Le devoir s’impose à nous, tant dans le tumulte de la cité que dans la solitude du désert…
Non communiqué
Choisir de commencer par au delà de la fin, par au delà de la naissance, quand déjà notre destin se forme…le devoir du destin qui m amènera ici aujourd hui, dans devoir il y a voir 2 fois.
Je suis née dans un des plus beaux département de France, là où la mer, toute de Méditerranée, a baigné mes premiers pas, mes premières baignades, là où la campagne sent les orangers les citronniers les brebis, ou se mélangent les palmiers dattiers les bougainvilliers et les eucalyptus, là où le chant du mezrine se confond avec le je vous salue marie, là où au loin commence déjà le grand Sahara, le pays de l Atlas, avec des beautés sublimes tel le cèdre de l’atlas de Belezema, le pin noir du Djurdjura, le sapin de Numidie, l’aigle de bonnelle, le cerf de barbarie…là où le Camel vaisseau du désert nous transporte…« j’étais comme une semence apportée par le vent, le premier témoignage de la vie ».
J’ai longtemps cru que l’Algérie était Mon pays ma patrie,ce n’est que bien plus tard,que j’ai compris que je suis née dans un departement…un pays qui ne serait plus le Mien…j’ai alors compris pourquoi par devoir absolu dans le tumulte de la guerre, mes parents, ma mère cherie, nous avait enlevées à notre enfance, nous avait déportées, transférées, rapatriées…sans pleurs, en silence, parce qu « il le faut… », « nous reviendrons…à la fin de l’été…, ce lourd mensonges a hanté ma vie, mes nuits, mon adolescence, ma vie de femme, de mere…ce lourd mensonge dicté par le devoir de l’humain envers les autres humains, le devoir de la mère envers sa famille, le devoir d assumer le mensonge du devoir politique envers la patrie, le refus du devoir contre l’humain et les larmes bien plus tard des généraux déchus et de ceux qui ont osé comme Challe, Zeller, Jouhaud et Salan, les larmes de la faille dans leur cœur, de ceux qui ont vu…ce lourd mensonge de survie qui m a fait pleurer encore et encore ma » Zora « abandonnée sur sa terre, toute de blanc voilée, qui par devoir me berçait, protégeait, séchait mes larmes, me bercait encore, jusqu au bout, ce n est que bien plus tard que j ai compris que naitre etait chaque fois un nouveau depart, un autre debut, les premiers cris de la vie, le Premier souffle…le pas vers un nouveau devoir. Le pas vers mon Devoir prochain…je ne connaissais ni Kant ni Rousseau…
Par sa racine latine « debere » qui désigne un débiteur et en l’occurrence, sa dette envers la société civilisée, le devoir marque l’appartenance de l’homme à l’intelligence collective. Parce que chacun est responsable de chacun. Qu’il s’agisse d’exprimer ce devoir par un vote citoyen, un don social ou un secours à porter autour de moi. Dans le cadre même de l’assistance due à une personne en danger.
Le souffle qui me guide aujourd hui, est ce souffle du devoir chaud comme le sirocco, fort intransigeant rude, comme les montagnes de l’atlas, …gai et lumineux comme les yous yous de Zora, léger comme les prémices d une sérénité nouvelle accomplie… Entre devoir inconditionnel et morale inconditionnelle… Aujourd hui c est a mon tour d’évoluer en ce devoir,en ce désert, ne vous payez pas de mots, n accordez pas une confiance aveugle… Mon désert, lieu où la quête ne s’y achève pas, conduit à une deuxième naissance, celle de toutes les terres promises. En initiation, le désert n’est qu’un passage.
Dans le désert, le pelerin des sables se meut au contact de l’infini. Il s’immerge dans l’alliance de la terre et du ciel, dont le cœur en est le foyer de convergence. La contemplation, la Theoria, ne peut qu’être expérience, un moyen de connaître des faits que l’on ne voit pas, de trouver une condition humaine autre. St. Exupéry… « En arpentant un sable infiniment vierge, j’étais le premier à faire ruisseler d’une main dans l’autre, comme un or précieux, cette poussière de coquillages. Sur cette sorte de banquise polaire, qui de toute éternité n’avait pas formé un seul brin d’herbe, j’étais comme une semence apportée par le vent, le premier témoignage de la vie… » terre des hommes.
