4° #401012 L’Ignorance, le Fanatisme et l’Ambition Auteur: Non communiqué Obédience:Non communiqué Loge: : NC 20:09:2013 Hiram apparaîtcomme l’Homme du Devoir, prêt à tout lui sacrifier, même la vie; le Penseur, bâillonné par les tenants des routines et des suppôts du faux-ordre établi; le Juste, qui souffre et périt pour une noblecause; le Libérateur, qui succombe pour affranchir l’Humanité et qui revienttoujours poursuivre son combat. (Instruction au 3ème D°)Dans l’instruction au 3ème D°, est posée la question : « pour quel dessein pensez-vous que le grade de Maître ait été institué? » Il est répondu : « pour combattre les préjugés qui s’opposent au développement des connaissances humaines ; pour briser le joug de l’Ignorance, du Fanatisme et de l’Ambition déréglée, afin que règnent entre les hommes la Liberté, l’Egalité et la Fraternité. »Et c’est effectivement grâce à la devise de la GLDF : « Liberté, Egalité, Fraternité », que l’on peut réaliser que l’Ordre est né du chaos et du désordre est né le chaos, dont l’ignorance, le fanatisme et l’ambition sont les vecteurs de propagation. Toujours dans l’instruction au 3ème D° degré il est proposé : « ceux qui œuvrent pour le progrès de l’Humanité ont des adversaires et doivent résister à leurs menaces. Il apprend aux Franc-maçons, qui édifient le Temple de la Fraternité humaine, que leur travail comporte une lutte continuelle contre l’Ignorance,le Fanatisme et l’Ambition, que représentent les trois mauvais Comp« . Hiram, à qui nous nous substituons lors de la cérémonie d’élévation à la maitrise a été assassiné, oui, mais par qui et avec quels outils ? La manière avec laquelle il a été assassiné devrait nous éclairer sur la nature de notre défaillance essentielle, et sur les moyens de nous en prémunir.Les trois meurtriers d’Hiram sont trois mauvais Compagnons: quelles sont les mobiles du crime et avec quels outils ? En effet, le fait que les traitres soient représentés par les trois principaux Officiers de la Loge nous amène à penser à leur insuffisance dans l’exercice de leurs fonctions, ce qui causerait la ruine de l’Atelier et affaiblirait l’Ordre maçonnique tout entier.Ils sont donc membres de son équipe, ils sont les siens et ses subordonnés. Les Compagnons félons cherchent à s’affranchir de l’autorité du Maître. L’inspirateur (le génie tentateur, le serpent de la Genèse) soulève les passions de l’envie et de la jalousie (Ignorance, Ambition, Fanatisme). C’est la vanité créatrice d’illusions et perturbatrice de l’intellect qu’elle asservit à ses chimères en armant des bras criminels pour un objet factice. Le Mobile est le même que celui du pêché originel : l’Imagination ne demande qu’à se laisser séduire ; la capacité de connaître le Bien du Mal (« le Fruit de l’Arbre de la Connaissance qui est au Milieu du Jardin d’Eden »), il s’impose aux facultés conscientes (Eve = Imagination, Adam = Raison) en leur donnant des ordres insupportables et en réprouvant leur inobservation par la culpabilisation. Le mobile est donc l’éternelle vanité humaine…Les outils du crime et les motivations des meurtriersL’apprenti devenu compagnon et ayant accompli les voyages formateurs du Métier, est appelé à vivre la légende d ‘Hiram. Cette légende peut être lue comme sa propre histoire : il a construit, il meurt et il enterre la parole. Il pourrit et de ce pourrissement, les vivants prononcent les mots substitués ; il connaît ses outils… il sait s’en servir (ces affirmations sont, bien entendu, « symboliques »), et commenter les symboles. Mais le Comp ne connait pas le mot des Maitres !Parmi du Compagnon les outils qui permettront au Très Vénérable de découvrir les assassins se retrouvent de façon plus spécifique le FIL A PLOMB (Du 2ème SURV), le NIVEAU ( du 1er SURV) et le MAILLET ( du VM) :·le 2èmeSurveillant, (porteur du Fil à Plomb, qui devrait être particulièrement instruit dans le Symbolisme et la Tradition de la Franc-maçonnerie, se trouve