#404012

Dieu me garde en Vérité, en Justice et en Equité

Auteur:

O∴ E∴

Obédience:
SCDC
Loge:
Fako - Orient de Douala
A LA GLOIRE DU GRAND ARCHITECTE DE L’UNIVERS


DEUS MEUMQUE JUS


RITE ECOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTE


ORDO AB CHAO


SUPREME CONSEIL DU CAMEROUN


LIBERTE EGALITE FRATERNITE





Sublime Grand Maître Architecteet vous tous mes frères Grands Maîtres Architectes, j’ai choisi, en accord avec mon surveillant, de traiter devant vous ce jour de la supplique de JOHABEN au 7eme degré : Dieu me garde, en Vérité en Justice et en Equité … Amen, amen, amen !!!



Pour en parler, je vais :


§Tout d’abord resituer le parcours du maçon écossiste dans les hauts grades jusqu’à ce lieu du 7eme degré où se situe l’action.


§Vous décrire un des thèmes récurrents que développe notre démarche


§Puis je définirai les concepts qui sont mis en exergue ici : Vérité, Justice et Equité


§Ensuite je parlerai de la tache du Prévôt et Juge


§Et enfin, je vous livrerai l’entendement et l’enseignement que j’ai reçus de ce travail



A l’heure où JOHABEN dit : « … Dieu me garde en vérité en Justice et en Equité… Amen, amen, amen… », le franc-maçon écossiste est au 7eme degré. Pour en arriver là, il est passe par plusieurs étapes desquelles il a reçu des enseignements :


§Au 4eme degré, il a connu une nouvelle naissance dans un nouveau système. Il a appris qu’il y avait de nouvelles missions pour lui. Le maître secret qui n’a pas de nom est enrôlé dans une commission de 7 maîtres qui ont pour mission de conserver un vase sacré jusqu’à la consécration du temple… un jour peut être. Il a reçu une clé, une couronne de laurier et d’olivier et des enseignements, viatiques, qui lui ouvriront un jour peut être l’accès. La grande leçon de ce grade est le devoir qui est l’impératif de tout maçon. La recommandation est d’agir vite et de ne pas musarder car le temps est cours et la mort arrive bien vite.


§Au 5eme degré, il apprend en résolvant la quadrature du cercle à devenir un maître. Il est chargé d’ériger en 9 jours, un mausolée en marbre blanc et noir ainsi qu’un obélisque surmonté d’une urne. Il a réussit à marier harmonieusement le blanc et le noir, qui peuvent sembler contraires. Le mausolée est l’image du pavé mosaïque pours’élever aux cimes où est conservé le cœur (image de l’esprit) du Maître. Il vient de vaincre la dualité, il vient d’apprendre à résoudre la quadrature du cercle.


§Au 6eme degré, il est appelé auprès du Roi Salomon. Rappelons nous que le temple était construit dans une association triangulaire : Salomon qui désirait honorer son Dieu, Hiram Abi le maître d’œuvre qui, avec la confiance des 2 rois, menait le chantier et Hiram de Tyr qui pourvoyait aux matériaux nobles. Suite à la mort du bâtisseur, ce triangle est rompu. C’est dans ce contexte que JOHABEN surprend une conversation houleuse, entre les 2 monarques. Il manque d’être mis à mort et ne doit la vie sauve qu’à la plaidoirie de Salomon. Son acceptation comme secrétaire intime et confident des 2 Rois fini par permettre la reconstitution du triangle qui avait été rompu suite à la mort du maître et qui était symbolisé par la dispute entre Salomon et Hiram de Tyr. L’équilibre, par JOHABEN, est revenu sur le chantier de l’œuvre.


§Au 7eme degré l’édification de l’œuvre peut de nouveau commencer. Pour régler les divers problèmes qui ne sauraient maquer de naître sur les chantiers, sur les chemins d’approvisionnement, entre les ouvriers du temple, JOHABEN est nommé ainsi que 6 autres Prévôts et Juges, afin de maintenir la paix et l’harmonie et faire avancer l’œuvre.Il est chargé d’examiner les plans élaborés par les architectes et de vérifier qu’ils sont conformes au sens de l’œuvre. Et au sens alchimique de les justifier. Il doit ainsi rendre la justice et en conserver la trace.



