9° #406012 Le Sceptre et le Poignard au 9éme degré Auteur: P∴ N∴ Obédience:Non communiqué Loge: Non communiqué A LA GLOIRE DU GRAND ARCHITECTE DE L’UNIVERS Rite Ecossais Ancien et Accepté ORDO AB CHAOAU NOM ET SOUS LES AUSPICES DU SUPREME CONSEIL DE FRANCE Liberté – Egalité – Fraternité Grand Maître Architecte et vous tous mes frères en vos degrés et qualités Le Sceptre et le Poignard au 9éme degré La méthode maçonnique à fait sienne un des 3 préceptes inscrits sur le fronton du temple d’Apollon à Delphes. Connais toi toi même et laisse le monde aux dieux. Socrate a repris à son compte cette devise et elle est devenue Connais toi toi même et tu connaitras l’univers et les dieux. Nous sommes là, mes frères, au travers de ce précepte, dans le fondamental, dans l’essence même de notre progression maçonnique. Le Maître Maçon qui cherche à devenir un Maître accompli sait que l’ignorance, l’aveuglement de lui-même font de l’homme l’esclave de ses opinions, mais il saitpar contre que la connaissance de soi, de ce qu’il est, le rend libre. C’est par l’approfondissement de cette conscience de soi, que le Maçon instruit aux hauts grades, se veut et se construit graduellement Emerek, l’homme vrai en toutes circonstances, un homme parfaitement capable d’assumer avec une grande objectivité sa part de lumière et sa part d’ombre. A notre degré de connaissance, nous le subodorons l’ennemi est en nous et notre esprit ne peut chercher la vérité qu’en luttant inlassablement contre ses propres imperfections. Ainsi, en atteignant les grades de perfection, il m’a été donné de méditer sur des questions essentielles, de méditer en fonction de mon niveau d’éveil spirituel et de ma capacité de compréhension, sur des questions auxquels chacun de nous est confronté un jour et j’en veux comme exemples : faire son devoir, ne pas se forger d’idoles, respecter quoiqu’il en coûte les engagements pris, rendre justice, exercer sa curiosité à bon escient, être obéissant mais aussi savoir transgresser la loi pour satisfaire un mobile estimé supérieur. Aussi au 7eme degré en qualité de Prévôt et Juge, j’ai apprit à être toujours prêt à rendre la justice en toute équité, sans préjugé ni partialité. J’ai promis de tout faire pour apaiser les différents entre les hommes, ainsi que de leur rendre une stricte et impartiale justice, en implorant que Dieu me garde en vérité en équité et en justice. Puis via le 8eme degré, dans la progressivité de la démarche maçonnique au rite Ecossais ancien et accepté, les grades dits de vengeance ou grades d’élus, succèdent aux grades de perfectionnement. Je suis donc par le 9eme degré arrivé en qualité de Maitre Elu des Neufs, dans les grades de vengeance. Et là en première lecture quelle surprise ! quelle stupéfaction! : on fait appel à la délation, on frappe mortellement un homme à terre, on décapite, de la tripaille, du sang, de la souffrance physique poussée à son paroxysme. Toute cette mise en scène morbide, sanguinolente m’a semblée de prime abord extrêmement dérangeante, elle m’a semblée vouloir fouler aux pieds les fondamentaux de la maçonnerie et plus encore ceux de la Maîtrise, ceux qui ont fait la renaissance du vieil homme. La barbarie de ces grades m’a interpelé, moi l’amoureux fou de la vie qui, certes, n’est pas, et loin s’en faut, quelqu’un qui tend la joue pour ce faire battre, mais qui est intimement et depuis très longtemps persuadé que l’homme n’est pas propriétaire de la vie. Non, pour moi l’homme ne possède que l’usufruit de sa propre vie. Sa chère vie ne lui appartient pas, alors à fortiori, il ne possède aucunement un titre de propriété sur la vie des autres, et par les autres, j’entends et je précise tous les êtres de chaire et de sang qu’ils aient deux ou quatre pattes. Pour moi, faire couler le sang, porter atteinte à l’autre,porter atteinte à l’intégralité d’un être vivant, sauf bien sur en cas de force majeure c’est porter atteinte à la création, et j’ose le dire porter atteinte à l’intégralité du créateur lui-même, à son œuvre. Aussi, je laisse cet attrait du sang, cette non maîtrise de