12° #409012

Devoir et culpabilité du 4ème au 12ème degré

Auteur:

K∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué
a la gloire du GADLU


Ordo ab chao


Deus meumque jus


A la gloire du Grand Architecte De L’Univers


Au nom et sous la Juridiction du Suprême Conseil pour la France
des Souverains Grands Inspecteurs Généraux
du 33ème et dernier degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté,


Sublime Grand Maître, et vous tous mes frères grands maîtres architectes, j’ai travaillé




Rassembler ce qui est épars– la matière et l’Esprit – apporte une conscience de plus en plus aiguë du statut de notre humanité, conscience qu’un certain Teilhard de Chardin appelle noosphère, arrangement de la matière devenant pensée qui elle-même converge vers un point Oméga. Pour Teilhard, cette convergence est la montée d’un dieu. Continuant sa pensée, on sort du multiple en s’élevant jusqu’à la perte de soi. C’est l’enjeu de l’étude de ces nombreux degrés qui m’impose de rentrer immédiatement dans le rituel.


4ème


Le 4èmedegré est une pause dans le drame qui a eu lieu au 3ème. Nous laissons de côté le fait que les assassins courent toujours. Le problème est pourtant en filigrane quand il s’agit de « promouvoir la justice », c’est-à-dire la justesse conçue comme une balance entre mon imago dei qui gît dans ma Psyché et mon comportement. De ce fait ma culpabilité se mesure à la conscience que j’ai de ce Devoir, autre nom de l’imago dei. Teilhard dans « l’énergie humaine« , dit autrement mais avec la même signification que le Devoir est le reflet de l’Univers dans l’atome et l’atome, c’est moi. Le tableau de loge le confirme qui nous présente le Devoiravec ces 3 pointes du triangle, le triangle de la Franc-maçonnerie, qui touchent le cercle du cosmos.


5ème


Entrons dans les voies qui nous sont ouvertes au 5ème degré.
Quand Salomon est face au mausolée d’Hiram, il dit « c’est parfait », non pas tant à cause du mausolée qui est construit, mais parce que le cœur d’Hiram est élevé sur une colonne et donc séparé du corps. l’Esprit s’est élevé verticalement, et alchimiquement le volatil est fixé en ce cœur. Le Devoir comme « Principe Elevé qui est en nous » dit le rituel est ici parfaitement imagé.


Mais par ailleurs le sang d’Hiram laissé à terre à dessein rappelle la culpabilité des assassins. Mais qui sont les assassins rituellement? Sont-ce des Compagnons?Trop facile et digne d’une bonne projection du genre « l’enfer, c’est les autres ». Non, ce sont des Maîtres qui ont officié au 3ème degré, donc des Hiram. Je suis moi-même un Hiram. C’est moi qui ai tué et j’ai tué la meilleure part de moi-même. Rappel de l’épreuve du miroir du 1er degré.


Cette culpabilité me concerne donc pleinement. Oui, Devoir et culpabilité se font face sans résolution à ce degré. Le candidat entend-il pourtant dans ses voyages que le Devoir-lumière est en lui, que l’esprit unit etc?


6ème
Au 6ème, la question de l’agitation mutuelle de Salomon et d’Hiram peut être considéré comme le déséquilibre d’un triangle perduou de la nécessité pour l’Esprit d’avoir des rapports avec l’âme, donc avec la Psyché et de l’âme de s’incarner dans un corps, fut-il Johaben. Saint Bernard écrivait: « si votre maison est sainte, c’est à cause de vos corps, vos corps à cause de vos âmes, vos âmes à cause de l’Esprit qui les habite ». S’il manque un des points, c’est le chaos des deux qui se disputent. Le Secrétaire Intime se souvient de ce qu’il a fait en tuant Hiram. Il est confusément coupable et participant de la dispute. Le sang d’Hiram est d’ailleurs toujours présent. Pourtant le secrétaire prend ses responsabilités par rapport au Devoir: en rétablissant le triangle, il permet au processus de reprendre. (Je rappelle qu’au 3ème, le mot de Maître ne peut se dire que dans un ternaire VM/1er Surv,/ 2ème Surv). Il rétablit par là une alliance, motrépété plusieurs fois à ce degré et ouvre la possibilité de retrouver la Parole.La fenêtre du temple sur le tableau de loge est contre la voûte céleste.


