#401012

Le chemin du devoir conduit à la vraie lumière

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Vous m’avez donné comme sujet « le Chemin du Devoir conduit à la Vraie Lumière ». Il s’agit sans doute de la quête de l’initié à la recherche de l’unité perdue, de la vraie lumière, qui est notre devoir essentiel. Mais par quel chemin initiatique vais-je y arriver ?



Ce devoir consiste en fait à rechercher la Vérité, comme la Justice en toutes choses, à mettre de l’ordre dans le chaos et à rassembler ce qui est épars, en vue de retrouver la parole perdue, symbole de l’unité et de la construction d’un monde meilleur. L’initié véritable part ainsi à la découverte des mystères humains et divins, par la voie du perfectionnement, sa démarche procède d’une prospective de la Connaissance de soi, des rapports de l’Homme et de sa quête de la Lumière….



C’est par l’accomplissement de ce devoir que j’envisage de partir à la recherche du Maître que je suis virtuellement, afin de me rapprocher de la vérité incarnée en la personne de Maître HIRAM, qui représente l’initié vertueux et sachant, l’Homme parfait sans doute, que je désire devenir, le modèle idéal pour tout Maître Maçon que les 3 FF éclairés vont relever par les 5 points parfaits de la Maîtrise. N’est-il pas dans la nature de l’initié de chercher à savoir, ce qui fait de lui un Cherchant, destiné à vaincre l’angoisse de la finitude….



La route de ce Devoir est jalonnée de nombreux Devoirs que la voie sacrée impose au Maçon. Elle doit développer en moi une éthique de vie et de comportements qui est une préparation intérieure au grand Devoir, l’objectif final de l’initié. Mais Quel est ce chemin ?



Lors de l’élévation au 4ème degré, le TFPM m’a mis sur le chemin du Devoir qui conduit à la vraie lumière après que le bandeau qui m’obscurcissait la vue me fut enlevé. L’équerre qui m’a était posée sur le front me rappelle que je dois marcher droit devant moi pour ne pas me laisser entraîner dans les sentiers de l’erreur, car les Hommes ne voient que les ombres et non les formes. Le chemin doit être accompli dans l’effort pour s’approcher de la vraie lumière et découvrir la parole connue des anciens initiés. Ce Devoir est sans doute plus facile à faire qu’à connaître et son accomplissement exige des sacrifices, prôner la vertu est un sens à donner, la pratiquer permet de mieux la connaître, comme si le fait de connaître le chemin ne nous mettait pas sur la voie, la solution serait alors de cheminer et de se mettre en route afin d’atteindre les différents niveaux de l’élévation spirituelle. La Parole recherchée ne se révèle pas facilement, et même si on la trouve, il faut en connaître le Devoir complet et non partiel qui permet d’en comprendre le véritable sens.



Le Maître Secret que je suis devenu s’est trouvé ainsi sur le chemin de la connaissance métaphysique car il est sorti de la matérialité, de l’ignorance, des préjugés et des superstitions au niveau de l’esprit, en silence et avec prudence. Je dois ainsi gravir les pentes abruptes de la montagne avant que la mort ne me surprenne, comme le dit le rituel. DANTE situait le paradis terrestre au sommet d’une montagne. La Montagne des Hommes comprend 2 chemins qui mènent au sommet, le premier est direct car il est droit, resserré à sa cime, ardu, étroit et difficile et il conduit directement à l’Absolu, c’est le chemin de l’Esprit. Le deuxième conduit au sommet par un chemin en spirale, comme cet escalier tournant à degrés que l’on emprunte pour gravir les marches de l’Initié, c’est le chemin des Hommes, il conduit à la cime en tournant autour de la montagne par le chemin du Devoir. Celui qui maîtrise les 2 cumule la fonction royale et la fonction sacerdotale, le pouvoir et l’autorité, comme SALOMON, le Roi Myhtique et spirituel de la Génèse. Le sommet de cette montagne était aussi appelé le Nirvana, dans la tradition Bouddhiste, et pour y parvenir il fallait traverser 9 initiations de mystères mineurs et 5 initiations de mystère majeurs.