Sublime Grand Maître Architecteet vous tous mes frères Grands Maîtres Architectes, un thème point de l’étude des divers degrés que nous avons traversés pour arriver jusqu’ici : la Justice. Il est décliné sous divers angles à tous les degrés, soit clairement, soit au détour d’une allusion :


§Au grade de Maître secret, le rituel nous dit : « Ce que vous demande la franc-maçonnerie c’est d’aimer la justice, de la révérer et de la servir… » 


§Au grade de Maître Parfait le maçon doit rechercher à s’élever pour trouver le juste équilibre entre le noir et le blanc du mausolée, image de sa distance, de son degré d’élévation jusqu’au cœur du Maître, étalon de justice.


§Au grade de Secrétaire Intime, la conciliation comme moyen de règlement des conflits est suggérée. Le conflit né entre Salomon et Hiram du Tyr après la mort du maître est réglé suite à la cooptation de JOHABEN, qui devient ainsi le pole stabilisateur.


§Au grade de Prévôt et Juge, la mission est de recréer l’harmonie en rendant la justice en tous lieux et à toute heure.


§Au grade d’intendant des bâtiments, une balance apparaît sur le tablier du maçon. Cet emblème rappelle à ce degré aussi la notion de justice.



Dans les degrés d’Elus, le thème de la justice est abordé clairement sous toutes ses coutures.


§L’Elu des neufs, ou Elu de l’Inconnu, est confronté à une justice d’origine supra humaine dont il est l’instrument et dont il n’est pas démontré qu’il connaisse le but et les voies.


§L’Elu des Quinze participe à une forme de justice qui est le reflet des aspirations ou de l’ordre d’une société. Celle qui est rendue suite à une délibération humaine, après que les prévenus aient eu l’occasion de se défendre.


§Le sublime Chevalier Elu est un homme qui a fait sienne l’idée de justice. Il est devenu EMEREK. L’homme vrai en toute circonstance, l’homme juste. Celui qu’on demande au Maître secret de devenir en aimant la justice. Il est désormais prêt…


§Alors vient le grand Maître architecte. Celui qui, comme tous les chevaliers, est chargé de faire triompher le justice, de défendre la veuve et l’orphelin et de faire flotter haut l’étendard du Tout Puissant, qui est seul à rendre la Justice.



A travers ce développement on voit que ce thème de la justice est incontournable dans notre cycle de hauts grades du rite écossais.



JOHABEN est chargé de garder vivante cette réalité. C’est face à l’immensité de cette nouvelle tache, qu’il pense au dessus de ses forces, qu’il implore que : «  Dieu qu’il le garde en Vérité, Justice et Equité »



Je crois qu’il convient ici, pour fixer les idées, de définir les éléments :


Prévôt :

  • Au XIe siècle apparut la charge de prévôt de Paris, ancêtre de la police moderne, préposé à la justice et à la police, assisté de sergents. Au XIVe siècle, Philippe le Bel créa l’institution des commissaires enquêteurs. À partir du XVIe siècle, le prévôt de Paris fut secondé par un lieutenant criminel, juge des crimes commis à Paris et dans ses environs, ayant sous son autorité les commissaires du Châtelet, système qui se généralisa aux grandes villes. Mais c’est avec la lieutenance générale de police de Paris à travers laquelle s’illustra Gabriel Nicolas de La Reynie (1625-1708) que la première police dotée de pouvoirs importants fit son apparition.


Vérité :

  • En philosophie, une connaissance authentique, fondée sur la concordance de la pensée avec la réalité ;

  • En logique et en mathématiques, le terme se rapporte à la cohérence des propositions entre elles et avec les prémisses et les axiomes posés préalablement ;

  • En science, il s’applique principalement aux énoncés vérifiés expérimentalement ;

  • En éthique et en politique, il renvoie aux positions conformes à des valeurs telles que la justice et la sincérité.


Des rapports de la Vérité avec la réalité :


Une attitude qui revendique pour elle-même une « vérité » qu’elle est incapable de démontrer est propre au dogmatisme. En se référant à des personnages historiques qui acceptèrent de mourir pour la vérité dont ils considéraient être les détenteurs, Nietzsche affirma que « la croyance forte ne prouve que sa force, non la vérité de ce qu’on croit » (Humain, trop humain, 1878).