nos pulsions malodorantes, de notre animalité latente, aux barbares de tous poils, aux chasseurs du dimanche, ou même aux adeptes de la tauromachie fussent ils aspirants au 14eme degré. Alors partant de cet état d’esprit, aborder les grades de vengeance est certainement une gymnastique intellectuelle forte intéressante et le prétexte à un travail des plus motivant. Car, en réalité, j’ai très vite, après une réflexion plus fouillée, découvert que cette barbarie de façade est plutôt la définition d’un idéal de justice et d’équité, un combat sur l’ignorance, le fanatisme, et en finalité un stade nouveau de réflexion vers plus de spiritualité, de conscience et d’amour. Dans cette dramaturgie au 9eme degré, bon nombre de symboles font partie du décorum, Le buisson ardent la grotte profonde, la lampe, la fontaine et le poignard. Ce poignard omni présent est certainement le symbole emblématique, le symbole fort de ce grade. Le poignard arme d’estoc est l’arme absolue, l’arme empreinte de noblesse, l’arme du combat véritable, celle du corps à corps avec lequel on tue ou l’on meure, dans la proximité de son adversaire les yeux dans les yeux. Ce poignard est à la fois une arme offensive et à la fois arme défensive. C’est l’arme du justicier, une arme de purification, mais aussi une arme de destruction. A ce stade de ma réflexion je n’aborderais pas volontairement le concept de la désobéissance, mais uniquement le processus pour l’accomplissement du cycle de perfection afin de combattre les forces obscures. Dans mon interprétation du psychodrame, je vois un homme qui a dépassé le buisson ardent, qui s’est engouffré dans la grotte. Dans la pénombre à peine éclairée d’une faible lampe il aperçoit l’assassin endormi à même le sol, un poignard près de lui. Puis en un instant il se saisit du poignard et frappe en hurlant NEKAM, cri emblématique de la vengeance. Il frappe d’abord au front afin d’effacer le geste mortel qui a emporter l’ Architecte. Le semblable attire le semblable et en agissant ainsi , en se conduisant lui même comme un assassin, JAHABEN à détruit savie, son harmonie d’homme éclairé. puis enfin il frappe au cœur pour recréer l’harmonie détruite. Dans ce déroulement tout emprunt de magie, le poignard est incontestablement pour moi l’outil, le ciseau de l’ouvrier,non pas l’outil du jeune Maçon qui va lui permettre d’intégrer un cadre de travail, de graduellement fonder une compréhension silencieuse des choses, d’opérer l’arpentage du monde et de l’humain pour la construction harmonieuse de son temple intérieur. Mais plutôt un outil en m’assimilant à Johaben, destiné à me faire comprendre que mon devoir est de posséder en mains l’instrument pour encore ouvrir davantage ma conscience à la lumière. Qu’à mon petit niveau de connaissances, dans ce degré de vengeance, cet outil symbolique doit permettre au Maçon que je suis, d’être conscient que le mauvais frère est en moi, que je suis le gardien de ce mauvais frère et peu importe qu’il soit là depuis le premier jour, ou bien qu’il se soit invité à mon insu. Que je doive maintenant en entrant dans les grades d’actions tuer en moi ma propre part de noirceur et ainsi devenir véritablement l’acteur de mon travail intérieur, à la fois le coupable et le vengeur.Il n’est bien sûr pas innocent que Joaben se saisisse de l’arme du traître, s’appropriant ainsi l’idée de punition sans avoir trempé dans le crime, devenant simultanément ainsi le coupable et le vengeur. . Je suis véritablement, le poignard en mains, le récipiendaire qui doit aller à la recherche des imperfections aux tréfonds de lui-même, en vue de les anéantir, de les extirper, de les tuer. Il est de mon devoir de supprimer les mauvais compagnons, le mauvais frère qui sommeillent en moi et de les transformer en bon compagnon en transmutant l’ignorance en connaissance, le fanatisme en tolérance, l’ambition en détachement, la vanité en simplicité, l’orgueil en humilité. J’ai appris au quatrième degré en qualité de Maitre secret appris l’existante du sceptre. Ce sceptre le sceptre de Salomon, le sceptre du trois fois