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Le Symbolisme du 12éme Degré
Non communiqué
En exergue et en introduction à ce travail d’élévation, un point sur les degrés précédents me paraît nécessaire.
Quelque chose de fort instructif est de déterminer la différence du passage d’un grade à l’autre avec l’accession à un degré supérieur ! L’élévation d’un degré ne fait pas forcement changer de grade. Si nous considérons que le chiffre de base 3 pourrait être appliqué à l’ensemble des 33 degrés, alors je verrais 3 grades à l’initiation humaniste.
a)je suis profane, je découvre et j’apprends
b)mes yeux sont décillés et j’adapte mon attitude personnelle
c)j’avance dans la connaissance et je transmets aux autres.
Chacun de ces grades étant lui-même subdivisé en cycle.
La règle mathématique serait trop simple de diviser les 33 degrés par ces 3 grades pour obtenir 11 degrés par niveau initiatique. Il s’agit de déterminer à mon avis et à mon niveau à quel moment situer les paliers intermédiaires.
Il est indéniable que le 3ème degré qui borne les loges bleues ne termine pas le grade et que le 4ème endeuillé et triste ainsi que le 5ème funéraire mais constructif font partis de ce grade ou cycle de découverte et d’apprentissage vers le chemin de la connaissance.
Je mettrai donc ces 5 degrés dans le premier grade.
Du 6ème au 8ème, ces degrés pourraient évoquer la reprise de l’instruction avec, point important, la notion de responsabilisation et une certaine idée de promotion dans la hiérarchie, étant nommé respectivement secrétaire intime, juge et intendant.
(une interrogation su un symbole : le 4ème donne beaucoup d’importance à la clé qui permettra d’ouvrir le saint des saints. Le récipiendaire est donc en attente d’un événement futur fort ; or le 7ème n’étant que transmis, est très discret sur cette introduction, le postulant n’ouvre pas la porte lui-même, mais reçoit par contre une clé d’or.
Viennent les 3 degrés noirs qui passent par la vengeance personnelle, par l’acte punitif exécuté en commun et par la décision de vaincre ses passions afin que de tels actes ne puissent plus se reproduire.
Les travaux du temple sont donc repris en main, la justice ou la vengeance ayant été accomplies ; la connaissance peut de nouveau être apprise. Le 12ème en est le fondement, avec entre autre la création d’une école d’architecture et sans encore les connaître, je pense que les 13 et 14ème degrés font partis de ce grade.
Pour la bonne raison que le 14ème termine les loges de perfection.
Je mettrais donc ces 9 degrés ( du 6 au 14) dans le second grade. Il s’agit de vraiment quitter le profane pour aller sans hésitation vers le sacré.
Et les degrés du 15 au 33ème seront peut-être le 3ème grade avec une certaine ouverture vers le monde et vers les autres.
Chaque degré prend assurément son sens dans la cohérence du tout.
Je m’attacherai maintenant à explorer un peu plus profondément le 12ème.
La loge est blanche, parsemée de flammes rouges. Sur une table est posé un étui contenant divers instruments de mathématique et une planche à tracer.
La batterie est de 1+2 coups et le pas de même. Le cordon est bleu, le tablier est blanc avec une bordure bleue et une poche servant à ranger les plans. Nous ne sommes plus dans le temple mais dans l’archiloge[1] ; certainement un endroit plus large et plus ouvert. Tous les membres portent le même nom, celui de grand maître architecte.
Maintenant que le malheur est derrière nous, que l’ordre et la sérénité règnent de nouveau parmi les ouvriers, que les plus instruits ont fait part de leur zèle et de leur discrétion auprès de Salomon, il est temps de revenir au travail de base : la construction du temple selon les plans donnés par le Grand Architecte de l’Univers et qui se trouvent décrit dans le livre des Rois.
Salomon après avoir créé une école d’architecture, diffusant la connaissance sur toute la terre demande aux sublimes chevaliers élus de terminer et de décorer le 3ème étage du temple : le Saint des Saints.
Ces travaux nécessiteront la connaissance de professionnels qualifiés.
Hormis l’étui de mathématiques, le symbole fort de ce degré est bien évidemment cette école d’architecture.
Une des premières tâches de parents est d’envoyer ses enfants à l’école ; la loi les y oblige d’ailleurs, où une instruction leurs sera donnée. La personne qui fréquentera assidûment l’école ira pour comprendre, pour apprendre, pour appliquer. Mais dans ce but il lui faudra bien évidemment un instructeur diplômé et féru qui saura détecter ses capacités d’avancement.
