#404012

Le DELTA au 7ème degré

Auteur:

N∴ M∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué
A LA GLOIRE DU GRAND ARCHITECTE DE L’UNIVERS


Rite Ecossais Ancien et Accepté


ORDO AB CHAO


Au nom et sous les auspices du Suprême Conseil de France


Liberté – Egalité – Fraternité





G M A et vous tous mes FF GG MM AA


Après l’assassinat d’Hiram le désordre règne en moi. L’ignorance, le fanatisme et l’ambition déréglée ont triomphés sur mon esprit et mon intelligence. Cherchant plus de Maîtrise, je persévère dans la voie de la perfection. Après une certaine progression depuis le 4ème degré, me voilà désigné Prévôt et Juge au 7ème degré.



A ce degré il m’est demandé de juger. Mais de juger qui ? Comment ? Et en fonction de quelle loi ?



Symboliquement, je suis chargé de maintenir la concorde entre les ouvriers du Temple. Je dois être prêt à me rendre à toute heure, et en tout lieu pour faire régner la justice. Je dois tout faire pour apaiser les différends entre les frères, et leur rendre stricte et impartiale justice.



Mais d’abord qui sont ces ouvriers qui oeuvrent symboliquement dans le Temple?


Le Temple étant moi-même, ne seraient-ils pas entre autres les mauvais compagnons qui sont en moi et que je recherche? Ne seraient-ils pas en fait les éléments qui me font vivre au quotidien : émotions, passions, désirs, pulsions… symbolisés par les couleurs rouges dominantes de la Loge ? Il est impératif pour moi maintenant d’instaurer la concorde entre ces éléments qui constituent mon être et de me réorganiser pour retrouver l’Unité. C’est bien entendu mon désordre intérieur qui est visé.



Il me semble donc qu’il est nécessaire d’abord de me juger moi-même et savoir si je suis apte ensuite à juger les autres en agissant dans la société. C’est une condition nécessaire pour pouvoir accomplir mon devoir, ma nouvelle tâche et avancer sur le chemin de la perfection. Je suis donc le juge et le jugé.



Prévôt et Juge, ma fonction est double comme les deux plateaux de la balance. Ce double titre que je rencontre pour la première fois porte un sens profond. Il m’indique que je dois concilier les deux plateaux de cette balance qui s’opposent et qui contiennent d’un côté mes défauts et de l’autre, sinon mes qualités, au moins ma volonté de me perfectionner. Il m’indique aussi qu’il doit y avoir un équilibre entre mes pensées et mes actions, entre le Prévôt gardien de la loi et le juge exécutant les sentences, entre la loi rigide et le jugement humain. Autrement dit : Il me faut apaiser la dualité qui est en moi, la lutte intérieure que j’éprouve au quotidien, pour restaurer l’ordre en moi afin de pouvoir ouvrir avec la clé d’or le coffret – mon coeur – prendre connaissance des plans du temple idéal qui s’y trouvent et en reprendre la construction. C’est-à-dire avancer dans la prise de conscience de moi-même, du monde qui m’entoure et du créateur de ce monde.



Je vois bien que l’accent est mis dans ce degré sur la connaissance spirituelle à un niveau toujours plus élevé. Le prévôt et Juge passe de la clé d’ivoire à la clé d’or. La légende du grade le souligne en établissant un rapport de similitude clair entre d’une part les plans du Temple qu’il faut achever de construire, enfermés dans le coffret d’ébène, dans le Saint des Saints , qui sont les plans du G.A.D.L.U. et de l’autre le cœur du Prévôt et Juge. Fort de cette connaissance spirituelle nouvelle, et saisi d’admiration, le Prévôt et Juge tombe à genoux faisant preuve d’humilité, qualité nécessaire à son futur pouvoir de juger « armé » de la balance. En effet, l’enseignement de ce grade, selon le rituel, « associe le pouvoir et le jugement. Ce dernier doit être rendu sereinement, sans préjugés, sans opinions préconçues ». Prévôt et Juge, je dois appliquer la loi mais avec humanité.



Mais comment et d’après quels critères, en fonction de quelle loi, établir la justice vis- à-vis de moi-même et vis-à-vis des autres ? Et de quelle justice s’agit-il ? Suis-je capable, moi humain, d’être parfaitement juste ? La justice humaine n’est elle pas comme la perfection humaine inaccessible, incomplète, relative, partielle et approximative? Je pense qu’il n’est pas dévolu à l’homme de pouvoir agir en juge parfait. La Bible elle-même le stipule: « Tu ne jugeras point ». L’homme reste, malgré tout, un être enclin à agir selon ses passions ou aspirations intéressées. Que serait une justice sous l’influence de la seule « morale » humaine ? Dans mon désordre actuel, puis-je avoir un jugement objectif ? Platon disait que « justice et humanité ne font pas bon ménage puisque l’homme n’est pas juste de son propre fait. » Chaque époque, chaque communauté ou nation a sa propre vision ou conception de ce qu’elle considère comme bon ou mauvais, juste ou pas juste, bien ou mal. Ces notions peuvent varier d’un individu à un autre, ou d’un milieu social à un autre. Aussi, la difficulté de l’homme à fixer les lois de la justice provient du fait que sa connaissance des hommes et même de sa propre personne reste incomplète. Pour juger parfaitement il faut connaître la vérité des hommes et des faits. Mais nous le savons  « La vérité absolue est inaccessible à l’esprit humain ; il s’en approche sans cesse, mais ne l’atteint jamais. »



Un acte de justice humaine, quel qu’il soit, est donc intrinsèquement toujours incomplet. Bref, la justice humaine peut apporter beaucoup, mais elle n’est pas infaillible. Les exemples ne se comptent plus: La justice humaine, nous ne l’avons pas oublié, avait justifié l’esclavage. Les tortures de l’inquisition ont été justifiées même par les hommes qui prétendaient être des hommes de Dieu. L’exemple de l’affaire Dreyfus et de tant d’autres montre combien de jugements ont été rendus sous l’influence des passions des hommes ou sous l’émotion ou la pression populaire. Juger n’est pas comprendre selon le législateur humain. Or, il faut essayer de comprendre les hommes avant de les juger. Bref : L’homme idéal, parfait, doué de raison, de sagesse, d’amour, affranchi de son ego, de ses instincts, de ses défauts et faiblesses n’existe pas. Alors, la justice humaine idéale n’existe pas non plus. La justice idéale est une chose supérieure à l’homme. Elle ne peut pas être seulement humaine.



