9° #406012 La caverne Auteur: Non communiqué Obédience:Non communiqué Loge: Non communiqué A la Gloire du G A D L’U Au Nom et sous la Juridiction du Suprême Conseil pour la France des Souverains Grands Inspecteurs Généraux du 33ème et Dernier Degré du R E A A Ordo ab Chao Deus meumquejusT S M et vous tous mes F M élus. Trois symboles majeurs donnent le ton au 9ème Degré – Maître Elu des Neuf :– la montagne et la caverne qui la contient – le buisson ardent se trouvant à l’entrée de la caverne.La montagne est la jonction naturelle entre le ciel et la terre. Le sommet est le lieu où se manifeste la lumière céleste (foudre par ex.) lorsque les conditions s’y prêtent. Dans l’état actuel du cycle humain, ce n’est plus le cas, pas plus que dans notre rituel. « La lumière que les hommes n’ont pas reçue » s’est rendue invisible en descendant dans Sa montagne et plus précisément dans son coeur, la caverne La montagne et la caverne sont géométriquement comme le triangle droit dans lequel un petit triangle inversé est inscrit avec pointe posée sur la base (la caverne est affleurante dans le rituel). Géométriquement, la caverne s’identifie à la forme du coeur. En résumé, la caverne représente le centre de l’homme, lieu analogiquement équivalent à la montagne et comme cette dernière lieu de la manifestation de la lumière céleste. Dès lors les processus qui s’y déroulent se rapportent à la naissance de la lumière au coeur de l’initié.Vouloir faire de la caverne du 9ème un lieu « chtonien, sombre » prive de leur vraie place tous les symboles forts de ce degré : le flambeau, le ruisseau, l’arc en ciel, l’étoile flamboyante, le 8+1 etc… Au contraire, c’est l’extérieur de la montagne qui est dans les ténèbres et non pas la caverne. Pour preuve du caractère éminamment positif de ce qui se passe dans la caverne, l’instruction du Degré et l’ouverture/fermeture des Travaux reprennent les éléments en rapport avec la visite à l’intérieur de la caverne.Le Buisson ardent qui précède l’entrée dans la caverne fournit le support doctrinal à la réalisation initiatique. Outre son caractère igné, donc lumineux, le Buisson ardent possède une composante symbolique sonore : une parole en sort qui affirme « Eheih asher Eheih », « l’Etre est l’Etre ». Cela veut dire que l’Etre ne peut coïncider qu’avec lui-mème.En clair, il n’y a pas de moyen humain pour identifier l’essence une et indivisible du Principe. Le Principe se connaît en permanence lui-même par lui-même. Tout ce que nous pouvons faire avec l’aide du rituel, c’est de retrouver l’usage de notre organe divin de connaissance qui est l’oeil du coeur et devenir conscient que le principe se connaît lui-même en se regardant par l’oeil de notre coeur.Le 9ème ne propose pas une réalisation immédiate de cet état mais un éveil à la doctrine de l’Unité de l’Etre et par voie de conséquence l’enseignement que l’individu doit s’effacer devânt l’Universel. Il est remarquable que la montagne et la caverne se trouvent à mi-chemin entre d’une part la mer et le port de Jappé où arrivent les matériaux de construction et d’autre part la colline de Sion où se bâtit le Temple de Jérusalem…Si l’on admet cela, les coups de poignard et le thème de la vengeance deviennent limpides. D’un point de vue spirituel, la tête ou le cerveau sont déjà périphériques par rapport au coeur seul organe par lequel peut être perçu le Principe car de même nature que lui. Le coup à la tête est à la rois :– le renoncement volontaire à l’exercice des facultés mentales pour « atteindre » le Principe – et la soumission de la raison (faculté centrale dans le cerveau) à une faculté essentielle qui est l’intuition ou l’intellect et dont le siège symbolique est le coeur.Le coup au coeur provoque une mortelle blessure du point de vue humain, mais du point de vue divin, c’est l’ouverture de l’oeil du coeur, le dévoilement au Principe. Or « l’Etre est l’Etre », cad qu’il n’y a pas de