12°
#409012
Le Devoir est aussi impératif que le Destin
D∴
A
LA GLOIRE DU GRAND
ARCHITECTE DE L’ UNIVERS
ORDO AB CHAO –DEUS MEUMQUE JUS
Au nom et sous la juridiction du Suprême Conseil des Souverains Grands Inspecteurs Généraux du 33°
et dernier Degré du REAApour la France
Troisfois puissant Maître ,très illustre frère et vous tous mes frères maître secrets.
ORDO AB CHAO –DEUS MEUMQUE JUS
Au nom et sous la juridiction du Suprême Conseil des Souverains Grands Inspecteurs Généraux du 33°
et dernier Degré du REAApour la France
Troisfois puissant Maître ,très illustre frère et vous tous mes frères maître secrets.
Vous entendez, VM. Reconnaissez-vous que le devoir est la grande loi de la Franc Maçonnerie, inflexible comme la fatalité, exigeant comme la nécessité, impératif comme le Destin ?
Du « De Gaulle ou l’Appel du Destin » de Max Gallo au « Fabuleux Destin d’Amélie Poulain » de Jean Pierre Genêt, le mot Destin évoque de prime abord quelque chose de supra-humain que seul un nombre limité d’êtres pourront vivre pleinement.
Le Devoir, lui, évoque des notions plus abruptes, plus terre à terre, « les compagnons du devoir », « le devoir de réserve » « Il a accompli son devoir ».
Le devoir serait-il purement humain ?
Ces notions de Destin, Devoir, Impératif, Fatalité, Nécessité méritent qu’à la manière d’un anatomiste, on les dissèque les unes après les autres et qu’ensuite on les émulsionne pour en tirer leur essence.
Devoir :
Le verbe indique d’abord une dette. « deberer » en latin vient de « de abere » : c’est avoir quelque chose de quelqu’un.
Le substantif, lui, indique une obligation, non plus « avoir de » mais « avoir à ».
La transition entre verbe et substantif relève d’une logique de l’échange, si j’ai reçu quelque chose de quelqu’un, je lui dois en retour quelque chose.
Il y a là une structure archaïque dans le Devoir, au sens moral du terme, qui manifeste la permanence.
Qu’avons nous donc reçu qui nous oblige ? Nous avons tout reçu : la vie, l’humanité, la civilisation. De qui ? De nos parents, de la société, peut être de Dieu. Comment cela ne nous créerait-il pas des devoirs ? « le premier devoir est de ne pas oublier qu’on en a ». (Comte Sponville).
On ne peut d’ailleursque regretter que dans notre sociétéla notion de droit ait pris le pas sur celle de devoir.
Sans se lancer dans une dissertation philosophique de terminale littéraire il est difficile de parler du Devoir sans citer Kant pour qui ;
– le Devoir est la nécessité d’accomplir une action par pur respect pour la loi morale, c’est à dire indépendamment de toute inclinaison sensible ou affective.
– une action n’est bonne que si elle est accomplie par Devoir et non simplement conformément au Devoir.
– l’expérience ne permet pas d’établir de façon absolument certaine qu’une action est moralement bonne, ni par l’observation des hommes, ni par l’examen de soi.
Loi morale d’un coté ,devoirs librement consentisde l’autre, il n’y a pas des devoirs, un avec un grand D et d’autres avec un petit d. Il y a différents devoirs.
Il y a le devoir inné lié à la loi morale qui est intrinsèquement, archaïquement intégré dans la conscience de l’homme. Ce devoir que l’on ne connaît pas forcément et que l’on accompli parce qu’il représente une ligne de conduite spontanée, irréfléchie, marquée dans nos gènes d’homme humain.
Et puis, il y a le Devoir librement choisi, librement consenti ,comme celui que nous avons contracté en accédant au 4èm degré du REAA ,qui est peut être luile reflet del’homme divin.
Ce choixdoit nous faire prendre conscience de la sacralisation du Devoir que le chemin initiatique a éveillé en nous et ce dès le premier degré.
En effet rappelons nous le catéchisme du 1°degré.« quels sont les devoirs du Franc Maçon ?,: fuir le vice et pratiquer la vertu. » Et plus loin.« comment un Franc Maçon doit-il pratiquer la vertu ? » En préférant à toutes choses la justice et la vérité .
Souvenez vous aussi de ;
« frappez et on vous ouvrira, la porte »,
« cherchez et vous trouverez, la vérité »,
« demandez et vous recevrez ,lalumière »
Le Devoir est sans doute le même au 1er au 4ème au 18ème et au 33ème, comment pourrait-il être en être autrement ? Comment le Devoir d’un apprenti pourrait-il ne pas être le même que celui d’un 33°?
Une des différences est sans douteune double prise de conscience d’une part, de cellede la réalité du devoir, d’autre part de celle de la connaissance du devoir.
Ce Devoir librement consenti n’est certes pas prévisible au 1e mais plus tard, lorsque des frères sont venus nous proposerl’accès au4ème , nous avions le choix d’accepter ou de refuser ce nouvel engagement et donc ces nouveaux devoirs.