La justice est représentée les yeux bandés, aveugle physiquement, pour rester dans l’impartialité. Elle ne s’exprime donc qu’en fonction d’une lumière intérieure reflétée par La Grande Lumière. Et c’est justement de cette Grande Lumière qu’il s’agit maintenant, représenté par le Delta qui surmonte l’Orient de la Loge du 7ème degré et qui donne l’orientation de ce degré.



Selon le rituel, le Delta représente leG. A. D. L. U.et symbolise les qualités nécessaires au détenteur du grade: Justice, Equité, Impartialité. Ces qualités sont donc à la fois humaines et divines. Ne l’oublions pas : Le maçon de la Loge de Perfection travail avec dévouement sinon avec dévotion à la gloire du G. A. D. L. U. Comment peut il agir selon son propre chef ? L’ouverture des travaux à tout heure indique que ce dévouement, doit être renouveler perpétuellement.



Le Prévôt et Juge doit faire en sorte que sa justice ne réponde pas d’un ordre ou d’un modèle purement rationnel mais s’inspire et applique la loi du G. A. D. L. U., la loi universelle « qui régit toutes les choses dans leur ensemble et chaque chose dans son détail ». Pour le Maçon en général et le Prévôt et Juge en particulier il ne saurait y avoir de vie humaine digne de ce nom sans loi morale ; et le G. A. D. L. U. est au coeur de cette loi. Ce qui fait qu’un homme peut être à peu près juste, ce n’est pas seulement son respect des lois écrites, mais la conscience de sa place dans le monde et des exigences de cette place.



« Où est votre Maître » ? Demande le rituel. Réponse:  » Partout où il y a justice à rendre ». De quel Maître s’agit il ici? Le « Maître » qui est partout n’est autre pour moi que le G. A. D. L. U.Le Prévôt et Juge, son « porte parole » le porte dans son coeur. La tête de la clé d’or en forme de coeur lui indique la direction à prendre. C’est notre Maître intérieur, notre conscience. La mission du Prévôt et Juge est d’ouvrir son cœur avec la clé d’or symbolisant sa foi, vérifier en permanence, à toute heure, à chaque fois qu’il fait usage de la balance, la conformité de ses plans avec la Loi Universelle, les plans du G. A. D. L. U., symbolisée par la présence du Delta.



Tout dans la Loge du 7ème degré converge vers l’Unité : Le Delta, référence principale de ce degré, le Dais d’azure semé d’étoiles d’or, la cinquième étoile au centre des 4 aux 4 coins du Temple, le cinquième coup de la batterie séparé des 4, le calcul des valeur des lettres du nom TITO (20+9+20+15 = 64. 6+4= 10. 1+0=1), l’âge du Prévôt et Juge: (4×16 ans = 64. 6+4=10. 1+0=1)…



D’ailleurs, Le Delta, ou ce qu’il représente, est présent sous différentes formes ou objets dans tous les degrés y compris même dans le Cabinet de réflexion. Et si le Delta ou son symbolisme est le même dans tous les degrés, c’est le contexte dans lequel il se trouve qui change et qui donne un éclairage particulier au travail et à la mission du Maçon de tel ou tel degré. Au 7ème degré, c’est de la justice divine qu’il s’agit par cette présence dominante du Delta. C’est de la conformité de la pensée et de l’action du Maçon à la Loi Divine qu’il s’agit,car seul est juste l’Eternel. Dès lors, est considéré comme « juste » l’homme dépendant totalement du Principe Créateur, cherchant à connaître ce que l’Eternel attend de lui, et s’efforçant de penser et d’agir conformément à sa Loi. La justice de cette Loi n’est pas le droit positif de la justice humaine moderne, mais c’est une justice accompagnée de compréhension, de discernement, de clémence, d’équité, de miséricorde, de charité, et même de pardon et d’amour. C’est le sens profond du 7ème degré.



Enfin, notre justice, fusse-t-elle inspirée de la justice divine, est- elle toujours juste? Pas totalement. Nous ne devons jamais oublier que malgré nos efforts nous n’atteindrons jamais à la justice divine. Pour preuve, le Prévôt et Juge a eu seulement la Balance ; il n’a pas eu avec elle le glaive moyen de trancher définitivement. Nous sommes donc incapables de rendre un jugement parfait. Mais reconnaître notre incapacité à être des juges parfaits n’est-il pas un pas vers le jugement parfait ? Néanmoins, en tant qu’humains imparfaits, il suffit que notre volonté d’y parvenir soit conforme à cet idéal difficile à atteindre. Chacun s’en approchera en fonction de l’intensité de la lumière du G.A.D.L.U. qu’il a bien voulu faire rayonner dans son cœur. Aussi, en fonction de sa fidélité à son Dieu et sa foi en lui car, ne l’oublions pas, le Prévôt et Juge demande toujours, dans l’accomplissement de sa tâche si difficile, l’aide de Dieu: « Que Dieu me garde en Vérité, en Equité et en Justice. Amen, Amen, Amen. »



J’ai dit



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