place dans le coeur pour autre chose que le Principe. Le deuxième coup de poignard est l’effacement de l’individu devant la transcendance et l’immanence de l’Universel en son centre. C’est la noblesse de l’homme adamantain que de se souvenir qu’il tient sa forme du Principe et qu’il tire sa réalité de Lui.Et la vengeance dans tout celav? Il y a la vengeance exercée dans notre royaume intérieur et la vengeance exercée au plan extérieur.1) La vengeance appliquée à nous-même.Nous sommes plongés dans la tristesse depuis le 3ème Degré. Remarquez la posture des Maîtres Elus dans le Chapître. Nous vivons aussi dans l’injustice depuis le meurtre d’Hiram : les assassins courent, la construction du Temple est arrêtée. La spoliation de la Parole et le désir de la retrouver expliquent la tension et le sentiment de vengeance de Johaben. C’est que la douceur évangélique ne se départit pas des réalités spirituelles : « le Royaume des Cieux appartient aux violents » (Matthieu 11-12/12 et Luc 16-16). Il faut rompre l’os pour atteindre la substantifique moëlle. La vengeance appliquée à notre être intérieur est juste et nécessaire car, que ne ferait-on pas pour retrouver notre bien ? Il est juste et nécessaire que cette sorte vengeance constitue les signes et mots du Degré. L’initiation nous permet en principe « hic et nunc », ici et maintenant, de réparer le mal causé par la perte de la Parole et restaurer l’ordre dans le chaos intérieur.2) La vengeance extérieureL’humanité s’éloigne de la Tradition. La lumière ne brille plus au sommet de la montagne, les oracles se sont tus. Historiquement certaines ruptures avec la Tradition sont décelables et la dernière en date en Occident est certainement la disparition du Temple avec son corollaire des siècles plus tard de l’abolition du Saint Empire. La vengeance de cette perte ne nous appartient pas, car la remise en ordre générale est entre les mains du GADL’U. Elle aura lieu lorsque cette humanité aura épuisé ses possibilités. Une rnain retournera le sablier vide et un nouveau cycle commancera. D’ici là il faudra supporter l’insupportable et nous ne pouvons que gémir comme Dante au chant du Purgatoire (XX04).« O mon Seigneur, quand aurai-je la joie de voir la vengeance, encore cachée, qui en secret rend douce ta colère? »Si vengeance immédiate il peut et doit y avoir, ce n’est qu’en nous-même car l’initiation permet en principe de réaliser la restauration intérieure ici et maintenant et non en fin de cycle humain. Nous avons retourné le sablier dans le cabinet de réflexion dès que nous sommes sortis victorieux de l’épreuve de la terre « à la gloire du GADL’U ». Ces quelques réflexions supposent, que l’on considère le rituel comme une allégorie au sens étymologique : il dit une chose pour en dire une autre. Lisons le rituel à plusieurs niveaux à la fois sans les mélanger. Une place pour chaque chose et chaque chose à sa place.Les trois degrés se déroulent sur fond hiramique. La facilité, c’est de s’emparer de la légende et la traiter comme une histoire. On peut gloser à perte de vue sur la transgression, le fanatisme, l’incapacité de Salomon etc. Mais gare à cette voie : elle devrait également aboutir au 3ème Degré à faire du T V M non un initiateur mais un assassin.L’enjeu et 1a finalité, des degrés de vengeance sont le maintien à couvert de la lumière traditionnelle. Au llème Degré, l’initié est l’homme vrai en toute circonstance parce que le principe parle en lui (ce sera affirmé clairement au 12ème). Les grades de Vengeance débouchent sur la constitution d’un collège de 12 initiés : cela signifie qu’un centre traditionnel est établi pour « irriguer » le monde humain à son insu avec des influences célestes et freiner la « descente ». cyclique. C’est un Saint Empire ésotérique. Les 3 pouvoirs spirituels lui sont dévolus mais sans fonction légiférante dans le monde.J’ai dit. 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