7ème


Il est question de justice au 7ème degré. Est juste l’être qui manifeste sa dépendance au Principe, cherchant ce que l’Eternel veut de lui. (le « que la Volonté de Dieu soit faite » du 4ème). C’est bien la balance dont il est question au rituel ou une redéfinition de ce que l’on appelle la justesse. La justesse est individuation de ce qui était épars. L’inconscient ne déborde plus (tu es prince de toi-même à ce degré) car le Maître est partout dit le rituel, partout en toutes nos énergies pourrait-on dire… Le mot d’alliance réapparaît et la cassette d’ébèneavec les plans du Temple se confond avec l’urne qui contenait le cœur d’Hiram. C’est dire que le Devoir se précise: il est d’avoir la vision du monde selon le GADLU.
Au fait, le sang a-t-il disparu? Il est juste dans la rosette rouge… La compréhension de la culpabilité évolue aussi: elle n’est plus la culpabilité par rapport à un mal, le meurtre. reprenantnotre Très illustre Frère Francis Bardot, ma culpabilité se mesure maintenant au drame qui aurait lieu si je ne poursuivais pas l’œuvre eu égard aux merveilles entrevues.


8ème


La culpabilité redéfinie ainsise dit pleinement dans le rituel du 8ème:


Pourquoi avez-vous été saisi d’admiration et de douleur?


En voyant la beauté du Temple et de ses ornements.


Voyez la douleur est d’autant plus grande que le temple est beau!



Egalement:


Que vous êtes-vous imposé si vousmanquiez à garder le secret?


D’avoir mon corps coupé en 2 et mes entrailles arrachées.


(le 1er Surveillant se couvre d’un voile rouge)



La culpabilité est doncla mienne, non celle suggérée par une instance extérieure, et le juge, c’est moi, puisque c’est moi, et ce, depuis les premiers degrés, qui m’impose la peine. L’exigence de rectification est d’autant plus forte que l’on a découvert le Principe. Du côté nouveauté, l’Intendant des bâtiments est rentré dans le cercle de la quadrature et dans le Saint des Saints, mais il confesse en même temps son ignorance. Il ne voit pas encore bien…le rituel ne dit-il pas en parlant des plans de l’architecte: « nous espérons que vous l’imiterez ». C’est un gentil super-Compagnon, cela pourrait même agrandir sa culpabilitédu genre « réussirai-je à l’imiter? », culpabilité redéfinie comme une urgence vitale. Car il sent confusément qu’une part psychique de lui-même a reconnu l’Esprit, comme un Pérignon qui survient dans sa vie, vibration immanente du Principe qui nous fait découvrir notre Soi, notre secret.L’homme attend la naissance de Dieu en lui dit Eckart et ce, depuis le 4ème degré. Nicolas Berdiaev ajoute que « Dieu attend la naissance en Lui de l’homme ».Une condition dit Marie-Madeleine Davy: « se décréer, se vider de ses moi encombrants« . Ce sera l’objet du…


9ème


Au 9ème, ledialogue du Très Souverain Maître et de l’Inspecteur est rapide et intense et insiste sur le fait de la mort d’Hiram. Pour le rectificando de ma conscience, un pérignon arrive, un voyageur de l’autre côté du monde habituel, un Hermès certainement.Le rituel dit :
Salomon quitta la salle pour se rendre auprès de l’inconnu. Mais son absence fut de courte durée. Salomon revint dans la salle et les informa que l’étranger connaissait l’endroit où s’étaient réfugiés les meurtriers du Maître et qu’il offrait d’y conduire tous ceux qui désiraient le suivre. Cet inconnu peut très bien être un rêve de la nuit par exemple qui, bien interprété, peut décider d’une réorientation de notre vie. Cela peut être aussi une expérience spirituelle que nous avons eue à unmoment de notre vie.
Ils sont 9 à partir, c’est donc que l’œuvre est proche du Principe d’unité.


Oui, au 8ème degré, le TFPM disait qu’il ne fallait pas craindre la mort. Prémices de ce qui va se passer maintenant. A ce stade, pour que notre initiation ne soit pas virtuelle mais réelle, le rituel propose ceci: si on regardait les deuxprotagonistes comme deux parts de nous-mêmes qui se confrontent? Donc je tuerai la part de moi-même qui refuse le Devoir, c’est-à-dire d’accepter que l’Homme a une part divine en lui. Et quelle confrontation entre devoir et culpabilité! Johaben et moi voyons dans notre propre caverne en même temps la lumière, la source et le traître! On est sûr que ce sont des parts de soi-même puisque le rituel dit que la caverne représente la conscience humaine. Je terrasse mes dragons comme dirait encore Francis Bardot. J’ajouterai comme chez Wagner: Siegfried tue le dragon dans sa cavernepour accéder au trésor.


Bien sûr le fait de tuer sans justice veut dire que l’on a tué sans compréhension de l’enjeu, sans travail sur soi-même assez efficace. Par cette vengeance, sans doute un devoir parmi d’autres a été réalisé pour que le Devoir progresse en moi. Mais l’endormissement suggéré montre que la maturation a besoin encore de se faire à l’intérieur.