Le chemin le plus droit n’est-il qu’un raccourci dans lequel je peux me fourvoyer ? Lorsqu’il s’agit de grimper et de monter les divers échelons, comme les échelons de la Sagesse, le chemin le plus droit et le plus difficile se trouve hors de portée de la pensée et de l’expression humaine, c’est celui de la félicité. Ainsi je me suis aperçu que ce chemin n’était pas si simple à emprunter. La voie la plus directe, la plus pentue, dirige sûrement vers les abîmes les plus insurmontables, et là le risque de tomber est très important, cela m’instruit qu’après la stagnation vient la régression au travers du « regressus ad uterum ». La chute serait alors vertigineuse car je tomberais inévitablement et il serait alors difficile de se relever et de repartir à l’assaut de cet Everest. J’ai compris que nous avions tous une montagne à gravir et plus on monte, plus son sommet s’éloigne et se perd dans les nuages, ce qui peut représenter la limite entre le Ciel et la Terre, entre la matérialité et la spiritualité.



La voie qui semble la moins pentue et qui chemine en spirale, amène-t-elle plus sûrement au niveau le plus élevé pour le Maître qui croit tout savoir ? Le Maître Secret, sait que cette voie est plus longue et ne préserve pas de l’égarement et de la perdition, comme celui qu’ont emprunté les mauvais Compagnons qui n’ont pu apercevoir que l’illusion de la récompense. Elle ressemble au labyrinthe qui mène partout et nulle part, car tout travail reste inachevé et à parfaire, il s’agit d’un travail supérieur dont le but à atteindre est invisible. La voie de l’esprit permet ainsi d’élever sa pensée vers les sommets par le chemin de la lente maturation, par une démarche intérieure qui doit se réaliser vers l’accomplissement de soi-même dans les tréfonds de son inconscience où sommeille les vestiges de l’être primordial. Avant de me mettre en marche, je dois d’abord me débarrasser de mes scories et de mes oripeaux pour avancer, de mes préjugés en quelque sorte, que mes certitudes étriquéesignorent. Même si je dois progresser sur ce long chemin progressif, il est destiné avant tout à purifier mon âme par une vibration intime. L’ascèse est peut-être une solution et croire en l’immortalité de l’âme et à son immanence, ne sont-ils pas en réalité la manifestation d’une mégalomanie, d’une incommensurable prétention de l’homme à toujours vouloir être au-dessus de tout ?Chacun trouvera un sens à son chemin comme la recherche de l’idée sous le symbole qui sera toujours différent .



Le cheminement de l’initié s’effectue dans l’épreuve et non pas dans la souffrance, car le parcours initiatique est un parcours de joie, comme il est dit dans le rituel : « que la joie soit dans les cœurs ». Chaque niveau est une nouvelle épreuve qui permet de découvrir la subtilité de la contradiction, afin que le déterminisme me mette sur la bonne voie, celle de la vie morale, et pour cela il faut du courage et de la volonté. Mais à force de vouloir tout expliquer on perd du temps en chemin.



Au 1er degré, l’Apprenti que j’étais a pris conscience de son état en regardant dans le miroir, j’ai reconnu ma propre misère et l’ai évalué sans fuir devant la vision de ma propre réalité. Je devais reconnaître en moi-même la source de la matière à transmuter et à en remonter les causes. C’est l’OEUVRE AU NOIR, il s’agit de la décomposition ou savoir séparer les éléments afin de trouver la graine qui doit germer. C’est le début du chemin et de la renaissance qui mène à la Vérité par l’effort et l’humilité.



Au 2ème degré, le Compagnon que j’étais devenu, est intervenu après la prise de conscience, ce qui pose le principe de la purification. Je devais maîtriser mon instinct afin d’atteindre l’intelligence. C’est l’OEUVRE AU BLANC, la graine ayant germé, une pousse sort de la Terre pour commencer à s’élever vers le Ciel, l’être régénéré sort enfin de l’Enfer dans lequel il était descendu, il s’était dissout en lui-même pour renaître à une nouvelle vie. Il connaît son état et cherche à le maîtriser. C’est le choix du bon chemin, qui peut le mener dans l’impasse et dans l’erreur s’il n’y prend garde.



Au 3ème degré la Maîtrise fut pour moi la concrétisation qui permet à l’arbre d’étendre ses branches et de prendre ainsi toute son amplitude. Le Maître que j’étais fut enfin relié à l’Univers après avoir séjourné sous terre, en forçant ma nature j’avais atteint ma maturité. J’avais pitié pour la misère, j’aspirais à la Justice pour contempler les choses célestes par la ferveur de la contemplation. C’est l’OEUVRE AU ROUGE, l’Homme de Fer, allié au matériel, devient un Homme d’Or, allié au spirituel et à l’invisible. C’est sa nature cachée qui communique ainsi avec une autre dimension, celle de l’épanouissement. C’est le cheminement qui va du paraître à l’être en utilisant le mercure et le sel afin de dissoudre le superflu.