Socrate récusa le dogmatisme qu’il jugeait à la fois prétentieux car fondé sur des convictions qui ne peuvent être étayées que partiellement, insensé car il est motivé par la faiblesse intellectuelle et morale du sujet et enfin dangereux car les dogmatiques glissent facilement vers le fanatisme, donc vers l’acceptation, voire la recherche de la mort non tant de soi que de l’autre. « Je sais que je ne sais pas », telle fut l’une des devises philosophiques de Socrate, qui illustre que la critique du dogmatisme, comme chez David Hume au XVIIIe siècle, débouche souvent sur le scepticisme, doctrine selon laquelle l’Homme est incapable d’accéder à des connaissances sûres, ou conduit au relativisme, doctrine pour laquelle il n’y a pas de vérité « tout se vaut, tout peut être affirmé ».


Le conflit sur la vérité entre le dogmatisme, le scepticisme et le relativisme tient au fait que ces doctrines conçoivent la vérité comme un être (voire comme un Dieu), confondant par là vérité et réalité. Or, comme le note Heidegger dans « l’Essence de la vérité » (Questions I, 1943), une chose n’est pas vraie ou fausse, mais elle est réelle ou irréelle. Avant lui, Aristote dans sa Métaphysique ainsi que Spinoza dans ses Pensées métaphysiques (1663) affirmaient que la vérité est la caractéristique d’un rapport : seuls une proposition, un énoncé, un jugement peuvent être dits vrais, faux ou indécidables.



De la Justice.


Comme tout concept complexe la justice s’aborde sous plusieurs angles :


Justice peut être décrite comme le concept philosophique appelé à régir la vie en société en équité et le principe moral prescrivant à l’individu le respect d’autrui.


En droit, la Justice est le pouvoir chargé, au sein d’une société donnée, de définir le droit et de trancher les litiges qui s’élèvent entre sujets de droit.L’étude de la justice comme institution, permet de faire le rapport entre les principes spirituels, politiques et sociaux qui fondent l’organisation des sociétés, et la manière dont les institutions les traduisent.


Comme institution ou norme positive, la justice est une réalité : les tribunaux et le droit régissent, plus ou moins bien, un grand nombre de sociétés. En revanche, la philosophie pose la question de savoir s’il existe, par-delà ces institutions et ces actions qui sont proclamées justes, une idée universelle de justice qui transcende les diverses cultures et sociétés.


Pour Aristote (la Rhétorique), la justice parfaite et génératrice d’un idéal existe bel et bien et chaque homme la connaît en lui-même, chacun en a « comme une divination ». Ce sens de la justice est « naturel et commun » et il ne reste qu’à le réaliser dans la vie des hommes.


Or, la vie sociale ne semble pas habitée par la justice, comme le soulignèrent les penseurs du siècle des Lumières. Au contraire, on n’en trouve nulle trace : on n’en voit que des simulacres, selon Rousseau(Fragments politiques), dont on se sert pour agir au détriment des plus faibles et des plus pauvres. Même si l’on admet qu’elle est universelle et inscrite dans le cœur de chaque homme, la justice reste sans effets dans la réalité : elle est, dans le meilleur des cas, cachée par son simulacre.


Pour certains courants de la théorie de la connaissance, en particulier l’idéalisme et le scepticisme, il s’agit d’une idée purement subjective, fondée sur notre intériorité : chaque individu peut la définir à sa manière. En fait, chaque discours qui tente de la cerner manque de validité universelle car il émane du lieu d’opinion et d’illusion que représente la subjectivité.



De l’Equité


De même, la « maîtrise de soi » face aux « passions » (affections, sensations et émotions) participe à la vertu, permettant d’atteindre « le juste milieu » (par exemple, le courage est un « juste milieu » entre lâcheté et témérité). Aristote en vient ainsi à évoquer la justice, qui est « une disposition qui rend les hommes aptes à accomplir les actions justes ». Les droits, qui diffèrent selon les pays, dépendent de la volonté des hommes et de la forme de leur gouvernement. Mais l’équité est supérieure à la justice qu’elle corrige. Les parties à un litige peuvent choisir que la décision d’intervenir soit prise en équité et non en suivant les règles traditionnelles de droit. Les parties transmettent ce pouvoir au juge qui prend alors le nom d’amiable compositeur.