10ème


Par conséquent, au 10ème , la justice doit arriver, c’est-à-dire l’équilibre intérieur. Les têtes des 3 assassins sont exposées aux portes de la ville: cela montre que ceux-ci ont raté l’individuation, le hieros gamos, ils sont proprement divisés, coupés.Pourtant, comme le mot ‘porte’ se dit porta mais aussi janua, Janus donc Jean, cela montre aussi que pour passer la porte, il faut passer parmi les morts. Devoir et culpabilités s’entraident mutuellement à l’image de notre éternel chemin: solve et coagula: si je manque à mon devoir, c’est moi qui, avec mon poignard, m’entaillerai sous le menton jusqu’au pubis. Combinons ce signe vertical avec celui du 3ème degré et voyez le dessin qu’il suggère…


La revue Villard de Honnecourt nous rappelle la peinture de Canavesio relatant la mort de Judas dans les épîtres de Pierre: les entrailles arrachées pareillement certes mais la peinture nous montre que, par ces entrailles arrachées, sort ce que l’Alchimie appelle l‘homonculus, le petit homme, certainement la régénération en vue.


11ème


Enfin au 11ème le jour paraît : « mon premier but a été de faire mon devoir, ce que j’ai fait à mes propres dépens. J’ai cherché ensuite à punir tous les traîtres »… de ma psyché, ajouterais-je! au travail! L’enjeu est d’avoir une cohérence interne. Devient libre celui qui fait son devoir: nous sommes un animal divin.
A ce degré, il s’agitde maintenir la justice. Cela fait sept degrés que l’on nous parle de choix, d’élection, de hasard ou d’inconnu. Dieu parlelà. C’est là la justesse: c’est écouter ces parts d’irrationnel. Ces références à l’irrationnel sont constantes même si le frère l’ignore d’abord.
Et le chevalier de moi-même que je suis à ce degré voit les 1ères Tables de la Loi, celles écrites du doigt de Y.H.V.H. et qui ont été laissées au milieu de la montagne. Là, elles t’attendent, frère.
Seul le signe violentà ce degré rappelle en contrepoint l’enjeu de l’écoute du Grand Architecte. Mais le chiffre 9 est Thet en hébreu qui se dessine comme un cercle qui s’achève sur soi-même, donc un serpent ourouboros. Tu as dû au 9 et 10èmedegré te manger toi-même pour trouver le cercle. Tu es un homme véritable, tu es maintenant Emeth dont la première lettre est Aleph et la dernière Tav, qui sont elles-mêmes la première et dernière lettre de l’alphabet, l’alpha et l‘omega.


12ème


« Meurs avant de mourir » disait Angelus Silesius. C’est ce que nous avons fait au cours de ces degrés. Comme l’on s’est allégé en montant à force de petites morts! Nous l’avons fait. Nous n’oublierons pas que mérogénie et mérithanie sont dans la spirale hélicoïdale du REAAune recompréhension du mausolée d’Hiram et de son cœur élevé sur une colonne. Après ces renonciations, l’ascèse que nous avons vécue, s’opère une dilatation sans limite à notre 12ème. Notre tablier est blanc et bleu du ciel, nous avons les yeux fixés vers lui et nos temples sont comme une géographie sacrée, le bas à l’image du haut. Nous voyons l’Ordo: la perspective hellénique du 12èmedegré nous conduit à avoirla vision du monde selon le Grand Architecte de l’Univers, le Sphaïros selon Empédocle ou le Plérôme selon Teilhard. Nous nous appelons Grand Maître Architecte, incluant deux des qualifications du GADLU. Nous voyons le Devoir. La loi divine s’impose à chacun d’une manière intime, aiguë, précise. Le Devoir de l’initié est de la faire sienne, car la loi de l’Ordre étant la loi du Tout fait coïncider la nécessité et la liberté. Ce destin est impératif etc’est lui qui nous a choisi. Voir les moments d’élection dans nosdegrés étudiés.


Nous sommes dans le lieu où l’on veut. Mais pas la volonté du moi bien sûr. Le mot Volonté est Thélème en grec comme l’abbaye du même nom. Comme le dit la Table d’Emeraude, « lePère de tout, le Thélème du monde universel est ici. Sa force ou puissance reste entière si elle est convertie en terre ». On a fait cela pendant les 8 degrés étudiés. L’abbaye de Thélème est donc la demeure de la Volonté cosmique. C’est une belle immanence du Principe.
Que la Volonté de Dieu soit faite espérions-nous au 4ème degré. La boucle est bouclée.
Nous aurons besoin de cette richesse en nous pour ne pas seulement contempler le Devoir comme je viens de le dire, mais y participer.


J’ai dit

G d

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