#406012

A0902-9 : Le Centre de l’Idée

Auteur:

J∴ D∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

 Note : Ce travail pourrait trouver sa place au 14°

« Salomon et Hiram, roi de Tyr, après avoir créé Guibulum, Johaben et Stolkin, Chevalier de L’Arche Royale, mirent de précieux trésors en sûreté sous le sanctuaire du Temple, dans la crypte creusée par Enoch, avant le déluge. Ils appelèrent cette crypte la Voûte Sacrée, parce qu’elle abritait le nom, ineffable du grand Architecte de L’Univers.

C’est ce nom que Dieu avait révélé à Moïse lorsqu’il s’était manifesté dans le Buisson Ardent, à proximité duquel la Loge des Grands Elus, Parfaits et sublimes Maçons, doit se tenir ».

C’est par ces mots du Rituel du 14ème que les récipiendaires sont accueillis, après le passage de la mer d’Airain. La Loge au 14ème se tient près du Buisson Ardent. A ce degré les F F côtoient le Divin. Mais c’est dans le rituel au 13ème degré que la notion du « Centre de L’Idée » est évoquée; plus précisément dans la légende des trois mages,ancienne variante du rituel,mais encore partie intégrante de l’instruction du degré.

Il est écrit, « le Mage le plus âgé qui sert de guide aux deux autres et alors qu’ils arrivent devant l’autel supportant la Pierre d’Agate ; leur dit ». Il est temps pour vous de recevoir les derniers enseignements qui feront de vous des Initiés complets, ce nom (Adonaï) n’est qu’un vain symbole qui n’exprime pas réellement l’idée de la Conception Suprême. « Il prit la pierre d’agate, se retourna vers ses disciples en leur disant regardez ! La Conception Suprême, la voilà, vous êtes au Centre de L’Idée ».

Comment s’est imposé à nous l’idée du « Centre de L’Idée » ; finalité ou étape supplémentaire ?

Nous avons tous choisi l’initiation pour les mêmes raisons : dissiper ce mal être que nous ressentons dans une société qui nous semble vide de sens,  loin de cette plénitude que nous ressentons possible, vers cet équilibre qui nous permettrait de prendre toute notre place dans l’univers, à défaut de le comprendre; donner à notre humanité une certaine supériorité sur notre animalité.

D’où cette décision prise toujours fortuitement, mais librement, de s’engager dans la voie initiatique, et pour nous, la voie Mac. du REAA ; Voie, qui, nous l’avons appréhendée, doit nous permettre de trouver le sens de notre vie, de nous construire et de nous approcher de la Vérité : l’essence de notre existence.

En cela nous suivons les pas de tous les cherchants qui, avant nous, se sont interrogés sur la place de L’Homme dans le Cosmos et nous ont transmis une partie de leur Savoir sur la manière de rechercher la Connaissance. Ainsi le totem des indiens, la cité interdite en Chine, les menhirs celtes; tous ces symboles nous suggèrent le Centre de L’Idée.

En Europe notamment, depuis des millénaires les cherchants ont répertoriés les lieux où le cosmique et le tellurique se rejoignent, ces courants vibratoires qui permettent ainsi à l’homme de ressentir dans son être, cette possible harmonie avec l’univers dont il est issu. P. D’Archeville écrit dans son ouvrage « De la Pierre aux étoiles ». Le temple (il parle de la construction des cathédrales) est donc la demeure de Dieu parmi les hommes. C’est le lieu de la Présence. Aussi,va-t-il de soi que tout temple se situe à l’aplomb du Palais Céleste qui est au centre du ciel. Par analogie tout Temple est un centre du Monde par où passe l’axe du monde. C’est le long de cet axe que descendent les énergies divines et que montent les prières des hommes. L’espace naît de ce point central. L’autre Axe principal celui qui relie L’Ouest à l’Est est le chemin qui mène vers la lumière, symbole de la vérité, de la sagesse et du divin.

La cathédrale est un instrument de transmutation. Il permet au profane de passer de l’ignorance à la connaissance, de la haine à l’amour, de la mort à la vie.

Pour nous F M, nous avons également dans notre temple la voûte étoilée et un axe vertical, la perpendiculaire qui relie le cosmos au tellurique. Nous savons également que, seul un travail personnel constant sur nous même peut nous permettre de continuer d’avancer sur le chemin.