De la sorte le devoir, s’il est une discipline autoconsentie, ne revient pas à une soumission à un pouvoir artificiel. Il s’agit d’accepter cette relation fonctionnelle avec un système de spiritualité auto inoculée, C’est avec cet état d’esprit que le franc-maçon investit son énergie dans l’étude et l’interprétation des symboles offerts à son regard et à sa réflexion en loge. Puis qu’il en transpose ensuite le sens en réalisations bénéfiques, individuelles ou interpersonnelles dans la cité.dans l univers. La chaine de tous les devoirs de tous les maçons. telle un transcripteur, un marqueur sur une chaine ADN.
« Pour
recevoir le ciel, il faut plonger en soi-même
», dit Pythagore, nous invitant ainsi au voyage
intérieur, celui qui nous sépare
momentanément des autres. Quitter un temps la
société des hommes,
pénétrer, faire le désert autour de
soi, pour entrer dans une solitude choisie est
Aussi un devoir, encore un, que je nommerais « devoir
introspectif », qui dirige le regard vers la terre
et incite à une vertu essentielle, trouvant nous le savons,
sa racine étymologique dans l’ultime devoir du
franc-maçon est de passer à l’acte. C’est
à dire d’une théorie bien comprise à
une abondante pratique dans la vie quotidienne. Où, chacun
de nous, avec sa faculté de résistance, avec sa
sincérité, avec sa vérité,
avec ses doutes, a le devoir de s’attacher à lutter contre
le mensonge, parole substituée devenue presque
élite de sociétés. Nous en avons les
illustration avec les agissements de certains hommes politiques,
fonctionnaires, industriels, sportifs,anonymes,
précisément le panel de
l’humanité ?! Moi même ? Peut
être, parfois,quand je tourne le dos au miroir,quand je me
voute au lieu d etre droite, quand je me tais, quand je bande mes yeux,
quand je rase les murs…
La tricherie est le contraire du devoir ! l’humus, le devoir d humilité régénératrice. Je ne connaissait pas Kant : comme promoteur de la notion de Devoir. Il est intéressant de noter qu’il inclue dans son concept, après Platon et Rousseau, l’idée capitale de « pensée élargie », comme sens même de la vie. Il entend par « pensée élargie » une pensée qui sort de « l’individu pensant » pour embrasser et inclure celle de l’autre. Cette compréhension d’autrui, nous l’appelons aujourd’hui, l’empathie.
Elargir ma pensée, c’est aussi grandir ! C’est sortir de moi-même pour m’intéresser à d’autres cultures, d’autres langues, d’autres savoirs, d’autres personnes, différentes de moi. En « élargissant mon humanité », mon « Humanitude » c’est de la sorte, aller plus loin, tel que nous le recommandent Anderson dans les Constitutions. Etre le paratonnerre de l Amour quel vœu fou…
L’invitation à se connaître de toutes les initiations n’est rien d’autre peut etre qu’un appel à prendre conscience de son propre désert. Les sciences humaines en constants progrès, ouvrent leurs bras aux francs-maçons, curieux des êtres et des choses que nous sommes. De l’anthropologie à la linguistique, de la poésie à la musique, de la littérature aux multiples formes de la psychologie humaine. La franc-maçonnerie vit de ce que ses membres élargissent ainsi leur pensée et leur vision du monde. Avec de nouveaux savoirs et connaissances… « Parce qu’il n’est d’homme qu’en relation ». L’homme n est que parce que l’autre existe l arbre est en devenir de foret en devenir d’oxygène en devenir de planète.
Le maître secret d’aujourd’hui sait que son devoir maçonnique passe, plus que jamais, par toute forme d’enrichissement intellectuel, spirituel,comme les epices du monde viennent donner une saveur toute particulière a un met encore plus savoureux.