Voici une double lecture du symbole de l’école à ce degré. D’une part le chevalier élu fréquentera cette école pour continuer dans les voies de la connaissance et d’autre part, parvenu grand maître architecte devra transmettre cette instruction apprise aux futurs impétrants. L’ancien grand maître architecte le précise d’emblée :
« Après avoir été instruits dans cette école, vous êtes destinés à remplacer notre Respectable Maître Hiram. »
Quel but, quel challenge, quelle fierté. Quel niveau de connaissance devra-t-il atteindre afin d’en être digne.
Devenir à terme le Maître des Maîtres tel qu’il a été encensé dans les 5 premiers degrés. Quel programme difficile. Pourra-t-il poursuivre l’œuvre et réaliser son chef-d’œuvre ?
Mais attention le fil sera ténu entre la formation, l’instruction et l’ambition. L’homme qui monte dans la hiérarchie aura toujours tendance à oublier le pragmatisme et la rigueur qui doit guider ses pas afin de ne pas sombrer dans l’égocentrisme de la vanité et de la prétention.
Grâce à la maîtrise de son savoir matériel et à la prise de conscience de ses acquisitions, le grand maître architecte devra apprendre, seul à l’aide de son esprit et de son intelligence à distinguer la connaissance divine encore en devenir de sa propre réflexion intérieur.
Des outils tangibles et concrets sont donc mis sa disposition afin d’obtenir ce savoir.
Il s’agit de l’étui de mathématique et de la planche à tracer.
Certainement un lien ancien ou un clin d’œil vers les maçons opératifs.
Après un long apprentissage, le nouveau grand maître architecte inscrit à l’aide de cette planche, les traits maîtrisés de l’état du temple de Salomon. Il concrétise ainsi l’esquisse de son temple intérieur tout en faisant le point sur le chemin déjà parcouru.
C’est aussi le rappel du geste du compagnon qui avec une planche et un compas est invité à tracer son premier cercle.
Notez qu’il n’est donné aucun outil supplémentaire au grand maître architecte pour effectuer ce trait. Alors que l’étui de mathématiques est bien en vue sous ses yeux.
Le maçon qui passe à ce degré du matériel au spirituel a encore besoin d’un support concret : la planche à tracer. L’instrument de traçage sera son esprit et sa pensée maîtrisée prenant peu à peu le pas sur l’instrument réel. Preuve de l’avancement du maçon qui aura compris le rapprochement du temple extérieur et du temple intérieur.
Du macrocosme au microcosme.
Quand parle-t-on de cet étui de mathématique
Seule l’ouverture des travaux en décrit le contenu.
En connaître la composition est pourtant une preuve d’appartenance à ce degré. Mais chacun gardera sa liberté personnelle d’utiliser tel ou tel instrument afin d’avancer dans son cheminement symbolique.
Les maçons opératifs ont, eux, pour devoir de sortir ces outils de l’étui et de les disposer d’une certaine façon. Cet acte étant un signe de reconnaissance.
Parmi ces outils au nombre maîtrisé de 7, certains nous suivent depuis le 1er degré avec bien évidemment différents niveaux de connaissance et de compréhension.
C’est le cas de l’équerre et du compas simple, du fil à plomb et de la règle ? je ne reviendra pas sur le symbolisme se rattachant à ces quatre là.
Au milieu des nouveaux : le demi cercle ou rapporteur, utile pour préciser rapidement le degré d’un angle et de suivre une trajectoire.
Les 2 compas restants sont plus complexes à analyser.
La différence est mince entre le compas à quatre pointes et le compas de proportion. Le compas à 4 pointes a un axe central fixe lui permettant uniquement l’agrandissement et la réduction d’un seul rapport. Le passage de l’un à l’autre permet de ramener à de justes proportions nos passions et d’évaluer notre volonté.
Le compas de proportion, lui a un axe déplaçable qu’on appelle « lumière » permettant de fixer dans le même mouvement des rapports proportionnels différents. Cet instrument est difficile d’exécution. Le maître deviendra le centre de cette lumière adaptant alors sa propre personnalité aux chemins tracé par la Franc-maçonnerie. Afin de ne pas s’égarer sur la totale longueur du bras, il s’astreindra à délimiter ses obligations en ne visant que l’essentiel.
En apprenant que l’esprit maîtrise le geste, le maître maçon osera sereinement agir sur son comportement a tains adapter l’outil intérieur à son besoin de vérité.
Avant cette connaissance de soi et une partie de celle de l’univers, le maçon continuera par sa démarche initiatique personnelle son chemin vers la connaissance.
Que le Grand Architecte de l’Univers me maintienne le plus longtemps possible dans la droiture et dans la dignité.
J’ai dit
B P
[1] Appelé aussi boulomie