En revenant à notre initiation ; nous avons constaté depuis, que sans le savoir, nous avions la clé de notre recherche devant nous, dans le cabinet de réflexion.

VITRIOL nous donnait la direction, la descente dans les entrailles de notre moi, vers le centre de notre monde. Notre transmutation avait déjà commencé. Nous avons franchi le pas et décidé sans le savoir d’élever notre seuil vibratoire. Nous élever autant que faire ce peut des contingences émotives.

Notre exaltation à la maîtrise en chambre du Milieu, nous place à nouveau dans un centre. Le centre du cercle. Nous sommes encore sur le plan horizontal.

Mais comme l’a écrit le F P Auger, la mort d’Hiram n’est-ce pas « L’anéantissement volontaire du limité, le retour nécessaire à l’essentiel, à la source, à la plénitude originelle qui, par son détachement, permet l’accès à la Connaissance, l’intégration du Grand Tout à l’Ordre Cosmique, au Grand Architecte de l’Univers par la loi d’Amour ».

En décidant de continuer sa progression au 4ème degré et si l’opportunité lui est donné, le F passe du cercle à la sphère et apprend que sa volonté n’est pas seule nécessaire pour continuer sa progression, il lui faut apprendre en plus le Devoir.

Au 5ème degré des signes évidents nous indiquent que nous sommes dans la bonne direction et que la bonne pratique du rite, nous permet de creuser en nous et ainsi paradoxalement de nous élever.

Ainsi nous participons aux funérailles d’Hiram. Pour recueillir sa connaissance et en faire la pierre de fondation de l’édifice, Adonhiram fait élever une obélisque sur laquelle est placée une urne, contenant le cœur d’Hiram.

L’obélisque, l’axe reliant le ciel à la terre, élément vertical de la croix qui dans notre évocation sur les cathédrales est l’axe du monde nous indiquant que désormais le chemin est vertical, qu’il faut sans cesse chercher à élever son esprit, son seuil vibratoire pour équilibrer au mieux l’esprit d’avec la matière: La quadrature du cercle. C’est aussi le cœur d’Hiram qui est placé dans l’urne, preuve que le centre de l’homme : c’est le cœur.

Le 9ème degré va nous interpeller plus particulièrement, car quand Johaben rentre dans la Caverne pour tuer le mauvais compagnon, une nouvelle fois il se retrouve dans la matrice maternelle, la terre, pour progresser, mais sa colère l’aveugle et l’empêche de voir le buisson ardent à l’entrée, il touche au Divin mais ne le voit pas. Sans l’exacerbation de ses passions, il touchait au but mais il est encore trop tôt et « l’intelligence du cœur » n’a pas encore pris le contrôle de l’initié. Les spires de la spirale de la vie ne se sont pas encore assez éloignées de celles du cycle précédent pour atteindre « l’intelligence du cœur » même si l’initié est maintenant le centre de la spirale. Il frappe le meurtrier à la tête, pas au cœur, il tue le mental, son mental, l’intelligence du cerveau, qui lui dicte de se venger, pas de faire justice; cette étape est indispensable pour atteindre l’intelligence du cœur.

Au 13ème, notre « intelligence du cœur » se serait-elle suffisamment développée pour, qu’à ce degré, nous atteignions le Centre de l’Idée ? Notre « humanité » se serait-elle suffisamment transmutée pour qu’elle atteigne le Divin, non pas, par une foi révélée, mais par une transmutation alchimique, un changement d’état qui lui permet, débarrassée de ses scories temporelles, de nous faire connaître l’intemporelle ? De penser avec notre intelligence du cœur, d’avoir retrouvé cet état primordial où Adam retrouve le paradis perdu, débarrassé de ses fautes originelles ? Tout nous le laisse à croire puisque arrivé à la voûte sacrée, la lumière matérielle de la torche de Guibulum n’est plus nécessaire. La lumière divine prend le relais ; nous rencontrons l’ineffable et semblons être arrivé au plus profond de notre être.

Si nous avons pu appréhender quelques étapes de cette descente / ascension vers le Centre de l’Idée, Sommes-nous arrivé à destination, au bout du chemin, est-ce cela la finalité de notre recherche ? Répondre oui, pourrait susciter, rires voire indignations.

Pourtant, tout, une fois de plus est là ; nous avons appris à utiliser notre « intelligence du cœur » pour avoir une autre approche des réalités qui s’offrent à nous. Le véritable nom de Dieu nous a été montré.