Le Devoir est un impératif qui impose à l’homme d’accomplir ce qui est prescrit en vertu d’une obligation. il instaure une relation de commandement et d’obéissance voir obéissance absolue. ici le Devoir du macon est une position « transcendante » par rapport à celui qui obéit ; elle doit s’imposer à lui et en aucun cas se confondre avec lui. Ce n’est qu’ainsi que le Devoir peut se distinguer des simples tendances et désirs pour jouer le rôle de norme de l’action la « transcendance » du Devoir ne signifie pas pour autant séparation puisque cette relation peut se jouer au sein d’un seul et même individu divisé, une partie qui commande et une autre qui obéit, dans ce qu’a démontré Nietzsche dans la Psychologie du commandement.
On peut se demander au nom de quoi il y a une nécessité du Devoir ? Pourquoi le devoir ? Parce que le bien et le mal, parce que la morale, parceque le chaos, parceque la conscience, parceque la mémoire de l’infini, parceque le Pardon, la compassion, la tolérance, l’Amour…le devoir est ce cordon ombilical qui nous permet cette obéissance absolue à la fraternité, le devoir fait ce que les autres peuvent en compter de nous, cette fiabilité sans faille que nous ferons pour eux pour nous même…le Devoir de l homme envers lui-même. Certains par devoir et serment du devoir ont transgressé leurs absolus autres devoirs pendant la guerre…quel devoir choisir qu elle obeissance observer, ils ont choisi la fraternité l’amour l humanité contre le nazisme…ils étaient officiers allemands et…frères maçons… On peut se demander au nom de quoi il y a une nécessité du Devoir ? Pour répondre à cette question, l’idée de Bien s’avère fondamentale. Que celui-ci soit une obligation signifie qu il n’est pas une contrainte mais aussi une promesse, du serment, un crédit pour l’infini. L’homme se promet a lui-même, reçoit ce divin du devoir,qui naturellement s’impose à lui comme l’évidence d’être HOMME, un cadeau du créateur.
J’aurai pu naître baleine coquillage ou eucalyptus..mon devoir eu été autre. J’aurai pu naître noire, jaune, rouge, mon devoir eu peut être été par un autre chemin, mais identique, dans le tumulte de la Cité. Si tel était le cas, il serait impossible de ne pas accomplir le Devoir ; il serait impossible d’agir contre lui et même de lui résister ; Dire « je dois » reviendrai à dire « je fais » contre ma volonté. Le Devoir ne pourrait plus être source d’action. Ce que refusât SOCRATE accusé d’impiété, et s’opposant à la tyrannie de Critias, il du boire la ciguë.
Pour Platon, le Bien est l’idée suprême qui est au-delà de l’être et source de l’existence et de l’essence de tous les êtres intelligibles. Aristote affirme quant à lui que le Bien le « souverain » Bien est la fin-finalité de tout ce qui advient dans le monde. D’un point de vue profane le premier Bien c’est le plaisir. Les conceptions du Devoir ne prennent le plus souvent leur sens qu’à la lumière des conceptions du Bien. On peut ainsi identifier le Bien au plaisir (hédonisme). On peut également l’identifier au bonheur (eudémonisme), ce dernier exigeant parfois d’éviter certains plaisirs et de supporter au contraire certains déplaisirs. On peut encore considérer que le Bien est purement moral et s’identifie à la vertu. Le Devoir est la grande loi de la Maçonnerie, inflexible comme la fatalité, exigeant comme la nécessité, impératif comme le destin.
Devoirs envers soi, envers autrui, envers Dieu. Le Devoir implique une idée d’action, il est un des symboles majeurs du grade de Maître Secret. A ce degré le Maître est véritablement passé du passif à l’actif. Du temporel au spirituel, passer du savoir à la connaissance, côtoyer le Saint des Saint pour retrouver la Parole Perdue. J’aime ces mots…JJ Rousseau promeneur solitaire « l’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite est Liberté ». C’est vrai pour le maçon qui accepte les Devoirs de son grade avec joie, jamais par obligation ou par la force. Il est Libre. C’est vrai pour moi ici aujourd hui libre d’aborder selon mes paysages mon devoir vécu.