Le jugement en équité est l’ancêtre du jugement puisque, historiquement, il remonte à une époque où la règle de droit n’était pas encore formalisée. Celui qui jugeait était doté du sentiment de justice qui fondait sa décision. Dans le vieux conflit qui oppose encore aujourd’hui l’application de la règle de droit au sentiment que la justice a été rendue, le jugement en équité permet la rencontre du droit et de la justice, car l’amiable compositeur ne tranchera qu’au regard de ce qu’il estime être juste. Cependant si le juge peut s’affranchir des règles de droit, il n’y est pas tenu ; il peut trancher le litige selon les règles de droit qui lui semblent équitables, car l’équité et le droit ne sont pas toujours divergents. On n’est pas loin ici de la justice idéale, dont l’exemple le plus célèbre est évidemment le jugement rendu par le roi Salomon, archétype de jugement rendu en équité et non en droit.


La personnalité de celui qui juge est capitale dans l’amiable composition car c’est à son bon sens que les parties s’en remettent. Elles doivent donc avoir une entière confiance en son sentiment de justice. Surtout que la décision rendue en équité a la même force que si elle l’avait été en droit, et les parties seront contraintes de la même façon à l’exécuter. C’est pourquoi, en pratique, on observe souvent quelques réticences à abandonner sa cause à une autorité aussi imprévisible que l’équité de celui qui va juger.


En outre, le domaine d’application de l’amiable composition est extrêmement étendu puisque presque tous les litiges peuvent être tranchés par un amiable compositeur. Seuls les conflits sur les droits dont les parties n’ont pas la libre disposition, comme les droits attachés à la personne par exemple, ne peuvent lui être soumis. Cette limite est naturelle puisque, comme on l’a dit, l’amiable composition est avant tout fondée sur l’accord des parties. Si celles-ci n’ont pas la libre disposition de leurs droits, il est logique qu’elles ne puissent décider du mode de jugement.



Sublime Grand Maître Architecteet vous tous mes frères Grands Maîtres Architectes, quels sont des devoirs de JOHABEN ?


§Prévôt : régler les litiges de faible importance au plus juste, suivant les règles de l’Equité et de la conciliation, suivant ainsi la voie de son cœur et de son « bon sens »


§Juge : régler les affaires graves suivant la loi écrite



Ces deux formes de justices sont évoquées par deux emblèmes du grade :


§Laclé d’or qui sert à ouvrir la cassette qui contient le cœur d’Hiram


§La balance qui est l’emblème de la justice



La clé d’or est une image justifiée de la clé d’ivoire du Maître secret. Ainsi que JOHABEN qui a mûri, la clé a subi des transformations alchimiques qui ont changé sa nature organique en métal pur et précieux. Le maçon sait enfin que la clé d’ivoire que lui a remis le Trois fois Puissant Maître lors de sa réception au grade de Maître secret, doit lui servir à ouvrir son cœur pour en faire un instrument d’Equité.


La balance figurée sur le tableau de loge du 7eme degré est l’instrument qui lui permet, juge, d’équilibrer préjudices et réparations. JOHABEN, juge et homme a la tache d’établir l’harmonie dans le chantier, il doit donc au mieux estimer les arguments des uns et des autres ensuite au plus juste proportionner la réparation.



Le Juge et Prévôt, doit rendre la justice en tout lieu et en toute heure. On attend de lui qu’il soit omniscient, infatigable et ait un don d’ubiquité. La lourde tache qui échoit à JOHABEN, l’homme, apparaît ici clairement. Ses frères attendent de lui une fonction presque divine. Nous sommes là au cœur de la problématique du grade et nous percevons alors le sens de la prière de JOHABEN : DIEU me gardeen vérité justice et équité… Amen, amen, amen !!!



Mais pour autant la tache qui lui est confiée est-elle humaine ? La réponse est certes non ! Car on dit que seul Dieu est Vérité, Equitable et peut rendre Justice dans le sens parfait qui est donné au terme : rendre la Juste réparation à l’acte dont on se plaint.


Pourrait-il ou devrait-il la refuser ? Certes non ! JOHABEN est maçon et homme de devoir. C’est ainsi qu’il invoque son Dieu devant le poids de la tache et se met sous sa couverture. Il est à remarquer que le président de la loge au grade de Prévôt et Juge, siège sous un dais étoilé. Il met ainsi symboliquement ses jugements sous la couverture « d’en haut ». Il rend une parole d’autorité sur des faits en tenant compte de nombreux paramètres, avec le risque de se tromper, mais toujours en toute bonne foi, en ayant toutefois toujours présent à l’esprit l’équilibre et l’harmonie du chantier.