Mais pour aller plus loin et rassembler ce qui est épars, il me fallait encore la force d’une volonté inébranlable et intérieure. Je suis devenu un penseur libre qui connaissais la maîtrise des outils, car mon apprentissage m’avait offert les bases du métier. Néanmoins il me fallait connaître le Devoir pour réaliser mon chef d’œuvre, Mais Quel est ce Devoir ?



Le Devoir dérive de Serment, du latin « Debere », c’est un terme générique qui constitue la pierre angulaire de l’initiation. L’initié a des devoirs envers les hommes, envers l’Ordre et envers soi-même. Il doit se mettre en conformité avec les principes du REAA et l’idéal à atteindre devient la lumière sur le chemin, un chemin éclairé par la lumière intérieure qui le pousse à agir avec devoir. Ce Devoir, comme il est dit dans le rituel est impératif, inflexible et exigeant afin de s’approcher de la vérité absolue, inaccessible à l’esprit humain, et empreinte par l’effort qui jalonne la route qui y mène.Comme suivre l’étoile flamboyante, associée à la Lumière qui nous montre la direction ou encore son archétype, l’Oeil de l’Univers qui est l’image de la Divinité.



Le Devoir Naturel est primordial, il implique un principe de raison et de morale, dont l’Homme en est le créateur et la source. Ce Devoir essentiel est un engagement sans faille dans la voie transcendante et dépend malgré tout d’un choix personnel, même s’il est impératif, dans un monde en panne de sens et en proie au désenchantement.Il s’agit de l’engagement sans faille de l’individu qui doit s’insérer dans le vie profane et familiale, dans la recherche constante de l’idéal et de l’éthique. Ce devoir est le plus difficile, car il faut renoncer à l’égo. Le but est très lointain et sans fin, il s’agit d’un travail quotidien et c’est pourquoi il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer. Il suffit pour cela d’accomplir son Devoir, tel le Chevalier du Devoir qui se bat pour faire respecter la Justice, la paix et la concorde dont la devise pourrait être « fais ce que tu dois, advienne que pourra ».



La méfiance envers l’erreur impose de ne point faire confiance aveuglément et de ne pas prendre les mots pour des idées. L’accomplissement du Devoir doit être porté jusqu’au sacrifice, comme M° Hiram portant au plus haut point de la conscience la légitimité refusa de dévoiler les mots du grade aux mauvais Compagnons, il est impératif. Ce Devoir est inflexible comme la fatalité car il ne peut pas être récompensé, il conduit au seuil de sa propre conscience dans un perpétuel devenir où se mêlent le but sans limites et l’œuvre qui doit s’accomplir.



Le Devoir est exigeant car il réclame une volonté inébranlable dans la recherche de la Vérité, à la portée de tout homme qui veut ouvrir les yeux et regarder la grande route du dévoilement. Il s’agit d’une voie de libération et de salut, dont la quête du Cherchant est la conviction intime d’un principe ineffable. J’ai compris que le Maître Secret ne peut s’initier que par lui-même et s’engager sur la voie de la perfection, dans un processus initiatique où le corps est investi par l’esprit, dans l’unité de l’être accompli, devenu sens et conférant du sens. D’après SOCRATE « celui qui se laisse dominer par les plaisirs du corps n’est plus un homme libre ».



Le Devoir de tout initié, comme du mien, est de transmettre la lumière ici et maintenant en devenant Maître réalisé. Pour accomplir mon Devoir, les enseignements de la philosophie m’ont permis de régler mes actes selon les vertus morales et intellectuelles. Les enseignements spirituels transcendent la raison humaine, en réglant nos actes sur les vertus théologales, la Foi, l’espérance et la charité. C’est ainsi qu’entre le trop et l’insuffisant il existe la juste mesure qui permet d’entrevoir la Vraie Lumière. Mais Quelle est cette vraie Lumière qui nous attire ?



