#406012

Le Sacrifice du 5ème au 9ème degré

Auteur:

M∴ S∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
EGALITE PARFAITE

A la Gloire du Grand Architecte de L’univers
Ordo Ab Chao, Deus Meumque Jus

Lors de notre première entrée dans le temple, nous ignorions que cette enceinte était rendue sacrée par la présence de la Lumière éternelle et par le mécanisme d’ouverture des Travaux. Par l’initiation et par ses rites de purification, nous comprenons progressivement que nous sommes dans un lieu mis à part et séparé du profane.

C’est par l’observation du visible que nous allons prendre conscience de l’invisible, du suprasensible. Le sentiment du sacré et l’observation des forces de la nature éveillent en nous la notion d’immanence. Prenant conscience que nous recelons tous, une part de Lumière, il va nous falloir la faire vivre en nous, afin d’accéder à la transcendance. Lorsque nous empruntons cette voie, nous nous projetons dans le monde du Sacré.

La racine de ce mot est latine « Säcër »… Curieuse racine se traduisant à la fois par « consacrer à la divinité » et par « maudit ». Dans cette racine, nous retrouvons ainsi l’éternel affrontement de la Lumière et des ténèbres. (Dictionnaire Gaffiot 1934).

De cette racine, seront déclinés les termes :

Sacrifier : action de faire du sacré.

Sacrifice : offrir à la divinité ce qui nous est précieux afin d’honorer ce qui nous dépasse, offrande.

Sacerdoce : enseigner ce qui est sacré.

Le cosmos devient un tout organique vivant, agité par des courants et forces subtils, et le sacré nous affecte. (Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut…)

C’est dans ce contexte que mon travail consiste à chercher les notions de sacrifice dans le vécu initiatique du Rite Ecossais ancien et accepté du 5ème au 9ème degré.

Le concept de sacrifice est l’archétype d’un cycle mort –renaissance, à l’instar des « deux fois nées » grecs.

Le 5ème degré est l’achèvement des degrés de maitrise qui débutent au 3ème degré par le sacrifice d’Hiram. Ce dernier archétype du « maître parfait » meurt sous les coups des mauvais compagnons, fidèle à son idéal et à son devoir. Avec lui meurt la vraie parole.

Au 4ème degré, avertis que l’idéal de la Franc-Maçonnerie est l’accomplissement du devoir porté jusqu’au sacrifice, nous nous engageons à faire notre devoir en toutes circonstances, quoiqu’il puisse nous en coûter. Mais nous comprenons également qu’il est plus facile de faire son devoir que de le connaître, car le connaître serait posséder la vision du GADLU.

Conscients de cela et admis au 5ème degré, Maitre Parfait, nous nous retrouvons ancrés dans la matière ainsi que nous le rappellent le nombre fondamental du Degré et le Tableau de Loge. Sur celui-ci, le tombeau d’Hiram est représenté par trois cercles et trois carrés en quadrature, reliés par une corde au cercueil, et comportant en son centre la lettre « J ».

Notre édifice repose sur une pierre cubique parfaitement taillée par nos soins qui s’inscrit dans le symbole du principe qui n’à ni commencement, ni fin et le principe nous habite (J de Jéhovah, nom sous lequel je connais le GADLU).

Mais cette base matérielle contient aussi nos défauts, nos mauvais compagnons dont il faut nous affranchir.

La corde représente les cordes dont se servirent les F F pour relever le corps d’Hiram et ensuite descendre le cercueil, mais aussi les liens qui nous attachaient au vice et que nous avons rompus, et il nous est précisé que nous ne pouvons atteindre le Saint des Saints que par la pureté de nos mœurs, la rectitude de l’intention et le secret, enseignement des degrés précédents. Et cela nous rend libres.

Le sacrifice au 5éme degré est bien là et cela nous rappelle les conditions nécessaires à notre initiation aux mystères et privilèges de la Franc-Maçonnerie. …Nous sommes libres et de bonnes mœurs…ALGDGADLU.

Que le GADLU me maintienne dans la Droiture et L’Equité

Au 6ème D°, secrétaire intime, Johaben… « Fils du Principe », a la volonté de protéger Salomon, personnage archétypal de la Sagesse en voie de construire son temple, contre la fureur d’Hiram de Tyr animé par la cupidité.

Ce faisant, il transgresse les ordres, mais agit sous l’emprise de ce qu’il perçoit comme relevant de son Devoir. Il s’expose alors à un grand danger qui risque de le mener à sa perte. Heureusement, la sagesse de Salomon prévaut et Johaben est épargné, ayant appris que si une matérialité excessive risque de tuer l’esprit, s’opposer sans précaution à ses plus bas instincts risque de conduire à leur victoire.

Cette prise de conscience nous appelle à réunir ce qui est épars en nous et à trouver l’unité de notre être. Notre esprit empreint de sagesse gouverne notre matérialité qui ne sera plus livrée à nos pulsions.

Promu secrétaire intime des 2 rois, CAD connaissant leurs pensées et leurs projets, Johaben devient symboliquement le fût de l’obélisque en réunissant la matière et l’esprit.

Dans le dilemme qui est le notre, ce D nous montre que nous devons garder la maitrise de l’équilibre entre matière et esprit et que nous ne devons jamais laisser l’un prendre le pas sur l’autre ou les laisser s’affronter sous peine d’un affrontement dévastateur.

