12° #409012

Approche de Dieu, approche de soi

Auteur:

H∴ C∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué
A LA GLOIRE DU GRAND ARCHITECTE DE L’UNIVERS
ORDO AB CHAO


DEUS MEUMQUE JUS


Au nom et sous la juridiction du suprême conseil
Pour la France

Des souverains grands inspecteurs généraux
du 33èmeet dernier degré


Du Rite Ecossais Ancien et Accepté





A120-C-1
Le thème de ce soir qui fut alors proposé à ma réflexion par le 3PFM se nomme « approche de Dieu, approche de soi ». Rendu à ce point de mon travail de cherchant, à ce point précis de mes progrès à l’intérieur du quatrième degré, on me demande de réfléchir aux liens qui peuvent exister ou qui existent entre Dieu et soi.



Pourquoi ?



Je suis rendu à la quatrième étape d’un cycle que l’on appelle salomonien et qui, malgré ce que pourrait penser ce Maître devenu Maître Secret, forme un tout avec les trois premiers degrés franchis en loge symbolique.



Qu’est-ce que cette réflexion ajoute à ce que j’ai retenu depuis mon entrée en maçonnerie ; ou même, posons la question différemment : «qu’ai-je appris depuis mon passage dans le cabinet de réflexion ? » Est ce que la légende de Hiram se poursuit au 4° degré ? Suis-je, au quatrième degré dans un degré hiramique qui se continuera ?



Le début de mon parcours a commencé à l’extérieur du temple au moment de l’épreuve de la terre. A ce moment infiniment précieux, j’entreprenais mon parcours vers la Lumière, à la recherche de la Parole Perdue, ai-je su plus tard. Les travaux que j’ai amorcés alors ont consisté essentiellement à m’apprendre à me dégager peu à peu des choses matérielles, ou plutôt de la matérialité des choses, pour me diriger petit à petit vers la spiritualité, vers l’Être (plutôt que le Paraître, le Savoir ou le « Posséder »)



Mon serment maçonnique s’est prêté sur l’Évangile de St.-Jean dont le Prologue débute ainsi :



« Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu; et le Verbe était Dieu. Toutes choses ont été faites par lui, et sans lui, rien de ce qui a été fait n’aurait été fait. En lui, était la vie, et la vie était la Lumière des Hommes. Et la lumière luit dans les ténèbres, mais les ténèbres ne l’ont point reçue… ». Nous retrouvons là le mythe du verbe créé et incréé qui s’est poursuivi, silencieux, durant toute ma démarche.



Comme apprenti, j’étais nu, je ne savais ni lire ni écrire, je ne pouvais qu’épeler ; j’étais encore loin d’imaginer un concept comme « la Parole Perdue ». Je savais uniquement que j’avais démarré mon cheminement vers la Lumière. Dans ce degré, on me communique peu de choses en fait, si ce n’est un mot BOAZ que je retiens et je comprendrai uniquement plus tard les liens de ce mot avec le trisaïeul de Salomon.



Lorsque je suis arrivé au degré du compagnon, j’étais censé avoir travaillé pour me dégager de la matérialité et pour avancer sur le chemin de la Connaissance. Donc si j’ai travaillé, si je suis un compagnon, j’ai été dans l’action constructive. J’ai développé des compétences mais pas au point d’espérer avoir atteint une maîtrise suffisante de la matière. On m’a donné un mot de passe « schibboleth » qui signifie aussi fleuve. Je suis donc sur un chemin, un fleuve en quelque sorte. On m’a confié JAKIN comme mot sacré, mot qui, non plus, ne se prononce pas et qui, comme BOAZ ne fait que s’épeler. Je suis donc encore loin de la Parole Perdue et de la Lumière. Je comprends mieux pourquoi le thème de ce soir qui m’a été confié comporte le mot « approche ». Les symboles autour de moi portent la lettre G, inscrite dans un pentagone étoilé (ce pentagone est un objet mathématique intriguant qui a des liens étroits avec le nombre d’or si on définit ce nombre comme  » le partage en moyenne et extrême raison  » d’un segment AB… je suis toujours et encore perplexe, intrigué par le nombre d’or que je maitrise mal mais qui m’intéresse : je cherche !).



Ce « G » m’invite à m’engager sur le chemin de la Connaissance et en m’appuyant sur mes sens, sur mon côté matériel, m’incite à me diriger vers l’abstraction spirituelle. La démarche n’est pas simple et durant mon passage dans les deux premiers degrés je n’ai encore aucune emprise réelle sur mon environnement spirituel.