Mais même si les symboles sont là, si les kabbalistes nous ont fait parcourir l’arbre sephirothique, si les alchimistes nous ont placé dans leur athanor depuis notre naissance initiatique, si la pratique régulière du rite du REAA, nous donne à penser que nous progressons; Il est évident que notre rencontre de la voûte sacrée n’est qu’une étape de plus dans notre cheminement. Une image de ce que pourra être et devra être, notre rencontre personnelle avec le Divin.

A ce stade, le rituel et la légende des mages divergent ; dans le rituel Gibbulum retourne, rend compte au roi et le roi le fait Chevalier. Dans la légende des mages ; les deux plus jeunes ne veulent pas se contenter de cette plénitude pourtant si durement atteinte. La vue d’une 11° porte, fait ressurgir les passions, les mauvais compagnons sont toujours bien présents, ils pensent qu’on leur cache l’aboutissement. Ils réussissent à ouvrir la porte et entrevoient « EIN SOF », l’infini, l’incommensurable. Tout s’éteint et les mages s’échappent avec peine, du chaos recréé.

 La lumière de la 9ème voûte s’est éteinte tout est à recommencer ou plutôt à poursuivre, désormais nous savons que nous avons entrevu le Divin. Mais le chemin continu, la prétention et l’égoïsme nous ramènent inexorablement sur terre.

Notre Ego est toujours bien là et nous tient encore attaché à la matière. Le Centre de L’Idée est redevenu une notion indéfinissable, intuitive, et reste un idéal à atteindre : la parole perdue ?

 Ces deux versions de la légende ne sont pas sans nous faire penser à Dédale et à Icare qui ont choisi deux moyens différents pour s’échapper du labyrinthe. Deux voies, l’une emprunte de sagesse,l’autre qui fait courir, ses utilisateurs à leur perte. Sachons, nous aussi choisir !

Au 14ème nous faisons alliance pour pratiquer la Vertu.

Cette Vertu, qui devra, nous l’espérons définitivement nous permettre de dépasser notre animalité.

Il nous a été permis de franchir une nouvelle étape, celle d’appréhender l’incommensurable distance qui nous sépare du Divin ; quelque soit ce, que nous ressentons au plus profond de notre être, par notre « Intelligence du Cœur ». Tout reste donc à faire; nous avons par contre renouvelé notre Alliance et décidé de pratiquer la Vertu. Celle, qui surgit du plus profond de nous, qui s’impose à nous quand nous pouvons lâcher prise des contingences matérielles. N’est-ce pas cela la en réalité, la loi divine ! Le buisson ardent est à nos côtés. Nous avons donc, en principe, réussi notre rencontre avec le divin et savons maintenant où se situe le Centre de l’Idée, sans pour autant réussir à s’y tenir; Cette nouvelle mutation va nous permettre d’accomplir une nouvelle spire sur la spirale de notre vie et continuer le chemin en s’élevant vers ce divin qui est enfoui en nous.

C’est à ce moment, comme à toutes les étapes que nous franchissons, (celle-là particulièrement) qu’il faut être vigilant car la légende de Salomon, nous apprend que même le plus grand sage, le plus riche des humains peut céder : perdre le Centre de l’Idée. La bible nous apprend en effet que le roi autorise sa femme à prier d’autres dieux, ainsi son principe féminin se désuni du reste de son être et concours ainsi à sa perte. Seul la constante pratique de la Vertu, peut nous préserver et nous maintenir au plus près du Centre de L’idée par la pratique de L’Amour Véritable. Cela passe par une pratique du rituel et par une prise de responsabilité dans la Loge et dans le monde pour indiquer aux autres le chemin qui mène au Centre. Nous ne pouvons commencer à rassembler ce qui est épars que si nous avons trouvé le Centre. Avoir trouvé le Centre permet d’ordonner le Chaos.

Notre démarche n’est-elle pas alors de maintenir l’Equilibre entre la matière et le spirituel et, pour préserver notre unité de nous rapprocher le plus possible du Centre de l’Idée ? Le binaire de L’homme ramené à l’unité par le trois, en travaillant à la gloire du G. A. D. L. U. puisque nous travaillons à sa gloire depuis notre initiation : n’est-il pas le Centre de l’Idée ?

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