La parole que je cherche avec véhémence n’est-elle pas la découverte du Grand Nom, la véritable énonciation du GADLU, comme l’indiquent les 3 mots sacrés du grade IOD, ADONAÏ et IVAH que l’on appelle aussi JAVEH en substitution du Nom ineffable, et que les Maîtres Secrets, devenus des Lévites, sont en charge de garder ? Les 7 Lévites portaient l’Arche d’Alliance pendant l’exode, assimilée aussi à la dépouille de M° HIRAM, car ils avaient aperçu la route qui mène à la Vraie Lumière. On leur attribue un comportement irréprochable par leur sens du Devoir, de confiance et de secret, ce sont eux qui déposent le corps de leur Maître dans le Saint des Saints, derrière la balustrade, à côté des Tables de la Loi révélées à MOÏSE sur le Mont HOREB.



La Parole perdue et la Vérité sont incontestablement liées dans la faculté de faire approcher l’initié d’une conception globale du principe. Prétendre l’atteindre avec mes seules facultés humaines n’est qu’une illusion. Ainsi la voie ésotérique est la seule possible capable de favoriser le passage de l’ordre humain à l’ordre supra-humain, entre la Terre et le ciel vers la découverte de la dimension divine. Atteindre la véritable connaissance ne ressemble-t-il pas au parcours de la gnose ?



Le rituel m’a instruit que « les préjugés, les passions et l’erreur placent de nombreux obstacles entre l’homme et la Vérité; mais il n’est point de difficultés que l’énergie, la persévérance et l’intention droite ne puissent surmonter. »



Si je pars du principe que l’être contemplant ne voit jamais l’essence même, mais sa forme dans le miroir de l’essence, je comprends que la vérité et la parole sont inaccessibles à mon esprit humain qui ne peut les retrouver qu’à travers les mots substitués.



Le mystère de la création appelle une devise, « Deus Meumque Jus » (Dieu et mon droit) qui invite à la réalisation d’un idéal inspiré par l’Esprit en offrant une voie de réalisation personnelle et collective, dont la nature divine relève de l’être universel dont il procède. C’est ainsi qu’en qualité d’initié j’ai pu soumettre mes actes à ma conscience d’homme libre afin de me forger une nouvelle personnalité, plus cohérente, plus juste et plus ordonnée. Comme le quaternaire de Pythagore qui englobe les 4 aspects psychologiques de l’orientation psychique et qui permet le passage de l’équerre au compas, tel que le souligne GOETHE avec le 4ème Pilier.



Avec l’aide du Forgeron TUBALKAÏN et de M° HIRAM, le Maître Secret que je crois être devenu a traversé les ténèbres de la mort initiatique en me dirigeant vers la lumière de l’esprit, qui est une réalité invisible dont l’origine et le sens est le principe préexistant qui ordonne et oriente l’être. J’ai cherché, au-delà des mots et des apparences, ces ombres qui semblaient éclairées par un flambeau caché susceptible d’éclairer ou d’illuminer mon existence, afin de donner un sens à mon chemin. Si la parole est Lumière, la Parole Perdue est la vraie Lumière qui doit me rapprocher du Divin sans l’atteindre. Seule une âme de Devoir peut entrevoir la substance unique qui illumine tout par sa seule émanation, au-delà de l’apparence et du faux semblant. C’est le modèle qui inspire mon chemin, et pour le parcourir il me faut développer mes facultés par la pratique de la vertu et la ferme volonté de réussir en gardant ouvert l’œil de la connaissance qui pourra me guider.



Pour ne pas me perdre et soutenir cette clarté extrême qui éblouit mon esprit vil, il me faut admettre la notion de l’expérience mystique qui reste incommunicable, pour cela il me faut un bâton de pèlerin pour me guider sur le chemin de ma quête, celle de la spiritualité. L’homme que je suis, qui est un mauvais Compagnon en puissance, ne peut se libérer du mal qu’en prenant conscience de la potentialité du chemin de la perfectibilité. La conversion par la pratique du Devoir est une logique du chemin vers ce difficile, vers cet itinéraire personnel et possible. L’action et le but se mélangent mais sans cette cause je peux chercher longtemps sans trouver, comme si l’effet me permettait de trouver sans chercher. Le tout est de chercher pour trouver, en me débarrassant du pur instinct et de la culpabilité inconsciente, le Maître Secret que je pense être devenu sait que je suis faible, mais ma résolution et mon intention fondamentale de réussir ma régénération permettent de me diriger dans ma propre obscurité, faite de préjugés et d’ignorance pour trouver l’archétype de la Lumière. Il s’agit de parcourir le labyrinthe mystérieux qui conduit à la Jérusalem Céleste, au principe créateur d’où notre destin a commencé, et pour cela il n’y a que le premier pas qui coûte. Il faut persévérer et vaincre pour accomplir son destin.