Devenu maître maçon, j’ai commencé à intérioriser ma démarche c’est-à-dire à m’interroger sur ce que je suis, d’où je viens, pourquoi et quel est le plan. Mon travail se continue et je comprends que ma démarche doit porter sur moi, sur mon progrès spirituel, sur mon développement ultérieur tout en cherchant la lumière. J’ai donc commencé à esquisser une distance avec la matérialité des choses, avec l’extérieur car je dois commencer (toujours le mot « approche ») à chercher à me connaître : le fameux « Gnôthi Seauton » de Delphes. C’est à ce degré que je me suis aussi approché de la légende d’Hiram ; mais c’est seulement aussi à ce degré que l’on m’en parle clairement. Hiram Abif, qui signifie « qui fut élevé » et dont le prénom était ADON qui signifie divin était le premier architecte du temple de Salomon. De Nerval dit de lui : « artiste et maître, initié dans les mystères de son métier par le Maître de l’Univers ». Il fut assassiné par trois mauvais compagnons et il renait symboliquement (donc revient à la Lumière) chaque fois que le frère est élevé au niveau de la maîtrise. C’est à ce degré qu’apparaît le concept de construction du temple et plus tard je comprendrai qu’il s’agit de la construction du temple intérieur. La construction du temple intérieur me rappelle le travail à faire sur la quatrième colonnette,l’absente de tous les trois premiers degrés. Jung intitulait un de ses livres « L’Homme à la découverte de  son âme » et il sous-entendait que le monde moderne, en crise depuis sa rupture des profondeurs avec le christianisme, est en quête d’un nouveau mythe, qui seul lui permettra de retrouver une nouvelle source spirituelle pour lui rendre des forces créatrices.



Puis, lorsque je me suis retrouvé au quatrième degré, j’ai constaté que j’avais un peu progressé (mais que j’étais toujours « en approche ») dans ma quête spirituelle. Hiram est mort et on a désigné 7 maitres pour continuer son œuvre ; on a choisi, en premier, Adoniram comme premier architecte pour diriger la fin des travaux. Le véritable changement intérieur commence à prendre forme : je suis passé du plan vers la verticale, de l’équerre au compas. Le temple même dans lequel j’évolue n’a plus la même configuration. Je suis dans une configuration de verticalité qui m’éloigne de la matérialité des choses et qui me permet de m’approcher de la Lumière.



D’ailleurs, on m’a donné une clé avec la lettre Z sur le panneton ; cette clé autorise à m’approcher du balustre (que je garde) mais je ne sais pas encore m’en servir ; je ne sais pas non plus précisément à quoi cette clé me donne accès. Lors de mon passage au quatrième degré j’ai entrevu, à peine,la Lumière à travers un voile, plus loin que la balustrade, vers le Saint des Saints auxquels je ne suis pas encore (et si jamais je le suis…) autorisé à accéder…



Dans les trois premiers degrés, j’ai entamé un cheminement de progrès spirituel, une « queste » de connaissance et cela, par choix personnel. Au quatrième degré, on y ajoute le concept de Devoir. Je ne suis pas dans une démarche de dilettante… Sur mon tablier figure un rameau de paix, d’olivier : paix qui figure dans l’aboutissement éventuel ma quête initiatique, de mon « approche de Soi » ; il y figure aussi du laurier que certains auteurs apparentent au soleil, à la lumière extraite de la matière réalisée ; donc je m’éloigne progressivement de la matérialité et on m’annonce un chemin vers la Lumière.



Le rituel de mon quatrième degré m’a appris que je m’éloignais de la matérialité des choses pour pénétrer le monde cosmique, me rappelant que le Saint des Saints est en moi, est en l’homme, par définition en quelque sorte ; ce même rituel me rappelle je porte la lumière en moi. Je porte en moi l’étincelle divine et il m’appartient de la découvrir.



Il ne s’agit pas là d’un « avantage » collatéral ajouté : il s’agit de l’essentiel de ma démarche. Je cherche un progrès spirituel et je cherche à me rapprocher de la lumière ; la lumière est en moi, l’étincelle divine est en moi ; le Saint des Saints est en moi.



La réflexion originelle qui m’était proposée va maintenant de soi, peu importe dans quel sens, un peu à la manière d’un palindrome : approche de Dieu, approche de soi mais aussi approche de soi, approche de Dieu.



Le Prologue de St-Jean me disait, alors que je débutais ma recherche de la Parole Perdue : «Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu… » J’avais la réponse, là, devant les yeux. La même difficulté se continue aujourd’hui : on m’a donné une Clé mais je ne sais pas encore m’en servir. Je sais maintenant que mon approche de Soi va me rapprocher de Dieu mais je ne sais pas encore me servir des outils… Le chemin est long, dure toute une vie et la Voie est souvent étroite….


A120-C-2
J’ai dit TFPM


Vous devez être abonné pour accéder à ce contenu


S'abonner

Retour à l'accueil