Ce que confirme René GUENON quand il dit : « dans le domaine social, ce qu’on appelle la justice ne peut consister, suivant une formule extrême orientale, qu’à compenser les injustices par d’autres injustices ; la somme de toutes ces injustices qui s’harmonisent en s’équilibrant, est, dans son ensemble, la plus grande justice du point de vue humain individuel »



Georges ELLIOT, lui, dit dans ses pensées : « Dieu nous juge intégralement d’un seul regard, pas comme les hommes, sur des sentiments ou des actes isolés ». Il confirme là, la difficulté de la tache pour un homme. La justice humaine devant forcément s’appuyer intégralement sur des actes et sur des sentiments. Le juge ne pouvant pas percevoir tous les autres paramètres qui sont intervenus d’une manière ou d’une autreau moment de l’accomplissement de la faute



Sublime grand maître architecteet vous tous mes frères grands maîtres architectes 2 questionnements me viennent et je les partage avec vous :


§Le pauvre hère qui maraude dans un champ juste pour ne pas mourir de faim doit-il aller en prison ?


§Le riche avare, mais honnête homme qui accumule sans redistribuer, insensible à la misère qui sévit autour de lui, n’est-il pas passible de jugement ?


Voici 2 exemples simples et triviaux pour lesquelsles réponses sont évidentes au regard de la loi, mais pour qui tient la clé d’or et la balance, ils posent un réel problème de recul. Ils doivent être tranchés sans faire incliner la balance, mais on doit tout de même prendre en compte la globalité des choses (vérité, justice et équité)



Cet aspect du grade amène à mettre en perspective les situations rencontrées dans certains pays et même dans le notre. Ces situations que dénonce le mot d’ELLIOT, ou on a le sentiment que la balance est torturée par ceux là même qui ont juré de la servir. Ainsi ils nient De Cervantès qui fait dire à Dom Quichotte : « Si par hasard tu fais incliner la balance de la justice, que ce ne soit jamais sous le poids d’un cadeau, mais sous celui de la miséricorde »


L’espagnol me semble-t-il à défini la part d’Equité qui doit être rajoutée pour tempérer tout jugement, quand est rendue la justice et que la vérité a été dite.



Sublime Grand Maître Architecte et vous tous mes frères Grands Maîtres Architectes, Johaben dit : Dieu me garde, en vérité en justice et équité… Amen, amen, amen !!! Amen, amen, amen !!! nous interroge.



Amen, amen, amen !!! nous appairait tout d’abord au 5eme degré. Au terme des funérailles du Maître, quand Salomon dit : « tout est parfait ! » Tous les ouvriers répondent : « Amen, amen, amen !!! ».


Ce mot revient au 7eme degré et semble répondre en écho au mot sacré du grade : JAKINAÏ, j’établirai.



Amen est un mot est si répandu que vous le retrouvez chez les juifs, les chrétiens, dans d’autres religions et même dans le langage courant.


La racine de ce mot est la même que le mot « Emounah » qui veut dire « FOI ». Elle contient aussi les premières lettres du mot « Emeth » qui veut dire « vérité », lui-même racine de « Emerek », l’homme véritable en toutes circonstances, que nous devons devenir au 11eme degré.


En effet, les érudits juifs disent, lorsque nous répondons Amen à la suite d’une bénédiction, selon le type de bénédiction il y a acceptation, il y a confirmation, attestation et parfois souhait de réalisation de ce qui est exprimé dans la bénédiction entendue. Selon que la bénédiction est une louange de Dieu, l’affirmation d’un ordre divin ou une prière à Dieu. En somme, en disant Amen, je dis : « C’est vrai et j’y crois » et j’exprime ma volonté de rendre réel mon voeu.


Exprimer notre foi par la prononciation du mot Amen est extrêmement important. Car l’homme qui se distingue des autres créatures par la parole intelligente, instille en son cœur et renforce sa foi en son créateur, le Maître des destinées de tout être, par ces Amen répétés.


La Torah enseigne que ce n’est pas tant la foi qui amène à l’action mais c’est beaucoup plus l’action qui développe la foi. Prononcer Amen est ici une forme d’action.