Mon chemin d’initié, qui cherche la parole perdue et la connaissance du Devoir complet, m’a permis de trouver l’harmonie qui donne le sens du passeur de Lumière, je vais trouver une vie autre, en sachant que je ne peux soutenir l’éclat que par l’illumination du reflet. Le siège de ce reflet se trouve dans le Saint des Saints, dans le Sanctuaire, lieu de la connaissance suprême que la balustrade protège. L’escalier tournant à degrés que j’ai emprunté comme cherchant est peut-être axé sur le centre situé entre l’ancien et le nouveau Testament. Cette spirale m’ indique la direction, qui ne peut se faire qu’en montant, dans le seul sens du Devoir qu’est la voie du Coeur, dont « seule la plénitude amène à la clarté où dans l’abîme se trouve la Vérité » comme le dit si bien SCHILLER.



En Conclusion



Mon 1er Devoir de FM est de méditer les enseignements du rituel afin d’y conformer ma conduite, tel le martyr de M° Hiram qui a donné sa vie au nom de la connaissance suprême, ou plus près de nous le Christ qui a sacrifié sa vie pour montrer le Chemin de la véritable perfection. Ma marche de Maçon vers mon destin n’est-il que l’actualisation de la Providence ? il va de l’aléatoire au probable, où réside une force qui met en action l’Homme sincère en quête de son idéal. Et lorsque la Grande Lumière paraît, et que les Ténèbres sont chassés, je commence à élever mon Temple intérieur, ce Royaume où la route conduit au principe, vers la Lumière primordiale, vers le Logos jusqu’à la perception d’une autre dimension. Cette démarche est une transmutation du savoir en connaissance, et en visitant l’intérieur de moi-même en poursuivant inlassablement la quête de la parole perdue, j’ai compris que mon Devoir de Maître Secret était de dépasser l’illusion, cette apparence magique de la réalité, pour trouver la source des mystères divins, l’Alétheia (la Vérité, au sens du dévoilement) qui sommeille au fond du Coeur. A l’image du nouveau né, aveugle à la naissance, l’Homme a besoin qu’on lui ouvre les yeux, qu’on l’initie aux mystères de la vie, et si la Lumière de la Connaissance ne peut être divulguée sans précaution, il faut d’abord la chercher et la découvrir par la voie de l’introspection. Pour cela il est nécessaire de mourir pour pouvoir renaître à ce que nous devrions être, cette mort initiatique est un passage vers l’être recherché qui est reflété par l’infime lumière qui éclaire les ténèbres. Le FIAT LUX, la Lumière qui a présidé à la création du Monde brille sans doute au plus profond de chaque Homme, comme un feu éternel qui éclairerait l’esprit et sans laquelle l’Homme ne serait qu’un ignorant. Cette quête demande ténacité et persévérance, et peu auront la patience d’aller jusqu’au bout, car plus on s’élève dans l’échelle des hiérarchies, qu’elles soient artificielles, naturelles, spirituelles ou culturelles, plus on doit intégrer et comprendre le sens du devoir, du respect des autres et de la droiture au travers de la Justice et de l’Harmonie. En vous parlant du Devoir je me rends compte qu’il me reste encore beaucoup de chemin à faire pour arriver à découvrir la Vérité et la parole perdue, connaître le chemin est une chose, cheminer en est une autre. Alors en essayant de m’apaiser, peut-être que la Fraternité pourra me protéger de la douleur du cheminement, qui bien que personnel, conduit vers l’Amour et la Fraternité, donc vers les Autres, sans lesquels aucun chemin initiatique me semble possible….



J’ai dit T:.F:.P:.M:. et vous tous mes Frères Maîtres Secrets.



C
D


Extraits de mon Livre :



Depuis les temps les plus anciens, l’Homme a choisi des lieux remarquables pour exprimer sa Foi, comme le sommet élevé d’une montagne, l’abri naturel au faîte d’un escarpement ou encore une grotte dans la falaise, accueillant l’Homme pour un moment privilégié de silence et de réflexion, de recueillement et d’engagement personnel. Le sommet se confond avec le ciel à l’horizon, il est un symbole magique propice à l’expression de l’esprit.