Les conditions du Ternaire étant établies, elles pourront se manifester dans le D suivant

Que Dieu m’aide et me donne Constance pour persévérer dans mon serment

7ème D°, Prévôt et Juge

Ce D° se place sous le symbole de la Concorde, exotérique dans l’épisode de la légende salomonienne, mais aussi ésotérique, en nous-mêmes.

Prévôt et Juge, nous devons examiner en permanence nos pensées et nos actions en accord avec les règles que nous avons découvertes précédemment et rectifier immédiatement ce qui est négatif. C’est la condition nécessaire pour faire régner l’harmonie en nous.

Conscients de notre multiplicité, nous accédons enfin à notre Saint des Saints, à notre plus intime sous un dais d’azur parsemé d’étoiles de sagesse.

La cassette d’ébène qui renferme les plans de notre temple est à portée de notre cœur.

Une clef d’or nous a été remise et nous seuls pouvons juger de notre aptitude à nous en servir pour accéder à la connaissance. Juger, c’est rendre Justice.

La justice se décline comme une verticale : En haut Deus meumque Jus ou l’application de la grande Loi Universelle.

En bas, le Prévôt et Juge trouvant le plan divin au plus profond de lui même, se l’appliquant à lui même et oeuvrant à l’application de cette même grande Loi Universelle, avec les qualités et les connaissances requises.

C’est le sens de la balance… Seul notre discernement nous permet de savoir qui nous sommes. Avons-nous réussi à créer l’équilibre entre notre matérialité et notre spiritualité, fondant ainsi notre Humanité ?

Réexaminer sans cesse notre comportement par rapport à notre perception de la Loi Universelle, ne pas faire les choix les plus agréables pour notre confort physique ou moral, abandonner nos égotismes, nos folles ambitions, nos rêves et fantasmes…voilà le Sacrifice qui nous est demandé.

Que le GADLU me garde dans la Fidélité, la Loyauté et la Justice (ex : Dieu me garde en Vérité, en Equité et en Justice.)

8ème D°, Intendant des Bâtiments

Pour remplacer Hiram, Salomon nomme un chef pour chacun des 5 ordres d’Architecture. Johaben est incapable de remplacer seul le Maître disparu, car il ne maitrise qu’une partie de l’Art de la construction. (une pointe de l’Etoile Flamboyante)

Le fait que les Intendants de Bâtiments soient cinq montre à l’évidence la nature Humaine de la construction du Temple.

A son entrée dans le Temple, ses yeux sont recouverts d’un voile couleur de sang et il reconnait son ignorance. Le voile ôté, il peut discerner les ornements du Temple.

Johaben doit encore grandir en Esprit. Il manifeste un vif désir de progression aidé par son zèle pour l’Art Royal et espère disperser les nuages qui masquent sa vue.

Pour l’aider dans cette tache, cinq points de Fidélité (Félicité) lui sont donnés : Agir, Intercéder, prier, aimer ses FF et les secourir de façon à s’unir par le cœur et en esprit.

Que le GADLU me garde en Equité et en Justice.

9ème D, Maître élu des neufs

Quelques réflexions sur ce grade ou la notion de Sacrifice s’exprime pleinement.

Les neuf Maîtres choisis sont animés du même désir et nous suivons un élu Johaben. Ce dernier pressé de découvrir une nouvelle facette obscure de sa personnalité est animé par des motivations très humaines et représente l’archétype de notre désir d’amélioration.

Attardons nous d’abord sur le lieu de l’action : la caverne, située près de la mer, symbole de l’origine de toute vie et aussi symbole des tempêtes pouvant suivre le calme absolu. (à l’instar de l’homme en proie à ses passions dévorantes). Le Buisson ardent signale la caverne, mais en masque également l’entrée à johaben qui y est irrésistiblement attiré. C’est un retour dans le cabinet de réflexion pour une nouvelle épreuve de la Terre, toujours animé par ce même désir de purification.

Face à nous, le meurtrier Abiram est là, allongé, attendant certainement l’occasion pour frapper à nouveau. Nous sommes face à ce qu’il y a de plus noir en nous comme si le miroir nous renvoyait l’image de ce qui nous empêche d’être ce que nous aimerions être.

La colère nous fait le frapper au front, siège symbolique des pulsions négatives venant de notre égo, puis au cœur, siège des passions et enfin séparer la tête annihilant toute possibilité pour les passions de nuire à la raison.

Le Sacrifice effectué, nous pouvant enfin étancher notre soif de pureté avec l’eau de la fontaine.

Nous avons eu enfin le courage de descendre dans la caverne pour affronter nos vices et en triompher.Nous brandissons la tête coupée pour bien montrer qu’elle est libérée de toute passion.

C’est purifié par ce sacrifice, que nous pouvons renaitre au monde. Quant au terme de vengeance, ne prenons pas les mots pour des idées.

Si je manquais à mon serment, je me soumets à périr par cette même arme de vengeance que je reçois aujourd’hui comme l’honorable emblème de cet Ordre et comme récompense de mon Zèle, de ma Ferveur et de ma Fidélité.

La voie initiatique que nous avons choisie implique une ascèse nécessitant de nombreux Sacrifices, dont celui de l’égo. Une pensée d’Antoine de Saint-Exupéry nous encourage dans cette voie : « Il faut commencer par le sacrifice pour fonder l’amour. L’amour, ensuite, peut solliciter d’autres sacrifices et les employer à toutes les victoires. L’homme doit toujours faire les premiers pas. Il doit naître avant d’exister »…

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