parfois dans un état de complète Ignorance) Au grade de Compagnon, la Règle figurant l’imagination est toujours accompagnée, , d’un autre outil qui lui rappelle sa mesure ( le compas ) , sa finalité ( le levier ) , la manière de s’en servir ( l’équerre ) mais le mauvais Comp semble les avoir oubliées ! Le premier coup porté à Hiram au niveau de la gorge doit l’empêcher de s’exprimer : mais le coup porté par le lourd Fil à Plomb est dévié et engourdit le bras : l’acte répréhensible n’est plus réfréné, tandis que le sentiment de culpabilité s’intensifie et témoigne donc de la légalité du fonctionnement psychique humain et de sa sanction immédiate : c’est la mort charnelle.Pourtant, dès le soir de notre initiation au 1er D°, nous sommes prévenus ! « Le bandeau qui couvre vos yeux est le symbole de l’aveuglement dans lequel se trouve l’homme dominé par ses passions et plongé dans l’ignorance et la superstition« .L’ignorance est bien souvent un décalage entre la réalité et la perception de cette réalité, décalage qui est la conséquence d’une croyance ou d’un fait inexpliqué qui nous a été imposé. Ce voile nous plonge dans l’obscurité, comme le bandeau qui couvre nos yeux, comme si nous avions été instruits de ne point voir ce qui doit être vu, avec comme corolaire l’obscurantisme qui asservit la conscience pour la rendre crédule. En « intelligence économique », que je pratique dans le monde profane, on sait qu’on ne sait pas, mais le pire est celui qui ne le sait pas. Cela permet aussi de découvrir l’espace qui nous sépare du savoir, d’en prendre conscience et de chercher à combler ce vide, au risque de voir la foi s’installer sur les vestiges de la croyance. Je suis un cherchant et je ne peux pas croire sans avoir vu, mais en cherchant je teste mes connaissances afin de les perfectionner et de trouver de nouveaux buts, ou même encore d’expérimenter de nouvelles directions, au-delà des apparences trompeuses du mauvais compagnon qui a cru pouvoir obtenir ce qu’il n’avait pas gagné par lui-même. ·Le Niveau que porte le 1er Surveillant, qui devrait exercer un contrôle éclairé surles Travaux de ses FF peut leur faire subir, par contre, une contrainte étouffante, à cause de son Fanatisme. Le second coup est porté au cœur. Ainsi, pour s’affranchir des remords, l’intellect égoïste doit éliminer le cœur qui harmonise les désirs et des passions sans réussir à les freiner … Le coup est à nouveau dévié ; c’est la nuque, comme la gorge, qui sera touchée, liaison indispensable entre la tête et le corps; « le Maître chancelle », nous dit le Rituel … C’est la mort affective. Le fanatisme est capable de tout pour faire triompher une doctrine, un dogme (ce qui est particulièrement antimaçonnique !) Pourtant il est clair qu’un Maçon est obligé par sa tenue d’obéir à la Loi morale [..] il ne sera jamais un athée stupide, ni un libertin irréligieux, nous rappelle les Constitutions d’Anderson. Elle interdit dans les Ateliers toute discussion politique et religieuse; elle accueille tout profane, quelles que soient ses opinions en politique et en religion (Déclaration de principes du Convent de Lausanne du R É A A , Sept. 1875)Les religions sont souvent utilisées par le fanatique, et la Franc-maçonnerie n’est pas une idéologie dont la « foi du charbonnier » serait le seul vecteur, elle utilise les symboles du constructeur, elle n’est pas le but, mais le moyen. La superstition est souvent un des vecteurs principaux du fanatique, qui travestit la réalité pour imposer son idéal imaginaire, reposant fréquemment sur des préjugés dont la folie est le seul moteur, qui le porte vers la passion extrême. Au contraire, la Franc-maçonnerie n’impose aucune limite à la recherche de la Vérité et c’est pour garantir à tous cette liberté qu’elle exige de tous la tolérance. La spiritualité du REAA à la GLDF ne fait appel à aucune théologie car elle est non dogmatique, laïque, œcuménique et humaniste. En cela aucune