L’obligation de Secret ou de discrétion est un devoir pour le Maître Secret Lévite elle prend tout son sens à ce degré. Le Signe du Secret est le rappel permanent de ne pas prendre en compte le littéral, c’est-à-dire la réalité voilée par les mots mais le sens caché, l’invisible. Reconsidérer chaque fait même s’il se représente pour la 1000 fois devant nos yeux et tenter d’en percevoir le véritable sens avec encore un nouveau regard. Cette quête de la vérité est celle de l’homme qui selon Jacques BREL recherche l’inaccessible étoile. Notre seul devoir est la poursuite de la vérité.Ce silence initiatique souligne l’importance de se préserver, de ne pas gaspiller la parole comme le Prince Tamino, dans « La Flûte Enchantée » de Mozart, qui fait preuve d’obéissance dans l’épreuve du silence car : « celui qui sait ne parle pas, celui qui parle ne sait pas ».Le Maçon connaît les gestes physiques et mentaux qui ont commencé la construction du Temple, mais Nombres et Signe ne sont dits mystérieux qu’à la fermeture des travaux, car la construction d’un Temple, c’est le choix d’un ordre qui, en représentant l’univers, établit l’Homme dans une relation spirituelle avec le mystère (d’où le nom de myste donné aux initiés). A la fin des travaux une nouvelle partie de son Temple s’est créée pour chaque Frère présent.Le Rituel fait de nous « cette chose libre, cet esprit qui enveloppe la terre et se meut dans l’éther », comme le dit Khalil Gibran de l’Homme.Par l’utilisation consciemment ordonnée de mots, de gestes, de sons, on s’efforce d’amener une réalité transcendante invisible au profane, à être présente ici, pour nous permettre de la rejoindre ou de la retrouver en nous-mêmes.« Un seul homme est équivalent à toute la création. Un seul homme est un monde en miniature »écrivait Rabbi Nathanau au IIème siècle.C’est là l’étincelle et parcelle divine présente en chaque Homme.J’ai dit T F P M Navigation des articles Planche Précédente "Que signifie être un lévite au 4ème degré" Planche Suivante "Le cartouche du 4ème degre"