La prière du Kadisch, au cours de laquelle l’assemblée répond à plusieurs reprises Amen, exprimant ainsi le souhait de voir Dieu reconnu dans Sa grandeur par toute l’humanité, est aussi récité par les personnes en deuil qui par cette prière montrent leur foi en Dieu et leur acceptation de la décision divine, même celle-ci est douloureuse.


Et, les Sages juifs enseignent que lorsque l’Eternel pénètre dans les synagogues et les maisons d’étude et qu’il entend les fidèles prononcer « Amen Yehé Schemé Raba… » Il hoche la tête et regrette d’avoir été obligé de détruire le Temple et d’exiler Son peuple !


Les lettres du mot Amen, – Aleph, Mème et Noune – sont les premières lettres des mots : « El, Mélech, Néémane », qui signifie : Dieu, Roi, Digne de confiance. Ces trois mots remplacent parfois le mot Amen


La valeur numérique du mot Amen est équivalente à la somme de deux noms de Dieu :


§Le Tétragramme (interdit de prononciation tel qu’écrit) et


§Adonaï (façon normale de prononcer le Tétragramme). Amen contient donc l’idée du Maître de l’univers, de Sa dimension infinie et de Son omnipotence.


A l’instar de la Guemara qui nous recommande de prononcer 100 bénédictions chaque jour, le Zohar recommande de prononcer chaque jour 90 Amen. Prononcer Amen équivaut à la prononciation de la bénédiction entendue. Cela est même considéré comme supérieur.


Pour les juifs amen peut avoir des effets presque magiques. Ils citent en exemple :


§La bonne prononciation de Amen prolonge la vie et ouvre les portes du Gan Eden.


§L’intensité de la ferveur dans la prononciation de « Amen Yehé Schemé Raba… » est susceptible de faire déchirer un décret néfaste.


§Il suffit qu’un enfant ait répondu une fois Amen, pour avoir droit au monde futur.


Inversement, il ne faut pas prononcer Amen trop tard, ce serait un Amen orphelin.



Sublime Grand Maître Architecteet vous tous mes frères Grands Maîtres Architectes, Qu’est ce que j’aurai retenu de ce travail ? La réponse tient en une prière de Saint François d’Assise, que j’ai découverte il y une dizaine d’années. J’avoue qu’à sa lecture une profonde émotion ne manque jamais de m’envahir. Elle semble résumer à mon sens les aspirations qui doivent être celle d’un maçon sincère. Je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager :



Un instrument de ta paix !!!



Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix,


Là où est la haine, que je mette l’amour,


Là où est l’offense, que je mette le pardon,


Là où est la discorde, que je mette l’union,


Là où est l’erreur, que je mette la vérité,


Là où est le doute, que je mette la foi,


Là où est le désespoir, que je mette l’espérance,


Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière,


Là où est la tristesse, que je mette la joie.



Fais Seigneur, que je ne m’efforce pas tant


D’être consolé que de consoler que de consoler,


D’être compris, que de comprendre,


D’être aimer que d’aimer,



Parce que c’est en se donnant que l’on reçoit,


En s’oubliant soi-même que l’ont se retrouve soi-même,


En pardonnant que l’on est pardonné,


Et c’est en mourant,


Que l’on ressuscite à la vie éternelle.


Amen !!!



Saint François d’ASSISE



Cette prière rejoint, comme vous pouvez le voir les incantations du Vénérable Maître en loge d’apprentis, quand il ferme les travaux et qu’il dit :


§Que la paix règne sur la terre !


§Que l’amour règne parmi les hommes !


§Que la joie soit dans les cœurs !



C’est dans cette voie là mes frères que nous devons nous engager. C’est cette voie là qui nous est tracée et que nous devons chaque jour découvrir. Cette voie qui nous conduit à l’amour de tout ce qui fut créé est me semble-t-il la voie de l’amour. Elle est certainement l’expression ou un des aspects de la parole perdue. Les chrétiens disent que Dieu est Amour. Je suis persuadé qu’il en est de même pour le Grand Architecte de l’Univers et c’est certainement son vrai nom.



Sublime Grand Maître Architecteet vous tous mes frères Grands Maîtres Architectes en vos grades et qualités… J’ai dit !!!



JM

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