religion ne lui impose de révélation imposée, car elle n’en exclut aucune, la Franc-maçonnerie tend à accepter les opinions de tous sans imposer une pensée unique. Sans le doute, les certitudes deviendraient le moteur de l’exclusion et de l’ostracisme. Ainsi le mauvais Compagnon s’est fourvoyé dans sa propre volonté à détruire son modèle, comme s’il avait été corrompu par sa haine du meilleur, en voulant instaurer le pire …·Le Maillet du Vénérable :Le TVM, enfin, qui devrait diriger les Travaux avec un dévouement total, peut être, parfois, préoccupé par des visées personnelles,dérivées de son Ambition. Son Maillet, symbole de son autorité fraternelle, devient alors l’instrument par lequel Hiram est abattu.Ainsi le troisième Compagnon félon tue Hiram d’un coup de Maillet au front, siège de l’Harmonie réalisée entre le cœur et la tête … C’est la mort Spirituelle : si l’homme survit au besoin grâce à des automatismes primaires, il vit sans âme, sans tête et sans cœur ; son Maître est mort et il demeure asservi aveuglément à un subconscient misérablequi lui invente des raisons dérisoires de vivre. Démuni de sa relation avec ce qui le transcende, il demeure isolé et prisonnier de son égotisme attristant, qui ne sais dire que « Moi » et jamais « Tu »… Ainsi le rôle du troisième assassin est-il joué par le Vénérable lui-même pour nous rappeler que ce signe d’autorité, s’il est dépourvu de l’Epée Flamboyante (pouvoir Spirituel) ni contrôlé par l’Equerre et le Compas, devient alors au contraire le symbole de l’impétuosité instinctive et dominatrice au service des pulsions les plus frustres ou de l’ambition la plus égoïste …L’ambition ne sert qu’à justifier la gloire et l’éphémère. Selon Rackzinski : « La vanité consiste à vouloir paraître ; l’ambition à vouloir être ; l’amour-propre, à croire que l’on est ; la fierté, à savoir ce que l’on vaut ». Le dernier Compagnon, pétris d’ambition, voulut croire à son triomphe en assénant le dernier coup à Me Hiram, ce fut le plus mauvais, car il acheva l’œuvre entreprise par l’ignorant et le fanatique, il tua son modèle sans pitié ni respect en croyant le remplacer. Nul ne peut se croire parfait car l’Homme est perfectible, nul ne peut se réaliser dans la convoitise car le mérite ne s’achète pas, et nul ne peut s’instaurer vérité car la peine du cherchant n’enrichit pas le sot.En réalité, le mal vient de la corruption de trois inclinations qui appartiennent universellement à l’homme et qu’il serait intéressant de rapprocher des trois mauvais Compagnons : la fragilité de la nature humaine, l’impureté du cœur et la malignité qui fait subordonner le mobile de la loi morale à d’autres mobiles. Mais Hiram, le « Maître constructeur » assassiné, revit symboliquement à travers tous les Initiés. Dans le Mythe Maçonnique, le Maître est retrouvé, et il reparaît aussi radieux que jamais ! C’est bien dans ce prolongement perpétuel que l’œuvre devient alors « œuvre d’Amour », flambeau de notre espérance en dépit de notre deuil, par un acte de foi en l’Homme et en l’Humanité. Pourtant, le Mot des Maîtresn’a pas été retrouvé, et se posent plusieurs questions préoccupantes : le crime ne sera-t-il pas vengé ? Les 3 mauvais compagnons qui subsistent en nous ne vont-ils jamais être éliminés ? Devrais-je rester sur un échec ? Peut-être un espoir réside dans cette phrase de l’ATRGMJ.C. Bousquet : si l’échec d’Hiram était sa véritable réussite ? Il fautd’abordqu’il meure en laissant quelque chose d’inachevé,ce qui est un premier échec. Mais en cas contraire ce serait toute notre démarche qui cesserait d’être ésotérique dès lors qu’il y aurait un message !C DRéférencesRituel et Instruction au 3ème D° , GLDFBruno Phelebon-Griolet La Légende d’Hiram »: Réflexions autour du Mythe, 31 Mars 1999Journées d’Etudes des Loges du S-E, 02/03 Octobre 2004, Toulon Navigation des articles Planche Précédente "12 Questions" Planche Suivante "Le chemin du devoir conduit à la vraie lumière"