Faisons un détour par l’ancien Testament et souvenons nous de l’épisode du veau d’or.Lorsque les hébreux étaient captifs de Pharaon, ils n’avaient pas la liberté, mais ils avaient le libre arbitre qui leur apermis de choisir de suivre Moïse ou de rester en Egypte. Seuls ceux qui choisirent de franchir la Mer Rouge devinrent libres, mais l’acquisition de cette liberté impliquait le Devoir de suivre Moïse et de vénérer un seul Dieu.
Lorsque Moïse se retrouva sur le Mont Sinaï, face à face avec Yahvé, le peuple d’Israël, resté en bas, s’impatienta et demanda à Aaron l’image d’un Dieu. Ce dernier accepta et leur demanda d’apporter l’or etles bijoux de leurs femmes et de leurs filles et d’en faire un veau d’or. Lorsque Moïse redescendit, il vit les danses, la fête, autour de l’idole, il brisa violemment les tables du témoignage écritesdu doigt de Dieu, ces tables dont une des prescriptions disait « tu n’auras pas d’autres Dieux que moi, tu ne feras pas de statue, tu ne te prosterneras pas devant elle, tu ne feras pas de Dieu de métal fondu ». Moïse fit alors appel aux fils de Lévi, demeurés fidèles à Yahvé et fit massacrer 3000 hommes. Seul les Lévites ont fait leur devoir, seul les Lévites n’ont pas trahi Dieu.
L’alliance que les Lévites ont contracté avec Yahvécorrespond quelque part,dans l’absolu ,à celle que nous Lévitesavons contracté avec le suprême conseil.
Destin :
C’est l’ensemble de tout ce qui arrive et qui ne peut pas ne pas arriver, la fatalité étant le nom superstitieux du destin.
Le mot s’applique spécialement à ce qui ne dépend pas de nous.
La mythologie ne faisait-elle pas du Destin, une divinité supérieure à Jupiter même ?
Pourrons-nous prendre en main notre Destin ? Mais peut être y a t’ il deux Destins en nous? Le Destin lié à notre naissance, à notre filiation, notre géographie, à la solidité de notre corps, aux événements extérieurs indépendants de notre volonté et puis un deuxième Destin, celui que nous nous forgeons nous même par la volonté impérative de nous gouverner, en fait nous avons le Devoir de prendre en main la partie gouvernable de notre être.
Pour résumé ces propos quelques peu nébuleux, on pourrait dire qu’il y a deux Destins et deux Devoirs. Le Destin sur lequel nous n’avons aucune emprisequi implique des devoirs qui font partie de la loi naturelle et qui ne sont transgressés, fort heureusement, que de façon ponctuelle. Ces devoirs ont fait l’objet de formulations écrites ou gravées.(Décalogue, constitution des droits de l’homme…)
Et puis il y a le deuxième Destin, ce Destin que l’on se forge, que l’on secrée, que l’on dirige et qui implique des nouveaux devoirs. Ces devoirs là, librement consentis, nous devons les considérer aussi important que les devoirs liés au respect de la loi morale. De plusces devoirs là sont impératifs.
Dans le sens ou impératif ce n’est pas obéir à un commandement, c’est se gouverner. Le franc Maçon ne peut pas être passif. Il doit être actif et même ,c’est à la mode, interactif.
Marc Aurèle :
Quel fabuleux destin que celui de Marc Aurèle.
Né à Rome en 121, le destin fait qu’il est adopté par Antonin, puis il prends rapidement son destin en main devient consul à 19 ans ,empereur à 40 ans puis philosophe à temps plein.
Marc Aurèle admet que le monde est un vaste animal matériel, vivant grâce à l’action d’un souffle chaud, intelligent et providentiel.
La raison humaine est une parcelle de la raison universelle divine qui est providence à laquelle l’homme doit agréer car il est comme une partie dans un tout.
Le bonheur est possible, il suit la vie vertueuse. L’homme a d’abord à se chercher lui même, car rien d’extérieur, que ce soit les biens, les richesses, ne sauront se substituer à sa seule véritable grande richesse, son Moi, pur et divin, immanent.
Marc Aurele et Kant semblent avoir eu beaucoupd’influence dans la rédaction de certains de nos rituels !
En conclusion mes frères soyons ce que nous devons être, apprenons à connaître nos limites. N’acceptons pas des tâches, et donc implicitement des devoirs que nous ne saurions mener à bien. Faisons en sortede nous forger un destin maîtrisable et adapté.
Nous sommes responsable de nous même et une part de notre Destin nous incombe et si nous sommes reliés à tout l’univers, nous avons aussi en nous ce qui est dans tout l’univers.
A nous de lachercher cette étincelle divine ,cette vérité immanente qui s’affirme comme une irréelle réalité,( pardonnez cet antagonisme) inaccessible à l’homme profane, inaccessible à l’homme qui n’a pas la clé creusée du Z de l’éclair médiateur entre le ciel et la terre.
J’ai dit trois fois puissant maître.
.
JL