L’axe qui traverse la montagne symbolise le centre du monde, en relation étroite avec le cosmos dans sa voie ascendante, comme en Franc Maçonnerie, lorsque le fil à plomb du Grand Architecte de l’Univers marque sa direction.



La Loge est assimilée à une caverne et figure un centre spirituel, elle est éclairée de l’intérieur par un soleil invisible alors qu’à l’extérieur règne l’obscurité du monde profane. La seconde naissance de l’initiation,correspond à une illumination. L’accès à la caverne est protégé par le labyrinthe, ceux qui sont « qualifiés » pourront seuls le parcourir jusqu’au bout, tandis que les autres s’égareront en chemin. Ces épreuves symboliques sont considérées comme un voyage vers un lieu réservé aux élus, vers le sommet de la Montagne que l’on peut atteindre par la méditation et la transformation de l’être, en relation directe avec le cœur, qui est un symbole du centre, celui d’un être ou celui du monde. Le centre étant considéré comme un lieu de l’union de l’individuel avec l’universel. DANTE situait le paradis terrestre au sommet d’une montagne, alors que la caverne est le lieu renfermé à l’intérieur de la montagne, sur le même axe.



Le chemin ne se découvre qu’à celui qui passe par le labyrinthe, dont l’accès est inaccessible aux profanes, il se situe au cœur même de la montagne, et défendu par une structure labyrinthique dont l’entrée devient véritablement éprouvante. Son ascension permet de se dépouiller du superflu pour aboutir à une transcendance des sens.



La direction spirituelle que je dois suivre est essentiellement axiale, en m’élevant constamment, pour parvenir finalement à mon véritable centre. L’être primordial accède à la caverne par la porte des hommes et doit en sortir par la porte des dieux, lorsqu’il aura trouvé la clef de voûte, celle qui ferme l’unique sortie possible au sommet de la voûte céleste ou du toit du monde. Ces portes, l’une descendante et l’autre ascendante, sont aussi associées aux deux solstices et à leurs principes polaire et solaire.



Ce symbolisme nous le retrouvons dans la légende de Marie Madeleine, ou de Maître Jacques, qui par la voie de la contemplation élèvent leur âme vers un lieu intelligible, au travers du « regressus ad uterum ». La grotte qu’ils occupèrent dans l’état d’ermite, devait permettre l’intériorisation de l’individu jusqu’à la maturation de l’âme s’élevant vers le ciel par le sommet de la montagne magique, le final de l’initiation complète.



Au cœur de la réflexion intime, exprimée par le choix des chemins, le parcours initiatique nous amène vers une vibration intime, accessible par un long chemin qui s’étend bien au-delà de la forêt qui symbolise l’entrée du Labyrinthe, destinée à purifier les âmes. La dimension spirituelle ne s’acquiert que dans l’effort, peut-être même par la méditation, mais aussi certainement par l’expression de l’amour, du courage et du surpassement. En cherchant le chemin j’ai pu découvrir les sensations de la vibration intime. Cette route initiatique et solitaire transcende les sens jusqu’à la perception d’une autre dimension.



Au dépassement physique se substitue un mouvement personnel qui permet de faire le point sur ce qui est derrière afin d’éclairer ce qui est devant. L’homme est seul dans les ténèbres et il ne pourra trouver la lumière, seulement s’il frappe à la bonne porte, s’il s’élève vers les sommets en passant les portes de l’enfer, en passant dans la forêt qui perd les âmes impures et qui purifie les âmes perdues. La montagne respire, attire et suscite le respect, car elle est un symbole vivant de l’ouverture vers le monde. L’allégorie de MARIE MADELEINE montant 7 fois par jour au Saint Pilon aidée par des anges, démontre combien l’être humain a besoin de s’élever pour accomplir sa destinée, combien il a besoin d’introspection pour découvrir la beauté de ce monde, quand bien même il ne la verrait pas d’en bas, il lui suffirait de la contempler de plus haut en empruntant la voie de l’esprit afin d’élever sa pensée vers les sommets, du visible vers l’invisible, par le chemin de la lente maturation, la démarche intérieure vers l’accomplissement de soi.


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