#406012

Humilité du rite et Héroïsme de l’Elu

Auteur:

J∴ I∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué
TS et vous tous mes FF Elus,




Avant même que d’aborder les deux aspects, humilité du rite et héroïsme de l’Elu, la réflexion qui nous est proposée surleur possible conciliation, laisse supposer que l’héroïsme de l’Elu, si tant est qu’il y en ait un, le conduirait à l’orgueil, ce qui s’opposerait fondamentalement à son humilité de maçon.



De quoi ce héros, et tout simplement ce maçon, pourrait-il s’enorgueillir ?



Il faut aller plus loin et étudier les limites que pourraient atteindre un héroïsme trop exacerbé et puiser dans les qualités que le Maître Maçon est sensé « maîtriser », en particulier la Sagesse, pour entrevoir une possible sinon nécessaire conciliation.



En quoi l’Elu peut-il être considéré, ou peut-il se considérer comme un héros ?



L’accomplissement de la vengeance qui lui est demandé est clairement ressenti comme un acte contre nature, indigne d’un Maçon. Il s’inscrit dans un processus imposé par Salomon qui fait, ici, office de Prince aux décisions autoritaires. La décision de justice qui est prise et qui doit être assumée par les Elus, n’est pas partagée, elle n’a pas été soumise à l’approbation des Maîtres.


L’acte de vengeance est imposé, il doit être exécuté sans se poser de question. Cette acceptation, sans sourciller, fait penser au fanatisme. Elle fait apparaître les Elus comme des exécuteurs dépourvus de toute humanité, de toute responsabilité.



Cette action, vécue au premier degré, est aujourd’hui interprétée comme un meurtre. Elle s’apparente à l’antique loi du talion.


Mais nous ne sommes pas dans le monde profane, nous sommes dans l’espace sacré et l’action prend alors une dimension nouvelle.


Les Elus ont été choisis parmi les Maîtres pour leurs qualités, leur engagement, pour leur valeurs morales et humaines. Ils sont là pour progresser encore, et par suite il va leur falloir franchir de nouvelles étapes dans la quête, la réflexion et la compréhension, et ce, au prix d’efforts importants.



En lieu et place d’un nid douillet les abritant d’une dure réalité, la caverne va devenir le lieu de nouveaux tourments, de nouvelles épreuves.



L’Elu va devoir se surpasser, il va devoir être confronté à l’horreur. Mais, grâce à la virtualité de la transcendance, il va pouvoir vivre des événements insupportables dans le monde réel, contraires à ses aspirations, à l’humanité de sa quête. Il va pouvoir  vivre  cet acte traumatisant, par mythe interposé, et en tirer les leçons pour son vécu profane.



Tuer ! Commettre un crime !


Oui, tuer en effet, mais qui ?sinon lui -même ?



Il va devoir rompe la carapace qui le protège des parties les plus sombres, les plus enfouiesde son être, pour pouvoir atteindre ce qu’il a de plus ténébreux en lui, pour qu’il le découvre, l’extirpe, le domine en toute lumière.



Il pourra alors se purifier à la source qui l’attend à la sortie de la grotte.



L’acte est surhumain, il requiert un dépassement de soi. Il est courageux, il ne peut être différé. Il doit être accompli envers et contre tout, au péril de la vie : « vaincre ou mourir », est un acte de bravoure, il est héroïque.



Pour être pleinement héroïque, au sens profane du terme, il faudrait qu’il soit connu, afin que le hérosserve d’exemple, vivant ou mort, qu’il soit porteur d’un potentiel vital, à l’instar des héros totémiques qui créent et modèlent les vivants sur leur propre image, leur apprenant à vivre et à se comporter, et à qui ils transmettent la tradition.



Dans ces conditions on pourrait imaginer que ces héros puissent tirer quelque vanité de leur action éclatante et exemplaire.


Mais ici , rien de cela. Qui sait, à part soi-même, puisque le secret impose le silence ?


Aucune gloire à tirer ! aucune image exemplaire, directe, de cet acte à donner ! Le secretle préserve de toute divulgation.



L’acte est gratuit, l’exemplarité est toute personnelle. L’Elu est son propre miroir. La seule chose qu’il puisse transmettre et communiquer par son exemple, et non par de veines manifestations de vanité ou d’orgueil, c’est une façon d’être, un comportement, qui le rendra « reconnaissable », par ses Frères.



Toujours seul dans sa démarche de Maçon, son acte ne peut profiter qu’à lui seul dans un premier temps, et il devra communiquer cette expérience, cet enrichissement en améliorant son comportement extérieur en toute humilité.



Le héros, au service d’une cause qui le dépasse, est amené à se dépasser lui-même. Il se distingue par sa force d’âme, l’énergie de son caractère, mais aussi la grandeur et la noblesse dans le choix de ses objectifs, de ses visées.



Deux tendances extrêmes pourraient encadrer cet héroïsme si la Sagesse n’apportait pas les nécessaires rectifications : la sainteté et le fanatisme.



·La sainteté qui tend à la perfection par amour du divin, dans l’ardeur d’une foi qui pousse au dévouement total et à l’oubli de soi.



·Le fanatisme, de façon voisine quant au dévouement total de soi, conduit à des actes extrêmes mais aveugles et sans volonté ni de recherche, ni d’amélioration. Il conduit, par une intransigeance jusqu’au-boutiste et l’hostilité à tout compromis, à annihiler sa propre existence et celle d’autrui par l’accomplissement d’actes incontrôlés.



La Sagesse est seule capable de permettre l’équilibre, et la maîtrise de soi enassociant la pratique et la théorie, l’action et la réflexion. Elle fait appel aux vertus d’ordre, de mesure, d’harmonie, de sérénité et d’amour.



L’interaction de la sagesse du Maître et de l’héroïsme de l’Elu doit se faire en harmonie pour placer l’Homme dans une dynamique humaine, en privilégiant le respect de soi et des autres dans la fraternité.



L’héroïsme s’il peut être un moteur de l’action, doit dans tous les cas, rester sous la maîtrise de la Sagesse.

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