puissant, prend également au 9émé degré toute sa dimension dans la digne représentation du pouvoir temporel, certes, mais aussi du pouvoir spirituel. Ce sceptre est le prolongement du bras, il symbolise l’homme établi comme chef, le pouvoir reçu d’en haut. A ce titre c’est le symbole du droit de rendre la justice et de commander selon justice et équité. Le bâtisseur du temple de Jérusalem n’est il pas défini comme l’archétype de la sagesse et il est dit de lui, la main de dieu est sur lui. Le sceptre représente donc la force, la beauté, la sagesse. Le concentré du bien, de la justice. Pas une justice individuelle, mais une justice dédiée à la communauté qui doit être rendu sans faille ni faiblesse, guidée par une chartre qui échappe à la volonté et aux pulsions vengeresses de l’individu. Si la légitimité est celle de la transmission de droit divin, Salomon, sans aucun doute, incarne cet archétype de pouvoir. En ce sens, lui seul peut commander une juste vengeance légitimant tout acte punitif. Dans, une communauté le devoir apparaît comme un ensemble d’obligations morales et sociales, voire légales, auxquelles se soumettent ses membres. La loi est une prescription établie par l’autorité souveraine applicable à tous, et définissant les droits et les devoirs de chacun. La définition de ces deux notions fait apparaître un lien irréfragable entre la loi et le devoir, la justice. Dans la vie de la communauté la justice impose la nécessité de distanciation, entre l’affect et le jugement, entre le coupable et la victime, entre le juge et la partie. Nous avons par l’image du poignard et du sceptre deux éléments essentiels dans l’évocation de la question de la transgression de la loi et la mise en lumière des dangers et des méfaits qui découlent des pulsions vengeresses non jugulées. Dans cette dramaturgie Joaben, est seul avec sa loi morale encore fragile et sa soif de vengeance, c’est la première fois qu’il se trouve devant son devoir; auparavant il ne s’était qu’engagé à le faire, maintenant il doit l’accomplir.Par sa faiblesse sur son chemin, à l’entée de la grotte, il dépasse le buisson ardent représentation allégorique de la divinité, porteuse du commandement « Tu ne tueras point », quilui rappelle la limite de son action : se saisir du meurtrier et l’amener devant la justice, telle une comparution devant le tribunal de Salomon, symbole aussi de la loi morale et de la justice au service de l’équité afin de faire subir à l’assassin une punition proportionnée à son crime . En d’autres termes, le long travail d’intégration du conscient et de l’inconscient, l’individuation du Soi, qui permet à l’homme de réconcilier ses contraires et de se bâtir une conscience personnelle du oui et du non, du bien et du mal, est un chemin qui doit passé par la transgression et l’erreur. Les erreurs, sont nécessaires soit, mais à condition qu’elles soient à postériorité analysées pour que le Maçon puisse se nourrir de leur enseignement et lui ouvrir la voie à de nouvelles perspectives. Mais attention il doit sans cesse être conscient que ce travail sur soit est extrêmement risqué à entreprendre seul, sans l’appui des frères de l’atelier, de même que JOHABEN encourrait la condamnation à mort par Salomon s’il n’était sauvé par l’intercession de ses frères. Mais au travers de l’interprétation du poignard, du sceptre et de mon interprétation du 9 ème degré, j’y analyse une histoire édifiante par la pertinence de sa démarche éducative. Nous avons là un homme, JOHABEN, déjà rencontré en qualité de Secrétaire intime, un homme curieux par essence, instruit d’humanité qui est déjà prévenu des conséquences de ses éventuels erreurs ou errements et qui hélas connaît l’échec, encore et toujours emporté par ses passions, berné par ses pulsions malodorantes, comme je me plaisait à les noter au début de ma réflexion. Ne serais je encore au grade de Maitre Elu des Neuf qu’un enfant, qu’un être immature, associable ?Mes frères j’ai dit Navigation des articles Planche Précédente "Humilité du rite et Héroïsme de l’Elu" Planche Suivante "Prévost et Juge"